Francophonie : une ère nouvelle ?

23 mai 2015.

UNE MATINÉE ENTIÈRE DE DÉBATS LE DIMANCHE À PARTIR DE 10H, À L’AUDITORIUM

 

L’occasion d’une rencontre pour mieux faire connaître le Prix des Cinq continents de la francophonie, avec une belle brochette de ses lauréats : Kamel Daoud, Hubert Haddad, Wilfrid N’Sondé, Ananda Devi. L’occasion de faire aussi le point sur le « manifeste pour une littérature-monde en français », huit ans après. Non plus la vision obsolète d’une France dépositaire de l’universel, dispensant ses lumières sur les masses enténébrées d’un extérieur qui serait la « francophonie », mais celle d’un espace-monde en français, sans plus de centre dominant, espace de dialogue et d’échanges sur un pied d’égalité. Avec Hubert Haddad, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Ananda Devi, Lyonel Trouillot, Michel Le Bris, Blaise Hofmann, Nathacha Appanah, Audrée Wilhelmy, Emmelie Prophète.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

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Poésie

Cité perdue

Bruno Doucey - 2019

Le mot de l’éditeur : « Il est dit dans le conte que partout s’étendirent la haine et le mensonge. » Les mots par lesquels s’ouvre Cité perdue semblent convier le lecteur à une bien triste aventure humaine : celle où règnent l’égoïsme et la dissimulation, la peur de l’autre et les rapports de domination. Et pourtant chacun rêve de l’exact contraire : l’amour et l’égalité entre les êtres, le goût des portes qui s’ouvrent et des mains qui se tendent, ce « jour d’épaule nue où les gens s’aimeront », comme le chante un vers d’Aragon. Avec un sens aigu du tendre et du faillible, deux poètes chantent ensemble « la beauté des recommencements » et tracent un chemin d’espérance. Celui du « chant élevé à hauteur d’idéal », là où le tremblement de sens du poème fonde notre liberté et notre goût de vivre. Un livre écrit à quatre mains, auxquelles se joignent, fabuleuses, celles d’Ernest Pignon-Ernest.

Les auteurs : Marie-Bénédicte Loze & Lyonel Trouillot
Dessins d’Ernest Pignon-Ernest

 

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Romans

En attendant demain

Gallimard - 2015

« Adam est debout, le visage collé à la petite fenêtre, les deux mains accrochées aux barreaux. Tout à l’heure, quand il a grimpé sur sa table pour atteindre l’ouverture, il s’est souvenu que les fenêtres en hauteur s’appellent des jours de souffrance. Adam attend l’aube, comme il attend sa sortie depuis quatre ans, cinq mois et treize jours. Il n’a pas dormi cette nuit, il a pensé à Anita, à Adèle, à toutes ces promesses non tenues, à ces dizaines de petites lâchetés qu’on sème derrière soi... »
Adam et Anita rêvaient de vivre de leur art – la peinture, l’écriture. Ils pensaient accomplir quelque chose d’unique, se forger un destin. Mais le quotidien, lentement, a délité leurs rêves jusqu’à ce qu’ils rencontrent Adèle qui rallume un feu dangereux.
En attendant demain est un roman qui raconte la jeunesse, la flamme puis la banalité, les mensonges et la folie d’un couple.


Revue de presse

 

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Romans

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu

Gallimard - 2018

« Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L’affaire était louche dès le début pourtant, l’ennemi n’est pas tombé du ciel, il sortait bien de quelque trou, verdammt, un enfant l’aurait compris. Quand avons-nous cessé d’être intelligents ou simplement attentifs ? »
Ute Von Ebert, dernière héritière d’un puissant empire industriel, habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande. Sa fille Hannah, vingt-six ans, vit à Londres. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute lui raconte la vie dans Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout et qu’elle appelle « les Serviteurs », car ils ont décidé de faire de la soumission à leur dieu la loi unique de l’humanité. La population attend fiévreusement un train qui doit l’évacuer. Mais le train du salut n’arrive pas.
Et si cette histoire était le fruit d’un esprit fantasque et inquiet, qui observe les ravages de la propagation d’une foi sectaire dans les démocraties fatiguées ?
Comme dans 2084, Boualem Sansal décrit la mainmise de l’extrémisme religieux sur les zones fragiles de nos sociétés, favorisée par la lâcheté ou l’aveuglement des dirigeants.


 

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Romans

Un monstre et un chaos

Zulma Éditions - 2019 - 2019

Dans le ghetto de Lodz, Chaïm Rumkowski est comme une autre figure du diable. Lui, l’autoproclamé Roi des Juifs qui prétendait sauver son peuple, a transformé le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Il parade en calèche et costume trois-pièces, en appelle à la « bonne volonté » des familles, et frappe monnaie et timbres à son effigie.
Face à ce pantin des exigences nazies, dans les caves, les greniers, sourdent les imprimeries et les radios clandestines, les photographes détournent la pellicule du service d’identification, les enfants soustraits aux convois hebdomadaires se dérobent derrière les doubles cloisons...
Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l’étoile. Avec la vivacité d’un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu’aux coulisses du théâtre de marionnettes de Maître Azoï, où il trouve refuge…
Dans Un monstre et un chaos, Hubert Haddad fait resurgir tout un monde anéanti, où la vie du ghetto vibre des refrains yiddish beaux comme un chant de résistance éperdu – un chaos, plein de bruit et de fureur, où perce la lumière. Et c’est un prodige.

