Tout savoir sur le Prix Nicolas Bouvier

30 janvier 2023.
 

L’Usage du monde, Le Poisson-scorpion, Chroniques japonaises, Le Journal d’Aran et d’autres lieux, Le Dehors et le Dedans  : autant de livres qui auront illuminé et continuent d’illuminer leurs lecteurs, d’une écriture si fine, si légère, si émerveillée, qu’il nous semble toucher à travers elle au grain même du monde.

Ecrivain-voyageur — appellation qu’il revendiquait hautement — et le plus grand du XXe siècle, assurément, Nicolas Bouvier (1929-1998) aura fortement marqué l’histoire du festival Étonnants Voyageurs, qu’il tenait pour « son » festival, auquel il participa activement, et dont il ne manqua aucune édition. En 2007, à l’initiative de l’association Étonnants Voyageurs, ses amis écrivains, autour d’Éliane Bouvier sa femme, ont décidé de créer un prix littéraire, portant son nom, qui distingue chaque année un texte de grande exigence littéraire, français ou étranger (à la condition d’être traduit) prolongeant l’esprit de son œuvre.

Doté d’une bourse de 5000 euros, le Prix Nicolas Bouvier est décerné tous les ans pendant le festival Étonnants Voyageurs. Il couronne l’auteur d’un récit, d’un roman, de nouvelles, dont le style est soutenu par les envies de l’ailleurs, à la rencontre du monde.

Le jury du Prix est présidé par Pascal Dibie et composé de : Alain Dugrand (secrétariat du Prix), Jean-Louis Gouraud, Christine Jordis, Björn Larsson, Tiffany Tavernier et Clara Arnaud.
Gilles Lapouge l’a accompagné durant 13 ans.


Depuis sa création, le Prix Nicolas Bouvier a salué :
2022 - Emilio Sánchez Mediavilla, Une datcha dans le Golfe (Editions Métailié, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse)
2020 - Kapka Kassabova, Lisière, Voyage aux confins de l’Europe (Editions Marchialy, traduit de l’anglais - Écosse - par Morgane Saysana)
2019 - Emmanuel RUBEN, Sur la route du Danube (Payot et Rivages, 2019)
2018 - Andrzej STASIUK, L’Est (Actes Sud, 2018)
2017 - Jean-Louis Gouraud, Petite géographie amoureuse du cheval (Belin, 2017)
2016 - Catherine Poulain, Le Grand Marin (L’Olivier)
2015 - Paolo Rumiz, Le Phare, voyage immobile (Hoëbeke)
2014 - Benny Ziffer, Entre nous, les Levantins (Actes Sud)
2013 - Bernard Bonnelle, Aux belles abyssines (La Table Ronde, 2013)
2012 - John Vaillant, Le Tigre. Une histoire de survie dans la taïga (traduit de l’anglais par Valérie Dariot) (Editions Noir Sur Blanc, 2012)
2011 - Aude Seigne, Chroniques de l’Occident nomade (Editions Paulette, 2011)
2010 - Colin Thubron, En Sibérie (Hoëbeke, 2010)
2009 - Lieve Joris, Les hauts-plateaux (Actes Sud, 2009)
2008 - Blaise Hofman, Estive (Zoé éditions, 2008)
2007 - David Fauquemberg, Nullarbor (Hoëbeke, 2007)

Pour toute correspondance ou proposition d’ouvrages, contactez Gaëlle Guiho qui a en charge les relations éditeurs pour le Prix Nicolas Bouvier.
Nous rappelons que les propositions d’ouvrage ne peuvent pas émaner des auteurs eux-mêmes mais doivent obligatoirement passer par leurs éditeurs.

Association Etonnants Voyageurs - Prix Nicolas Bouvier
Gaëlle Guiho
24, avenue des Français Libres
35000 Rennes
Tél. 02 99 31 36 47 - gaelle.guiho@etonnants-voyageurs.com

Règlement du Prix Nicolas Bouvier

Le site du photographe Ulf Andersen, qui signe ce beau portrait de Nicolas Bouvier sur la plage de Saint-Malo.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Ethnologie du bureau

Anne-Marie Métailié - 2020

Comment s’est structuré le contrôle de l’homme assis. Un voyage du copiste au co-working. Un texte savant, bien écrit et amusant.

Après L’Ethnologie de la chambre à coucher et celle de la porte, l’auteur nous invite à nouveau à nous regarder nous-mêmes dans une de nos occupations les plus répandues lorsque l’on parle du travail aujourd’hui, à savoir : être au bureau.

Du moine bénédictin au jeune cadre contemporain, de la société du bureau de Napoléon au bureaucrate kafkaïen, du pupitre du copiste au nomadisme numérique du co-working, ce livre est un voyage dans ce qui fait du bureau et du travail sédentaire le centre du développement de nos sociétés modernes.
Toujours avec humour, sensibilité et une connaissance encyclopédique, Pascal Dibie, en ethnologue, nous fait remonter dans notre histoire et réussit, sans que l’on se rende vraiment compte, à nous faire prendre conscience de la complexité réelle et déterminante de nos vies assises : une aventure de plus de trois siècles partagée au quotidien par cinq milliards de personnes dans le monde (oui, dont vous) !

