MATINÉÉ LITTÉRATURE-MONDE

Puissances de la littérature

8 juin 2014.
 

JMG LE CLÉZIO : « POURQUOI MES RÊVES NE SERAIENT PAS VOS RÊVES ? »

Une matinée littérature-monde, lun. 10h, à l’Auditorium
JMG Le Clézio, qui fut des premiers signataires
du « Manifeste pour une littérature-monde en
français », lancé à notre initiative en mars 2007,
nous fait l’amitié d’être présent cette année au
festival – après avoir été des nôtres à Rabat.
Occasion de lui rendre hommage, alors qu’il publie
un recueil de deux magnifiques « novellas » (Tempêtes
chez Gallimard). Un film, d’abord, subtil et
inventif, d’Antoine de Gaudemar, qui l’a suivi en
Corée du Sud, au Mexique, en Bretagne, et entremêle
paysages, villes, nature et mots en intimité
avec l’écrivain (Jean-Marie Gustave Le Clézio -
entre les mondes
). Puis une rencontre entre JMG
Le Clézio
et Antoine de Gaudemar, pour en
prolonger l’écho jusqu’à Tempêtes.
La matinée sera ouverte à 10h par une rencontre
autour des prix « Littérature-monde » décernés
le samedi.


LE POUVOIR MAGIQUE DES MOTS : POUR SAULER GABRIEL GARCIA MARQUEZ

Lun. 16h45, Maupertuis
On dit d’un écrivain qui impose sa singularité
qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain
de voix » à nul autre pareil – et si la littérature
était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même
de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de
nous quitter, était de ces écrivains rares dont on
peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la
fois intensément ancré dans l’Amérique latine et
véritablement universel, qui plus que tout autre
peut-être aura incarné le courant du « réalisme
magique ». Claude Durand, un des très grands
éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert
et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976. Et
pour les accompagner, quatre écrivains, Hubert
Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud,
Yahia Belaskri
et Julien Delmaire, diront ce
qu’ils doivent à Garcia Marquez.


FACE À L’HISTOIRE : LE ROMAN

Sam. 14h, Maupertuis
Le « roman historique » n’a pas bonne presse :
genre mineur, à l’écart de la voie royale de la
« vraie » littérature – où l’histoire ne serait que
béquille offerte aux écrivains d’imagination limitée.
Ce n’est pas faux – si l’on entend par là « l’histoire
romancée ». Mais ne permet pas de comprendre
ce qui est en train de se produire, partout, dans
le monde : le retour en force du roman – le grand,
qu’on ne peut plus ranger dans la « littérature
de genre » – dans le champ de l’histoire. Ou plus
exactement l’interrogation, par lui, des limites de
l’histoire : que dit-il, que ne peut pas dire l’autre ?
François Taillandier, Raphaël Jerusalmy,
Gérard De Cortanze, Joseph Boyden, Tim
Willocks
.


SOLJENITSYNE, GABRIEL GARCIA MARQUEZ : AVEC CLAUDE DURAND, LEUR ÉDITEUR

Dim. 18h, ENSM3
Un des très grands éditeurs de notre temps, longtemps
patron des éditions Fayard, après avoir fait
carrière aux éditions du Seuil. Dont 2 des titres
de gloire auront été de découvrir en 1967 Gabriel
Garcia Marquez et d’éditer en 1973 Alexandre Soljenytsine.
Garcia Marquez, grand ami d’Alvaro
Mutis, vient de nous quitter, en laissant une oeuvre
immense. Claude Durand évoquera sa rencontre
avec ce géant de la littérature et leur amitié (lun.
17h45, Maupertuis). Et il reviendra sur l’aventure
que fut pour lui l’édition de l’Archipel du Goulag
et des livres qui suivirent du grand dissident.
40 années après, alors qu’il va publier aux éditions
du Seuil une édition de poche en un seul
volume de l’Archipel, quel bilan en tire-t-il ?


