Les mots sont des immigrés

Avec Érik Orsenna, Henriette Walter, Yolande Zauberman

19 juin 2017.
 

Ils vont, ils viennent, sautent les frontières, prennent racine, ignorent résolument les préceptes, les contrôles aux frontières, naissent là où on ne les attend pas, font la fête, ou la guerre, se fécondent les uns les autres, au grand dam de certains, fleurissent en « bons mots », s’encanaillent en « argot ». Peut-être aussi parce que les mots manquent, manquent. Ils manquent toujours, d’ailleurs. Parce qu’il y a de l’indicible – et c’est peut-être pour cela, d’ailleurs, qu’il y a littérature…

Avec Érik Orsenna, Henriette Walter, Yolande Zauberman

Animé par Oriane Jeancourt

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Briser en nous la mer gelée

Gallimard - 2020 - 2020

Voici l’histoire d’un amour fou.
Et voici une lettre, une longue lettre envoyée à Madame la juge, vice-présidente aux affaires familiales.
En nous divorçant, Suzanne et moi, le 10 octobre 2011, elle a soupiré : « dommage, je sentais beaucoup d’amour en vous ».
Comme elle avait raison !
Mais pour nous retrouver, pour briser en nous la mer gelée, il nous aura fallu voyager. Loin en nous-mêmes, pour apprendre à ne plus trembler.
Et loin sur la planète, jusqu’au Grand Nord, vers des territoires d’espions d’autant plus invisibles que vêtus de blanc, dans la patrie des vieux chercheurs d’or et des trésors perdus, refuge des loutres de mer, des libraires slavophiles et des isbas oubliées.
Le saviez-vous ? Tout est Géographie.
Qu’est-ce qu’un détroit, par exemple le détroit de Béring ? Un bras de mer resserré entre deux continents.
A l’image exacte de l’amour.
Et c’est là, entre deux îles, l’une américaine et l’autre russe, c’est là que court la ligne de changement de date.

Après L’exposition coloniale, après Longtemps, l’heure était revenue pour moi de m’embarquer pour la seule exploration qui vaille : aimer.

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Le français : des mots de chacun, une langue pour tous : Des français parlés à la langue des poètes

(collectif, Presses Universitaires de Rennes, 2016) - 2016

Vraie problématique linguistique, socio-économique et culturelle que traitent dans ce volume des chercheurs et des universitaires, des enseignants et des hommes d’affaires, des juristes et des écrivains. Comment faire pour que les mots spécialisés de nos professions, ancrés dans des savoir-faire, deviennent également les formes ouvertes d’une langue à partager ? Comment faire aussi pour que les mots de tous les jours, ceux des enfants des banlieues comme ceux des fils de la terre, soient les gages d’une compréhension et d’une reconnaissance mutuelles, d’un accès à la langue des pères, dans une société en perpétuel mouvement ? Comment faire encore pour mettre en résonance les accents des français régionaux et les échos lointains des français de la francophonie, afin que se déploie plus largement cet idéal linguistique commun ? Autant de questions qui trouvent leur champ de réflexion et leur voie de réponse dans les différentes parties de cet ouvrage : le lecteur chemine d’abord à travers les accents du français parlé, en France et dans la francophonie, pénètre au cœur des particularités de l’écrit, réfléchit aux conditions des échanges et du partage de la langue pour pénétrer enfin dans le monde des poètes et s’initier aux enchantements de la langue littéraire qui n’a cessé de dire la vie, la jouissance et la fortune des mots d’où qu’ils proviennent, ceux de La Pléiade, archaïques, techniques ou dialectaux, ceux des poètes modernes, riches de sensations, constellés d’associations, pleins de fulgurances, ceux de Léopold Sedar Senghor, vibrant aux accords de l’Afrique et de la France, fondues dans une mythologie neuve, faite de valeurs singulières mais partagées, métissées par deux cultures dans une même vision poétique. Finalement, c’est encore là une belle escale dans le temps et l’espace que cette troisième étape du voyage au long cours que constituent les Lyriades renouvelées de la langue française. Cet ouvrage est issu des 3e journées de la langue française, Les Lyriades, qui se sont tenues à Liré en Anjou, les 19-20-21 mai 2006. Il a été conçu sous la direction de Françoise Argod-Dutard, professeur des universités et responsable du comité scientifique avec la collaboration de Dominique Beaumon, coordonnateur des Lyriades.

 

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Autres

Les mots qui nous manquent

Calmann-Lévy - 2016

Cascamorto (italien) : Tomber mort d’amour.
Zapoï (russe) : Une terrible envie de se saouler, de se perdre dans l’oubli.
Sarang (coréen) : J’aimerais être avec toi jusqu’à la fin de ma vie !
 
 
C’est en regardant les Indiens nettoyer les vitres le long des façades des gratte-ciels à New York qu’est née l’idée de ce livre. Ils appartiennent à une tribu qui ignore le mot « vertige », sa sensation, le concept même.
Les auteurs ont alors eu envie de connaître et de rassembler ces mots qui existent dans d’autres langues et qui n’ont pas d’équivalents dans la langue française. Mais à combien de mots allaient-elles avoir accès ? Beaucoup ou très peu ?
Yolande Zauberman et Paulina Spiechowicz ont alors rencontré des traducteurs, des poètes, des chercheurs. Elles ont fouillé dans les dictionnaires, les livres d’anthropologie ou de géopolitique pour trouver ces mots manquants. Elles ont accédé à un réservoir de mots qui s’est avéré infini.
Dans cette petite encyclopédie, les mots sont un voyage, ils tiennent le lecteur en haleine, le font passer par des sentiments, des nuances, des colères qui appartiennent à toutes les géographies. Par leurs mots secrets les autres cultures s’ouvrent à nous. Par exemple, « Wiswas » désigne en arabe une obsession qui tourne dans la tête et n’en veut plus sortir. Prononcer ces deux syllabes partout dans le monde arabe et les regards s’éclairent : on n’est plus tout à fait un étranger.
Ce livre répond à un désir que l’on a tous éprouvé : sentir une seconde comment sentent les autres.


Revue de presse

"Ce dictionnaire est le plus instructif et poétique qui soit. Il recense les termes intraduisibles qu’ont inventés les langues du monde pour exprimer des affects ineffables." (Philomag)