ÉCRIVAINS VOYAGEURS

5 mai 2016.
 

Riche moisson ! Avec un grand prix Nicolas Bouvier : Catherine Poulain,
auteur du Grand Marin (L’Olivier) : un événement littéraire. Ted Conover
nous fait partager le quotidien des hoboes américains d’aujourd’hui, Au fil
du rail (Les éditions du sous-sol). Paule Constant nous livre un roman
lyrique et puissant sur les rives du fleuve Ebola (Des chauves-souris, des
singes et des hommes, Gallimard), Julien Delmaire nous propose un
« road book » sur les pas de Benoît, vagabond céleste (Frère des astres,
Grasset). Christian Garcin retrace le destin de Jeremiah Reynolds, le
premier à poser le pied sur le continent antarctique (Les Vies multiples de
Jeremiah Reynolds, Stock). Christine Jordis nous entraîne en Corée, sur
les pas du calligraphe Chusa (1786-1856) (Paysage d’hiver, Albin Michel).
Gilles Lapouge propose un délicieux Gilles Lapouge en toute liberté (Le
Passeur), mais quand n’est-il pas en liberté ? Reif Larsen ose un roman
jubilatoire sur… les tribulations d’un enfant noir né de parents blancs (Je
m’appelle Radar, Nil Éditions). Eugène Nicole a fait des Îles Saint-Pierreet-
Miquelon le territoire de ses rêveries (Le Silence des cartes, L’Olivier).
Bernard Ollivier boucle les 3 000 km qui manquaient à son aventure sur
la route de soie (Longue marche, suite et fin, Phébus). Sylvain Pattieu
nous livre un « roman pirate » de très haute volée (Et que celui qui a soif,
vienne, Le Rouergue). Olivier Bleys nous propose coup sur coup Discours
d’un arbre sur la fragilité des hommes et L’art de la marche (Albin Michel).
Mariusz Wilk propose un magnifique voyage immobile dans sa maison de
l’Oniegoi (La Maison du vagabond, Noir sur Blanc). Marc Trillard revient
avec un beau roman, dans un Cambodge où les plus terrifiants fantômes
restent vivants (L’Anniversaire du roi, Actes Sud). Olivier Weber a franchi
bien des frontières en 25 années de reportages : jamais le monde n’avait été
aussi fermé qu’aujourd’hui (Frontières, Paulsen).

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Longue marche, suite et fin

Phébus - 2016

Bernard Ollivier pensait en avoir fini avec la route de la Soie. 12 000 kilomètres à pied, pour rejoindre la Chine depuis la Turquie, cela suffit pour un retraité ! C’était sans compter sur Bénédicte Flatet, sa compagne, et son refus obstiné de s’arrêter. À soixante-quinze ans, le voici de nouveau sur les routes pour parcourir les 3 000 kilomètres qui lui manquaient entre Lyon et Istanbul, et boucler la boucle. Un trajet à travers l’Italie du Nord et l’histoire tragique des Balkans qu’il accomplira, pour une fois, en couple.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Tu n’as pas de cœur

Albin Michel - 2019

Dans Une vie pour l’impossible, Christine Jordis évoquait la haute stature paternelle. Dans Tu n’as pas de cœur... elle convoque trois figures féminines. La grand-mère, une beauté de son temps qui aimait l’amour et collectionna les amants. La mère, « gâtée, trop belle », héroïque, qui se méfiait des hommes.

Entre elles, le héros revenu des combats. Deux femmes se déclarant une guerre infernale, luttant chacune avec ses armes : désir amoureux inassouvi pour la première, sévérité implacable pour l’autre, sa fille.

Au cœur de ce champ de bataille, dominé par les pesantes valeurs bourgeoises de l’époque, qui suscitent la frustration et la haine, une petite fille tente de survivre, s’inventant indéfiniment, se créant ses propres paradis. En un mot, nous dit Christine Jordis : « un enfant peut renaître à l’endroit qu’il a choisi, grâce à l’imaginaire, aux livres et à la lecture. »

Tu n’as pas de cœur..., c’est l’histoire de trois femmes qui se firent longtemps souffrir et un témoignage sur une époque en voie de disparition.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