ÉCRITURES MIGRANTES

Lun. 10h, Maupertuis
Ils disent l’entre-deux, le télescopage des
cultures, l’expérience de l’exil – et la force alors
du roman, pour habiter l’inconnu du monde, lui
donner forme et visage…
Avec Fabienne Kanor, Nigel Thomas, Nii Ayikwei
Parkes, Julien Delmaire, Hippolyte


MÉDITERRANÉE DES 2 RIVES

Sam. 15h45, Maupertuis
Quand les artistes disent l’identité méditerranéenne,
diverse, tragique, déchirée, et pourtant
une.
Avec Paolo Rumiz, François Beaune, Mathias
Énard, Benny Ziffer, Georgia Makhlouf, Elisabeth Leuvrey, Yahia Belaskri


PASSAGE DES FRONTIÈRES, CONSTRUCTION DE L’ÉTRANGER

Lun. 11h30, Univers
Comment se construit la figure de l’étranger,
selon les époques, les cultures ? Comment penser
– et franchir, ou habiter – les frontières ?
Comment accueillir l’autre, en soi ?
Avec Sanjay Subramanyam, Michel Agier


DANS LA FORÊT DES CONTES

Dim. 14h, Maupertuis
Pour découvrir que les contes n’éclairent qu’en
projetant de l’ombre…
Avec Michel Le Bris, Claudine Glot Pierre
Dubois, Victor Dixen, Andrus Kivirähk, Nii
Ayikwei Parkes
.


DE L’HISTOIRE AU ROMAN : LE DÉCENTREMENT DU REGARD

Dim. 11h45, Maupertuis
Sanjay Subrahmanyam est une des figures
majeures de l’histoire globale » dite encore
« world history » : cette exigence nouvelle d’un
décentrement du regard, quand seul le regard
occidental prédominait. Mais n’est-ce pas ce à
quoi s’attachent aussi les écrivains, attachés à
la rencontre de l’autre ?
Belle rencontre avec
Sanjay Subrahmanyam, William Darlrymple et
Joseph Boyden.

 

DERNIER OUVRAGE

 

At(h)ome

Plus de cinquante ans après la fin de la guerre de libération, une cinéaste française et un photographe algérien nous ramènent en 1962 en plein Sahara. D’une zone désertique irradiée aux faubourgs d’Alger, ils suivent le parcours des retombées d’une explosion nucléaire dont les traces dramatiques interrogent la responsabilité des nations. Un film d’une grande rigueur formelle sur un sujet choquant et inconnu.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Les fées ont une histoire

Ouest-France Editions / Edilarge - 2014

Monstres ou merveilles, les fées et leur cohorte surnaturelle, ont une histoire. Comment sont-elles nées – car la fée n’a pas existé de toute éternité –, comment et pourquoi réapparaissent-elles ?• Quels sont leur visage, leur rôle et que nous disent-elles, à chaque fois, des préoccupations des hommes, de leurs inquiétudes, de la société qui les enserre et surtout de leurs espoirs ?• Découpage du livre : - Au Moyen Age : L’invention des fées - XVIe siècle : Après les fées, les contes de fées - XVIIe et XVIIIe siècles Le temps de la morale - XIXe : Le romantisme et le renouveau des fées - XXe siècle : Les fées aujourd’hui

