LES GRANDS DÉBATS

5 mai 2016.

EN PARTENARIAT AVEC
LE CENTRE NATIONAL DU LIVRE
QUI FÊTE CETTE ANNÉE 70 ANS
DE CRÉATION LITTÉRAIRE

 

COLÈRE NOIRE
Phénomène littéraire de l’année 2015 aux États-
Unis, Ta-Nehisi Coates signe un essai somptueux,
en forme d’adresse à son fils, pamphlet contre
une Amérique blanche maintenant son hégémonie
par l’asservissement et la violence. Une
rencontre avec Pascal Blanchard.
► Sam. 11h, Maupertuis

HENRY CORBIN (1903-1978)
Un immense philosophe à découvrir. Un passeur
entre deux mondes, Orient et Occident. Un
chercheur qui invitait à renverser sans trembler
nos catégories mentales, et oser penser enfin les
puissances d’une « imagination créatrice ». Pour
l’évoquer, Christian Jambet, qui fut son élève et
occupe aujourd’hui la chaire d’études islamiques
à l’École des Hautes études, Souad Ayada, philosophe,
Seymus Daegtekin, écrivain et poète,
qui interprétera quelques poèmes du philosophe
soufi Ibn Arabi, Abdennour Bidar, philosophe
et producteur à France Culture, les écrivains Atiq
Rahimi et Michel Le Bris qui, tous deux, ont
été profondément marqués par sa pensée (voir
page 15).
► Sam. 14h, Maupertuis

L’ORIGINE DE LA VIOLENCE
Sociale, politique, militaire, quotidienne : Colum
McCann, dans Treize façons de voir plonge au
coeur de la violence ; Charles Robinson plonge
dans l’abîme de la « Cité des Pigeonniers », William
Boyle a grandi dans un quartier de Brooklyn
dont il restitue magistralement la dureté,
Mohamed Sarr nous entraîne dans une ville aux
mains des islamistes. Quatre approches du mystère
de la violence et du pouvoir de la littérature
de contenir celle-ci.
► Sam. 15h45, Maupertuis

L’EFFET SCIENCE-FICTION
L’amorce d’un phénomène qui pourrait s’avérer
aussi riche que fut la vogue de littérature « noire »
dans les années 70 : voici que les écrivains de
littérature générale se tournent vers la S.F. pour
dire l’inconnu de ce qui vient. Faut-il s’en étonner
quand notre modernité, aussi, se dit transhumanité,
intelligence artificielle, robots, porte
des étoiles, changement de notre rapport à la
nature et à l’animal ? Boualem Sansal signe
une fable orwellienne, Matthias Politycki imagine
un XXe siècle en péril de sombrer dans un
Moyen-Âge futuriste, Rosa Montero construit
un monde complexe, futuriste, et Jean-Marc
Ligny s’affirme comme un des plus grands écrivains
actuels de SF.
► Sam. 17h30, Maupertuis

DU GOUVERNEMENT DIVIN
Christian Jambet, très loin du tohu-bohu des
« experts », est des plus grands spécialistes aujourd’hui
de l’Islam, à la réputation mondiale.
Il publie Du gouvernement divin : comment
au sein de l’Islam pense-t-on le gouvernement
des hommes au regard de la Révélation ? Avec
Christian Jambet, Michel Le Bris, Abdennour
Bidar et Souad Ayada.
► Dim. 10h, Maupertuis

AUTOUR DU PRIX GANZO DE POÉSIE
En ouverture une rencontre « Ensemble, la poésie » avec Yvon Le Men et Emmanuel Lepage à
Maurepas, Thierry Renard à Vénissieux, Seyhmus
Dagtekin à Paris. Puis la remise du prix
Ganzo de poésie, à une poétesse de première
grandeur. Anise Koltz. La matinée se terminera
par un hommage à la collection Poésie/Gallimard,
pour ses 50 ans d’existence.
► Dim. à partir de 11h15, Maupertuis

LES SOCIOLOGUES SONT-ILS
DEVENUS FOUS ?
Paul Berman, Pascal Bruckner, Pascal
Blanchard, Fawzia Zouari, Nathalie
Heinich, Fethi Benslama
Une ligne rouge a été franchie par la « fatwa » lancé
dans les colonnes du Monde par un collectif de
sociologues contre Kamel Daoud, accusé d’avoir
mis en cause, à propos de Cologne, la relation
aux femmes dans le monde musulman. Une ligne
rouge franchie, qui révèle crûment un impensé
jusque-là en lisière qui n’a de « scientifique » que
l’arrogance des signataires. Nous interpelle ce
climat d’excommunication Le clivage est si profond,
ici, qu’il valait, avons-nous pensé, un grand
débat. Non pas en forme de punching-ball mais
de réflexion, depuis des expériences différentes.
Nous en avons tous besoin.
► Dim. 14h, Maupertuis

NÉGRITUDE, CRÉOLITÉ, IDENTITÉ.
AUJOURD’HUI DES PIÈGES ?
Alfred Alexandre, Roland Brival,
Makenzy Orcel et Evains Wêche
Alfred Alexandre, romancier martiniquais,
dresse un constat critique : les discours de la
négritude puis de la créolité, nés comme contrecultures,
feraient obstacle à l’émergence d’une
littérature renouvelée, rompant avec le « questionnement
identitaire dans lequel elle est enfermée
 ». Il revendique un retour au récit, délaissé
dit-il au profit du travail sur la langue par ses
prédécesseurs, « poètes déguisés en romanciers »
(Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau).
► Dim. 15h45, Maupertuis

IMAGINAIRE, POÉSIE ET POUVOIR
Hubert Haddad, Michel Le Bris
et Christiane Taubira
On voudrait à toute force nous réduire au statut
de « producteurs » et de « consommateurs ». Toute
contestation est supposée s’y réduire. Les crises
que nous traversons seraient d’abord économiques,
puis, par ricochet, sociales et politiques.
Ce que nous dit la poésie serait peut-être ceci :
qu’il est aussi en chacun une dimension de grandeur,
de liberté, qui le fonde en son humanité – à
laquelle le reste s’ordonne. Et que la crise, précisément,
tient à ce qu’on veut l’ignorer.
► Dim. 17h30, Maupertuis

CERVANTES, SHAKESPEARE :
L’ÂME AUSSI DE L’EUROPE
François Laroque, Jean Canavaggio
et Michel Le Bris
Ils sont de ces figures, comme Dante, Rabelais,
Goethe, Hugo dont il nous semble qu’ils incarnent
l’âme même de l’Europe – une idée qu’il n’est pas
inutile de creuser tant on oublie que l’Europe à
travers les âges fut d’abord cela : une culture.
Europe baroque, Europe des Lumières, Europe
romantique, flamboiement de la Mitteleuropa :
comment avons-nous pu les oublier ? Comment
avons-nous pu construire l’Europe après-guerre
en oubliant cette prodigieuse aventure intellectuelle
 ? Cervantès, Shakespeare : une certaine
idée de l’Europe.
► Lun. 10h, Maupertuis

LE RETOUR DU RELIGIEUX
Jean Birnbaum, Jean-Claude Carrière,
Michel Le Bris, Fethi Benslama,
Abdennour Bidar
Nous nous croyons irréligieux en diable, même
si nous cédons aux modes, aux idéologies – sans
même comprendre que c’est cela, le religieux.
Qui peut parfaitement se proclamer athée – à
preuve, le communisme. En sorte que nous nous
trouvons aujourd’hui à peu près démunis devant
les intégrismes. Et si nous reprenions les choses
au commencement ? Entre savoir et croire, il faut
choisir, dit-on – mais de quel ordre, dans ce cas,
l’imaginaire ?
► Lun. 11h30, Maupertuis

ROMAN-MONDE
Bob Shacochis, Miquel De Palol,
Laurent Genefort
Il est des romans dont il nous semble à les lire
qu’ils veulent embrasser le monde en son entier –
non par le biais du reportage, mais dans un embrasement
d’imaginaire, en inventant de nouvelles
formes, en créant des mondes. Et la littérature ne
déploie jamais aussi évidemment ses puissances
que lorsque s’établit ainsi entre monde réel et
monde imaginé un rapport d’incandescence…
► Lun. 14h, Maupertuis