 

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Récit

Marquises

Zoé éditions - 2014

Aux antipodes de l’Europe, voici les Marquises, une terre mythique, célébrée par Melville, Brel et Gauguin.
L’espace d’un hiver, Blaise Hofmann a parcouru les six îles habitées de l’archipel des Marquises. Et une île déserte.
Tour à tour bousculé, méditatif, ironique, emballé, il rend hommage à l’hospitalité des Marquisiens, à leur renouveau culturel. Il ne ferme toutefois pas les yeux sur les pick-up Toyota et les poulets aux hormones made in USA.
Blaise Hofmann fait le lien entre le passé de l’archipel et le quotidien d’aujourd’hui, il entremêle légendes insulaires, récits de navigateurs, comptes rendus de missionnaires, romans aventureux, correspondances de colons, presse locale, statuts Facebook et Tweeter. La nature y est aussi un personnage à part entière, une présence sensuelle.
C’est un carnet de route plein d’autodérision. Un regard empathique, curieux, critique et généreux sur ces îles du « bout du monde ».


Vidéo

 

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Romans

Le bout du monde est une fenêtre

Mémoire d’Encrier - 2015

Quelle est la distance entre soi et l’horizon, les êtres et les désirs ? Derrière la fenêtre d’une maison penchée, Rose engage avec Samuel un dialogue sans mots, fait d’interdits, de secrets et de folies. Les solitudes résonnent – échos et silences peuplent la ville de cris étouffés, de destins avortés.

Les voix se relaient dans un théâtre d’ombres au cœur de ce Port-au-Prince fissuré. Reste le bleu de la mer et des rêves d’amour pour faire croire que le bout du monde est une fenêtre.

Tout le monde a une fenêtre. Comment ferait-on pour vivre sans fenêtre ? Ces ouvertures par où les rêves et les échappées sont possibles. Ces espaces avec vue sur le ciel, sur la mer, sur la ville et sur le mouvement des rues. Une fenêtre permet de voir ses limites, les choses qu’on ne peut pas toucher, celles auxquelles on n’a pas accès. Il ne suffit pas d’approcher sa main pour toucher à l’essentiel de la vie. Quand on regarde d’une fenêtre, on le sait.


 

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Essais

Mes Indépendances

Actes Sud - 2017

Journaliste depuis une vingtaine d’années, Kamel Daoud a tenu pendant quinze ans dans Le Quotidien d’Oran la chronique la plus lue d’Algérie, tout en collaborant à divers médias en ligne et en écrivant occasionnellement pour la presse étrangère. Concernant la période 2010-2016, il a ainsi signé près de deux mille textes – d’abord destinés au public algérien puis, sa notoriété grandissant, de plus en plus lus dans le monde entier –, dont cent quatre-vingt-deux ont été retenus pour ce recueil. Ce rythme effréné donne son souffle et son esthétique à l’ensemble.
Qu’il brocarde l’islam politique ou la déliquescence du régime algérien, qu’il embrasse l’espoir suscité par les révolutions arabes ou qu’il défende la cause des femmes, c’est d’une plume originale, imagée, percutante et engagée. Car Kamel Daoud a érigé la chronique en exercice de style, en art de tendre un miroir à ses contemporains tout en s’interrogeant jour après jour, avec ou malgré l’actualité, sur l’homme, les dieux et les libertés.

Des printemps arabes aux attentats de Paris, des élections présidentielles algériennes à la crise des réfugiés, cette sélection de chroniques de Kamel Daoud publiées ces six dernières années donne à entendre une voix libre, puissante et provocante dont l’audience ne cesse de s’étendre dans le monde.


Revue de presse

 

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Romans

Le Corps des bêtes

Grasset - 2018

Dans un paysage de roches, de glace et d’eau, au sommet d’une tour longeant une plage désertique, Mie attend que son oncle vienne l’initier aux mystères de l’amour. Mais Osip l’ignore ; il préfère passer ses journées à scruter les bateaux qui arrivent du large et à observer Noé, la femme de son frère aîné et mère de ses neveux et de sa nièce. L’étrangère n’a rien de commun avec les autres femmes. Elle est sauvage, mutique, énigmatique. Ses chants percent parfois le silence et attirent à elle ses enfants qui n’ont pas droit de cité dans sa maison mais peuvent venir l’écouter. C’est elle qu’Osip désire. Alors, en attendant que son oncle daigne venir la retrouver, Mie imagine : elle emprunte par la pensée le corps des bêtes qui l’entourent, là un ours, ici une grue, pour comprendre d’où elle vient, de quelle lignée, et tâcher de percer l’énigme de la chair. Mais Osip osera-t-il ?

Audrée Wilhelmy nous plonge ici dans un univers fantasmagorique, à la lisière de la légende et du mythe, pour explorer les contrées du désir et la part bestiale que chacun porte en lui. D’une langue envoûtante et magnifique, elle invente une nouvelle mythologie aussi belle que puissante.


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