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Chanson bretonne

Gallimard - 2020

Ce livre évoque des souvenirs de séjours réguliers que Le Clézio a passés dans la ville de Sainte Marine, à l’embouchure du fleuve Odet, dans le Finistère, lors de son enfance entre 1948 et 1954. Bien que l’auteur se défende de respecter une chronologie, le texte poursuit néanmoins l’ordre de la mémoire, allant de l’enfance vers la maturité. Le lieu de Sainte Marine est placé sous le signe de la mère. La Bretagne, et particulièrement le pays bigouden, que Simone Le Clézio aimait par dessus tout, ce pays où elle a reçu la demande en mariage de son père, ou elle a accouché de son frère et où elle est revenue se réfugier trois mois après la naissance de l’auteur à Nice, à cause de la seconde guerre mondiale. Au fil des chapitres, qui sont présentés comme des « chansons », le narrateur fait revivre une époque où Sainte Marine n’avait pas encore été arraisonnée par les boutiques, les carrefours giratoires, ni les bistrots en tout genre… À travers ces « chansons », l’auteur propose un vrai récit sur son enfance en Bretagne, qui s’enrichit également d’une réflexion plus large sur les changements de la géographie bretonne. Malgré son dépit face à ces bouleversements, Le Clézio ne cultive pas le goût de la nostalgie, car pour l’auteur « la nostalgie n’est pas un sentiment honorable ». Son intention est plutôt de rendre compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d’une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale, qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes de nuit à Sainte Marine ou la beauté simple d’un verger en fleur – autant une ode à la campagne éternelle que la réminiscence de souvenirs intimes.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

À cause de l’éternité

Grasset - 2021

A cause de l’éternité constitue le seconde volet de L’Autre rive, qui remporta en 2007 le Grand Prix de l’Imaginaire. L’action se déroule de nos jours au château d’Eparvay, dans l’arrière-pays d’Ecorcheville, ville bâtie au bord du Styx. Cette région présente nombre de particularités. L’esclavage n’y a jamais été aboli. La proximité relative des Enfers, par-delà l’infranchissable fleuve des morts, entraîne des précipitations insolites (pluies d’animaux et d’insectes divers) ainsi que l’échouage occasionnel de créatures venues de l’autre rive (centaure, sirène, satyre, minotaure...). Un Musée de Tératologie les rassemble ; les étudie et les expose. Enfin, l’économie comme la politique locales sont sous le contrôle de trois grandes familles, les Propinquor, les Esteral et les Bussettin, qui se disputent et se partagent de longue date le pouvoir.

Dans ce nouvel opus, Alphan Bogue, jeune diplômé du Courtauld Institute de Londres, docteur PhD en histoire de l’Art, rentre à Ecorcheville pour s’y marier. Sa fiancée, Delia Spencer-Churchill, doit le rejoindre pour la cérémonie. Le père d’Alphan, brocanteur à la retraite, pensionnaire de l’EHPAD d’Ecorcheville, le presse de dérober pour lui un autoportrait supposé de Rembrandt adolescent, inconnu de tous, qui se trouve au château d’Eparvay. Spécialiste de la peinture baroque et de Rembrandt, Alphan se laisse convaincre de s’introduire dans le château pour examiner le tableautin et se faire une idée de son authenticité. Quand il franchit une porte basse
donnant sur les soubassements de l’énorme édifice métamorphique, l’aventure commence...

L’imaginaire qui se déploie dans ce roman-monde n’a pas d’équivalent dans la littérature française contemporaine.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Roman graphique

La fantaisie des Dieux

Les Arènes - 2014

Il n’y avait plus de mots. Juste ce silence. Épais, lourd. C’était un génocide, celui des Tutsis du Rwanda, le troisième du xxe siècle. Il faisait beau, il faisait chaud. Sur les collines de Bisesero, nous avions pénétré le monde du grand secret. Des instituteurs tuaient leurs élèves, des policiers menaient la battue. C’était la « grande moisson ». François Mitterrand niait « le crime des crimes ». Comment raconter ?
Patrick de Saint-Exupéry est le co-fondateur et le rédacteur en chef de la revue XXI. Prix Albert Londres, il a été témoin du génocide tutsi. Il est l’auteur de L’Inavouable, La France au Rwanda (Les Arènes) devenu un classique depuis sa parution en 2004.
Hippolyte est l’auteur d’une dizaine d’albums de reportage en BD ou de séries, notamment L’Afrique de papa (Des bulles dans l’océan), Les ombres (Phébus) et Le Maître de Ballantrae, adaptées de Robert-Louis Stevenson (Denoël Graphic). Il avait 17 ans lors du génocide tutsi. Il s’est rendu pour la première fois au Rwanda en 2013.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Dans le grand cercle du monde

Albin Michel - 2014

Ce roman a fait événement au Canada où il a été salué par la presse comme un chef-d’œuvre et considéré comme l’un des meilleurs livres de 2013.
C’est un roman époustouflant, palpitant, dont on tourne les pages sans même s’en rendre compte, et qui entraîne le lecteur dans le Canada du XVIIe siècle pour un voyage inoubliable.