PENSER L’ISLAMISME
Pascal Ory, Paul Berman, Fethi Benslama
Comprendre, ou penser ? Ce n’est peut-être pas
exactement la même chose. Comprendre, étymologiquement,
c’est intégrer en soi – ce que garde
en lui le langage populaire « faut le comprendre,
le petit gars » (suivent les causes, sociales le
plus souvent). En ce sens-là, oui, comprendre
c’est (disons, un peu) excuser. Si nous croyons
que nous sommes déterminés par le social, que
nous sommes mus par des causes, alors, oui,
ce sont les causes qui sont bien sûr coupables
(donc nous, pour être clairs). Pour penser, au
contraire, comme pour voir, trop de proximité
nuit : penser suppose la mise à distance. Deux
attitudes différentes. Et si l’on s’efforçait de penser
l’islamisme ?
► Lun. 15h30, Maupertuis

GARDIENS DU SENS DES MOTS
Orlando Luis Pardo Lazo, Dany Laferrière,
Lyonel Trouillot
Vaclav Havel le rappelait sans cesse : la responsabilité
première des écrivains, face aux
totalitarismes, est d’être les gardiens du sens
des mots. Cette manière insidieuse qu’avait le
pouvoir en place de renverser le sens des mots
en son inverse, d’appeler liberté l’oppression,
« programme d’entente et de concorde entre les
peuples » l’épuration ethnique, etc. C’est aussi de
lutter contre l’acceptation de mots tabous, qu’on
laisse s’installer ici même, (« stigmatisation », « islamophobie
 » etc.), qui sont autant d’intimations
à ne plus penser – à se taire…
► Lun. 16h45, Maupertuis

GRANDS PRIX
« LITTÉRATURE
MONDE »
Pour la troisième année consécutive, nous décernerons
à Saint-Malo, Première plus que réussie,
l’an passé, pour ces deux nouveaux prix (français
et étranger) lancés conjointement par l’AFD
(Agence Française de Développement) et le festival,
pour porter encore plus loin notre idée de
« littérature monde ».
Avec un jury composé de :
Boualem Sansal, Nancy Huston, Atiq Rahimi,
Jean Rouaud, Paule Constant, Dany Laferrière,
Michel Le Bris, et présidé par Ananda Devi.
LA SÉLECTION
Prix Littérature-monde
Makenzy Orcel L’ombre animale (Zulma)
Catherine Poulain Le Grand Marin (L’Olivier)
Carole Martinez La Terre qui penche
(Gallimard)
Hyam Yared Tout est halluciné (Fayard)
Jean Hatzfeld Un papa de sang (Gallimard)
Prix Littérature-monde étranger
Bob Shacochis, La femme qui avait perdu
son âme (Gallmeister), traduit de l’américain
par François Happe
Ondjaki, Les Transparents (Métailié), traduit
du portugais (Angola) par Danielle Schramm
A. Igoni Barrett, Love is power, ou quelque
chose comme ça (Zulma), traduit de l’anglais
(Nigeria) par Sika Fakambi
► L’annonce des nouveaux lauréats aura lieu
le samedi au Café littéraire à 14h,
et se prolongera par une matinée
« littérature-monde » le lundi à l’Auditorium,
à partir de 11h.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

De la bête et de la nuit

Le Castor Astral - 2021

Pour Seyhmus Dagrekin, écrire, c’est tenter d’être juste envers soi-même et envers l’autre qu’il soit humain, animal, végétal, minéral. De la bête et de la nuit, est issu de cette attention, de ce regard qui voudrait serrer, cerner l’autre au plus près de son être et de sa nuit.

De la bête et de la nuit marque à nouveau le lien profond que Seyhmus Dagtekin entretient entre sa langue maternelle, le kurde, et sa langue d’adoption, le français. L’auteur renoue ainsi avec le Kurdistan à travers la langue française et les sonorités du kurde. Il impose une musique unique qui défie le temps et l’espace pour défier les agresseurs et les commandeurs éternels. Ces poèmes marquent une étape capitale dans sa quête d’identité qui dépasse les frontières.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Le gouvernement divin : Islam et conception politique du monde

CNRS éditions - 2016

" Dieu est le souverain de l’univers parce qu’il est son créateur et il gouverne le monde terrestre par l’intermédiaire de ses prophètes dont le meilleur Mahomet ". Cet article de foi universellement reconnu en islam se prête à bien des interprétations. Ainsi, selon l’islam chiite, cette souveraineté divine est relayée sur la terre par les prophètes, mais aussi par les douze imams qui possèdent l’exclusivité de l’autorité politique et spirituelle après la mort de Mahomet. L’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique d’Iran, a prétendu fonder le pouvoir absolu du " savant en religion " sur le fait que ce savant serait le représentant des imams. Mais n’y aurait-il pas, en islam, une autre conception politique du gouvernement, une autre façon de fonder son pouvoir ? Le théoricien chiite Mullâ Sadrâ (1571-1641), dont l’oeuvre est ici étudié dans son développement conceptuel, propose en effet une alternative à l’interprétation dominante. Chez cet auteur, Dieu est toute chose, est présent en toute chose et son " trône " réside, non pas au-dessus de l’univers, mais dans le coeur du vrai fidèle, du savant éclairé. La religion devient un exercice spirituel d’intériorisation des sens cachés du Coran et un ensemble de savoirs qui visent à produire une liberté intérieure semblable à celle que connaît Dieu. Une quête impérieuse de la vie bienheureuse, antidote à tous les dogmatismes religieux.

 

DERNIER OUVRAGE

 

L’exil vaut le voyage

Grasset - 2020

Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l’âge de 23 ans sous les aboiements d’une meute de chiens, il entame une vie d’exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir jamais vraiment quitté Montréal.

Après l’Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L’Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l’exil : est-ce une expérience aussi terrible qu’on le dit ? En revenant sur ce qu’on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l’esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ».

Si les exils ont leur part d’arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l’Amérique à l’Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d’autres.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Antoine des Gommiers

Actes Sud - 2021

À Port-au-Prince, Ti Tony vit dans une seule pièce qu’il partage avec son frère Franky et leur mère Antoinette. Alors que Franky aime les mots et les histoires, il se lance dans l’écriture d’un livre sur Antoine des Gommiers, cet incomparable devin que les Haïtiens portent aux nues. Mais la popularité de ce chamane n’est pas l’unique raison d’un tel projet littéraire, Antoine des Gommiers serait le grand-oncle d’Antoinette, une filiation qui change tout même si Ti Tony, lui, ne saura jamais s’emparer de la fiction pour voir la vie en bleu.

Un livre magnifique, où l’amour filial transcende la misère.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Par le fil je t’ai cousue

Plon - 2022

« Du fil, du sang et des mots. Il n’en faut pas plus pour faire disparaître le corps d’une fille. La dématérialiser d’un coup, un seul. Net et sec. Une entaille. Et le liquide qui coule, tout naturellement, dans une odeur de femmes et de secret. »

Une fillette grandit dans l’ombre d’une famille traditionnelle et dans la soumission à une mère toute-puissante. Mais ce coin de Tunisie rurale est bousculé par la modernité, avec l’avènement de l’Indépendance, le départ des colons français, l’arrivée de Bourguiba, l’école obligatoire pour les filles. Alors l’enfant, destinée à vivre et à mourir voilée et analphabète comme ses sœurs aînées, va, première de sa tribu, prendre le long chemin de l’émancipation. Le prix à payer sera lourd pour celle qui devra se libérer des sortilèges, des interdits et des secrets maternels.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Alliances

L’Atalante - 2020

Sur une Terre dont le climat a radicalement changé suite à l’emballement climatique, des oasis et des microclimats locaux ont permis à la vie de s’abriter, voire de se développer. Mais quelle place pour l’homme dans un tel écosystème, face à l’émergence probable d’une nouvelle espèce dominante sur la planète ? Il pourrait y avoir des alliances inédites à passer.
Tikaani, l’Inuit, parti d’Islande à bord d’un avion solaire, Ophélie, la guérisseuse tapie dans sa jungle au Canada, Denn et Nao, qui ont quitté leur tribu cavernicole du désert qu’est devenue la Californie : tous sont à la recherche de survivants, certains rêvent de redonner sa place à l’humanité. Mais ils vont apprendre que ce qui reste des hommes peut encore nuire à la planète..
Le dernier opus du maître français de la climate fiction.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Croyance

