Scène ouverte aux poètes

Sur scène : Mackenzy Orcel en maître de cérémonie, Dany Laferrière, Coutechève Lavoie Aupont, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas De Roblès, Ananda Devi, James Noël…

20 juin 2017.
 

« Quelque soit le lieu d’où résonne la littérature, elle fait entendre, photographie, questionne les mots/maux du monde. Elle parle de l’humain, donc est résolument ancrée dans l’universel. Elle est le langage d’hier, d’aujourd’hui et du monde qui vient. Elle porte les cicatrices de l’Histoire. Elle doit être lue, être entendue, secouer les consciences, désarmer les certitudes. » (Mackenzy Orcel)
Avec Sophie BOUREL, Néhémy PIERRE-DAHOMEY, Dany LAFERRIÈRE, Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS, Rodney SAINT-ELOI, Ananda DEVI, Hakan GÜNDAY, Coutechève LAVOIE AUPONT, Yahia BELASKRI, Martine FIDÈLE, Aurélia LASSAQUE, Nii AyikweiI PARKES, James NOËL, Makenzy ORCEL, Guy-Junior REGIS et la présence d’Azad Zyia EREN… : ils sont les nouvelles voix qui nous viennent d’Haïti, ou qui portent Haïti au cœur. Rassemblés pour une soirée magique à l’Univers, superbement accompagnés par le guitariste Yoann MINKOFF.

 

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L’exil vaut le voyage

Grasset - 2020

Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l’âge de 23 ans sous les aboiements d’une meute de chiens, il entame une vie d’exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir jamais vraiment quitté Montréal.

Après l’Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L’Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l’exil : est-ce une expérience aussi terrible qu’on le dit ? En revenant sur ce qu’on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l’esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ».

Si les exils ont leur part d’arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l’Amérique à l’Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d’autres.

 

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Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

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Revue

Apulée n°7 - Libertés

Zulma - 2022

Libertés est le thème du septième numéro de la revue Apulée. Car la défense des libertés passe assurément par l’exaltation de la Liberté, seule dimension a priori dont l’existence réelle ne tient qu’à notre volonté. L’espace civilisationnel, celui des langues et des arts, de la simple communication, doit être revivifié et affranchi sans relâche pour contrer l’emprise obtuse de la technique et toutes les formes de violence, à commencer par l’économie de croissance exponentielle qui détruit toutes les chances de survie de l’humanité. Nous laisserons-nous mener sans réagir vers quelque État policier mondialisé où chacun devra répondre au risque de son honneur, des moindres sursauts de dignité, seraient-ils d’ordre privé, voire de sa vie ?

Depuis son premier numéro, la revue Apulée s’engage, en parlant du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, dans la défense indéfectible des libertés.

 

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Poésie

Passion Haïti

Septentrion - 2016

Haïti est un joyau. Nous en avons pourtant une idée préconçue souvent liée au malheur et à la souffrance. S’il est vrai qu’Haïti a eu son lot d’épreuves avec, entre autres, le régime Duvalier et les catastrophes naturelles, elle est loin de ne se résumer qu’à la misère. C’est avec la verve et la poésie qu’on lui connaît que Rodney Saint-Éloi nous livre dans Passion Haïti un portrait de son pays d’origine qu’il voit fort, contrasté, riche et foisonnant.

Dans ce carnet, on visite le pays à travers les yeux de quelqu’un qui le garde en lui malgré l’exil. On rencontre des personnages qui façonnent le visage d’une Haïti embrassant tant bien que mal ses propres contradictions et ses travers. On y découvre à la fois l’importance de la culture et les couleurs flamboyantes du créole, mais aussi le racisme qui sévit entre les citoyens et les inégalités qui rendent la politique complexe.


Revue de presse :

 

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Belle Merveille

Zulma - 2017

12 janvier 2010, jour fatidique du séisme ravageur. Un survivant ténu – autoproclamé Bernard – rencontre Amore, Napolitaine œuvrant comme bénévole dans une ONG. Le coup de foudre sonne comme un regain. Pour sortir du grand chaos de la ville soliloque et disloquée, et aider Bernard à se délivrer de son effondrement, Amore, belle tigresse de Frangipane, lui propose un voyage à Rome.
À bord d’Ici-Bas Airlines, Bernard décolle, les yeux fermés. Une étrange mappemonde, entre autres belles merveilles – comme on dit l’extraordinaire dans le parler en Haïti –, se dessine dans la pensée de celui qui rêve de retourner au pays en héros…
Belle merveille est un roman flash. Qui nous dit, avec un humour et une causticité débridés, l’amour, le sexe salutaire, la confusion, la folie, et puis l’absurdité de l’aide internationale quand elle tire à elle la couverture des désastres. Écrit dans une langue syncopée, magnifiquement inventive, Belle merveille est un premier roman qui porte si bien son nom.

