Un désir de poème

9 juin 2019.
 

Le temps du roman, le temps du poème : le même ?

On décide d’écrire un roman. Le poème, lui, vient par effraction. Est-ce le poème qui frappe à la porte ou le poète qui ouvre la fenêtre ? Entre le roman et le poème, entre le marathon et le sprint, il y a le coureur, le marcheur, le poète, le romancier, et parfois les deux dans la même personne. Mais pas en même temps, ni pour les mêmes raisons. Cette personne qui sûrement a besoin de ces deux chemins pour qu’il fasse un temps de poème dans sa vie.

Avec Jeanne Benameur, Thomas Vinau, Yvon Le Men


Les vingt ans de la passe du vent

Après avoir créé la revue Aube, les éditions Paroles d’Aube, Thierry Renard et ses amis créèrent en 1999 les éditions La Passe du vent et l’espace Pandora où ils accueillent des poètes, hommes et femmes, de tous les âges, de tous les pays, de tous les milieux, avec une tendresse particulière pour ceux qu’on oublie sur le bord de la route. C’est pour cette raison qu’ils ont choisi de camper à Vénissieux, au pied des tours. Ils agitent le poème pour le mettre en fusion avec nos frères humains de toutes les couleurs.

Avec Thierry Renard, Michel Kneubühler, Katia Bouchoueva, Shu Cai, Emmanuel Merle, Yvon Le Men


Des dieux, des femmes et des hommes dans les mythes grecs

Entre les dieux et les hommes, les déesses et les femmes et vice et versa, c’est une vieille histoire. Ils sont nombreux là-haut à déclencher le désordre en bas, par des histoires d’amour et de guerre qui nous font rêver depuis Troie jusqu’à Ithaque. Ces mythes, grecs ou non, servent à nous raconter, à nous comprendre. Comprendre la terre en passant par le ciel, l’aujourd’hui en passant par l’hier d’où naquirent, comme par miracle, les premiers de nos poèmes.

Avec Cypris Kophidès, Murielle Szac, Yvon Le Men


Traduire les poètes : tâche impossible, et pourtant on le fait...

Danièle Robert a traduit La Divine Comédie, le poème d’entre les poèmes ; Katia Bouchoueva, la poésie de son premier pays, la Russie, le pays de la poésie ; Shu Cai, quant à lui est le grand passeur en Chine de la poésie française. Denez, enfin, crée en breton et se traduit lui-même en français pour partager avec ceux qui ne connaissent pas la langue qui le fait chanter. Et, grâce à eux quatre, nos mondes se démultiplient comme les pains dans l’Évangile.

Avec Katia Bouchoueva, Shu Cai, Danièle Robert, Denez, Yvon Le Men


Un Étonnant Voyage

Ils sont partis de Rennes, mais pas de n’importe quel quartier de Rennes. Ils sont partis de Maurepas, de la tour de Babel. Ils sont venus en nombre et à pied jusqu’à Saint-Malo. Venus nous offrir leurs poèmes, à mains nues, à voix nues. Ils sont venus d’Albanie, d’Algérie, du Rwanda, de Guinée.

Ils sont Roms, ils sont français ou ils seront français. Ils sont venus nous offrir leur part de ciel au bord de la mer et au bord de nos oreilles que la musique de Titi Robin accompagnera. De tout son cœur...

Avec Yvon Le Men, Titi Robin, Pascal Lesage et des migrants et des gens de Maurepas


Mémoire orale, mémoire écrite

Beaucoup parmi nous ont été sauvés par les livres. Moins il y en avait, plus on en rêvait. À écouter Michel et Alexis, manquer de livres, c’est manquer d’air. À les écouter, c’est découvrir aussi qu’on ne peut plus écrire si on ne peut plus lire. À écouter Denez, dont le souvenir des gwerz est puissant et dont les livres sont rares mais précieux, se reposer sur leurs pages, c’est risquer de perdre la mémoire. De toute façon, l’important est de le lire comme on lit dans le ciel par ses étoiles, dans les femmes et les hommes par leurs rires et leurs larmes.