Odile Jacob - 2015

« La croyance, cette certitude sans preuve , pouvons-nous l’approcher, la connaître ? Qu’est-elle exactement ? Une rébellion individuelle, ou au contraire un ralliement à un groupe, à une secte ? Un réconfort ou une aberration ? Alors que nous pensions, depuis le siècle dit des Lumières , aller vers plus de clarté, plus de maîtrise sur le monde et sur nous-mêmes, nous voyons que la croyance a marché près de nous au même pas que la connaissance, et que l’obscurité nous accompagne toujours, avec son cortège de rage et de sang. Nous voyons qu’une vieille alliance, que nous espérions dissipée, s’est renouée entre la violence et la foi. Pouvons-nous, le temps d’un livre, nous arrêter au bord du chemin, réfléchir ensemble, rappeler certains épisodes de notre passé et nous demander s’il nous reste une chance, un jour, d’éteindre, ou d’adoucir, ce feu ancien qui nous déchire encore ? » J.-C. Carrière.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Treize façons de voir

Belfond - 2016

Dans le court roman en treize chapitres qui donne son titre au recueil, M. Mendelssohn, 82 ans, juge à la retraite, supporte mal ses différents maux, son état de vieillard dépendant. Veuf, père d’un fils instable et d’une fille rebelle qui réside en Israël, il est un jour victime d’une brutale agression dans la rue…

Quelle heure est-il, maintenant, là où vous êtes ? Un écrivain doit écrire une histoire de Noël. En manque d’inspiration, il imagine une femme soldat en Afghanistan, volontaire pour un tour de garde la nuit de Noël dans un port glacial.

Sh’khol (« Le parent qui a perdu un enfant » en hébreu) Thomas, 13 ans, adopté en Russie par Rebecca et Alan, dont elle est séparée, disparaît après une plongée en mer d’Irlande.

Traité Une religieuse reconnaît à la télévision l’homme qui l’a violée et torturée trente-sept ans auparavant dans la jungle colombienne.

Comme si y avait des autres Jamie, 17 ans, renvoyé du chantier où il travaillait pour cause de possession de drogue, enfourche un cheval et attaque au couteau un ouvrier roumain.

Cinq fictions reliées par la violence sociale, politique, militaire, quotidienne ou psychologique - marquées par la rancune, la rétorsion, la brutalité sans motif mais aussi par des moments de grâce qui font que, tous comptes soldés, l’espoir demeure. Colum McCann déploie son talent de conteur dans des récits à fleur de peau, concentrés de beauté pure et de sentiments cruels et lumineux.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Les Épiphaniques

Bruno Doucey - 2022

Ils se nomment Anne-Laure, Asma, Cathy, Chris, Emmanuelle, Jérôme… Leurs noms ne nous disent rien, mais sans eux ce livre n’aurait pas vu le jour. Les Épiphaniques, ce sont eux, des hommes et des femmes qu’Yvon Le Men a rencontrés dans les marges de notre société, faisant poème de leurs vies et de leurs histoires. Ils se disaient invisibles et les voici mis en lumière dans des poèmes. « Nous ne sommes pas que des cicatrices », dit l’une. Si j’étais une image, je serais « la montagne de Cézanne qui me rapproche du ciel », répond l’autre. Et de mot en mot une chaîne de fraternité traverse le recueil. D’un pont, d’un foyer, de la rue, d’une caravane, du froid, du bruit. Ils connaissent ce que nous évitons de voir. Ils se nomment Louna, Marc, Mickaël, Myriam, Thomas, Tiago et ont des choses à nous dire. Sur eux, autant que sur nous.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre

Gallimard - 2021

« Pourquoi les humains sont-ils si bêtes ? Pourquoi se laissent-ils traîner par le bout du nez ? Les ânes ont de longues oreilles ridicules par lesquelles ils se font bêtement attraper, mais quand ils ne veulent pas avancer, rien ne peut les forcer à obéir. » Boualem Sansal adresse aux peuples et aux nations de la terre un manifeste athée, plein d’un humour féroce et rageur, pour les appeler à sortir de l’âge des dieux et à entrer dans celui des hommes. L’humanité doit trouver le moyen de résister aux forces qui la détruisent:les religions et leurs sempiternelles pénitences, l’argent tout-puissant, les passions guerrières, ou encore la malbouffe omniprésente sur la planète, symptômes indubitables d’un effondrement des civilisations.Après un rappel des errements et des crimes du passé, le grand écrivain algérien propose une « Constitution universelle » censée servir de base à la République mondiale qu’il appelle de ses voeux, qui fédérerait les peuples et les nations enfin libres.
Il est temps, nous dit-il, de choisir la vie.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les Roses Fauves

Gallimard - 2020

« Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage.
Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ?
Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir… »
C. M.

Carole Martinez, formidable conteuse, libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Nos Futurs

ActuSF - 2020

Nos Futurs
Imaginer les Possibles du Changement Climatique

Nos Futurs est une anthologie de textes destinés à sensibiliser, à informer et à produire des récits autour des enjeux du changement climatique.

Ce livre part d’un double constat :
D’une part, la transition écologique au sens large, et les changements radicaux qui l‘accompagnent, intéressent et préoccupent un public de plus en plus large, qui cherche des moyens de se saisir du sujet.

D’autre part, alors que l’homme est un animal d’histoires, nous manquons de récits pour nous approprier ces futurs, souhaités ou subis. Certes, le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat) produit régulièrement un panorama des conséquences à long terme du changement climatique qui permet d’imaginer à quoi le monde risque de ressembler. Mais ces rapports, s’ils font référence et sont fondamentaux pour une prise de décision éclairée, ne sont que peu lus par le grand public et peinent à atteindre les imaginaires.

C’est pour ça que nous avons formé dix binômes auteur-chercheur qui se saisiront de dix thèmes parmi ceux étudiés par le GIEC, et dont le choix a fait l’objet d’un sondage auprès d’un large public (voir page sondage, voir page choix des thèmes). L’ambition est de présenter ces dix thèmes sous un double éclairage : celui de la fiction, pour explorer les possibles, et celui de la vulgarisation scientifique, pour expliquer l’état des connaissances. En rassemblant ces vingt textes, issus de la rencontre entre auteurs et chercheurs, l’objectif est de donner à voir la différence et la complémentarité entre ces deux approches qui vont être indispensables pour s’approprier les bouleversements qui s’annoncent.

Nos Futurs s’adresse à un large public, des lecteurs qui cherchent comment aborder les enjeux climatiques aux militants déjà engagés, en passant par les amateurs d’imaginaires sans préoccupation initiale pour le climat.

Les porteurs du projet :
L’idée de ce livre a germé dans le cerveau de Aline Aurias (journaliste scientifique), Roland Lehoucq (astrophysicien au CEA et président du festival de l’imaginaire Les Utopiales), Daniel Suchet (Maître de conférences à l’Ecole polytechnique) et Jérôme Vincent (directeur de la maison d’édition ActuSF), à Nantes, un soir de novembre 2018, durant le festival des Utopiales.

Les partenaires :
Ce livre a été rendu possible par le soutien de la Diagonale Paris-Saclay ainsi que de la chaire Arts et Science de l’Ecole polytechnique, de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et de Paris Science et Lettres. Il est également soutenu par le Collectif Citoyens Pour le Climat, la fondation Elyx, le festival des Utopiales, l’association S[cube] et le réseau des médiathèques de Paris-Saclay.