Un jeune jésuite français est venu avec d’autres en Nouvelle-France évangéliser les Indiens. Il n’est là que depuis un an quand ses guides l’abandonnent et le laissent à la merci des Iroquois lancés à leurs trousses. Ainsi commence pour le jeune homme une odyssée incroyable où très vite les Hurons le font prisonnier à leur tour ainsi qu’une jeune captive iroquoise à la personnalité mystérieuse. Leur ravisseur, un grand guerrier qui a perdu toute sa famille, sait qu’un grand et nouveau danger menace son peuple.
Ce roman épique, qui restitue l’atmosphère des premiers contacts entre Indiens et Blancs en Amérique du Nord, est enraciné tout à la fois dans la beauté naturelle et la brutalité de la colonisation de ce continent.
Les trois personnages principaux dont les voix tissent l’écheveau de cette fresque saisissante nous entraînent dans un monde où se côtoient la guerre et l’espoir, la méfiance et la concorde, la destruction et la vie, la haine et l’amour.
C’est à un vrai voyage dans le temps que nous invite Joseph Boyden dans ce livre fort, inoubliable, incroyablement dépaysant et émouvant, qui réussit le tour de force d’être d’une incroyable modernité.

Traduit anglais (Canada) par Michel Lederer

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Le Retour d’un Roi

Noir sur Blanc - 2014

Le Retour d’un Roi est l’histoire magistrale de la première guerre d’Afghanistan.
Au printemps de 1839, les Britanniques ont envahi l’Afghanistan pour la première fois. En pénétrant dans le pays, les Britanniques n’ont rencontré que peu de résistance en face. Mais après deux ans d’occupation, le peuple afghan s’est montré plus farouche : lançant l’appel au djihad, il a précipité le pays dans une rébellion violente. La première guerre anglo-afghane s’est achevée sur la plus grande humiliation militaire que la Grande-Bretagne ait connue au XIXe siècle : toute une armée de la nation qui est alors la plus puissante du monde se voit mettre en déroute par des tribus mal équipées.
William Dalrymple nous raconte cette guerre à travers la vie d’inoubliables personnages de chaque camp, et révélant pour la première fois des comptes rendus afghans du conflit, datant de l’époque. À travers cette retentissante déconfiture de l’Empire britannique, voici une parabole puissante du choc des cultures, de la folie et de l’orgueil des puissances coloniales.

« Une histoire peuplée de tant de méchants, de voleurs, de politiciens, d’aventuriers, d’espions, d’assassins et de héros : voilà qui serait une aubaine pour n’importe quel écrivain. Mais aucun ne s’en sortirait aussi brillamment que William Dalrymple dans ce passionnant Retour d’un Roi... En lisant ce livre, vous serez maintes fois frappé par les extraordinaires similitudes que l’auteur fait apparaître entre cette première campagne afghane et celles du XXe siècle, jusqu’à aujourd’hui. » James Delingpole, Mail on Sunday.

 

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Romans

La Sirène d’Isé

Zulma - 2021

À la pointe sud de la baie d’Umwelt, loin du monde et hors du temps, le domaine des Descenderies a accueilli des générations de patientes. Né de la fragile Leeloo, Malgorne grandit sous la houlette de Sigrid, entre incompréhension et possession jalouse. Il trouve bientôt refuge dans le dédale de l’extravagant labyrinthe d’ifs, de cyprès, de pins et de mélèzes imaginé par le Dr Riwald. S’il n’entend ni le ressac ni les vagues qui se déchirent sur les brisants, Malgorne se nourrit des vents et scrute sans fin l’horizon.
Depuis l’ancien sémaphore, Peirdre sonde elle aussi chaque soir l’océan, hantée par la voix d’une amie disparue. Son père, capitaine au long cours, fait parfois résonner pour elle les cornes de brume de son cargo de fret.
C’est sur la grève, un matin, devant le corps échoué d’une étonnante créature marine, que Peirdre et Malgorne forgent soudain l’espoir du retour d’autres sirènes.
 