L’anniversaire du roi

À trente-six ans, Victor-Vong, peintre métis à la grâce asiatique, ex-enfant chéri de l’art contemporain, est déjà au creux de la vague, éjecté du cercle de la jet-set parisienne pour lui avoir tendu un miroir trop ingrat. Mais son instinct de survie n’a d’égal que sa détermination.
Le voilà à Phnom Penh, ville de ses origines perdues, avec un projet oecuménique et consensuel imbattable : “Quatre-vingt-dix figures pour le roi”, une série de portraits en hommage au monarque Norodom Sianouk sur le point de fêter ses quatre-vingt-dix ans, idée brillante qui devrait lui gagner le soutien logistique et surtout matériel de tous les partenaires possibles – palais royal, université, ambassade, etc. Derrière le symbole, il s’agit pour V.V de financer son exil, le temps de voir venir jusqu’à la prochaine bonne idée, de se réinventer aussi.
Mais rien ne se passe comme prévu dans un Cambodge où le brasier de l’histoire crépite encore. Et tout en affrontant une succession de revers tragicomiques, Victor-Vong va devoir apprivoiser les séquelles de l’horreur du génocide – comme une langue maternelle oubliée.
Satire féroce du jeu de l’artiste et du système, L’Anniversaire du roi est aussi et surtout une réflexion aiguë sur la persistance du passé dans un pays dont les plus terrifiants fantômes sont bien vivants. Un roman stratège et plastique qui place le lecteur au coeur d’une expérience de la responsabilité. Avec une exactitude imparable, Marc Trillard y orchestre les noces amères de la passion et de la lucidité.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

La Maison du vagabond

Noir sur Blanc - 2016

Mariusz Wilk s’est installé il y a quinze ans dans le
Nord de la Russie, pour y vivre loin de la civilisation.
Pourtant, de nombreux changements sont survenus
dans la maison carélienne au bord du lac Oniego.
Depuis la naissance de sa fille Martusza, l’écrivain
redécouvre la nature avec les yeux de l’enfance. Il
s’interroge sur l’importance du lieu où l’individu
grandit, reçoit une éducation et fait ses premiers
pas dans la vie. À la fois récit de voyage immobile et
journal littéraire, La Maison du vagabond évoque les
lieux traversés, les grands espaces russes, et l’ancrage
désormais nécessaire dans la maison de l’Oniego, au
coeur de la nature sauvage du Nord.
Mariusz Wilk partage également ses vagabondages
littéraires avec son lecteur, et entre en dialogue avec
de nombreux écrivains : Witold Gombrowicz, W.G.
Sebald, Nicolas Bouvier… Sa prose est entrelacée de
citations littéraires et de références sémantiques, tout
en restant vivante et concrète, ce qui la rend tout à
fait unique.
Dernier volume du « Journal du Nord », après La
Maison sur le bord de l’Oniego, Dans les pas du renne
et Dans le sillage des oeis sauvages, La Maison du vagabond
interpelle l’homme occidental sur sa manière de
vivre, et l’exhorte à observer le monde qui l’entoure
avec un regard neuf.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Le silence des cartes

L’Olivier - 2016

« Pendant des mois, j’ai scruté ces cartes et imaginé le monde dont elles constituaient la figuration réelle et simplifiée. »
Le Silence des cartes redonne vie au monde des îles Saint-Pierre, Miquelon et Langlade, inépuisable source de rêverie. Dans ces miscellanées poétiques qui rassemblent des textes très divers – fragments d’histoires, notes, poèmes en vers ou en prose –, on croise des personnages familiers, des figures fantasmagoriques et des écrivains admirés. On y retrouve aussi les thèmes chers à Eugène Nicole : l’enfance, l’insularité, l’exil, l’écriture.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Dictionnaire amoureux de Kessel

Plon, 2019 - 2019

Fruit d’un travail minutieux, cet ouvrage retrace l’ébouriffante vie de Joseph Kessel, sous la plume avisée d’Olivier Weber.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Atlas des paradis perdus

Arthaud - 2017

Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d’une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d’édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l’horizon de nos mélancolies. Des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…

Revue de presse

"L’humanité a tendance à se bâtir des eldorados, réels ou imaginaires. Gilles Lapouge en dresse un inventaire érudit et joyeux dans cet ouvrage joliment illustré." (Bernard Lehut, RTL)

"Voyageur de toujours, Gilles Lapouge établit la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires." (Un livre un jour, France TV)

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le Bon, la Brute et le Renard