Avec Michel Le Bris, Alexis Gloaguen, Denez, Yvon Le Men


Des mots et des notes

Entre chanson et poème, il y a une longue discussion depuis longtemps. Depuis le début du temps. Avec la musique au milieu. Elle fait le pont. Les notes désirent dire quand les mots désirent chanter jusqu’au silence, mais le silence d’après. Le silence, comme la note bleue, comme le mot blanc, qui n’ont besoin de rien pour avoir le dernier mot.

Avec Yvon Le Men, Arthur H., Titi Robin, Christian Bobin, Jacques Gamblin, Claude Ber, Dominique Ané et la remise du Prix Ganzo à Christian Bobin


L’homme joie, une rencontre avec Christian Bobin

« Je n’ai pas besoin de faire le tour du monde pour connaître le ciel et les hommes qui le servent et l’oublient. »

Ces paroles sont de Christian Bobin. Elles sont parmi les dernières nées de sa plume de l’année. Alors par quel chemin passe-t-il pour faire son tour du monde, et comment fait-il pour tenir, parfois, autant d’images dans son si peu de mots ? Quel est son secret ? Son mystère.

Avec Christian Bobin, Yvon Le Men et Thierry Renard


D’où viennent les poèmes ?

Si j’avais rencontré Victor Hugo, je lui aurais demandé d’où et comment lui est venu ce petit poème qui ne vieillira pas tant que durera la langue française : « Demain, dès l’aube »... D’où ? Je le sais. Nous le savons tous. Sa fille Léopoldine est morte noyée à l’âge de 16 ans à quelques jours de son mariage avec Charles qui choisit de mourir avec elle. Mais comment ? Personne ne le sait à part lui. C’est pour cela que je pose cette question à ces quatre poètes. En profitant justement de leur présence parmi nous : d’où viennent leurs poèmes ?

Avec Daniel Kay, Emmanuel Merle, Claude Ber, Paola Pigani, Yvon Le Men

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Les Épiphaniques

Bruno Doucey - 2022

Ils se nomment Anne-Laure, Asma, Cathy, Chris, Emmanuelle, Jérôme… Leurs noms ne nous disent rien, mais sans eux ce livre n’aurait pas vu le jour. Les Épiphaniques, ce sont eux, des hommes et des femmes qu’Yvon Le Men a rencontrés dans les marges de notre société, faisant poème de leurs vies et de leurs histoires. Ils se disaient invisibles et les voici mis en lumière dans des poèmes. « Nous ne sommes pas que des cicatrices », dit l’une. Si j’étais une image, je serais « la montagne de Cézanne qui me rapproche du ciel », répond l’autre. Et de mot en mot une chaîne de fraternité traverse le recueil. D’un pont, d’un foyer, de la rue, d’une caravane, du froid, du bruit. Ils connaissent ce que nous évitons de voir. Ils se nomment Louna, Marc, Mickaël, Myriam, Thomas, Tiago et ont des choses à nous dire. Sur eux, autant que sur nous.

 

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Romans

La Patience des traces

Actes Sud - 2022

Psychanalyste, Simon a fait profession d’écouter les autres, au risque de faire taire sa propre histoire. À la faveur d’une brèche dans le quotidien – un bol cassé – vient le temps du rendez-vous avec lui-même. Cette fois encore le nouveau roman de Jeanne Benameur accompagne un envol, observe le patient travail d’un être qui chemine vers sa liberté. Pour Simon, le voyage intérieur passe par un vrai départ, et – d’un rivage à l’autre – par le lointain Japon : ses rituels, son art de réparer (l’ancestrale technique du kintsugi), ses floraisons…
Quête initiatique qui contient aussi tout un roman d’apprentissage bâti sur le feu et la violence (l’amitié, la jeunesse, l’océan), c’est un livre de silence(s) et de rencontre(s), le livre d’une grande sagesse, douce, têtue, et bientôt, sereine.