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Conrad : La vie à la mer

La Table Ronde - 2014

Fin 1874, un orphelin de seize ans débarque à Marseille, résolu à devenir marin. Grâce à une lettre de recommandation, il prend très vite la mer à bord du Mont-Blanc, un trois-mâts barque de la compagnie Delestang et fils. Quatre années durant, Marseille demeurera son port d’attache. Né russe dans l’Ukraine colonisée, c’est en France que le futur Joseph Conrad achève son adolescence et entre dans l’âge adulte.
Alors que ses biographes polonais ou anglo-saxons ont négligé les années françaises, Alain Dugrand revient à la source. Son équipée sur les pas de l’écrivain part du Vieux-Port et du golfe d’Hyères pour se poursuivre à
Singapour et au Congo. Une évocation au grand large.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Autres

Petite géographie amoureuse du cheval

Belin - 2017

L’Afrique et l’Asie, l’Orient et l’Occident : chaque continent, chaque région du monde a donné naissance à des cultures équestres dont on découvrira ici l’incroyable richesse.
Dans cet ouvrage, Jean-Louis Gouraud décrit à sa façon inimitable, à la fois sérieuse et joyeuse, souvent insolite mais toujours méticuleusement exacte, l’indépendance qui existe entre les hommes et les chevaux dans tous les pays du monde.
« Dis-moi comment tu traites les chevaux, comment tu les élèves, comment tu les montes ; je te dirai qui tu es » : telle pourrait être la proposition qui sous-tend cette Petite Géographie amoureuse du cheval.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Le nuage fou

L’Observatoire - 2023

Au XVe siècle, dans le Japon médiéval, Kotaro et Hikojiro, deux intouchables, grandissent avec un seul rêve : intégrer l’escadron des jardiniers du shogun et marcher dans les pas de leur modèle, le grand moine zen, Ikkyu Sojun. Les frasques et provocations de ce moine rebelle marquent l’époque autant que ses prodigieux talents. Tout enfant, il est arraché à sa mère, suit l’enseignement rigide des monastères et connaît enfin l’éveil, lors d’une promenade méditative, lorsqu’il entend le « chant du corbeau ». Suivent trente ans d’errance. Refusant les titres et les honneurs, cet électron libre poursuit son zen à lui, passe du temple au bordel, tombe sur le tard follement amoureux d’une chanteuse aveugle, écrit de sublimes poètes érotiques qu’il jette au vent… À si bonne école, comment les deux parias parviendront-ils à sortir de leur misère ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

L’ami

Sabine Wespieser Éditeur - 2021

Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu’il s’apprête à partir à la rivière. La scène qu’il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance. Tout va très vite, et c’est en état de choc qu’il apprend l’arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s’est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche.

Entre déni, culpabilité, colère et chagrin, commence alors une effarante plongée dans les ténèbres pour cet être taciturne, dont la vie se déroulait jusqu’ici de sa maison à l’usine. Son environnement brutalement dévasté, il prend la mesure de sa solitude.

C’est le début d’une longue et bouleversante quête, véritable objet de ce roman hypnotique. Au terme de ce parcours quasi initiatique, Thierry sera amené à répondre à la question qui le taraude : comment n’a-t-il pas vu que son unique ami était l’incarnation du mal ?

Avec ce magnifique portrait d’homme, Tiffany Tavernier, subtile interprète des âmes tourmentées, interroge de manière puissante l’infinie faculté de l’être humain à renaître à soi et au monde.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le choix de Martin Brenner

Grasset - 2020

À la mort de sa mère Maria, Martin Brenner ressent certes de la douleur mais s’interroge aussi : il ne s’est jamais vraiment senti très proche d’elle. Il procède à la dispersion des cendres en suivant ses dernières volontés, met sa maison en vente, puis il compte reprendre le cours de sa vie, entouré par son épouse Cristina et sa fille Sara. Brenner est généticien et directeur d’un laboratoire, un homme discret et plutôt solitaire. Il s’estime heureux dans la vie.

Mais lorsqu’un avocat l’appelle pour lui annoncer que sa mère était juive et survivante des camps, sa vie prend un tournant imprévu. Petit à petit, les révélations contenues dans une lettre laissée par sa mère et les informations que lui fournissent l’avocat et le rabbin de la ville où il habite le poussent à faire des recherches sur l’identité juive. Il croise ses lectures personnelles sur le sujet avec les recherches en génétique qu’il mène – touchant à la question de l’appartenance religieuse et ethnique, vue par la science. Il décide de n’en parler à personne – pas même à son épouse – avant de parvenir à une décision quant à sa judéité : il refuse l’idée qu’il doive assumer le fait d’être juif seulement parce que sa mère l’avait été. Mais lors d’un colloque scientifique à Montréal, il est pris à parti dans un débat et alors qu’on l’accuse d’antisémitisme, il révèle sa judéité… Le piège s’est renfermé sur lui, et le château de cartes qu’était devenu sa vie s’effondre : sa femme Cristina, ignorant tout de sa réflexion, se sent trahie, puis quand lui et sa fille deviennent la cible d’ignobles attaques antisémites, son épouse le quitte. Il perd son travail, son meilleur ami se détourne de lui, seul le rabbin Golder maintient le contact. Il fait alors appel à un écrivain célèbre et lui demande de raconter son histoire…

Le choix de Martin Brenner nous fait vivre de l’intérieur la descente aux enfers d’un homme aux prises avec la question identitaire. Le roman nous propose ainsi une interrogation sur le libre-arbitre. Comment savoir qui nous voulons être dans notre vie intime et aux yeux de la société ? Comment rester libre dans ce choix ?

Traduit du suédois par Hélène Hervieu