« Nos Futurs » remercie sa marraine, Valérie Masson-Delmotte, chercheuse au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA) et vice-présidente du groupe 1 du GIEC d’avoir bien voulu se pencher sur son berceau.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Portiques de l’instant

Project’îles - 2022

Portiques de l’instant est le livre d’un poète conscient de la vie présente. L’immédiateté parcourt ces poèmes et fait prendre conscience de la fragilité de notre passage sur terre. L’instant disparait aussitôt apparu, et chaque instant porte l’inconnu du monde. Des portiques où la lumière le dispute à l’obscurité, l’éclat du soleil aux échos de la nuit, un tissage et des nervures qui nous façonnent. Hubert Haddad se rappelle ainsi du fol amour, ô morte à l’envers. Le poète ne cesse de nous emmener vers ces espaces inconnus, entre les lieux qu’il a visités, et l’érudition qui le caractérise, nous faisant voyager dans les mythes, dans la connaissance de l’humain et du monde. Quels sont ces êtres qui apparaissent et qui disparaissent aussitôt de notre existence ? Sont-ils d’ici ? Sont-ils de l’essence du monde déjà ? Le vide est-il l’équivalent de l’infini ? Portiques de l’instant est parsemé des peintures de Michel Haddad, frère du poète, parti – volontairement – trop tôt, des travaux gardés inachevés par le peintre lui-même, qui donnera ou détruira ses tableaux, ses esquisses, ses dessins, selon son humeur. Critique d’art, Hubert Haddad qualifie l’œuvre de son frère comme « un journal hâtivement crayonné d’une intimité, [une] sorte de livre discontinu aux pages éparses où les phrases se succèdent poétiquement, sans pose de style ni clin d’œil à la postérité ». Ces peintures du frère disparu font de Portiques de l’instant une œuvre spéciale dans la biographie gigantesque du poète. Recueil de poèmes inspirés, musicaux, Portiques de l’instant succède à La Verseuse du matin (Prix Mallarmé 2014), et approfondit l’aspect métaphysique et résolument engagé dans la défense des libertés de l’œuvre de Hubert Haddad, après Palestine (Folio, prix Renaudot-poche 2009), Opium Poppy ou encore un Monstre et un chaos (Zulma poche, 2022). Hubert Haddad est par ailleurs l’initiateur et le rédacteur en chef de la revue internationale Apulée.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Si seulement la nuit

P.O.L. - 2022

Confinés séparément, le père et la fille ont entretenu un échange épistolaire en 2020 pour s’encourager, raconter à l’autre son quotidien et se donner des nouvelles rassurantes. Mais très vite leur correspondance, émouvante et inquiète, s’assombrit, vire à l’écriture tourmentée de soi, et s’engage dans le récit d’une famille bouleversée par la politique, l’exil et l’art.

Le père, écrivain et cinéaste d’origine afghane, est incapable d’écrire un mot de fiction, de reprendre l’écriture de son roman. Il se croit alors enfermé dans un monde virtuel. Sa fille, née en France de parents exilés, étudiante en art dramatique, s’interroge sur son identité réelle. Ce sont ses mots et ses interrogations, à elle, qui ramène son père à la réalité du monde actuel, et à la réminiscence de son passé douloureux, volatile. Le passé ressurgit entre eux comme un fantôme encombrant, et que le père et la fille ont bien du mal à partager.

Alors que les nouvelles de l’Afghanistan sont chaque jour de plus en plus angoissantes, le père parvient à raconter ce qu’il n’avait jamais dit à sa fille : la fuite de Kaboul, l’invraisemblable périple jusqu’au Pakistan, la famille, les amis abandonnés ou disparus.
Ainsi deux générations, en s’écrivant, racontent le monde, la vie et les sentiments d’une famille exilée. Le père vit dans la nostalgie et l’inquiétude des événements, la fille s’interroge sur son identité et veut croire en l’avenir. Une transmission est-elle encore possible ? Et derrière les mots échangés, qui se révèle ? et qui se cache toujours ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Colonisation et propagande. Le pouvoir de l’image

Cherche Midi - 2022

Pendant plus d’un siècle, de la IIIe République naissante (1870) à la dernière décolonisation (1980, les Nouvelles-Hébrides), la propagande coloniale a fait partie du quotidien des Français. Affiches touristiques ou de recrutement militaire, expositions universelles et coloniales, manuels scolaires et protège-cahiers, couvertures de livres et de magazines, presse illustrée et brochures de propagande, photographies et cartes postales, jeux de société et bandes dessinées, publicités et films, monuments et statues, peintures et émissions de radio… tous les supports ont participé à cette apologie de la « plus grande France ». Au cœur de l’État, une Agence des colonies a été le fer de lance de cette propagande, et beaucoup ont oublié son action. Génération après génération l’idée coloniale a fait son chemin, pour devenir consensuelle durant l’entre-deux-guerres et se prolonger jusqu’aux dernières heures de l’Algérie française et même au-delà. Au cœur de cette dynamique, l’image a été un vecteur essentiel du message colonial, portant un regard paternaliste et raciste sur ceux que l’on appelait les « indigènes ».

Ce livre analyse, décode et replace dans son contexte cette incroyable production, permettant, en croisant les sources les plus diverses et des archives exceptionnelles, de comprendre les mécanismes de l’adhésion du plus grand nombre à l’Empire. Par un remarquable décryptage des images, accompagné de citations pour chaque époque, ce travail nous montre comment a été construit l’univers symbolique structurant l’imaginaire sur la colonisation. Celui-ci est indissociable de l’identité nationale et a des répercussions sur les grands enjeux politiques, économiques et idéologiques pendant près d’un siècle. Ce livre, écrit à cinq voix, permet de comprendre comment le discours sur la « mission civilisatrice » s’est imposé et comment se sont bâties les grandes mythologies de la « République coloniale », dont certaines représentations perdurent. Cette approche inédite sur notre culture visuelle, politique et historique participe au travail de déconstruction en cours sur l’héritage de la colonisation, nous permettant de regarder autrement ce passé et ses résonances dans le présent.

Avec Sandrine Lemaire, Nicolas Bancel, Alain Mabanckou et Dominic Thomas.

 

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Poésie

Le désir : Aux couleurs du poème

Bruno Doucey - 2021

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles… » Pour le 23e Printemps des Poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie. Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un désir blanc de silence, d’absence et d’éternité ; un désir jaune de fraîcheur, d’éveil et de rayonnement ; le rouge désir des lèvres qui s’unissent et du sang qui pulse en nos veines ; un désir bleu de voyage, d’espace et de mer… Sans omettre ces orangers qui font aimer la pulpe de la vie, ou le désir obscur, né des profondeurs de la nuit, que tant d’êtres ont approché dans une brûlure. 88 poètes, dont la moitié sont des femmes… Et la main verte de Thierry Renard et Bruno Doucey lorsqu’il s’agit de satisfaire notre désir de poèmes.

 

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Récit

Le bar des Amériques

Mémoire d’Encrier - 2016

Le bar des Amériques est le roman de l’amour perdu. Perte dont le souvenir et la douleur indépassés installent Bahia dans l’enfermement du ressassement et de l’errance à soi. Un enfermement de trente ans qu’elle croit pouvoir briser lorsqu’un matin, très tôt, sur le bord évanoui de la mer, elle rencontre, comme dans un miroir, un autre visage de l’errance, en la personne de Leeward, un ancien passeur de clandestins à la dérive, dont la vie se limite à boire, le soir, en compagnie de son vieux complice d’autrefois, Hilaire.