 

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Poésie

C’est un beau jour pour ne pas mourrir

Le Castor Astral, avril 2019 - 2019

« Narratifs, contemplatifs, quotidiennistes, descriptifs, moralistes, lyriques, imagistes, etc-iste, mettez les istes que vous voulez. Il s’agit d’une rivière, une petite rivière dans tout ce qu’elle peut avoir de modeste et de magique. Une rivière qui creuse son lit entre les arbres et les roches, les cadavres et les fleurs, avec ce que la nuit et le jour veulent bien lui laisser. Suivant les endroits, elle sera plus ou moins fraîche, accueillante, aride. Vous pourrez y tremper les pieds chaque matin. Au besoin ou à l’envie. Si tout se passe comme prévu, vous y verrez une vie défiler comme dans un éclat de miroir trouble et glacé.
Une langue, des amours, des manques, des enfants, des rires, des colères, des copains, du temps, des questions sans réponses et des réponses sans questions.
Si tout se passe comme prévu, vous y verrez une vie, la mienne, la vôtre, la nôtre.
J’espère. Mais je sais bien que rien ne se passe jamais comme prévu. »

Thomas Vinau

 

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Poésie

Le désir : Aux couleurs du poème

Bruno Doucey - 2021

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles… » Pour le 23e Printemps des Poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie. Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un désir blanc de silence, d’absence et d’éternité ; un désir jaune de fraîcheur, d’éveil et de rayonnement ; le rouge désir des lèvres qui s’unissent et du sang qui pulse en nos veines ; un désir bleu de voyage, d’espace et de mer… Sans omettre ces orangers qui font aimer la pulpe de la vie, ou le désir obscur, né des profondeurs de la nuit, que tant d’êtres ont approché dans une brûlure. 88 poètes, dont la moitié sont des femmes… Et la main verte de Thierry Renard et Bruno Doucey lorsqu’il s’agit de satisfaire notre désir de poèmes.

 

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Essais

Détours & déclics. Action culturelle et langue française

La Passe du vent - 2018

Le livre Détours & Déclics. Action culturelle et langue française est d’abord un hommage aux équipes qui – au sein de structures publiques (médiathèques, musées, théâtres...) comme d’associations – ont inventé des projets d’une rare pertinence en réponse à l’appel à projets « L’action culturelle au service de la maîtrise du français » lancé par le ministère de la Culture.

Partant de la nécessité constatée de « réduire les inégalités face à la maîtrise de la langue française », cet appel à projets reposait sur la conviction que « les pratiques artistiques et culturelles peuvent contribuer à améliorer les compétences langagières ».

Émanant d’organismes œuvrant dans les champs culturel, social et éducatif, quelque cent cinquante projets ont été soutenus dans ce cadre : conjuguant expérience artistique ou culturelle et pratique linguistique, tous proposaient des formes de médiation adaptées à des personnes en difficulté avec la langue française, que celle-ci soit ou non leur langue première : étrangers allophones, jeunes ou adultes sans emploi ni qualification, personnes en situation d’illettrisme, détenus ou mineurs sous main de justice etc.
Les reportages, analyses, entretiens, contributions d’experts réunis dans ce livre et dans le film qui l’accompagne, Les orages, ça finit par passer... , le confirment : le « détour » par l’action culturelle peut provoquer, chez une personne en difficulté linguistique, un « déclic » pour mieux apprivoiser la langue française. Et aussi découvrir d’autres manières d’être-au-monde, (re)trouver confiance en soi, accroître son « pouvoir d’agir » et participer à la vie de la cité.

Les organismes cités : Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (Lyon), AIME-le Moutard (Lyon), Alliance française de Cayenne, Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes, Centre Ressources illettrisme Auvergne, Centre Ressource Illettrisme Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ciné Musafiri (Mayotte), Compagne Issue de secours (Villepinte), Conseil départemental du Val-de-Marne (Créteil), ECDC - Éduquer Créer Divertir Cultiver (Montpellier), Ensemble La Rêveuse (Orléans), Espace CESAME(Éragny-sur-Oise), Espace Pandora (Vénissieux), Étonnant cinéma(Montreuil), Filigrane (Lyon), Initiales (Chaumont), La Boîte aux Lettres - Atelier de formation de base (Alençon), La Caravane des dix mots (Lyon), Langue & Communication (Rennes), Langues Plurielles (Paris), Les arTpenteurs (Lyon), Maison du patrimoine oral de Bourgogne (Anost), Médiathèque d’agglomération de Cambrai, Ministère de la Culture (Délégation générale à la langue française et aux langues de France et Direction générale des médias et des industries culturelles), Mots & Merveilles (Aulnoye-Aymeries), Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, Réseau de lecture publique (Vaulx-en-Velin), Signes de sens(Lille), Théâtre de la Commune - Centre dramatique national (Aubervilliers), Tilt(Marseille).
Livre et DVD réalisés à l’initiative du ministère de la Culture (Délégation générale à la langue française et aux langues de France).

