Samedi dès 10h, à l’Auditorium

Une journée : Un Monde en relation

8 mai 2018.

Samedi dès 10h, à l’Auditorium

 

«  Francophonie  », un mot exaspérant : tant d’espoirs, tant de désillusions, de malentendus, tant d’occasions manquées ! Mais aussi, tant d’œuvres qui en manifestent la vitalité et font, malgré tout ce qui pèse, de notre histoire commune, l’espace immense d’un dialogue. Cet «  espace-monde  » : l’utopie concrète d’Étonnants Voyageurs. Dans l’Auditorium, pour ouvrir cette grande thématique, une série de rencontres et de films, qui se prolongeront au fil des trois jours.

Dépasser les traumas de l’Histoire

Le matin, la projection, en avant-première, d’un film saisissant : Sauvages, au cœur des zoos humains réalisé par Pascal Blanchard et Bruno Victor, raconté par Abd al Malik. Pendant plus d’un siècle, de 1810 à 1940, des hommes ont exhibé d’autres hommes en les présentant comme des sauvages dans de véritables zoos humains. Voici le destin de six d’entre eux, à travers des archives exceptionnelles, et les témoignages inédits de leurs descendants. Pour dire l’urgence d’assumer les traumas du passé - pour ouvrir la possibilité d’un avenir.
Suivie à 11h30 d’une rencontre, avec Pascal Blanchard, Jean-Marc Ayrault, Felwine Sarr, Abd al Malik, Wilfried N’Sondé.

Pour poursuivre la réflexion, ne ratez pas la projection exceptionnelle de la série Les Routes de l’esclavage, de Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant, lundi après-midi à l’Auditorium et une rencontre avec Fanny Glissant.

Un imaginaire à construire

Samedi après-midi dès 14h, à l’Auditorium

Y a-t-il des valeurs universelles ?
À 14h : avec Mireille Delmas-Marty, Felwine Sarr, Souleymane Bachir Diagne, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Patrick Chamoiseau
Masque de l’impérialisme occidental, disent les uns – et vive donc le relativisme généralisé. Quid alors de la déclaration universelle des droits de l’Homme ? L’Homme : un et multiple, toujours. Un défi d’humanité sans cesse à relever.

France, Afrique, une histoire en partage
À 15h30 : autour de Roland Colin et Souleymane Bachir Diagne. Assumer les traumas de l’histoire pour s’inventer un futur. Quelque chose nous lie, à commencer par le rêve, au nom de valeurs communes, de ceux qui luttèrent pour les indépendances.

Habiter le monde : Édouard GLISSANT, une poétique de la relation
Refaire le monde – autrement dit s’interroger sur les manières de l’habiter – exige, plus que d’agiter à nouveau les moulins à prières des dogmes morts, de comprendre les puissances de l’imaginaire et que c’est par elles que se joue la création des communautés humaines vivantes. La «  poétique de la relation  » d’Édouard Glissant nous paraît plus que jamais d’actualité. Qui retrouve le sens profond de ce que fut la «  rébellion romantique  » du XIXe siècle.
Pour lui rendre hommage, un film : Édouard Glissant, un monde en relation de Manthia Diawara : à travers vingt petites vidéos thématiques sur la pensée du grand poète. En dialogue avec Patrick Chamoiseau.
Sam. 16h30, Auditorium

Puis une rencontre : «  Repenser notre présence au monde est le défi notre époque, écrit Felwine Sarr, et exige de renouveler les imaginaires de la relation que nous établissons avec nos semblables et avec le vivant   ». Avec Anna Moï, Felwine Sarr, Kossi Efoui et Hubert Haddad.
Sam. 17 h 45, Auditorium


Également autour d’Édouard Glissant : Une rencontre avec François Noudelmann qui signe une biographie du grand poète Édouard Glissant : L’identité généreuse (Flammarion).
Dim. 11 h 15, Hôtel de l’Univers