Tout au long du récit, dont l’espace central est le huis-clos d’un bar échoué au rez-de-chaussée d’un hôtel à l’abandon, quatre motifs, comme une respiration sous-marine, balisent le vertige en solitude des personnages : les conteneurs, l’île, le naufrage, les migrants.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Une boîte de nuit à Calcutta

Robert Laffont - 2019

Après la parution de son premier livre, Les Immortelles, Makenzy Orcel confirme ici la magie d’une écriture violente et généreuse. Nicolas Idier, au rythme de ses écrits et de ses nombreux voyages, poursuit sa quête d’une autre vision de la littérature. La rencontre de ces deux auteurs reconnus bien au-delà des limites hexagonales témoigne d’une sagesse nouvelle, où la beauté et l’amour triomphent du doute et de la peur.
Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris et, après plusieurs années, se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l’amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d’écriture, la révolte contre toutes les injustices, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d’écrire. L’un vit entre Port-au-Prince et Paris, l’autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au comptoir d’une boîte de nuit. La musique est si forte qu’elle emporte leurs paroles. C’est alors que l’un se penche vers l’autre et lui propose l’idée d’écrire un livre à deux. Voilà comment est né ce livre qui réunit deux voix de la littérature française et haïtienne. La sincérité absolue et incarnée de leur dialogue est une preuve de confiance et de fraternité comme on en trouve peu dans la littérature contemporaine.
Oscillant entre le roman, la poésie, l’essai, la confidence, sans aucun respect des catégories, Une boîte de nuit à Calcutta traverse toutes les frontières pour atteindre à l’universel.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Fabrication de la guerre civile

Seuil - 2016

Située dans une ville nouvelle, en région parisienne, la Cité des Pigeonniers
abrite 322 appartements, 1 200 habitants. C’est un petit monde, dense,
poissé par la crise et la paupérisation exponentielle, qui va entrer en fusion à
la lumière d’un projet de rénovation urbaine, lequel doit raser les bâtiments,
disperser la population, avant une reconstruction future.
Fabrication de la guerre civile propose une archéologie sociale sous la forme
d’une vaste fresque, sombre, poétique et romanesque, dans une cité fictive.
L’exploration patiente, courant sur une année, des strates fragilisées et
douloureuses d’une microsociété : amours et amitiés, travail et absences de
travail, accidents et malchances, pressions sociales et regard des autres,
décisions fatales et formes de vie…
Parce que les Cités sont un sujet traditionnellement peu considéré dans la
société française, l’enjeu est de produire une ambitieuse et généreuse
oeuvre-monde.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Reine du réel, Lettre à Grisélidis Réal

- 2022

La lettre de Nancy Huston a Grisélidis Réal, poétesse et prostituée. 
 
Longtemps je t’ai détestée, Gri. On eût dit que tu acquiesçais à tout ce que les hommes te demandaient. Tu semblais n’avoir aucun problème pour incarner leur fantasme : la pute au grand coeur, celle qui aime ça, celle qui comprend les messieurs et ne les juge jamais, celle qui accepte avec le sourire leur tout et leur n’importe quoi.

Grisélidis Réal, écrivaine et prostituée suisse, a fui le milieu où elle est née, bourgeois, calviniste et rigide, pour mener une vie libre. Une vie marquée par des histoires avec des hommes violents, des dizaines de milliers de relations tarifées, quatre enfants placés, des fausses couches, mais une vie illuminée par l’art et l’engagement militant au nom des travailleuses du sexe.
Poétesse magnifique, figure rebelle et courageuse, Grisélidis Réal fascine Nancy Huston qui, malgré quelques désaccords, se retrouve beaucoup en elle. À l’aune de son destin, elle questionne le sien, son rapport à la mère, aux hommes, au danger.
Véritable déclaration d’admiration, cette lettre révèle une grande artiste de la fin du XXe siècle dont la modernité de pensée annonce les débats contemporains. Un texte résolument féministe, qui interroge avec puissance le rôle du corps féminin dans l’écriture et le rapport au monde.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’Islam des théophanies : Une religion à l’épreuve de l’art

CNRS Editions - 2010

L’islam offre deux visages : celui d’un monothéisme abstrait, où domine la transcendance de Dieu, au risque d’engendrer le fanatisme. Mais aussi, et surtout, celui, plus discret, mais non moins insistant, d’un monothéisme concret, qui valorise la manifestation visible de l’essence de Dieu dans l’apparition sensible des actions divines. Dans cette étude pionnière qui surprendra par sa liberté de ton, Souâd Ayada renouvelle en profondeur notre connaissance des systèmes de pensée qui ont fondé l’islam des théophanies. Un modèle de sagesse aux antipodes de l’austérité coranique, selon lequel Dieu se donne à voir par l’entremise de l’" homme parfait " et par toutes les formes de beauté qui révèlent sa majesté. Réconciliant l’amour, l’intelligence et la connaissance, cette conception de la révélation, notamment portée par le soufisme, préserve l’islam de toute dérive juridique et politique, et accorde à l’art toute sa place. Elle constitue l’antidote que l’islam a lui-même produit pour guérir le mal du dogmatisme et l’intolérance.

Dévoilant les impasses et les contradictions du fondamentalisme, dialoguant avec les sources juives et chrétiennes, confrontant le message du soufisme à la philosophie de Hegel ou à la pensée d’Emmanuel Levinas, Souâd Ayada signe un livre essentiel, en forme de plaidoyer pour une approche audacieuse, exigeante et ouverte de l’islam.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

De la haine du juif : essai historique

Bouquins - 2021

Pascal Ory s’interroge en historien sur les origines et la persistance de l’antisémitisme, dans un essai utile et percutant appelé à faire débat face à la montée de l’islamo-gauchisme. 
C’est une tragédie en trois actes, avec un prologue.
Le prologue se situe en des temps très lointains, avant l’ère chrétienne. Le peuple juif, contrairement à une version très répandue (on appelle ça la Bible), n’y fait pas l’objet d’une attention particulière.
Acte 1 : Si le monothéisme juif n’était pas un problème pour les polythéistes, le judaïsme, lui, est un problème pour les chrétiens – donc, dans la foulée, pour les musulmans – : le peuple élu refuse obstinément de reconnaître ici son sauveur, là son prophète. Mauvais exemple.
Acte 2 : Lorsque l’Occident va commencer à s’éloigner de l’hégémonie chrétienne, cela fait déjà mille cinq cents ans qu’il y a une supposée « question juive ». Ça laisse des traces, que le monde moderne ne pourra jamais effacer, surtout quand une certaine science invente la « race », quand un certain athéisme invente l’« antisémitisme ».
Acte 3 : À peine, avec la défaite d’Hitler, cette haine-là a-t-elle été anéantie que la naissance de l’État d’Israël en allume une troisième, « antisioniste », géopolitique, qu’on peut instrumentaliser à loisir, et qui n’a aucune (dé)raison de s’éteindre.
Et voilà pourquoi la judéophobie ne remonte pas à la nuit des temps, mais prend date pour être éternelle.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le Poids du cœur

Anne-Marie Métailié - 2016

Bruna Husky, la rep de combat des Larmes sous la pluie, n’a pas le moral. Les humains l’énervent, avec leur vie à rallonge, alors que chaque seconde la rapproche de l’heure de sa mort. Au cours d’un voyage dans le District Zéro, à la suite d’une altercation, elle recueille un peu malgré elle une fillette à moitié sauvage, obstinée et difficile, Gabi.
Très vite, sur la foi d’un mot mystérieux, elle se retrouve embarquée dans une sombre affaire de poubelles atomiques aux confins du monde connu, dans une zone où règne une guerre permanente. L’enquête la mène sur la planète de Labari, dominée par la religion et le mépris pour les femmes.
Elle est accompagnée dans son aventure par un “tripoteur” séduisant autant qu’inquiétant et d’une jeune réplicante née de la même matrice industrielle qu’elle, Clara Husky, son portrait craché. Cet alter ego plus jeune va la pousser à s’interroger sur son humanité et son destin. Entourée par ses vieux amis, Yiannis l’archiviste, qui change d’humeur toutes les cinq secondes à cause de sa pompe à endorphines, Bartolo le boubi collant et goulu ; jouant les intermittences du cœur avec l’inspecteur Lizard, toujours là pour lui sauver la vie mais jamais pour lui déclarer sa flamme, Bruna Husky est une survivante qui se débat entre l’indépendance totale et un besoin d’affection désespéré, un animal sauvage prisonnier de sa courte vie.
Rosa Montero construit des mondes extraordinaires, étranges et cohérents, avec une maestria de conteuse hors pair. Elle écrit tout à la fois un roman d’aventures politique et écologique, un thriller futuriste, une réflexion sur la création littéraire, une métaphore sur le poids de la vie et l’obscurité de la mort... Et rappelle l’urgence de vivre et d’aimer quel que soit le monde qui nous est dévolu.

Traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse.