Rédaction : Michel Kneubühler
Préface : Loïc Depecker, délégué général à la langue française et aux langues de France
Introduction : Claire Extramiana, chargée de mission auprès du délégué général pour la maîtrise du français et l’action territoriale
Coordination éditoriale : Michel Kneubühler et Thierry Renard
Réalisateur : Philippe Worms

 

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Poésie

Équiper les anges - et dormir, dormir

La Passe du vent - 2017

Équiper les anges - et dormir, dormir de Katia Bouchoueva est un recueil de poésie aux vers vifs, écrit sous la dictée de la voix.
Car, si l’écriture de Katia Bouchoueva a changé au fil du temps, en s’affirmant, en gagnant en précision notamment, elle reste une écriture portée par sa voix même, par la clarté de son « chant ».

Équiper les anges – et dormir, dormir,
les infidèles montrent la patte blanche
déjà.
Les infidèles méchants,
plus infidèles et plus méchants – tu meurs.
Regarde, mon coeur −
ta belle montagne en marche,
ton olivier en larmes noires,
ton framboisier en larmes rouges
sortent leurs racines de la terre
et bougent.

 

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Poésie

Le ciel se penche sur nous

La Passe du vent - 2019

Dans son recueil Le ciel se penche sur nous, Shu Cai mêle les sources d’inspiration traditionnelle de la poésie chinoise aux accents et aux rythmes les plus contemporains. Une poésie vivante et sonore.

Extrait : En lisant le Beijing Times du 31 mars

À la une
l’armée américaine a déclaré la guerre à l’Iraq
un missile monte jusqu’au ciel en sifflant

je tourne la page
un raid aérien a préfacé l’offensive américaine
la carte de l’Iraq ressemble à un voyou à la tête rasé

je tourne
un hélicoptère américain s’est écrasé au sud du pays
aucune chance de revoir les seize soldats vivants

je tourne
Saddam appelle le peuple à lutter contre les Yankees
Je ne suis pas mort
Tirez vos épées
clame t-il à la cantonade

[…]

Dans cette collection, tous les recueils ont la particularité d’être suivis d’un entretien en fin d’ouvrage entre l’auteur(e) et Thierry Renard, responsable littéraire des Éditions La passe du vent.

 

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Essais

"Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux" : Arthur Rimbaud, Pol Paquet : hommages et exposition

La Passe du vent - 2018

Celui qui aura mené sa courte vie "tout en avant", dans la hâte et les quêtes incessantes, se retrouve aujourd’hui une nouvelle fois sur la sellette.

Arthur Rimbaud le météore, poète-aventurier-négociant, "piéton, rien de plus", s’exprime ici par la voix de quelques écrivains d’aujourd’hui, pareillement tout traversé par la force et l’originalité des oeuvres de l’artiste Pol Paquet.

Mais quels sont donc les enjeux actuels de l’écriture d’Arthur Rimbaud et de ses phrases visionnaires, poussières d’étoiles filantes, éclairs d’ombre et de lumière ? Au-delà de son statut d’icône susceptible d’avoir fait oublier ses écrits dans leur diversité ou leurs contradictions, y a-t-il aujourd’hui, en poésie, une voie possible à suivre qui se revendique de celle de "l’adolescent sublime", de "l’homme aux semelles de vent" ? Et pouvons-nous, encore, cerner le caractère révolutionnaire de son écriture et y trouver matière à vivre différemment ?

C’est à ces ardentes interrogations que se proposent en partie de répondre - chacun à sa manière, avec ses propres armes - tous les auteurs présents dans ce nouvel ouvrage collectif de la collection "Haute Mémoire".