Actes Sud - 2020

Trois chinois accablés de chaleur sillonnent le désert californien à la recherche de la fille de l’un d’entre eux, qui a disparu un mois plus tôt. Dans leur lente progression, ils frôlent à plusieurs reprises un binôme de policiers américains qui suivent eux-mêmes la trace d’un autre disparu… Ailleurs, à Paris, un journaliste chinois, auteur réticent de romans noirs, enquête avec une conviction relative sur l’évaporation de la fille de son patron. Ceci expliquerait-il cela ? Et réciproquement. Dans un jeu de miroir buissonnier, Christian Garcin invente le road-trip taoïste. Et questionne, mine de rien, les fondements de l’existence de la réalité. (Oui mais laquelle ?)

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes

Albin Michel - 2015

Dans la banlieue de Shenyang, ancienne ville industrielle, la famille Zhang vit pauvrement au milieu d’usines désaffectées et d’entrepôts à l’abandon. Pourtant, Wei et les siens détiennent un trésor : le dernier arbre à laque. Leur rêve : devenir propriétaires de leur petite maison, afin d’honorer un serment fait aux parents de Wei, enterrés sous le fameux arbre. Ce rêve est sur le point de se réaliser lorsqu’un grand projet minier menace soudain la famille d’expulsion. Une lutte inégale va alors s’engager opposant l’humble famille aux représentants du puissant capitalisme chinois.
Prenant comme toile de fond les transformations violentes de la Chine contemporaine, Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes revisite la fable du pot de terre contre le pot de fer. Belle et profonde méditation sur les liens qui unissent l’homme et la nature, ce roman, écrit dans une langue magnifique, est un conte réel qui ne laissera aucun lecteur indifférent.


Revue de presse

« Amoureux d’une littérature populaire classique, Olivier Bleys assume la naïveté de son sujet, dans une belle langue classique, et livre une parabole écologiste, qui nous rappelle qu’il ne faut pas sous-estimer les vieilles branches… » L’Express

 

DERNIER OUVRAGE

 
Album jeunesse

Les aventures inter-sidérantes de L’ourson Biloute

Grasset Jeunesse - 2017

L’Ourson Biloute et la Baraque à Frites de l’Espace
Dans un petit village du Nord de la France, jusqu’ici tout va bien. Il pleut. Les frites sont chaudes, les grenouilles croassent tranquillement. Mais une redoutable menace plane sur ce paisible tableau… Le terrible Blast Ador, commandant en chef de la Galaxie Fantôme, a décidé d’envahir la planète Terre et d’empoisonner les frites avec l’ignoble sauce Z !
L’Ourson Biloute, un ours en peluche pas ordinaire, doté d’un fichu caractère, se dresse courageusement face aux envahisseurs. Grâce à l’aide de Lemmy, le rockeur au grand cœur, Biloute combat sans relâche les hordes d’extra-terrestres. 

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Je m’appelle radar

Nil Editions - 2016

L’histoire est un kaléidoscope, et la vie un spectacle de marionnettes qui sont recyclées ou qui disparaissent quand leur rôle est terminé. Au début du cercle : Radar. Il naît dans le New Jersey en 1975 alors qu’une panne d’électricité plonge l’hôpital dans le noir. Lui-même vient au monde avec une peau d’un " noir d’aubergine " alors que ses parents sont blancs et que Charlene, sa mère, est une femme fidèle. Déboussolée par la couleur de peau de son petit garçon, Charlene le soumet à une batterie de tests. Après des années de vaine quête auprès de différents médecins, Charlene et son mari Kermin, un génie des ondes radioélectriques serbe, tentent un ultime essai : ils acceptent la bizarre invitation de Kirkenesferda, un groupe d’artistes-scientifiques du grand Nord norvégien. La roue du roman tourne. Arrêt sur la Serbie, 1992, en pleine guerre civile. Miroslav crée des spectacles bouleversants où, dans des boîtes noires, de minuscules marionnettes plus vraies que nature rejouent ou réinventent des événements du réel. La roue tourne à nouveau. Cambodge, peu avant 1975 : un jeune garçon adopté par un aristocrate français apprend les lois de la physique quantique. Puis le Cambodge est mis à feu et à sang par les Khmers rouges. Dans un camp de prisonniers, Kirkenesferda s’apprête à offrir à Pol Pot l’une de ses plus belles performances. La roue ralentit. New Jersey, 2010 : après avoir provoqué une panne d’électricité générale, Kermin disparaît. En le cherchant, Radar reçoit un mystérieux rendez-vous en morse. Dans le sous-sol d’un centre commercial abandonné, il découvre les derniers membres de Kirkenesferda. Ils sont entourés de centaines d’oiseaux-robots qui savent se coordonner les uns aux autres de façon autonome. Enfin la roue s’arrête (où repart ?) : Radar reçoit par texto un message de Kermin annonçant la naissance de son fils, Radar... Fantaisie, humour, imagination, péripéties et réflexion... le nouveau roman de Reif Larsen est construit en poupées russes, à travers différents lieux et diverses époques. Génial et jubilatoire.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Des chauves-souris, des singes et des hommes