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Douze palais de mémoire

Le roman fait alterner les monologues d’un père, Khanh, et de sa fille de six ans, Tiên, en fuite sur un bateau de pêche. Ils quittent, pour rejoindre les États-Unis, un pays qui n’est jamais nommé, le Vietnam sans doute. Au fil des chapitres, les voix du père et de la fille, mêlant souvenirs et récit de la traversée, reconstituent l’histoire, petite et grande, qui les a menés là. Deux visions et deux modes d’expression se succèdent : ceux de l’adulte, conscient de la gravité des événements qui les chassent de leur pays, et ceux de la fillette, dont la candeur et la drôlerie apportent une note de poésie au drame de leur situation. Khanh, fils d’un astrologue à la cour de l’ancien régime dynastique, a survécu à une révolution de type communiste grâce à ses compétences d’ingénieur : il a été affecté par le nouveau régime à la construction de ses premiers missiles balistiques. Ces compétences lui viennent de la constitution précoce de douze « palais de mémoire », adaptés de la méthode mnémotechnique antique des loci, qui lui ont permis de devenir un matheux accompli. À l’évocation de ses souvenirs, on comprend que la mère de Tiên, femme de Khanh, est morte dans l’explosion d’un des missiles inventés par Khanh alors qu’elle se trouvait dans une léproserie créée par deux bénévoles américains. Khanh craint que la fillette n’ait été contaminée par la maladie et fuit vers l’Amérique pour pouvoir la soigner. L’apprenant, le capitaine du bateau débarque le père et la fille sur l’épave d’un chalutier échouée sur le rivage. Ils survivent en se nourrissant de mouettes et de coquillages. La vague d’un tsunami les sauve en les emportant vers les côtes thaïlandaises.Le ton du roman est poétique et mélancolique, parfois drôle et parfois doux-amer, mais sans pathos. La grâce chatoyante de certaines descriptions de lieux, de mets, de paysages se mêle à la peinture retenue des émotions et à la délicatesse dans l’énoncé des sentiments. La mémoire est au centre du récit, fragments du passé qui remontent et se heurtent aux détails concrets d’une vie quotidienne chaotique et cependant pleine d’amour

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La Matière de l’absence

Seuil - 2016

"Quand nous nous retrouvâmes autour des restes de Man Ninotte - ses deux filles, trois garçons - et qu’il nous fallut confronter l’immobilité plénière, l’impassibilité absente et minérale, le silence sans commencement ni fin, comme lors de cette même ronde autour du cercueil que l’on devait sceller, nousdûmes être persuadés qu’une bonne partie du monde s’était comme amoindri, que les horizons s’étaient soudain déformés, laissant des irruptions de vides et des dévastations de nature invisible. Une bonne part de nous avait basculé hors de l’espace et hors du temps."

À partir de la mort de sa mère, l’écrivain visite l’histoire encore méconnue des Antilles, leurs genèses, leurs rituels, leurs modes de vie, remontant aux origines de l’humanité, retraçant l’étonnante créativité d’un peuple qui a inauguré ses mythes et ses combats dans le ventre du bateau négrier. Dialoguant avec sa sœur, dite "la Baronne", il évoque, avec tendresse, humour et profondeur, la poétique de tout un monde qui dépasse le cercle familial et qui nous initie à un bel art de vivre.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Cantique de l’acacia

Seuil - 2017

L’enfant n’était pas encore née, mais Io-Anna s’était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

"Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur." Cette parole, Io-Anna l’a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu’elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu’elle a eu pourtant le cœur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l’enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. "Il faut se mettre à trois pour faire un enfant, dit Grace, le mâle, la femelle et l’Invisible."

Au pied de l’acacia, l’arbre de l’innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.


Revue de presse

 

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Romans

Chanson bretonne

Gallimard - 2020

Ce livre évoque des souvenirs de séjours réguliers que Le Clézio a passés dans la ville de Sainte Marine, à l’embouchure du fleuve Odet, dans le Finistère, lors de son enfance entre 1948 et 1954. Bien que l’auteur se défende de respecter une chronologie, le texte poursuit néanmoins l’ordre de la mémoire, allant de l’enfance vers la maturité. Le lieu de Sainte Marine est placé sous le signe de la mère. La Bretagne, et particulièrement le pays bigouden, que Simone Le Clézio aimait par dessus tout, ce pays où elle a reçu la demande en mariage de son père, ou elle a accouché de son frère et où elle est revenue se réfugier trois mois après la naissance de l’auteur à Nice, à cause de la seconde guerre mondiale. Au fil des chapitres, qui sont présentés comme des « chansons », le narrateur fait revivre une époque où Sainte Marine n’avait pas encore été arraisonnée par les boutiques, les carrefours giratoires, ni les bistrots en tout genre… À travers ces « chansons », l’auteur propose un vrai récit sur son enfance en Bretagne, qui s’enrichit également d’une réflexion plus large sur les changements de la géographie bretonne. Malgré son dépit face à ces bouleversements, Le Clézio ne cultive pas le goût de la nostalgie, car pour l’auteur « la nostalgie n’est pas un sentiment honorable ». Son intention est plutôt de rendre compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d’une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale, qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes de nuit à Sainte Marine ou la beauté simple d’un verger en fleur – autant une ode à la campagne éternelle que la réminiscence de souvenirs intimes.

 

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Romans

Un océan, deux mers, trois continents

Actes Sud - 2018

Au tout début du XVIIe siècle, Nsaku Ne Vunda, ordonné prêtre et baptisé Dom Antonio Manuel, est chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, il ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est un navire négrier. De quoi mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme...
Wilfried N’Sondé s’empare avec ardeur d’un personnage méconnu de l’Histoire pour dénoncer les horreurs d’une époque d’obscurantisme et exalter la beauté de l’espérance.


Revue de presse

 

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Romans

La Sirène d’Isé

Zulma - 2021

À la pointe sud de la baie d’Umwelt, loin du monde et hors du temps, le domaine des Descenderies a accueilli des générations de patientes. Né de la fragile Leeloo, Malgorne grandit sous la houlette de Sigrid, entre incompréhension et possession jalouse. Il trouve bientôt refuge dans le dédale de l’extravagant labyrinthe d’ifs, de cyprès, de pins et de mélèzes imaginé par le Dr Riwald. S’il n’entend ni le ressac ni les vagues qui se déchirent sur les brisants, Malgorne se nourrit des vents et scrute sans fin l’horizon.
Depuis l’ancien sémaphore, Peirdre sonde elle aussi chaque soir l’océan, hantée par la voix d’une amie disparue. Son père, capitaine au long cours, fait parfois résonner pour elle les cornes de brume de son cargo de fret.
C’est sur la grève, un matin, devant le corps échoué d’une étonnante créature marine, que Peirdre et Malgorne forgent soudain l’espoir du retour d’autres sirènes.
 
Après Le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous entraîne dans la magie d’un nouveau jardin entre terre et mer. La Sirène d’Isé est un roman magnétique, envoûtant et lumineux.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

La toison d’or de la liberté

Présence africaine - 2018

Le temps qui vient fera de l’Afrique un protagoniste de premier rang par son poids démographique, ses richesses naturelles, ses espaces sociaux et culturels, et l’on peine aujourd’hui à saisir cette présence africaine dans le monde, brouillée par les guerres, les génocides, les flux migratoires, les conflits politiques. Nous avons cependant une grande histoire commune : la colonisation et la mutation qui a conduit à la libération des peuples en quête de démocratie et de développement. Il est plus que jamais nécessaire d’entendre la parole des acteurs témoins de cette longue et fascinante histoire qui habite notre présent et interpelle notre futur.
Roland Colin est l’un de ces témoins qui, à travers le récit d’un parcours d’exception, nous convie au partage d ‘expériences qui touchent au plus vif nos problèmes du présent. Sensible dès sa jeunesse bretonne à la rencontre des cultures, il s’engage dans la découverte des humanités africaines à l’écoute de son maître Léopold Senghor et s’implique dans la grande aventure de la décolonisation, cette conquête de la liberté, précieuse « Toison d’or » qui doit affronter vents et marées. Il nous montre à quel point la grande transformation africaine, où tout est à imaginer, à construire, à défendre, s’apparente en profondeur à la mutation à l’œuvre dans les peuples de la vielle Europe en quête de nouvelles gouvernances, de nouvelles démocraties. La participation, le métissage des cultures, la greffe entre le monde des racines et l’effervescence des développements créatifs, sont au cœur de ces étapes que l’auteur nous rapporte dans le langage littéraire d’un conteur soucieux de coller au réel. Et l’on voit se dresser ainsi la stature de quelques-uns de ces « passeurs de frontières », à travers des épreuves, des drames, et aussi d’éclatantes démonstrations d’humanité, dans ces terres à la fois proches et lointaines qui se nomment Algérie, Sénégal, Mali, Niger, Madagascar, Rwanda, Tchad, Guinée-Bissau et quelques autres, à l’épreuve des libertés nouvelles. Le maître-mot est alors l’éducation inscrite au cœur de la vie, ce que les conquérants modernes de la « Toison d’or » de la liberté nomment « l’Animation ».
Souleymane Bachir Diagne, le grand philosophe sénégalais, professeur à l’Université Columbia, dans une préface sensible, campe l’auteur comme un « traducteur » entre langues, cultures, sociétés : une fonction répondant à l’exigence des temps présents.

 

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Essais

Décolonisations françaises : la chute d’un empire

La Martinière, 2020 - 2020

L’empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l’entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu’aux dernières indépendances au milieu des années 1970.

Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d’une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d’accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l’un des plus grands basculements de l’histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.

 

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Traces - Discours aux nations africaines

Actes Sud - 2021

De retour de ses pérégrinations autour du monde, un homme revient sur sa terre natale, l’Afrique, porteur d’une parole adressée à la jeunesse. En narrant l’histoire du Continent depuis ses origines, il demande à ses habitants de tourner à nouveau leur visage vers le soleil, de reconquérir leur liberté et leur dignité, de continuer à marcher et à élargir les horizons.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Le Fagot de ma mémoire

Philippe Rey - 2021

Considéré comme l’un des penseurs importants de notre époque, Souleymane Bachir Diagne retrace dans cet ouvrage son parcours de jeune Sénégalais élevé dans la tradition d’un islam soufi et lettré, devenu philosophe et aujourd’hui professeur à l’université de Columbia. Une vie entre Saint-Louis-du-Sénégal, Ziguinchor, Dakar, Paris, Chicago, New York, lieux qui ont formé cet homme de trois continents, le rendant sensible aux richesses de chacune des cultures propres aux pays qui l’ont accueilli.

Souleymane Bachir Diagne – maintenant spécialiste de domaines aussi différents que la philosophie dans le monde islamique, l’histoire de la logique algébrique ou encore les philosophies africaines – présente les êtres qui ont été décisifs dans la construction de sa trajectoire intellectuelle. Il revient sur ses rencontres avec Louis Althusser et Jacques Derrida, ses maîtres rue d’Ulm, Jean-Toussaint Desanti, Léopold Sédar Senghor, Paulin Hountondji, Ngugi wa Thiong’o et d’autres qui l’ont fortement influencé. Le « fagot de mémoire » de cet homme qui vit entre différentes langues et cultures, chantre d’un universel de traduction, partisan d’un islam des Lumières, nous propose ici une stimulante réflexion sur notre monde qui offre tant de passerelles.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Les souvenirs viennent à ma rencontre

Fayard - 2019

Dans ce livre, Edgar Morin, né en 1921, a choisi de réunir tous les souvenirs qui sont remontés à sa mémoire. A 97 ans, celle-ci est intacte et lui permet de dérouler devant nous l’épopée vivante d’un homme qui a traversé les grands événements du XXe siècle. La grande histoire se mêle en permanence à l’histoire d’une vie riche de voyages, de rencontres où l’amitié et l’amour occupent une place centrale. 

Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l’inspiration, les circonstances. S’interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d’autres de l’oubli.
Ils témoignent que j’ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l’Histoire ont entraînées chez tant de proches.
Ils témoignent des illuminations qui m’ont révélé mes vérités  ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j’ai rencontré.
Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j’étais, a trouvé dans sa vie des frères et des sœurs.
Ils témoignent de mes résistances : sous l’Occupation, puis au cours des guerres d’Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l’une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l’autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
Ces souvenirs témoignent enfin d’une extrême diversité de curiosités et d’intérêts, mais aussi d’une obsession essentielle, celle qu’exprimait Kant et qui n’a cessé de m’animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu’est-ce que l’homme, la vie, l’univers ?
Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.
Edgar Morin

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 

Edouard Glissant : L’identité généreuse

Flammarion - 2018

Né en 1928, Edouard Glissant est l’un des écrivains et penseurs les plus importants du XXe siècle. Auteur d’une quarantaine d’essais, de romans, de recueils poétiques et de pièces théâtrales, il a donné une mémoire aux peuples issus de l’esclavage et de la Traite. La créolisation du monde lui a inspiré une philosophie de la Relation qui s’adresse à tous. Partant de la transformation de soi, dans la rencontre des autres, il a pensé une nouvelle identité, non plus fondée sur les racines, mais nomade et généreuse. François Noudelmann, qui l’accompagna pendant les douze dernières années de sa vie, a mené l’enquête sur les traces du poète-philosophe en Martinique, en Louisiane, à Cuba, Paris, Tokyo et New York. Dans ce portrait sensible, il suit l’enfance tourmentée de "ti-Edouard", ses relations admiratives et critiques avec Aimé Césaire, son arrivée à Paris dans le renouveau artistique de l’après-guerre, ses succès littéraires, ses amours et ses amitiés. Il analyse ses engagements politiques pour la décolonisation et les indépendances, sa lutte inlassable contre les enfermements identitaires, son activisme culturel à l’Unesco. Il découvre aussi les visages intimes d’Edouard Glissant : les gouffres et les désirs, les nourritures et les vertiges qui ont inspiré ses utopies pour le XXIe siècle.


Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Camus, l’art de la révolte

- 2016

« Dans une France où une figure internationale, médiatique, cohérente, courageuse, cherchant sans relâche un consensus pertinent et incarnant la grandeur des idéaux intellectuel et humaniste, est totalement absente, voici mon frère, voici notre héros : Albert Camus. »

Abd Al Malik a rencontré Albert Camus dans les pages de ses livres. Et cette rencontre a forgé son devenir d’artiste, de musicien, d écrivain. Entre les premiers textes dans la cité de Strasbourg, les échecs des débuts et les souvenirs d’enfance, il nous montre ici l’importance qu’elle a prise dans son parcours. Le tirant toujours plus haut, toujours plus loin.

Revue de presse :

"Dans Camus, L’art de la révolte Abd al Malik convoque la figure de l’intellectuel engagé. Absurde ? Non ! Camus, son « frère » est, selon lui, « l’homme révolté » dont notre époque a besoin." (Thibault Boixière, Unidivers)

"On ne peut s’empêcher d’entendre les voix de Malik-Camus au fil de la lecture. Mais le livre n’est pas qu’un simple hommage. C’est une ode à la littérature qui bouleverse, qui change une vie, qui fait découvrir le monde." (Audrey Viala, CCAS)

"Albert Camus est l’un des écrivains qui a le plus influencé l’auteur-compositeur-interprète Abd Al Malik dans sa vie et son parcours d’artiste. Ce n’est pas un hasard s’il lui a consacré une pièce il y a quelques temps. L’auteur de La Peste est désormais au coeur de son dernier ouvrage, Camus, l’art de la révolte (Fayard) d’inspiration autobiographique mêlant souvenirs et slams." (Noémie Sudre, Hachette)

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Sortir du pot au noir - L’humanisme juridique comme boussole

Buchet Chastel - 2019

L’humanité serait-elle entrée dans le « pot au noir », cette zone au milieu des océans où les vents qui soufflent en sens contraires se neutralisent ou se combattent ? Dans un monde pris dans ces tourbillons, entre paralysie et naufrage, où trouver la boussole qui permettrait d’en sortir ?

Pour échapper au désordre, stabiliser l’instable et penser l’imprévisible, il ne suffit pas de placer l’humanité et ses valeurs au centre du monde, comme a tenté de le faire la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Il faut réguler les vents autour de principes communs et inventer la boussole d’un humanisme élargi à la planète qui guiderait les humains sur les routes imprévisibles du monde.