 

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Romans

Vingt deux petits soleils

Diabase Éditions - 2019

« Je suis homme cheval, adolescent, fils d’une nymphe et d’un dieu, j’appartiens à cette terre de montagnes et de mers, de grottes et de champs, je suis solitaire et affectueux, mélancolique dit Artémis, chicaneur dit Apollon, inquiet et enthousiaste, je suis celui-ci qui veut aider les bâtards car ils me sont frères, je suis curieux de l’alchimie des plantes et des sentiments, des humeurs et des énergies, curieux des mystères du corps et de la terre, du feu et de la substance des étoiles. »

Chiron révèle comment, enfant abandonné, empli de doutes et d’incertitudes, il a pu devenir le Docte Centaure, l’instructeur des héros de la mythologie grecque. La fascination de la force, la rencontre amoureuse, l’échange silencieux avec le paysage : autant de défis jusqu’à ce qu’un jour il découvre : « La vie est un cadeau que je peux enfin ouvrir ».
Roman d’apprentissage, ces Vingt-deux petits soleils empruntent à la mythologie et à la fable pour un chemin de réconciliation avec soi et les forces de la nature. Pour conter cette trajectoire, intemporelle, entre animalité et divinité, et comme elle l’a fait dans L’Enfant de Trébizonde, son précédent ouvrage, Cypris Kophidès tisse scènes de dialogues et monologues, associant l’élan narratif de la prose et la force symbolique de la poésie.

 

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Littérature jeunesse

Le feuilleton d’Artémis

Bayard Jeunesse - 2019

« Je suis Artémis, j’ai choisi de vivre sans contrainte dans les forêts, je suis entourée de compagnes qui ont fait le même choix que le mien et qui ne sont pas prêtes à suivre le modèle imposé par Aphrodite... Nos toilettes nous intéressent moins que courir dans les bois, l’amour n’est pas au centre de nos préoccupations. Et pourtant nous sommes toutes des femmes, oui, comme elle ! »

 

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Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

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Poésie

Surgies

Diabase - 2022

« Nous laissons nos traces, même dans l’eau qui court. Nous la troublons en la franchissant. Avancer dans une rivière, c’est retrouver l’expérience de l’enfance, celle d’avant naître, et rêver d’un placenta aux attributs de préhistoire. C’est se voir, vêtements de couleurs collés au corps, sans la nécessité de se camoufler. Le principal est que la perturbation s’accorde à la bienveillance des éléments. Au lieu de détruire, nous pourrions être ces rêves en translation fluide. »

Alexis Gloaguen regarde, pense et découvre comme un explorateur éveillé, chemine dans les esprits des paysages et des humains tel un poète musicien. Sa réflexion se nourrit des éléments glanés et nous propose d’aller voir de l’autre côté des apparences. Surgies est un livre de compagnonnage avec la nature et avec le théâtre des hommes qui font l’Histoire. Alexis Gloaguen nous donne rendez-vous comme il le fait avec lui-même.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Kañv

Skol Vreizh Éditions - 2018

Denez Prigent, auteur,compositeur, interprète renommé du chant breton est aussi poète.

Il nous dévoile une âme sombre et endeuillée par la lente disparition de sa langue et de sa culture.

La traduction française permettra à tous de découvrir une inspiration contemporaine puisée à la même source que celle des "gwerzioù".

 

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Romans

La nuit du cœur

Tout a commencé à Conques dans cet hôtel donnant sur l’abbatiale du XIe siècle, où l’auteur n’a fait que passer une nuit. Mais il a regardé comme personne et vu ce que, aveuglés par le souci de nous-mêmes et du temps, nous ne voyons pas : la lumière particulière que dégagent les choses et les êtres les plus simples, les plus humbles. De retour chez lui dans sa maison du Creusot, perdue dans les arbres et la solitude, le poète recense et interroge une à une toutes les merveilles « rapportées » de Conques : des rêves, la vision des anges, l’idée et le désir de la phrase pure, et le chemin en lui d’un grand et beau livre comme une lettre d’amour, La nuit du cœur. C’est ainsi, fragment après fragment, que s’écrit au présent, sous les yeux du lecteur, cette lettre dévorée par la beauté de la création comme une fugue de Jean-Sébastien Bach.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Vies silencieuses