Gallimard - 2016

Dans un village africain, une fillette heureuse cajole une chauve-souris. De jeunes garçons rapportent fièrement de la forêt le cadavre d’un beau singe au dos argenté. Ainsi débute une série d’événements qui frappent tour à tour les protagonistes de cette histoire : habitants des cases, coupeurs d’hévéas, marchands ambulants, piroguiers, soignants, et même primatologues en mission.
Un mal pernicieux se propage silencieusement au pied de la Montagne des nuages, et le long d’une rivière sur laquelle glisseront bientôt les pirogues funèbres. La plupart l’ignorent superbement, d’autres en cherchent vainement l’explication dans la magie, la science ou la nature.
C’est avec poésie et humour que Paule Constant nous fait vivre ce conte déchirant de notre temps, dans un style dont la paradoxale légèreté parvient à nous faire partager tant de douloureuses péripéties, en nous conduisant aussi pas à pas vers une fin qui n’est peut-être qu’un autre début.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Et que celui qui a soif, vienne. Un roman de pirates

De l’Ancien au Nouveau Monde, le destin de trois bateaux et de leurs équipages, un négrier, un vaisseau pirate et un navire marchand. Avec ces péripéties nombreuses et ses personnages fascinants (depuis l’esclave africain jusqu’à l’armateur hollandais), cet hommage aux romans d’aventures se saisit du genre pour le renouveler d’une façon très inventive. Un roman contemporain, donc, au grand souffle romanesque, porté par une réflexion politique sur ce que fut cette première mondialisation.

Écoutez Sylvain Pattieu nous parler de son roman en cliquant ici.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le Cœur blanc

L’Olivier, 2018 - 2018

Pour Rosalinde, c’est l’été de tous les dangers. Dans ce village où l’a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d’autres. Travailler dans les champs jusqu’à l’épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s’abrutir d’alcool ; tout cela n’est rien à côté de ce qui l’attend. L’amitié – l’amour ? – d’une autre femme lui donne un moment le sentiment qu’un apaisement est possible. Mais ce n’est qu’une illusion.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Au fil du rail

Éditions du Sous-Sol - 2016

Ted Conover est un jeune étudiant de premier cycle en anthropologie de 24 ans lorsqu’il se décide à partager la vie des hobos, à avaler des kilomètres de rails dans des trains de fret, avec comme seul bagage un sac de surplus de l’armée en bandoulière surplombé d’un bidon d’eau.
Fuyant une vie de confort, il va parcourir le pays en 1984 quatre mois durant, “brûler le dur” et partir à la rencontre de ces compagnons de la marge. Vivre au quotidien avec eux, partager les casse-croûtes, les bagarres, les galères et
les coups de gueule, apprendre à se cacher des “bouledogues”, flics postés à chaque intersection pour expulser les “trimards” sauvages. Il y a Lonny, qui ne pénètre certaines villes qu’à la nuit tombée car il est noir de peau, Sheba Sheila Sheils qui s’est construit une cabane de fortune dans les arbres, Vernon, Prince Vaillant et bien d’autres, des marginaux épris de liberté bien décidés à vivre à l’écart de la société et à échapper à ses codes qui figent et anesthésient.
Avec une humanité profonde qui fait la peau aux clichés, Ted Conover nous entraîne sur la route et nous livre un document historique sur un monde désormais révolu, mettant des mots sur ces visages qui peuplent l’asphalte, sur la violence, la philosophie et l’esprit de l’errance. Modèle du journalisme “undercover”. Au fil du rail, exceptionnel reportage infiltré inédit en France se situe entre Into the Wild de Jon Krakauer et Sur la route de Jack Kerouac.


Revue de presse :