Après Le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous entraîne dans la magie d’un nouveau jardin entre terre et mer. La Sirène d’Isé est un roman magnétique, envoûtant et lumineux.

 

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Romans

Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Actes Sud - 2020

Pour les besoins d’une thèse consacrée à “la vie à la campagne au XXIe siècle”, l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village des Deux-Sèvres. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et mœurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité.

Mais il ignore quelques fantaisies de ce lieu où la Mort mène la danse. Quand elle saisit quelqu’un, c’est pour aussitôt le précipiter dans la Roue du Temps, le recycler en animal aussi bien qu’en humain, lui octroyer un destin immédiat ou dans une époque antérieure – comme pour mieux ressusciter cette France profonde dont Mathias Enard excelle à labourer le terreau local et régional, à en fouiller les strates historiques, sans jamais perdre de vue le petit cercle de villageois qui entourent l’ethnologue et dessinent (peut-être) l’heureuse néoruralité de nos lendemains.

Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité.

 

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Romans

Animale : La malédiction de Boucle d’or

Gallimard Jeunesse - 2013

1832. Blonde, dix-sept ans, est cloîtrée depuis toujours dans un couvent perdu au milieu des bois. Pourquoi les sœurs l’obligent-elles à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes sombres ? Qui sont ses parents, et que leur est-il arrivé ? Alors qu’elle s’enfuit pour remonter le fil du passé, Blonde se découvre un versant obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante ?

Une héroïne inoubliable, une traque haletante, un amour fou. De l’obscure forêt des Vosges aux rivages du Grand Nord et jusqu’aux caves du Vatican, Victor Dixen emporte le lecteur dans une vertigineuse aventure mêlant romantisme et fantastique.

 

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Autres

Dictionnaire amoureux des Sixties

Plan - 2018

Folles et géniales années soixante !

« Les sixties ? Une décennie qui a révolutionné le monde. Les sixties ? Ce sont des groupes devenus mythiques : The Beatles, The Rolling Stones, The Doors, The Who, The Kings.
Les sixties ? Le Pop Art avec Andy Warhol. La Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Agnès Varda, Éric Rohmer. Mais aussi la mini-jupe, les combats féministes, la société qui craque de toutes parts.
Les sixties ? Des noms qui claquent comme des étendards : Martin Luther King, John Fitzgerald Kennedy, Che Guevara, et en France l’incontournable présence de l’homme de Londres devenu chef de l’État.
Les sixties ? Des événements qui ont changé le monde : l’édification du mur de Berlin, la guerre du Viêt Nam, l’homme qui marche sur la Lune.
Les sixties ? Le temps des grands rassemblements, des larges idéaux : 1968, Woodstock, les hippies, la révolution sexuelle. Et les grandes avancées scientifiques (fibre optique), médicales (la première transplantation cardiaque).
Mais aussi des événements plus anonymes, intimes, liés à la vie quotidienne, à la France de ces années-là : nourriture, design, feuilletons télévisés, habillement. Une France heureuse, sans chômage de masse, avec une croissance annuelle égale à 5 % du PIB. Une France des Trente Glorieuses durablement blessée par le drame algérien. »

En un mot, ce livre, volontairement personnel, très subjectif, comme nombre de photographies, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires, des défaites. Il en a retenu les tempêtes et les fureurs, les éclats, les instants d’hésitation, les silences, et surtout une immense clameur : celle d’une génération sans peur et sans reproche qui changea, à sa manière, le monde.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Le phare : Voyage immobile