Revue de presse

"Roman policier ? Science-fiction ? Au-delà de ça, l’auteure espagnole rappelle l’urgence de vivre pleinement et le poids essentiel de l’amour... Si convaincante que l’on a envie de lire toute son œuvre." Anne Demangeat, Télé7jours.

"Comme tous les excellents livres de science-fiction, ce roman met en scène un avenir qui résonne étrangement avec notre présent." Clara Dupont-Monod, Le Parisien magazine.

"Fable inspirée sur le sort d’une humanité au seuil de la catastrophe, la nouvelle folie de Rosa Montero est une parabole écolo aux accents fantastiques." Benoît Legemble, Transfuge.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Des chauves-souris, des singes et des hommes

Gallimard - 2016

Dans un village africain, une fillette heureuse cajole une chauve-souris. De jeunes garçons rapportent fièrement de la forêt le cadavre d’un beau singe au dos argenté. Ainsi débute une série d’événements qui frappent tour à tour les protagonistes de cette histoire : habitants des cases, coupeurs d’hévéas, marchands ambulants, piroguiers, soignants, et même primatologues en mission.
Un mal pernicieux se propage silencieusement au pied de la Montagne des nuages, et le long d’une rivière sur laquelle glisseront bientôt les pirogues funèbres. La plupart l’ignorent superbement, d’autres en cherchent vainement l’explication dans la magie, la science ou la nature.
C’est avec poésie et humour que Paule Constant nous fait vivre ce conte déchirant de notre temps, dans un style dont la paradoxale légèreté parvient à nous faire partager tant de douloureuses péripéties, en nous conduisant aussi pas à pas vers une fin qui n’est peut-être qu’un autre début.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Roman graphique

La Lune est blanche

Futuropolis - 2014

« L’Antarctique. Le sixième continent. 14 millions de kilomètres carrés. Un dôme de glace enchâssé dans un socle rocheux. Le continent le plus sec, le plus froid, le plus difficile d’accès. Le continent des superlatifs. Le monde des extrêmes. »
En 2011, Yves Frenot, directeur de l’Institut polaire français, invite Emmanuel Lepage et son frère François, photographe, à intégrer une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d’Urville, en Terre-Adélie. Le but ? Réaliser un livre qui témoignerait du travail des savants. Yves Frenot leur propose, en outre, de participer, commechauffeurs, au raid de ravitaillement de la station Concordia, située au coeur du continent de glace à 1 200 km de Dumont d’Urvillle. Le Raid, comme on l’appelle, c’est LA grande aventure polaire ! Pour les deux frères, ce serait l’aventure de leur vie, mais rien ne se passera comme prévu !

 

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Romans

Le Testament D’Alceste

Zulma Éditions - 2019

Un groupe d’amis se réunit au Mas-d’en-Haut, le splendide domaine de Toti Costagrau, pour s’adonner au Jeu de la Fragmentation, un jeu de rôle grandiose où les histoires s’enchaînent dans une construction géométrique époustouflante. Mais le Jeu commence à peine qu’Aloysia est retrouvée morte.
Tous les participants décident alors de consacrer la partie à tenter l’impossible : ressusciter Aloysia. Conspirations financières de haut vol, affaires criminelles mystico-perverses, extravagances sexuelles parfois dignes des antichambres du château de Silling… Le récit s’élabore en temps réel, cinq jours entiers, pour que surgisse, dans un espace-temps accessible, le personnage d’Aloysia – vivante.
Le Testament d’Alceste, en référence à l’épouse sacrifiée revenue des Enfers, est une odyssée à huis clos, affranchie, délirante.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Les Passeurs

Les liens qui libèrent - 2016

« Je suis, tu es, vous êtes, nous sommes Tisserands », c’est-à-dire de ceux qui œuvrent aujourd’hui à réparer tel ou tel pièce du grand tissu déchiré du monde humain : fractures sociales, conflits religieux, guerres économiques, divorce entre l’homme et la nature, etc… Après le succès de la « Lettre ouverte au monde musulman » – plus de 20.000 ex – Abdennour Bidar a décidé de mettre à l’honneur et de « relier tous ces relieurs » qui réparent et construisent le monde de demain.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Don Quichotte de la Manche (Nouvelle traduction)

Gallimard - 2015

Préface et traduction de Jean CANAVAGGIO

Don Quichotte lui-même, au seuil de la « Seconde partie » (1615), n’en croit pas ses oreilles : « Il est donc vrai qu’il y a une histoire sur moi ? » C’est vrai, lui répond le bachelier Samson Carrasco, et cette histoire – la « Première partie » du Quichotte, publiée dix ans plus tôt –, « les enfants la feuillettent, les jeunes gens la lisent, les adultes la comprennent et les vieillards la célèbrent ». Bref, en une décennie, le roman de Cervantès est devenu l’objet de son propre récit et commence à envahir le monde réel. Aperçoit-on un cheval trop maigre ? Rossinante !
Quatre cents ans plus tard, cela reste vrai. Rossinante et Dulcinée ont pris place dans la langue française, qui leur a ôté leur majuscule. L’ingénieux hidalgo qui fut le cavalier de l’une et le chevalier de l’autre est un membre éminent du club des personnages de fiction ayant échappé à leur créateur, à leur livre et à leur temps, pour jouir à jamais d’une notoriété propre et universelle. Mais non figée : chaque époque réinvente Don Quichotte.
Au XVIIe siècle, le roman est surtout perçu comme le parcours burlesque d’un héros comique. En 1720, une Lettre persane y découvre l’indice de la décadence espagnole. L’Espagne des Lumières se défend. Cervantès devient bientôt l’écrivain par excellence du pays, comme le sont chez eux Dante, Shakespeare et Goethe. Dans ce qui leur apparaît comme une odyssée symbolique, A.W. Schlegel voit la lutte de la prose (Sancho) et de la poésie (Quichotte), et Schelling celle du réel et de l’idéal. Flaubert – dont l’Emma Bovary sera qualifiée de Quichotte en jupons par Ortega y Gasset – déclare : c’est « le livre que je savais par cœur avant de savoir lire ». Ce livre, Dostoïevski le salue comme le plus grand et le plus triste de tous. Nietzsche trouve bien amères les avanies subies par le héros. Kafka, fasciné, écrit « la vérité sur Sancho Pança ». Au moment où Freud l’évoque dans Le Mot d’esprit, le roman est trois fois centenaire, et les érudits continuent de s’interroger sur ce qu’a voulu y « mettre » Cervantès. « Ce qui est vivant, c’est ce que j’y découvre, que Cervantès l’y ait mis ou non », leur répond Unamuno. Puis vient Borges, avec « Pierre Ménard, auteur du Quichotte » : l’identité de l’œuvre, à quoi tient-elle donc ? à la lecture que l’on en fait ?
Il est un peu tôt pour dire quelles lectures fera le XXIe siècle de Don Quichotte. Jamais trop tôt, en revanche, pour éprouver la puissance contagieuse de la littérature. Don Quichotte a fait cette expérience à ses dépens. N’ayant pas lu Foucault, il croyait que les livres disaient vrai, que les mots et les choses devaient se ressembler. Nous n’avons plus cette illusion. Mais nous en avons d’autres, et ce sont elles, peut-être – nos moulins à vent à nous –, qui continuent à faire des aventures de l’ingénieux hidalgo une expérience de lecture véritablement inoubliable.

Revue de presse

« Quatre siècles après sa parution (1605-1615), la réédition du chef-d’œuvre de Miguel de Cervantès, dans l’excellente traduction « rajeunie » de Jean Canavaggio, nous réjouit à la fois comme la redécouverte d’un trésor d’enfance au grenier de notre mémoire et la réappropriation d’un héritage universel. » Le Monde des livres.

