Écrivains voyageurs

28 mai 2014.
 

Dans un livre grave et lumineux, Bernard Chambaz nous dit sa traversée de l’Amérique à vélo, sur les traces de son fils disparu 20 ans auparavant. Alain Hervé, grand bourlingueur, nous dit sa passion des îles du bout du monde et Édouard Launet celle des îles anglo-normandes. Bernardo Carvalho est assurément le plus voyageur des écrivains brésiliens, qui nous entraîne de Saint-Pétersbourg à Grozny et de la guerre de Tchétchénie aux trafiquants d’Amérique du Sud. Descendant de bandits napolitains, Gérard de Cortanze a le sens de la fresque épique et fait traverser les siècles à son héroïne depuis les massacres de juifs à Grenade en 1066. Et Jean-Paul Delfino, avec Saudade nous livre son grand roman sur le Brésil, tandis que David Fauquemberg nous offre un « roman flamenco » enfiévré, dont la langue bat la mesure, heurte, sonne et emporte et Velibor Colic, un « roman tsigane », la réincarnation au fil du siècle et partout en Europe d’un fameux orchestre de virtuoses. Kenneth White, retrouvant l’inspiration de la Route bleue, qui lui valut le Médicis étranger, nous fait écouter Les vents de Vancouver. Perrine Leblanc nous plonge dans les solitudes froides de Gaspésie dans son deuxième roman Malabourg.

Cédric Gras

Première incursion dans le domaine de la fiction de Cédric Gras, amoureux des confins russes, qui explore ici le dilemme entre le désir d’évasion et le besoin d’une attache. Le Calcutta de Dominique Sigaud n’a que peu à voir avec celui de Shumona Sinha, violent et tourmenté – preuve que les voyages sont aussi des voyages intérieurs, et parfois des miroirs où se perdre... Renaud Jean, lui, bat en retraite devant le tout-numérique, avec un art consommé de la flânerie vagabonde et distanciée. Jean-Didier Urbain revient sur la figure tant décriée du touriste dans L’Envie du monde. Après s’être aventuré au plus loin, sur la route de la soie, voici Bernard Ollivier au plus près, arpentant les routes de Normandie, de Rouen au Mont-Saint-Michel, et c’est toujours le même bonheur.
Alain Jaubert imagine la rencontre de deux géants, Conrad et Rimbaud à Marseille, tandis qu’Alain Dugrand propose une version revue de son voyage passionnant et passionné sur les traces de Conrad en Méditerranée. François Beaune avec la Lune dans le puits, rassemble 200 histoires collectées sur tout le pourtour méditerranéen, pour nous dire, malgré divisions et conflits, la richesse de sa culture. Emmanuel Lepage, dessinateur-voyageur, revisite 25 ans après la zone de Tchernobyl dans deux albums fascinants – et dérangeants. Enfin, Anne Vallaeys, dans Le loup est revenu, nous entraîne avec elle aux côtés des bergers et incite à la réflexion sur le sauvage dans notre culture, tandis qu’Isabelle Sorente, dans 180 jours, plonge dans l’univers hallucinant de l’élevage industriel, où se dit aussi notre rapport à nous-mêmes.

 

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Récit

Conrad : La vie à la mer

La Table Ronde - 2014

Fin 1874, un orphelin de seize ans débarque à Marseille, résolu à devenir marin. Grâce à une lettre de recommandation, il prend très vite la mer à bord du Mont-Blanc, un trois-mâts barque de la compagnie Delestang et fils. Quatre années durant, Marseille demeurera son port d’attache. Né russe dans l’Ukraine colonisée, c’est en France que le futur Joseph Conrad achève son adolescence et entre dans l’âge adulte.
Alors que ses biographes polonais ou anglo-saxons ont négligé les années françaises, Alain Dugrand revient à la source. Son équipée sur les pas de l’écrivain part du Vieux-Port et du golfe d’Hyères pour se poursuivre à
Singapour et au Congo. Une évocation au grand large.