Hoëbeke - 2015

Paolo Rumiz pour son nouveau livre a fait un voyage auquel même lui sans doute ne s’attendait pas. Lui qui a longé les 6 000 kilomètres des frontières de l’Europe du nord au sud, traversé les Balkans, franchi les montages à la recherche d’Hannibal, ramé tout au long du fleuve le Pô, lui, le grand voyageur italien, décide de vivre et de nous faire vivre son premier voyage immobile dans un phare perdu au milieu de la Méditerranée, loin de tout et de tous, hormis les gardiens.
Soudain libéré de tout contact avec le monde extérieur – il n’a ni radio, ni télé, ni internet, ni même un téléphone – il se consacre, quand le temps le permet, à l’exploration de son environnement plutôt réduit puisque le phare est perché sur un récif où il n’y a aucune autre habitation. Il nous présente donc tour à tour la nature, la faune domestique (il y a quand même un âne et une poule) et la faune sauvage (dominée par les innombrables oiseaux), les poissons, le bâtiment où il loge, ceux qui l’habitent ou qui l’ont habité jadis, sans oublier d’autres occupants de phares qu’il a connus dans son enfance, il nous parle du temps qu’il fait, des vents, des bateaux qui passent, de ses pensées, de ce qu’il mange et de bien d’autres choses encore. Bref, il nous dit tout, sauf le nom de cet archipel mystérieux, qu’il tient à cacher, de peur d’y voir déferler des hordes béotiennes. Il livre certes quelques indices, mais ceux-ci amènent le lecteur à se demander si la vérité ne serait pas plus compliquée qu’il n’y paraît et à conclure que le phare du récit pourrait bien être, en réalité, un savant amalgame d’expériences diverses. En tout cas, le récit est prenant, et inoubliable. C’est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d’une tour d’ivoire se laisseront entraîner jusqu’à ce lieu austère, à l’écart du monde, même s’il faut en repartir.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Revue

Apulée #4 - Traduire le monde

Zulma Éditions - 2019

On accède majoritairement aux cultures du monde par la traduction. Plus une langue s’emploie à traduire, plus s’éploient ses capacité inventives. Les grandes heures d’une culture correspondent aux apports décisifs des langues autres, étrangères, toujours plus ou moins apparentées, ne serait-ce que par la vigoureuse, multiforme analogie des espaces symboliques.
« Quand une langue n’emprunte plus à une autre, elle se fige », disait justement Alain Rey. Et plus encore peut-être quand elle ne voyage pas dans une, dans plusieurs autres.
Ainsi visitera-t-on les langues enfouies, archéologiques, et leurs trésors, les langues vernaculaires, les langues vivantes sino-tibétaines, sémitiques ou subafricaines. Ce numéro sera illustré de multiples graphies avec un soin particulier dans la mise en page. Les systèmes d’écriture alphabétiques y côtoieront les formes logographiques et syllabiques.
Il s’agit plus que jamais de relancer et d’exalter l’aventure existentielle dans ses grandes largeurs, à commencer par ces lointains qui nous rassemblent, fidèles à l’appel constant des autres rives et des antipodes, à savoir cette idée toujours neuve de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures.
La traduction sera donc à l’honneur. Langue source, langue cible : c’est ainsi que les époques et cultures s’enlacent et se répondent, se tissent et se métissent.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Album jeunesse

Les aventures inter-sidérantes de L’ourson Biloute

Grasset Jeunesse - 2017

L’Ourson Biloute et la Baraque à Frites de l’Espace
Dans un petit village du Nord de la France, jusqu’ici tout va bien. Il pleut. Les frites sont chaudes, les grenouilles croassent tranquillement. Mais une redoutable menace plane sur ce paisible tableau… Le terrible Blast Ador, commandant en chef de la Galaxie Fantôme, a décidé d’envahir la planète Terre et d’empoisonner les frites avec l’ignoble sauce Z !
L’Ourson Biloute, un ours en peluche pas ordinaire, doté d’un fichu caractère, se dresse courageusement face aux envahisseurs. Grâce à l’aide de Lemmy, le rockeur au grand cœur, Biloute combat sans relâche les hordes d’extra-terrestres. 