Gallimard - 2019

Ce livre de poèmes en vers et en prose est un musée imaginaire qui nous invite à voyager à travers les siècles et les lieux de la peinture, à entrer avec les peintres dans le secret des couleurs, à nous interroger sur la puissance du bleu, à réfléchir sur les jeux et harmonies chromatiques et sur les techniques des peintres. Non seulement le poète donne ici à voir figures et scènes en peignant avec les mots, mais il fait aussi sentir l’odeur de térébenthine de l’atelier, il fait entendre le silence de l’artiste, ses hésitations et ses doutes. Cet ensemble de poèmes se partage en deux parts : la première est consacrée à l’art de peindre, la seconde aux hommages et « reconnaissances ». Voici les peintres des écoles du Nord, de l’Italie, tous rendus dans leur intimité et leur mystère par la grâce de l’écriture. Le livre se clôt par une partie consacrée à la sculpture et au silence.

 

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Poésie

Il y a des choses que non

- 2017

"Il y a des choses que non". C’est à cette phrase, prononcée par une grand-mère engagée dans la Résistance, que Claude Ber doit le titre de son livre. Sept textes s’y succèdent, travaillés à la limite de la prose et du vers, et habités par une même nécessité de dire non à l’inacceptable. De la Résistance, évoquée dans Le livre la table la lampe, à la guerre d’Algérie, l’auteure interroge le présent et la mémoire des êtres qui ont opposé un refus à la barbarie. Avec Célébration de l’espèce et son ressassement verbal, c’est au piétinement de l’Histoire qu’elle s’attache, tandis que d’autres textes, L’inachevé de soi ou Je marche, définissent les contours d’une façon d’être au monde, libre, solidaire et clairvoyante. Un livre où l’esprit de résistance épouse la raison d’être de la poésie. Un livre au souffle puissant, que je crois nécessaire à notre temps.

 

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Romans

Des orties et des hommes

Liana Lévi - 2019

Dans le hameau de Cellefrouin, la petite Pia observe intensément le travail des homme, les bêtes, les arbres, toute une vie qui bruisse autour d’elle. Entourée des ses grands-parents, immigrés italiens, de ses parents éleveurs et d’une fratrie très remuante, elle observe aussi la dureté de ce pays où l’on peine à gagner sa vie, où les fermes se dépeuplent, où un homme se pend dans son étable, où un adolescent tue son père. Bientôt, les murs des granges se couvrent d’affiches “Vivre et travailler au pays”, invitant les paysans d’ici à penser à ceux du Larzac en lutte. A l’occasion d’un voyage à Turin, au cours de l’été 1976, Pia s’éloigne pour la première fois des siens. A son retour, une terrible sécheresse rend tout méconnaissable autour d’elle. Quelque chose est mort et ne renaîtra plus. Entre l’écho des tronçonneuses, le parler bigarré des vieux, des ouvriers manouches, turcs ou portugais et les mots des poètes qu’elle découvre, sa propre voix s’impose pour raconter la fin de ce monde agricole. Et la possibilité de le garder en soi ppur toujours. Sans aucun doute le roman le plus intime de Paola Pigani. Un hommage vibrant à la nostalgie de l’enfance, à la nature, à la rêverie, à la lecture et à l’éveil adolescent.


 

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Poésie

Là où tu dors la nuit

Riveneuve - 2022

L’écriture du musicien-voyageur Titi Robin fait des allers-retours incessants entre l’intériorité de l’être et le monde. Elle exprime la société humaine et ses conflits, la violence des confrontations culturelles ou sociales et se mêle aux sentiments les plus enfouis. Par un effet d’écho ininterrompu et de miroir, elle rend mystérieuse et insaisissable la frontière entre ces deux pôles, cette ligne vibrante que l’auteur emprunte sans cesse sur le fil de la chair et de l’intime.

Ces textes puissants, l’auteur les récite lors de lectures musicales et certains sont repris dans l’album discographique Rebel Diwana. Au-delà des notes virtuoses, la poésie abolit les limites à la lumière des mots.