 

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Poésie

Les vents de Vancouver

Le Mot et le Reste - 2014

Dans les territoires du Pacifique Nord, un itinéraire jalonné de visions d’une nature première, de traces de très anciennes cultures et de personnages jusqu’auboutistes.
Prenant pour point de départ le grand port du Pacifique Nord, Kenneth White trace un itinéraire qui longe le littoral de la Colombie-Britannique avant d’atteindre la péninsule de l’Alaska, en passant par Ketchikan, havre bordélique de saumoniers, Juneau, la capitale des affaires, et Skagway, longtemps le fief de l’escroc Soapy Smith. En route, dans le style vif et allègre qu’on lui connaît, il esquisse des portraits de coureurs de bois français, d’explorateurs russes, de chercheurs d’or américains, d’environnementalistes tels que l’Écossais John Muir, tous suivant des pistes d’ombres et de lumières sur fond de vie sauvage, celles des ours et des aigles, des loups et des phoques, et de vie autochtone, celle des Kwakiutls et des Tlingits. Le résultat est un « texte pluridimensionnel qui fait voisiner le contexte primordial et la condition moderne. Les livres de voyage de Kenneth White sont des navigations mentales, des initiations à des états-limites de l’existence et de la conscience. Cet ouvrage inédit en est un exemple éminent et frappant.

 

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Romans

‘Ta mère

Anne-Marie Métailié - 2010

Trois jeunes gens et leurs mères, un conscrit en proie aux mauvais traitements de l’armée russe, un jeune Tchétchène à la recherche de sa mère, un voyou de bonne famille. La rencontre d’une âme sœur, une chimère.
Ce roman entrelace les histoires d’une poignée de femmes qui essaient de sauver leurs fils de la guerre, de la solitude et du crime. Tout se passe à Saint-Pétersbourg, ville littéraire par excellence, à la veille du tricentenaire de la ville et sur fond de guerre de Tchétchénie, mais l’action s’étend de la forêt amazonienne à la mer du Japon et met en scène des mères coupables, des pères absents et des fils égarés.
Bernardo Carvalho orchestre dans ce roman une multiplicité de points de vue et de voix sans jamais perdre l’axe et le motif récurrent de la maternité et de son revers, le sentiment d’être orphelin, sans protection, déplacé, dont la guerre est la représentation la plus crue. « Les mères ont plus à voir avec la guerre qu’elles ne l’imaginent. Au contraire de ce que tous pensent. Plus que les autres, les mères ont horreur de perdre (…). Tout le monde a une mère, même la pire canaille, le pire bourreau. Mais c’est tout de même une sorte de fanatisme », déclare l’un des personnages. Ce livre en est d’une certaine manière la démonstration poétique.
Tous les personnages du roman semblent n’être à leur place nulle part dans leur famille ou dans leur pays, ce qui donne toute sa force à la figure de la chimère, aberration rejetée par la nature et par l’homme, projetée dans des amours absolues.

Traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Liebrich


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Poésie

Etc.

(Flammation, 2016) - 2016

Ce recueil est composé de cinq séquences autonomes se faisant écho et déclinant des variations, sur le thème de l’automne et de la mélancolie.


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Romans

Bluff

Stock - 2018

Bluff, à l’extrême-sud de la Nouvelle-Zélande.
La tempête ravage ce bout du monde en plein hiver austral.
Un étranger pousse la porte du bar L’Anchorage, où pêcheurs et dockers attendent l’accalmie. Le Français a traversé tout le pays à pied, la route s’arrête à Bluff, il n’ira pas plus loin. Le voilà embarqué pour la saison de pêche à la langouste dans les fjords sauvages du Fiordland, à la merci des éléments. Une amitié se tisse avec son capitaine, le vieux Rongo Walker, pilier respecté de la communauté maorie, tiraillé entre ses traditions et une modernité où l’argent égare les hommes, parfois jusqu’à l’irréparable. Sous le regard de son équipier, le colosse Tamatoa, tahitien en exil qui rêve de regagner son île, le Français se retrouve projeté dans un monde où les chemins d’étoiles, le vol des oiseaux migrateurs et d’invisibles houles guident les navigateurs à travers le Grand Océan.
Résonne encore et toujours le chant des ancêtres : Marii, qui pêcha un jour le plus gros poisson de l’océan ; Hone, le poète maori au seuil de son dernier voyage ; Mau et Tevake, maîtres d’un art voué à disparaître – la navigation aux étoiles océanienne.


 

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Romans

Le livre des départs

Gallimard - 2020

« Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants ».

Velibor Čolić, à travers le récit de son propre exil, nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque avec ironie ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres, les écrivains, et bien sûr avec les femmes, qui tiennent une grande place ici bien qu’elles aient plus souvent été source de désir ardent et frustré que de bonheur. Son récit est aussi un hommage à la langue française, à la fois déchirant et plein de fantaisie.

 

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Autres

Dictionnaire amoureux des Sixties

Plan - 2018

Folles et géniales années soixante !

« Les sixties ? Une décennie qui a révolutionné le monde. Les sixties ? Ce sont des groupes devenus mythiques : The Beatles, The Rolling Stones, The Doors, The Who, The Kings.
Les sixties ? Le Pop Art avec Andy Warhol. La Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Agnès Varda, Éric Rohmer. Mais aussi la mini-jupe, les combats féministes, la société qui craque de toutes parts.
Les sixties ? Des noms qui claquent comme des étendards : Martin Luther King, John Fitzgerald Kennedy, Che Guevara, et en France l’incontournable présence de l’homme de Londres devenu chef de l’État.
Les sixties ? Des événements qui ont changé le monde : l’édification du mur de Berlin, la guerre du Viêt Nam, l’homme qui marche sur la Lune.
Les sixties ? Le temps des grands rassemblements, des larges idéaux : 1968, Woodstock, les hippies, la révolution sexuelle. Et les grandes avancées scientifiques (fibre optique), médicales (la première transplantation cardiaque).
Mais aussi des événements plus anonymes, intimes, liés à la vie quotidienne, à la France de ces années-là : nourriture, design, feuilletons télévisés, habillement. Une France heureuse, sans chômage de masse, avec une croissance annuelle égale à 5 % du PIB. Une France des Trente Glorieuses durablement blessée par le drame algérien. »

En un mot, ce livre, volontairement personnel, très subjectif, comme nombre de photographies, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires, des défaites. Il en a retenu les tempêtes et les fureurs, les éclats, les instants d’hésitation, les silences, et surtout une immense clameur : celle d’une génération sans peur et sans reproche qui changea, à sa manière, le monde.

 

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Romans

Apatride

L’Olivier - 2017

« D’autres nuits surgirent derrière ses paupières, mais la lumière n’y avait plus de chaleur, il ne s’en échappait aucun bruit, aucun son, aucun souffle. Elle se rendit compte que, ni ici ni là-bas, elle n’arrivait à rire, à respirer, à se sentir vivante, et qu’elle lévitait dans un mouvement aveugle, chutait dans le vide, sans terre ni ciel."
Esha a quitté Calcutta pour s’installer à Paris, la ville dont elle rêvait. Or, d’année en année les déceptions s’accumulent, tout devient plus sombre et plus violent autour d’elle. Elle s’épuise dans d’innombrables batailles, et ne se sent plus en sécurité.
Issue d’une famille de paysans pauvres, Mina vit près de Calcutta. Par ignorance, ou par crédulité, elle est entraînée à la fois dans un mouvement d’insurrection paysanne qui la dépasse et dans une passion irraisonnée pour son cousin Sam, qui lui fait commettre l’irréparable.
Les destins de Mina et d’Esha se répondent dans ce roman qui ne ménage ni notre société ni la société indienne. L’écriture de Shumona Sinha est animée par la colère, une colère éloquente, aux images aussi suggestives que puissantes.


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Récit

Promesse d’îles

Arthaud - 2014

Promesse d’îles Il n’y a pas de grande île, les îles sont petites. Entourées d’eau de toutes parts, les îles sont à la taille de l’homme. L’homme est à la taille des îles. Nous sommes tous des Robinsons. Nous rêvons d’îles dont on ferait un paradis. Sans imaginer que l’on risque d’en faire un enfer. Qu’emporterons-nous sur l’île ? Alain Hervé nous emmène dans les îles de toute sa vie, tout autour du monde, de Chausey à la Polynésie, de Madère aux San Blas, d’Éléphantine à Manhattan - oui Manhattan est une île -, de Venise à la Russie, de Nantucket aux Galápagos, d’Écosse au Chili, du Japon à la Suède et encore et encore... Il raconte leurs arbres, leurs hommes, leurs instants, leurs vents, leurs bateaux, leurs marées, leur vie... jusqu’à leur donner une dimension philosophique sensible. Désertes ou hérissées de buildings, tropicales ou glaciales, volcaniques ou sacrées. Ce que Dieu a fait de mieux sur la planète Terre, ce sont les îles. Partons pour les îles.

 

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Récit

Au soleil. Naissance de la Méditerranée estivale

Payot - 2014

Savoureux, intelligent, sentimental : le livre qui nous fait sentir tout ce que cette mer a de désirable.
Longtemps, la Méditerranée fut une mer d’hiver. Le soin, la culture et le sexe étaient ses trois piliers, que l’on aille sur la côte d’Azur, en Grèce, au Maroc ou en Turquie. Au début du XXe siècle, cependant, les choses changent :
on y vient l’été pour le soleil, la chaleur, les loisirs. L’Atlantique est détrôné. Pourquoi ?
Dans ce livre où l’on croisera Gauguin et Matisse, les débuts du naturisme (îles du Levant) et de la liberté sexuelle, les premiers voyages de noces à Venise, la création du Club Med, etc., Jean-Didier Urbain raconte un moment de profondes mutations sociales et des mentalités, celui où, depuis l’Angle- terre, la Belgique, la Hollande, l’Italie, l’Allemagne, et la France bien sûr, on s’est mis à aimer le soleil plutôt que la lumière.

 

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Nouvelles

La lune dans le puits : Des histoires vraies de méditerranée

Verticales - 2013

« Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J’ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcoure et je retrouve dans l’écho du miroir mes histoires miennes. »

Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d’en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d’en ordonner la matière au fil des âges de l’existence – depuis l’enfance jusqu’à la mort –, telle l’autobiographie imaginaire d’un seul et même individu-collectif. La lune dans le puits dessine ainsi l’odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l’humanité. 


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Romans

Brasil

Le Passage - 2013

Rio de Janeiro, 1821. Vaincu par les manigances de Cour de la noblesse portugaise et des Cortes, Dom Joao VI, roi du Brésil, se voit dans l’obligation de rejoindre Lisbonne et la vieille Europe. Derrière lui, il abandonne une colonie sur le point de conquérir son indépendance et qui sera désormais dirigée par son fils, Dom Pedro I, un être infâme et tyrannique qui s’autoproclamera bientôt premier empereur du Brésil.
Irrésistiblement attirée par les fastes du pouvoir et du palais impérial, la jeune Madalena, fille de la très estimée Dona Josefina, gardienne d’un culte spirite, va tout quitter pour cet empereur de pacotille. Hélas, rapidement réduite à l’état d’esclave par celui-ci, elle ne rêvera que de vengeance et d’assassinat pendant que sa fille Marina et son mari Zumbi, afin d’échapper aux soldats de l’empereur, sillonneront le pays en intégrant une troupe de cirque.
Dans un pays qui n’aspire qu’à la modernité, où les gens de la rue côtoient des capitaines d’industries aux fortunes colossales, où les immeubles luxueux se multiplient et où les immigrants affluent par milliers pour se bâtir de nouvelles vies, cette fresque historique, obéissant à un sens profond du romanesque, emporte le lecteur dans un tourbillon d’aventures et d’émotions qui constitue un véritable chant d’amour pour le Brésil.
Brasil est le septième volume de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino, une fresque commencée en 2005 avec Corcovado et qui couvre une période de près de trois siècles.

 

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Roman graphique

La Lune est blanche

Futuropolis - 2014

« L’Antarctique. Le sixième continent. 14 millions de kilomètres carrés. Un dôme de glace enchâssé dans un socle rocheux. Le continent le plus sec, le plus froid, le plus difficile d’accès. Le continent des superlatifs. Le monde des extrêmes. »
En 2011, Yves Frenot, directeur de l’Institut polaire français, invite Emmanuel Lepage et son frère François, photographe, à intégrer une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d’Urville, en Terre-Adélie. Le but ? Réaliser un livre qui témoignerait du travail des savants. Yves Frenot leur propose, en outre, de participer, commechauffeurs, au raid de ravitaillement de la station Concordia, située au coeur du continent de glace à 1 200 km de Dumont d’Urvillle. Le Raid, comme on l’appelle, c’est LA grande aventure polaire ! Pour les deux frères, ce serait l’aventure de leur vie, mais rien ne se passera comme prévu !

 

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Romans

Partir, Calcutta

Verdier - 2014

“Il y a dans ce que je suis, comme elle, Calcutta, des palais à l’abandon. C’est le début, il n’y en a pas d’autre. Quelque chose s’est résumé dans cette phrase. Je ne l’ai pas inventée”
Telle est l’impression d’étrange déflagration qui va donner lieu au récit de ce séjour solitaire de la narratrice dans Calcutta, arpentant la ville comme on marcherait au-dedans de soi, assistant à son propre retournement.
Elle ignore à son arrivée la place que prendra la voix de Marguerite Duras, résonnants avec ce désir d’ailleurs et de partir qui ne saurait se trouver que là, dans cet entrelacs de rues, de gens, dans le flux impassible du Gange ou des palais délabrés.
Désir de ce temps de suspens, qui seul permet une véritable disponibilité au monde et une attention à tous les mouvements fugitifs en soi.
Cette parole risquée, tendue, dense, mais aussi ténue et fragile, se tient à la hauteur du défi que se donne l’écriture : “ non pas fixer mais soulever, maintenir la suspension, ne pas décrire mais écrire.”

 

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Nouvelles

Retraite

Boréal - 2014

De quoi sommes-nous faits vraiment ? Des gestes que nous accomplissons chaque jour, ou des rêveries, surgies du plus profond de nous, qui affleurent parfois dans notre quotidien ? 

Dans ce premier recueil de nouvelles, subtilement construit, magnifiquement écrit, Renaud Jean superpose avec audace deux tonalités, presque deux genres. La moitié de ces nouvelles appartient à un monde fantastique, onirique, où des êtres qui nous ressemblent pourtant sont plongés dans une réalité radicalement différente de la nôtre. À l’inverse, l’autre moitié est constituée de scènes réalistes, minutieusement rendues, de la vie montréalaise d’aujourd’hui, mais qui sont hantées par un mystérieux sentiment de distance, d’appréhension. Comme si les protagonistes étaient toujours, d’une certaine manière, en retrait d’eux-mêmes, de la « Grande Aventure » de l’existence. 

Ces deux mondes semblent en apparence étrangers, mais, bientôt, des échos nous renvoient de l’un à l’autre, et on ne sait plus ce qui est le plus irréel, des rêves ou du quotidien.

 

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Récit

Le seigneur des îles

Stock - 2014

Cet ouvrage est un journal de bord. Le récit d’une croisière dans les îles de la Manche, de Chausey aux Anglo-normandes en passant par des cailloux peu connus et presque déserts : les Minquiers, les Ecréhou, Jéthou, Herm, Brecqhou…
Sur chacune de ces îles, Édouard Launet possède une maison : la maison de ses rêves. En revisitant ces rochers et ces domiciles d’élection, avec à bord les oeuvres complètes d’un guide appelé Victor Hugo, il plonge tête la première dans une passion qui l’habite depuis l’adolescence : l’Archipel de la Manche.
 
Dans la grande tradition des écrivains voyageurs, de Nicolas Bouvier à Sylvain Tesson en passant par Bruce Chatwin, Édouard Launet nous offre ici un magnifique récit où la littérature fait bon ménage avec vocabulaire de marine, anecdotes historiques et exotiques, souvenirs personnels et sentimentaux. L’occasion aussi de découvrir un archipel extraordinaire si proche et pourtant quasi inconnu pour la plupart d’entre nous.

 

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Romans

180 jours

JC Lattès - 2013

180 jours, c’est le temps qui sépare la naissance d’un porc de sa mort à l’abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d’un homme.
Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n’imagine pas que le cours de sa vie va s’en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments.
Fondé sur la propre enquête de l’auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l’histoire d’une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes.

Avec ce roman, Isabelle Sorente nous entraîne au bout des départementales, dans les couloirs inavouables de notre modernité, où montent les voix de ceux qui sont privés de parole.

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