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’Inde sous les yeux de l’Europe

Alma - 2018

Comment l’Europe a-t-elle vu l’Inde avant la colonisation britannique ? A travers une étonnante galerie de portraits, Sanjay Subrahmanyam invite à de surprenants voyages dans le temps et dans l’espace du XVIe au XVIII siècle.

Quand, au XVe siècle, les Portugais franchirent le cap de Bonne-Espérance pour aborder le sous-continent indien ils ne disposaient guère de témoignages directs sur ces immenses contrées connues depuis l’Antiquité mais essentiellement légendaires. Très vite les Anglais, les Hollandais, les Français les Italiens et les Allemands leur emboîtèrent le pas. Marchands, diplomates, missionnaires, militaires et savants : ils furent nombreux à tenter l’aventure. Dans cette étonnante suite de portraits, Sanjay Subrahmanyam montre que leurs points de vue sur l’Inde – ou les Indes – dépendent largement de leur nationalité et de leur profession, sans compter les traits de caractère personnels. Du XVIe siècle jusqu’à la veille du XIXe siècle et de la colonisation britannique c’est tout un savoir sur l’Inde qui se constitua mais aussi une certaine manière de penser… l’Europe et le christianisme.
Enquêtant aussi bien dans les registres des diverses Compagnies des Indes, que dans les archives des jésuites, les mémoires, les correspondances diplomatiques ou les communications des sociétés savantes, le grand historien indien étudie comment le regard européen (histoire, géographie, politique, religion) fut orienté par les collections de manuscrits, de peintures et d’objets qui passèrent de l’Orient à l’Occident. Il montre une nouvelle fois combien il est difficile de parler d’une « rencontre » des cultures : l’objet « Inde » construit par les Européens a nourri leur réflexion sur le langage, la religion et le commerce plus qu’il ne leur en a appris sur l’Inde elle-même. La connaissance que l’on a de l’autre doit toujours être comprise en tenant compte des circonstances de son élaboration.

Traduit de l’anglais par Johanna Blayac

 

DERNIER OUVRAGE

 
Nouvelles

La lune dans le puits : Des histoires vraies de méditerranée

Verticales - 2013

« Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J’ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcoure et je retrouve dans l’écho du miroir mes histoires miennes. »

Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d’en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d’en ordonner la matière au fil des âges de l’existence – depuis l’enfance jusqu’à la mort –, telle l’autobiographie imaginaire d’un seul et même individu-collectif. La lune dans le puits dessine ainsi l’odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l’humanité. 


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Notre quelque part

Zulma - 2014

« Nous étions à notre quelque part quand ils sont arrivés. D’abord la fille avec ses yeux qui ne voulaient pas rester en place. Hmm, puisque tu es là, laisse-moi te raconter cette histoire avant qu’elle ne refroidisse. »
C’est Yao Poku, vieux chasseur à l’ironie décapante et grand amateur de vin de palme, qui nous parle. Un jour récent, une jeune femme rien moins que discrète, de passage au village, aperçoit un magnifique oiseau à tête bleue et le poursuit jusque dans la case d’un certain Kofi Atta. Ce qu’elle y découvre, dans l’épouvante, entraîne l’arrivée tonitruante de la police criminelle d’Accra, et bientôt celle de Kayo Odamtten, jeune médecin légiste tout juste rentré d’Angleterre. Renouant avec ses racines, ce quelque part longtemps refoulé, Kayo se met peu à peu à l’écoute d’Oduro, le féticheur du village, et de ses légendes étrangement éclairantes…
Porté à merveille par une traduction qui mêle français classique et langue populaire d’Afrique de l’Ouest, ce roman époustouflant nous laisse pantelants, heureux de la traversée d’un monde si singulier.