Revue de presse

 

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Romans

Une boîte de nuit à Calcutta

Robert Laffont - 2019

Après la parution de son premier livre, Les Immortelles, Makenzy Orcel confirme ici la magie d’une écriture violente et généreuse. Nicolas Idier, au rythme de ses écrits et de ses nombreux voyages, poursuit sa quête d’une autre vision de la littérature. La rencontre de ces deux auteurs reconnus bien au-delà des limites hexagonales témoigne d’une sagesse nouvelle, où la beauté et l’amour triomphent du doute et de la peur.
Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris et, après plusieurs années, se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l’amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d’écriture, la révolte contre toutes les injustices, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d’écrire. L’un vit entre Port-au-Prince et Paris, l’autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au comptoir d’une boîte de nuit. La musique est si forte qu’elle emporte leurs paroles. C’est alors que l’un se penche vers l’autre et lui propose l’idée d’écrire un livre à deux. Voilà comment est né ce livre qui réunit deux voix de la littérature française et haïtienne. La sincérité absolue et incarnée de leur dialogue est une preuve de confiance et de fraternité comme on en trouve peu dans la littérature contemporaine.
Oscillant entre le roman, la poésie, l’essai, la confidence, sans aucun respect des catégories, Une boîte de nuit à Calcutta traverse toutes les frontières pour atteindre à l’universel.

 

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Romans

Le silence des dieux

Zulma - 2021

Un matin comme un autre, après avoir avalé une gorgée de thé et un morceau de galette, Abdelkrim traverse les étroites ruelles du village de la Source des Chèvres et s’éloigne sur la piste de terre pour aller en ville. Le long de l’oued asséché, la route au-delà de la montagne pelée se perd dans les sables alentour. Mais le car ne viendra pas. Des soldats bloquent l’accès : la route est coupée, le village isolé, rentrez chez vous.
Les villageois stupéfaits accueillent la nouvelle avec fatalisme, ce jour-là comme les suivants, sans plus même vérifier si les soldats sont toujours en poste. Ils consentent à cet enfermement, persuadés peut-être de l’avoir mérité. Oubliés des dieux.
Entre le café et la mosquée, la petite place résonne encore du dernier passage des commerçants itinérants, du porteur d’eau et des conteurs, mais le fragile équilibre vacille. Le maire se débat dans des fonctions devenues obsolètes, l’imam et doyen tente d’apaiser les colères, le riche Abbas fomente une prise de pouvoir à l’ombre de la palmeraie. Bientôt ils vont désigner un coupable, puisqu’il en faut un, et s’en débarrasser comme d’un mauvais sort.

 

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Poésie

Make pa

(Editions Ruptures, 2016) - 2016

« Make pa » est un recueil de poèmes en créole de 138 pages de Coutechève Lavoie Aupont. Il est publié aux Éditions Ruptures cette année dans la collection l’Enraciné. Ce recueil comme première parution du poète dans la langue de Frankétienne est préfacé par l’écrivain Jean Emmanuel Jacquet et est composé de trois poèmes-fleuves, « Nan depale », « San blese » et « Pwomès ».

Dans le premier poème, Coutechève Lavoie Aupont semble converser avec une femme. Ce qui fait dire qu’il s’agit ici d’un dialogue. Mais paradoxalement, il est à la fois locuteur et interlocuteur, c’est-à-dire que c’est surtout un monologue. Un monologue-dialogue ou l’inverse. Il raconte à cette femme les lieux symboliques de Port-au-Prince dans leur éclat, mais surtout dans leur cruauté. Leurs contes à eux et également ce dont on ignore : Ri Lantèman, Granri, Pòtay Lawogan, Madan kolo, Channmas, Katedral et Pòtay Sen Jozèf, sont de ces lieux qui hantent l’imaginaire du poète errant et baladeur. Coutechève Lavoie Aupont retrace la carte de la ville, non pas avec des instruments géométriques, mais avec des mots. Combien parmi eux savent que les mots servent parfois à tracer de lignes de vie ! Coutechève Lavoie Aupont est un poète maudit, puisqu’il insulte Dieu dans sa bonté et son infinitude.


Revue de presse :

 

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Romans

Malafa

Galaade - 2016

Antalya, située au sud de la Turquie, est la destination touristique bon marché par excellence. A des prix si alléchants, vous, le touriste, devrez faire le tour de tous les magasins, un par un, qu’il s’agisse de cuirs, de tapis ou de bijoux. Vous voici arrivé devant le Grand Bazar, immense magasin et pôle d’attraction de toute la ville. Son nom : Topaze. Vous serez forcé d’y entrer, et vous vous dirigerez vers ce qu’il y a de moins coûteux. Evidemment ! Mais vous vous heurterez alors à Kozan. Kozan est là pour vous convaincre d’acheter les plus beaux bijoux du monde ! Il vendrait n’importe quoi, Kozan, du moment qu’il vend. Il a même son argot, Kozan, pour mieux vous faire oublier le monde extérieur. Topaze, c’est un monde à part, une langue à part, et quand on entre chez Topaze, quand on parle à Kozan, le monde entier s’évanouit. Chez Topaze, on est ailleurs, terre de rêves et de mensonges, bling-bling et arnaques assurés. Hakan Günday, l’auteur d’Encore, Prix Médicis étranger 2015, choisit avec Malafa d’explorer d’un tout autre point de vue les relations entre Orient et Occident, n’hésitant pas à comparer tourisme et diplomatie et offrant au lecteur une critique sociale et économique drôle, acerbe et sans concession du tourisme de masse en Turquie.

 

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Romans

Combats

Seuil - 2021

En cette année 1842, Haïti, seule république noire du monde, affronte les premières conséquences d’une curieuse dette imposée par la France. Ludovic Possible, vieux mulâtre et grand propriétaire, ouvre sur ses terres à la plaine du Cul-de-Sac, non loin de Port-au-Prince, une étrange académie dans laquelle on apprend à vivre, tresser des nattes en paille, redresser la bâtisse scolaire, autant qu’à lire, écrire et compter. Ludovic destine surtout son école à Aïda, gamine auréolée de silence et de mystère. Depuis toute petite, Aïda collectionne avec avidité les nombreuses histoires racontées par sa mère, sans jamais se décider à parler elle-même et devenir conteuse, diva populaire, reine chanterelle, comme cela semble être son destin.
Ludovic est détesté par son demi-frère, Balthazar. Face au système agraire entretenu par l’armée, leurs méthodes divergent et ouvrent la voie à des combats sans merci – combats pour l’éducation et l’information, duels, batailles rangées de coqs et de chiens, joutes verbales et trocs d’histoires. Dans ce roman inventif et foisonnant, conte rural et politique, les destins particuliers côtoient la grande histoire des luttes sociales et égalitaires d’un pays et de ses habitants.

Néhémy Pierre-Dahomey est né à Port-au-Prince en 1986. Il vit aujourd’hui à Paris. Après Rapatriés (prix Révélation de la Société des gens de lettres, prix Carbet des lycéens de la Caraïbe, prix Cino Del Duca sous suggestion de l’Académie française), il signe avec Combats son deuxième roman.

 

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Zagros, fils de Chronos

Bleu Autour - 2018

Zagros, enfant kurde, voit sa ville assaillie par les forces du mal et se trouve jeté sur les chemins de l’exil avec sa famille de tisserands de kilims. Les voici bientôt ballotés par les mers où les enfants perdent le sillage des parents. Zagros grandira trop vite au fil de son périple entre le golfe Persique et l’Atlantique. Il croise les noirs desseins du capitaine Achab de Moby Dick. Le Prince Dakkar cher à Jules Verne le mène sur l’île d’Elysion où échouent les petits naufragés d’aujourd’hui. Et le gardien de l’île, Chronos, l’enserre dans sa tenaille… Le tragique de l’exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent encore le paon sacré des Yézidis et les yeux profonds comme les mers des étonnants voyageurs de Baudelaire…

Traduit du Turc par Jean Lescat

 

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Poésie

En Quête d’un Visage

Bruno Doucey - 2017

Le mot de l’éditeur : Une femme attend un homme depuis longtemps… Et cet homme, parti au loin, espère que la femme ne l’oubliera pas… Histoire banale et universelle des amants séparés par le destin ? Oui et non, car l’histoire de cet homme est chantée depuis la nuit des temps, puisqu’il s’appelle Ulysse. Et voilà qu’Aurélia Lassaque nous entraîne derrière son Ulysse, l’homme qui dialogue avec « Elle », amoureuse qui n’a pas de nom. Dans ces longs chants poétiques entrelacés, composés en deux langues, l’occitan et le français, l’auteure donne vie à deux personnages qui peuplent son imaginaire depuis toujours. Et surgit l’évidence première de la poésie : l’amour tire sa force de la mort qui suspend le dialogue des amants ; le temps enlise nos saisons mais nos joies sont tenaces et tiennent tête au néant. Pour nous qui aimons la Grèce, ce livre est un cadeau de la vie.

Extrait :

« il n’est pas de territoire plus vaste
que celui de ma mémoire
j’ai creusé ses montagnes, vidé ses rivières
retourné les pierres de toutes ses murailles
en attendant le retour de mon amant barbare

cet homme qui rassemble vos voix
endure vos délires
et porte tous les masques

cet homme que vous appelez Ulysse »