 

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Autres

Dictionnaire amoureux de Shakespeare

Plon - 2016

François Laroque invite le lecteur à goûter sans modération les divers bonheurs que les textes du dramaturge le plus joué dans le monde peuvent apporter au théâtre, au cinéma ou à l’opéra.
Génie de la poésie et du théâtre, Shakespeare s’est bâti un monument pour l’éternité. Son succès, qui ne se dément pas depuis plus de quatre siècles et qui est aujourd’hui aux dimensions du monde, trouve sa source dans une passion de la scène qui nous entraîne au coeur des désordres et du fracas du monde. Avec lui, nous gravissons jusqu’au vertige le grand escalier de l’histoire en passant de l’héroïque au pathétique, du rire à l’horreur, du sublime au grotesque sans que ce théâtre, de nature essentiellement populaire, observe de règles particulières ou de conventions préétablies.
D’ « Abécédaire » à « Zigzag(s) », de « Verdi » à « Hamlet », en passant par « Freud », « Laurence Olivier », « Sorcières » ou « Will », ce libre vagabondage vise à faire partager mon amour d’un auteur dont l’oeuvre n’a pas pris une ride.

 

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Romans

Le Cœur blanc

L’Olivier, 2018 - 2018

Pour Rosalinde, c’est l’été de tous les dangers. Dans ce village où l’a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d’autres. Travailler dans les champs jusqu’à l’épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s’abrutir d’alcool ; tout cela n’est rien à côté de ce qui l’attend. L’amitié – l’amour ? – d’une autre femme lui donne un moment le sentiment qu’un apaisement est possible. Mais ce n’est qu’une illusion.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Nouvelles

Cuba, année zéro

Hoëbeke - 2016

Cuba, année Zéro est un mouvement littéraire de jeunes écrivains émergents, qui vivent et écrivent à Cuba. Un mouvement essentiellement urbain puisque presque tous vivent à La Havane, et les sujets de leurs textes parlent aussi de la ville. Une autre similitude les rassemble, celle de n’accepter aucune étiquette.
Leur nom de groupe n’est pas lié à leur âge, mais à la date où ils commencent à publier, essentiellement sur des blogs ou dans des revues alternatives : l’année 2000.

Cette anthologie réunit 11 écrivains qui partagent un même univers littéraire raréfié par les interdits et les compromis et s’insurgent contre toute instrumentalisation et dénoncent la fiction du nationalisme, qui pèse comme une chape de plomb sur la création.
À travers onze nouvelles qui parlent aussi bien de prostitution, de drogue, de combats ou encore de zombies. Orlando Luis Pardo Lazo a réussi à mettre sur pied une sélection étonnante pleine d’histoires tout à fait uniques, au style très vif fait d’argot cubain, jeux de mots, un langage proche du slam, qui, ensemble, créent une image forte d’un Cuba loin de la salsa, des cigares et du rhum... Le Cuba d’aujourd’hui tel que le vivent les vrais Cubains.

Traduit de l’espagnol par François Gaudry.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Samarcande Samarcande

Jacqueline Chambon / Acte Sud - 2015

Samarcande, ville mythique de l’actuel Ouzbékistan, « perle de la Route de la soie », est le décor du roman d’anticipation que Matthias Politycki situe en 2027. La Troisième Guerre mondiale a éclaté, Hambourg est divisé, des troupes arabes d’Afrique du Nord ont envahi l’Europe de l’Ouest, les Russes progressent à l’Est. L’Europe semble perdue. Mais il reste un espoir, incarné par l’espion allemand Alexander Kaufner, envoyé en Ouzbékistan pour retrouver le tombeau caché du grand Tamerlan, tyran sanguinaire qui bâtit au xive siècle un empire s’étendant de la Chine à la Turquie actuelle et qui est un objet de vénération pour tous les fanatiques rêvant d’une domination mondiale de l’islam. La légende dit que celui qui s’emparera de ce sanctuaire deviendra plus fort que tous ses ennemis. Pour Kaufner, la découverte de ce lieu sacré et sa profanation seraient tout au moins un coup porté au moral des islamistes. Cette opération, si elle réussit, pourrait avoir le même impact symbolique que l’attentat du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Roman d’anticipation et d’aventures, quête spirituelle sur la vie et la mort, ce livre est aussi une réflexion sur le xxie siècle qui, avec la généralisation de la guerre, pourrait voir un retour à un Moyen Âge futuriste, où la technologie la plus avancée servirait la barbarie la plus primitive.

Traduit de l’allemand par Stéphanie Lux.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La plus secrète mémoire des hommes

Philippe Rey / Jimsaan - 2021

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l’Argentine, quelle vérité l’attend au centre de ce labyrinthe ?

Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l’accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s’observent, discutent, boivent, font beaucoup l’amour, et s’interrogent sur la nécessité de la création à partir de l’exil. Il va surtout s’attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda…

D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Une colère noire

Autrement - 2016

Un homme blanc ne se voit pas blanc. Un homme noir, lui, n’oublie jamais qu’il est noir : tout le lui rappelle. Dans une lettre poignante à son fils de quinze ans, Ta-Nehisi Coates lui parle de son expérience et lui transmet son credo : regarder la réalité en face. « En Amérique, détruire le corps d’un noir est une tradition. C’est un héritage. » Le constat est fracassant. Il faut dire que Ferguson, Baltimore, Charleston font suite à une histoire ininterrompue de violences et lui donnent malheureusement raison. Et même si l’histoire américaine a ses figures emblématiques noires allant de Frédérik Douglas à Billie Holliday, de Martin Luther King à Malcolm X, même si l’on commémore en 2015 l’abolition de l’esclavage, qu’on élit un président noir, pour Ta-Nehisi Coates, pourtant, rien n’a réellement changé. C’est à travers un texte violent, poignant, empreint du ton de la confession et de l’intimité que l’auteur raconte à son fils l’histoire de ses parents militants aux côtés des Black Panthers, d’Angela Davies, de ses grands-parents qui lui ont transmis le fameux « rêve » de Martin Luther King. Mais il le tient en alerte : « voilà tes racines de noir : ne t’endors pas, c’est une question de survie ». Véritable phénomène de société, Une colère noire est paru en juillet 2015. Toni Morrison le désigne comme un « classique », la presse en fait l’héritier de James Baldwin, et Barack Obama en a fait l’un de ses livres de chevet.

Dès sa parution, le livre s’est hissé en première place des listes best-sellers du New York Times.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Thomas Chaumont


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Romans

La Femme qui avait perdu son âme

Gallmeister - 2016

Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d’une route en Haïti. Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ? Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l’avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnette, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l’histoire du monde dans l’ombre des gouvernements.
Traduit par François Happe


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Romans

Gravesend

Rivages - 2016

Un premier roman bouleversant qui laisse des bleus à l’âme
Situé au sud de Brooklyn (non loin de Brighton Beach), Gravesend est un quartier où vivent
aussi bien des Juifs que des Portoricains et des Italiens.
Conway d’Innocenzio y vit avec son père et cela fait seize ans qu’il pleure son frère aîné Duncan,
renversé par une voiture sur la rocade, en tentant d’échapper à la bande de Ray Boy Calabrese
qui l’a tabassé à cause de son homosexualité. Cela fait seize ans que Conway attend la sortie
de prison de Ray Boy afin de lui infliger la seule sentence valable à ses yeux
 : la peine de mort.
Mais lorsque celui-ci est libéré, la vengeance ne prend pas le tour attendu. D’ailleurs, aux yeux
de tous ceux qui l’ont connu, Ray Boy n’est plus la même personne. Son neveu Eugene, qui se
voit déjà caïd, voudrait bien que l’oncle le prenne sous son aile
 ; Alessandra qui a vainement
tenté sa chance à Hollywood, voudrait bien l’aborder alors qu’elle n’a pas osé le faire adoles cente. Et Conway voudrait bien le tuer. Dans ce petit quartier étrangement étouffant et fermé
sur lui-même, la colère, la frustration et le regret vont faire leur œuvre au noir... William Boyle a grandi dans le quartier de Gravesend au sud de Brooklyn où il a situé son roman. Très jeune il s’est intéressé à l’écriture au contact du journaliste Philip Carlo,
auteur d’essais sur la pègre américaine. Il revendique les influences de Flannery O’Connor,
Larry Brown, Charles Willeford et Harry Crews.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Simon Baril

 

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Essais

La Sociologie à l’épreuve de l’art

Les Impressions Nouvelles - 2015

Sociologue de l’art, auteur d’une trentaine d’ouvrages et d’un grand nombre d’articles dans des revues de sciences sociales françaises et étrangères, traduite dans le monde entier, Nathalie Heinich revient dans cet entretien sur son parcours atypique : des études de philosophie en province au séminaire de Pierre Bourdieu à Paris, des années noires de l’« intello précaire » au CNRS et à l’École des hautes études en sciences sociales, de l’après-68 à l’entrée dans le XXIe siècle, elle raconte concrètement comment se fait une carrière de chercheur, comment émergent les thèmes de recherche, comment se fabriquent les enquêtes, comment s’écrivent et se publient les articles et les livres, à quelles lectures parfois inattendues ils donnent lieu. Elle propose surtout une remarquable introduction à la sociologie de l’art. Cet ouvrage constitue la version remaniée et actualisée de celui paru sous le même titre aux éditions « Aux lieux d’être », en 2006 (premier volume) et 2007 (second volume), et qui était depuis longtemps introuvable.

 

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Romans

Tout est halluciné

Fayard - 2016

Justine est née une deuxième fois à l’âge de cinq ans, au sortir d’un coma qui l’a laissée amnésique. Dans la poussière et le vacarme du Caire, pour l’aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Evangiles, pleurer des siècles plus tard la chute de l’empire chrétien d’Orient, et qui refuse, que ce soit en français ou en arabe, de prononcer certains mots, parmi lesquels « mère » et « Liban » – leur pays d’origine. Justine devra combler elle-même les blancs du langage paternel, qui sont aussi ceux de son existence. Cette mère dont l’absence prend tant de place, ce pays ravagé autrefois berceau de tant d’espoirs. Ainsi mesurera-t-elle, comme en écho à ses propres aspirations à la liberté, combien d’illusions brisées jalonnent l’histoire du Moyen-Orient.
Des rêves d’émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d’Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d’explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde.


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Essais

La Sagesse de l’argent : essai

Grasset - 2016

« L’argent est une promesse qui cherche une sagesse. L’expression doit s’entendre au double sens : il est sage d’avoir de l’argent, il est sage de s’interroger sur lui. Il rend tout homme philosophe malgré lui : bien penser, c’est aussi apprendre à bien dépenser, pour soi et pour autrui. Avec l’argent, nul n’est à l’aise : ceux qui croient le détester l’idolâtrent en secret. Ceux qui l’idolâtrent le surestiment. Ceux qui feignent de le mépriser se mentent à eux-mêmes. Engouement problématique, réprobation impossible. Telle est la difficulté. Mais si la sagesse ne consiste pas à s’attaquer à cela même qui paraît à tous le symbole de la folie, à quoi bon la philosophie ? »

 

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Essais

Cours vite camarade ! : La génération 68 et le pouvoir

Denoël - 2006

En janvier 2001, le magazine Stern publia plusieurs photographies de Joschka Fischer, alors ministre allemand des Affaires étrangères, prises lors d’une échauffourée en 1973. Sur ces clichés, le jeune Fischer frappe violemment un policier à l’issue d’une manifestation.
Ces images déclenchèrent un scandale. Derrière la personnalité d’un homme politique qui comptait parmi les plus populaires de son pays, c’est toute une génération qui était sommée de se justifier sur son itinéraire, son esprit de rébellion, ses engagements et son influence. Le procès de la génération 68 venait de s’ouvrir. Daniel Cohn-Bendit fut l’un des premiers accusés à la faveur d’une lecture biaisée de ses écrits de jeunesse.
Les affaires Fischer et Cohn-Bendit ne sont pourtant rien d’autre que l’histoire d’individus qui ont connu dans leur vie une évolution incompréhensible si elle est détachée des traumatismes de notre temps.
Joschka Fischer, Bernard Kouchner, Daniel Cohn-Bendit et André Glucksmann sont les figures les plus éminentes de cette Nouvelle Gauche qui refuse toute compromission avec le totalitarisme, quel qu’il soit. Une internationale de la contestation dont la guerre d’Irak a révélé les failles mais aussi les relais dans le monde musulman.

Figure éminente de la gauche américaine, ancien soixante-huitard et, surtout, spécialiste de l’Europe et de la France, Paul Berman était le mieux placé pour raconter avec le détachement nécessaire cette aventure collective. Cours vite camarade ! raconte la fin de l’idéalisme et la découverte du pouvoir. Le roman d’une génération.
Paul Berman est l’auteur des Habits neufs de la terreur (Hachette littératures, 2004).

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Un silence religieux : La gauche face au djihadisme

Seuil - 2016

Alors que la violence exercée au nom de Dieu occupe sans cesse le devant de l’actualité, la gauche semble désarmée pour affronter ce phénomène. C’est qu’à ses yeux, le plus souvent, la religion ne représente qu’un simple symptôme social, une illusion qui appartient au passé, jamais une force politique à part entière.

Incapable de prendre la croyance au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle l’expansion de l’islamisme ? Comment pourrait-elle admettre que le djihadisme constitue aujourd’hui la seule cause pour laquelle un si grand nombre de jeunes Européens sont prêts à aller mourir à des milliers de kilomètres de chez eux ? Et comment accepterait-elle que ces jeunes sont loin d’être tous des déshérités ?

Là où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès qu’il est question de politique, elle évacue la religion. Voilà pourquoi, quand des tueurs invoquent Allah pour semer la terreur en plein Paris, le président socialiste de la France martèle que ces attentats n’ont « rien à voir » avec l’islam.

Éclairant quelques épisodes de cet aveuglement (de la guerre d’Algérie à l’offensive de Daech en passant par la révolution islamique d’Iran), ce livre analyse, de façon vivante et remarquablement documentée, le sens d’un silence qu’il est urgent de briser.

 

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Poésie

Somnambule du jour : Poèmes choisis

Gallimard - 2016

Anise Koltz est née au Grand-Duché du Luxembourg en 1928. À part de très nombreux voyages en Asie, États-Unis, Afrique et Europe, elle a depuis sa naissance toujours vécu dans son pays d’origine auquel elle est très attachée.
Du fait de l’occupation des Allemands pendant la dernière guerre, Anise Koltz sera obligée à s’orienter vers la culture allemande. Ses premiers livres seront donc édités à Luxembourg et en Allemagne. Mais dès les années quatre-vingts, elle n’écrira plus qu’en français, abandonnant complètement l’allemand, sa première langue littéraire. Son mari, le Dr René Koltz étant mort prématurément des suites des tortures que lui avaient infligées les nazis, elle se refuse depuis lors à user de la langue des bourreaux de son époux.
De 1963 à 1974, Anise et René Koltz ont animé les « Biennales de Mondorf » qui se voulaient « un laboratoire, si modeste soit-il, de la construction d’une société multiculturelle ».
Avec cette anthologie publiée en Poésie/Gallimard, Anise Koltz explore et expose tous les thèmes d’une œuvre vouée à l’incertitude, à l’inquiétude de ne pas formuler l’essentiel, c’est-à-dire une réalité qui échappe sans cesse, qu’il s’agisse de sa part visible ou du côté caché des choses. Ne souligne-t-elle pas comme s’il s’agissait d’une évidence : « Autrefois, l’homme avait peur de l’avenir, aujourd’hui l’avenir a peur des hommes ! »

 

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Essais

Nous habitons la Terre

« Nous devons reprendre l’ouvrage. Nous, la Gauche.
En renouant avec notre identité : refaire de la justice sociale la colonne vertébrale des politiques publiques ; ressaisir la question démocratique ; penser la culture ; retisser les liens de solidarité internationale avec les travailleurs, les déshérités, les femmes opprimées, les enfants exploités, les croyants et les incroyants persécutés, les victimes des traites, des guerres, des misères, des catastrophes. Et assumer tout cela tête haute. »
Ch. T.

Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s’indigne des inégalités et des violences qui règnent sur notre planète, s’attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l’invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd’hui, trace les axes d’un combat urgent.
Un livre lucide et engagé, un livre d’espoir porté par le souffle d’une citoyenne de la Terre qui ne peut vivre sans exaltation ni s’accommoder du monde tel qu’il lui est donné.