Traduit anglais (Ghana) par Sika Fakambi

 

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Romans

Les absents

Rivages - 2014

Entre Beyrouth et Paris, la narratrice nous livre le récit d’une vie commencée sous les auspices d’une enfance heureuse, brutalement brisée par la guerre et l’exil. Elle le fait à travers les portraits de ceux qu’elle nome les « les absents », personnages qui ont croisé son parcours à différents moments et ont disparu. Leurs noms ont figuré un temps dans un carnet d’adresses, puis ont été biffés ou effacés au gré des circonstances, des brouilles, des disputes, des changements d’itinéraires, des décès. On s’aperçoit au fil des pages que ces portraits entretissés, toujours vivaces et précis, dessinent en négatif l’image volatile de celle qui les brosse, hantée par une absence à soi qui se nourrit des vertiges de la mémoires. Car loin de toute confession anecdotiques, c’est bien du lien ténu entre les êtres, à la fois incarné et immatériel, dont nous parle ce roman qui défie les lois admises de l’autobiographie.

 

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Romans

L’homme qui savait la langue des serpents

Le Tripode - 2012

Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlaient la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui pourchassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu horrifiés par tout ce qui précède. Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas islandaises, L’homme qui savait la langue des serpents révèle l’humour et l’imagination délirante d’Andrus Kivirhk. Le roman, qui connaît un immense succès en Estonie depuis sa parution en 2007, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d’un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter. Une fable ? Oui, mais aussi, comme le souligne dans une postface bien renseignée le traducteur, un regard acéré sur notre époque.

 

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Nouvelles

Des vies cassées

Mémoire d’Encrier - 2014

Tout un peuple d’immigrants invisibles croupissent à côté de leurs rêves. Manière différente de vivre et de voir l’exil quand on est anglophone noir dans un Montréal francophone blanc. Dans ces nouvelles, qui explorent l’identité, la migration et l’errance, H. Nigel Thomas rend vivants ces êtres reclus, dans une langue hachée, parfois brutale et sans concession. Entre les pays d’origine – Jamaïque, Barbade, Saint-Vincent, Grenade, Guyane anglaise, Aruba – et le pays d’accueil, se jouent tous les fantasmes. Récits, chroniques et portraits dévoilent ces visages marqués par la violence et l’exclusion. L’auteur révèle, à travers une mosaïque bariolée, une meute de solitudes : Côte-des-Neiges en noir et blanc.
Traduit de l’anglais par Alexie Doucet.

 

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Romans

Les douze enfants de Paris

Sonatine - 2014

23 août 1572 : De retour d’un séjour en Afrique du nord, Mattias Tannhauser, Chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la Comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du Roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’Amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le Cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la cour et comprend dans les heures qui suivent que le sang va couler dans les rues de Paris.
Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla se retrouve au centre d’une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour la retrouver et la sauver d’un funeste destin.



Revue de presse

 

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Rue de Babylone

De Fallois - 2014
 

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Récit

Entre nous, les Levantins : Carnets de voyage

Actes Sud - 2014

Du Caire à Amman, en passant par Istanbul, Athènes et Paris, Entre nous, les Levantins est un carnet de voyage écrit d’une plume de poète voyou qui évoque Chatwin, Artaud, Rimbaud.
Avec l’art des détours et des rencontres, dans la fréquentation des marges, Benny Ziffer déploie une utopie sobre et sceptique, un plaidoyer superbe- ment provocateur et subversif pour un avenir proche-oriental réconcilié (réinventé ?) avec tous ses passés.

 

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Essais

L’Étranger qui vient. Repenser l’hospitalité

Seuil - 2018

La condition d’étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l’on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux « migrants », traités en ennemis plutôt qu’en hôtes.

Mis en demeure de pallier l’hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l’hospitalité. Cette façon d’entrer en politique par la petite porte de chez soi qu’on ouvre montre toutefois ses limites. Chaque hébergement est une goutte d’eau dans l’océan de l’errance globale et la faveur dont procèdent de tels gestes ne saurait durablement faire office de sauf-conduit.

Michel Agier nous invite à repenser l’hospitalité au prisme de l’anthropologie, de la philosophie et de l’histoire. S’il en souligne les ambiguïtés, il révèle aussi sa capacité à déranger l’imaginaire national. Car l’étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde.