Écrivains voyageurs

28 mai 2014.
 

Dans un livre grave et lumineux, Bernard Chambaz nous dit sa traversée de l’Amérique à vélo, sur les traces de son fils disparu 20 ans auparavant. Alain Hervé, grand bourlingueur, nous dit sa passion des îles du bout du monde et Édouard Launet celle des îles anglo-normandes. Bernardo Carvalho est assurément le plus voyageur des écrivains brésiliens, qui nous entraîne de Saint-Pétersbourg à Grozny et de la guerre de Tchétchénie aux trafiquants d’Amérique du Sud. Descendant de bandits napolitains, Gérard de Cortanze a le sens de la fresque épique et fait traverser les siècles à son héroïne depuis les massacres de juifs à Grenade en 1066. Et Jean-Paul Delfino, avec Saudade nous livre son grand roman sur le Brésil, tandis que David Fauquemberg nous offre un « roman flamenco » enfiévré, dont la langue bat la mesure, heurte, sonne et emporte et Velibor Colic, un « roman tsigane », la réincarnation au fil du siècle et partout en Europe d’un fameux orchestre de virtuoses. Kenneth White, retrouvant l’inspiration de la Route bleue, qui lui valut le Médicis étranger, nous fait écouter Les vents de Vancouver. Perrine Leblanc nous plonge dans les solitudes froides de Gaspésie dans son deuxième roman Malabourg.

Cédric Gras

Première incursion dans le domaine de la fiction de Cédric Gras, amoureux des confins russes, qui explore ici le dilemme entre le désir d’évasion et le besoin d’une attache. Le Calcutta de Dominique Sigaud n’a que peu à voir avec celui de Shumona Sinha, violent et tourmenté – preuve que les voyages sont aussi des voyages intérieurs, et parfois des miroirs où se perdre... Renaud Jean, lui, bat en retraite devant le tout-numérique, avec un art consommé de la flânerie vagabonde et distanciée. Jean-Didier Urbain revient sur la figure tant décriée du touriste dans L’Envie du monde. Après s’être aventuré au plus loin, sur la route de la soie, voici Bernard Ollivier au plus près, arpentant les routes de Normandie, de Rouen au Mont-Saint-Michel, et c’est toujours le même bonheur.
Alain Jaubert imagine la rencontre de deux géants, Conrad et Rimbaud à Marseille, tandis qu’Alain Dugrand propose une version revue de son voyage passionnant et passionné sur les traces de Conrad en Méditerranée. François Beaune avec la Lune dans le puits, rassemble 200 histoires collectées sur tout le pourtour méditerranéen, pour nous dire, malgré divisions et conflits, la richesse de sa culture. Emmanuel Lepage, dessinateur-voyageur, revisite 25 ans après la zone de Tchernobyl dans deux albums fascinants – et dérangeants. Enfin, Anne Vallaeys, dans Le loup est revenu, nous entraîne avec elle aux côtés des bergers et incite à la réflexion sur le sauvage dans notre culture, tandis qu’Isabelle Sorente, dans 180 jours, plonge dans l’univers hallucinant de l’élevage industriel, où se dit aussi notre rapport à nous-mêmes.

 

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Récit

Conrad : La vie à la mer

La Table Ronde - 2014

Fin 1874, un orphelin de seize ans débarque à Marseille, résolu à devenir marin. Grâce à une lettre de recommandation, il prend très vite la mer à bord du Mont-Blanc, un trois-mâts barque de la compagnie Delestang et fils. Quatre années durant, Marseille demeurera son port d’attache. Né russe dans l’Ukraine colonisée, c’est en France que le futur Joseph Conrad achève son adolescence et entre dans l’âge adulte.
Alors que ses biographes polonais ou anglo-saxons ont négligé les années françaises, Alain Dugrand revient à la source. Son équipée sur les pas de l’écrivain part du Vieux-Port et du golfe d’Hyères pour se poursuivre à
Singapour et au Congo. Une évocation au grand large.

 

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Poésie

Les vents de Vancouver

Le Mot et le Reste - 2014

Dans les territoires du Pacifique Nord, un itinéraire jalonné de visions d’une nature première, de traces de très anciennes cultures et de personnages jusqu’auboutistes.
Prenant pour point de départ le grand port du Pacifique Nord, Kenneth White trace un itinéraire qui longe le littoral de la Colombie-Britannique avant d’atteindre la péninsule de l’Alaska, en passant par Ketchikan, havre bordélique de saumoniers, Juneau, la capitale des affaires, et Skagway, longtemps le fief de l’escroc Soapy Smith. En route, dans le style vif et allègre qu’on lui connaît, il esquisse des portraits de coureurs de bois français, d’explorateurs russes, de chercheurs d’or américains, d’environnementalistes tels que l’Écossais John Muir, tous suivant des pistes d’ombres et de lumières sur fond de vie sauvage, celles des ours et des aigles, des loups et des phoques, et de vie autochtone, celle des Kwakiutls et des Tlingits. Le résultat est un « texte pluridimensionnel qui fait voisiner le contexte primordial et la condition moderne. Les livres de voyage de Kenneth White sont des navigations mentales, des initiations à des états-limites de l’existence et de la conscience. Cet ouvrage inédit en est un exemple éminent et frappant.

 

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Romans

‘Ta mère

Anne-Marie Métailié - 2010

Trois jeunes gens et leurs mères, un conscrit en proie aux mauvais traitements de l’armée russe, un jeune Tchétchène à la recherche de sa mère, un voyou de bonne famille. La rencontre d’une âme sœur, une chimère.
Ce roman entrelace les histoires d’une poignée de femmes qui essaient de sauver leurs fils de la guerre, de la solitude et du crime. Tout se passe à Saint-Pétersbourg, ville littéraire par excellence, à la veille du tricentenaire de la ville et sur fond de guerre de Tchétchénie, mais l’action s’étend de la forêt amazonienne à la mer du Japon et met en scène des mères coupables, des pères absents et des fils égarés.
Bernardo Carvalho orchestre dans ce roman une multiplicité de points de vue et de voix sans jamais perdre l’axe et le motif récurrent de la maternité et de son revers, le sentiment d’être orphelin, sans protection, déplacé, dont la guerre est la représentation la plus crue. « Les mères ont plus à voir avec la guerre qu’elles ne l’imaginent. Au contraire de ce que tous pensent. Plus que les autres, les mères ont horreur de perdre (…). Tout le monde a une mère, même la pire canaille, le pire bourreau. Mais c’est tout de même une sorte de fanatisme », déclare l’un des personnages. Ce livre en est d’une certaine manière la démonstration poétique.
Tous les personnages du roman semblent n’être à leur place nulle part dans leur famille ou dans leur pays, ce qui donne toute sa force à la figure de la chimère, aberration rejetée par la nature et par l’homme, projetée dans des amours absolues.

Traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Liebrich


Revue de presse

 

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Témoignage

Je me souviens de la foulée de Marie-José Pérec (et autres madeleines sportives)

Seuil - 2024

À l’occasion des Jeux Olympiques de Paris, de grandes plumes de la littérature française chaussent les crampons pour raconter leurs souvenirs sportifs. De Pierre Assouline à Maylis de Kerangal, de Jean-Paul Dubois à Maria Larrea, JO ou les souvenirs d’enfance sous l’égide de Pérec.

LE LIVRE
À la manière de Georges Perec, les vingt-huit auteurs réunis dans ce collectif sportif pourraient débuter ainsi chacun de leurs textes : « Je me souviens du visage d’Hassiba Boulmerka lors de sa victoire à Barcelone en 1992 ; je me souviens de la reine du bronze Merlene Ottey, et comment parfois les vaincus sont victorieux ; je me souviens des reportages d’Antoine Blondin pendant les Jeux Olympiques ; je me souviens de l’exploit d’Alain Mimoun ; je me souviens de Christine Caron dit Kiki Caron, l’icône des bassins aux Jeux de Tokyo en 1964 ; je me souviens de Guy Drut et des haies enjambées ; je me souviens de Dick Fosbury, et de son saut révolutionnaire entre lévitation et vitesse ; je me souviens de la naissance au monde du géant Mohamed Ali et sa médaille d’or à Rome en 1960 ; je me souviens des Jeux de 1996 d’Atlanta, dans la ville de Coca-Cola ; je me souviens de la foulée merveilleuse de Marie-José Pérec sur 200 et 400 mètres ; je me souviens du drame de Munich ; je me souviens de la note 10 de Nadia Comaneci ; je me souviens de Hans-Gunnar Liljenwall, le pentathlonien tricheur ; je me souviens de Michael Jordan et la Dream Team de Basket-ball de 1992 ; je me souviens de Mark Spitz et de la nage papillon ; je me souviens, je me souviens, ou le sport refuge des souvenirs d’enfance... »

L’AUTEUR
Un ouvrage coordonné par Benoît Heimermann (auteur et ancien grand reporter à l’Équipe) avec Kaouther Adimi, Nathacha Appanah, Pierre Assouline, Évelyne Bloch-Dano, Geneviève Brisac, Bernard Chambaz, Philippe Claudel, Bernard Comment, Philippe Delerm, François-Henri Désérable, Pierre Ducrozet, Jean-Paul Dubois, Éric Fottorino, Paul Fournel, Thierry Frémaux, Tristan Garcia, Jérôme Garçin, Jean Hatzfeld, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Luc Lang, Marria Larrea, Lisette Lombé, François-Guillaume Lorrain, Blandine
Rinkel, Colombe Schneck, Larry Tremblay.


 

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Romans

Bluff

Stock - 2018

Bluff, à l’extrême-sud de la Nouvelle-Zélande.
La tempête ravage ce bout du monde en plein hiver austral.
Un étranger pousse la porte du bar L’Anchorage, où pêcheurs et dockers attendent l’accalmie. Le Français a traversé tout le pays à pied, la route s’arrête à Bluff, il n’ira pas plus loin. Le voilà embarqué pour la saison de pêche à la langouste dans les fjords sauvages du Fiordland, à la merci des éléments. Une amitié se tisse avec son capitaine, le vieux Rongo Walker, pilier respecté de la communauté maorie, tiraillé entre ses traditions et une modernité où l’argent égare les hommes, parfois jusqu’à l’irréparable. Sous le regard de son équipier, le colosse Tamatoa, tahitien en exil qui rêve de regagner son île, le Français se retrouve projeté dans un monde où les chemins d’étoiles, le vol des oiseaux migrateurs et d’invisibles houles guident les navigateurs à travers le Grand Océan.
Résonne encore et toujours le chant des ancêtres : Marii, qui pêcha un jour le plus gros poisson de l’océan ; Hone, le poète maori au seuil de son dernier voyage ; Mau et Tevake, maîtres d’un art voué à disparaître – la navigation aux étoiles océanienne.


 

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Récit

Guerre et pluie

Gallimard - 2024

Velibor Colic a en n écrit le récit de sa guerre, celle qu’il a vécue en 1992, depuis son enrôlement dans l’armée croato-bosniaque lors de l’invasion de la Bosnie par l’armée fédérale ex-yougoslave tenue par les Serbes, jusqu’à sa désertion, qui a marqué le début de sa vie en exil. Il l’avait évoqué dans son tout premier livre, Les Bosniaques, série de brefs récits de guerre, écrit en serbo-croate. C’est ici un projet d’une toute autre ampleur. La première partie raconte l’apparition, vers 2020, alors que l’auteur vit à Bruxelles, d’une maladie rare, provoquant l’éclosion de cloques douloureuses sur le corps et dans la bouche, qui fait revenir à sa mémoire les images des corps en déchéance. Il comprend aussi que si sa langue est attaquée par des aphtes purulents, c’est qu’il a dû s’arracher à sa langue maternelle pour venir habiter le français : le corps dit toutes ces déchirures. La deuxième partie évoque de façon saisissante la vie du jeune soldat de 28 ans jeté dans un univers d’épouvante : la guerre détruit les hommes, mais aussi les animaux, les arbres, tout ce monde de beauté paisible qui avait été le sien. La troisième partie raconte comment, ayant décidé de déserter, l’auteur a réussi à échapper à la guerre, au prix du deuil de tout ce qui avait fait sa vie jusqu’alors.« La mémoire parle une langue étrangère dont nous ne maîtrisons pas tous les signes », écrit Colic. C’est ce qui donne à ce récit son caractère à la fois halluciné et drolatique. L’horreur des tranchées, la déréliction des soldats, les souffrances, tout cet univers d’e4roi où aucune loi n’existe, est contrebalancé par la douceur merveilleuse des souvenirs d’avant – en particulier des souvenirs amoureux, évoqués avec une délicatesse et une poésie qui subjuguent. L’auteur se décrit avec une autodérision parfois enfiévrée de colère, comme un colosse branlant. C’est un livre de révolte mais aussi, paradoxalement, un livre plein de tendresse et de drôlerie, car l’auteur ne se départit jamais de son penchant pour les aphorismes sarcastiques ou absurdes. Ce grand livre est d’autant plus puissant qu’il résonne terriblement avec ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine.


 

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Autres

Dictionnaire amoureux des Sixties

Plan - 2018

Folles et géniales années soixante !

« Les sixties ? Une décennie qui a révolutionné le monde. Les sixties ? Ce sont des groupes devenus mythiques : The Beatles, The Rolling Stones, The Doors, The Who, The Kings.
Les sixties ? Le Pop Art avec Andy Warhol. La Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Agnès Varda, Éric Rohmer. Mais aussi la mini-jupe, les combats féministes, la société qui craque de toutes parts.
Les sixties ? Des noms qui claquent comme des étendards : Martin Luther King, John Fitzgerald Kennedy, Che Guevara, et en France l’incontournable présence de l’homme de Londres devenu chef de l’État.
Les sixties ? Des événements qui ont changé le monde : l’édification du mur de Berlin, la guerre du Viêt Nam, l’homme qui marche sur la Lune.
Les sixties ? Le temps des grands rassemblements, des larges idéaux : 1968, Woodstock, les hippies, la révolution sexuelle. Et les grandes avancées scientifiques (fibre optique), médicales (la première transplantation cardiaque).
Mais aussi des événements plus anonymes, intimes, liés à la vie quotidienne, à la France de ces années-là : nourriture, design, feuilletons télévisés, habillement. Une France heureuse, sans chômage de masse, avec une croissance annuelle égale à 5 % du PIB. Une France des Trente Glorieuses durablement blessée par le drame algérien. »

En un mot, ce livre, volontairement personnel, très subjectif, comme nombre de photographies, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires, des défaites. Il en a retenu les tempêtes et les fureurs, les éclats, les instants d’hésitation, les silences, et surtout une immense clameur : celle d’une génération sans peur et sans reproche qui changea, à sa manière, le monde.

 

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Romans

Apatride

L’Olivier - 2017

« D’autres nuits surgirent derrière ses paupières, mais la lumière n’y avait plus de chaleur, il ne s’en échappait aucun bruit, aucun son, aucun souffle. Elle se rendit compte que, ni ici ni là-bas, elle n’arrivait à rire, à respirer, à se sentir vivante, et qu’elle lévitait dans un mouvement aveugle, chutait dans le vide, sans terre ni ciel."
Esha a quitté Calcutta pour s’installer à Paris, la ville dont elle rêvait. Or, d’année en année les déceptions s’accumulent, tout devient plus sombre et plus violent autour d’elle. Elle s’épuise dans d’innombrables batailles, et ne se sent plus en sécurité.
Issue d’une famille de paysans pauvres, Mina vit près de Calcutta. Par ignorance, ou par crédulité, elle est entraînée à la fois dans un mouvement d’insurrection paysanne qui la dépasse et dans une passion irraisonnée pour son cousin Sam, qui lui fait commettre l’irréparable.
Les destins de Mina et d’Esha se répondent dans ce roman qui ne ménage ni notre société ni la société indienne. L’écriture de Shumona Sinha est animée par la colère, une colère éloquente, aux images aussi suggestives que puissantes.


Revue de presse

 

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Récit

Promesse d’îles

Arthaud - 2014

Promesse d’îles Il n’y a pas de grande île, les îles sont petites. Entourées d’eau de toutes parts, les îles sont à la taille de l’homme. L’homme est à la taille des îles. Nous sommes tous des Robinsons. Nous rêvons d’îles dont on ferait un paradis. Sans imaginer que l’on risque d’en faire un enfer. Qu’emporterons-nous sur l’île ? Alain Hervé nous emmène dans les îles de toute sa vie, tout autour du monde, de Chausey à la Polynésie, de Madère aux San Blas, d’Éléphantine à Manhattan - oui Manhattan est une île -, de Venise à la Russie, de Nantucket aux Galápagos, d’Écosse au Chili, du Japon à la Suède et encore et encore... Il raconte leurs arbres, leurs hommes, leurs instants, leurs vents, leurs bateaux, leurs marées, leur vie... jusqu’à leur donner une dimension philosophique sensible. Désertes ou hérissées de buildings, tropicales ou glaciales, volcaniques ou sacrées. Ce que Dieu a fait de mieux sur la planète Terre, ce sont les îles. Partons pour les îles.

 

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Récit

Au soleil. Naissance de la Méditerranée estivale

Payot - 2014

Savoureux, intelligent, sentimental : le livre qui nous fait sentir tout ce que cette mer a de désirable.
Longtemps, la Méditerranée fut une mer d’hiver. Le soin, la culture et le sexe étaient ses trois piliers, que l’on aille sur la côte d’Azur, en Grèce, au Maroc ou en Turquie. Au début du XXe siècle, cependant, les choses changent :
on y vient l’été pour le soleil, la chaleur, les loisirs. L’Atlantique est détrôné. Pourquoi ?
Dans ce livre où l’on croisera Gauguin et Matisse, les débuts du naturisme (îles du Levant) et de la liberté sexuelle, les premiers voyages de noces à Venise, la création du Club Med, etc., Jean-Didier Urbain raconte un moment de profondes mutations sociales et des mentalités, celui où, depuis l’Angle- terre, la Belgique, la Hollande, l’Italie, l’Allemagne, et la France bien sûr, on s’est mis à aimer le soleil plutôt que la lumière.

 

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Nouvelles

La lune dans le puits : Des histoires vraies de méditerranée

Verticales - 2013

« Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J’ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcoure et je retrouve dans l’écho du miroir mes histoires miennes. »

Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d’en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d’en ordonner la matière au fil des âges de l’existence – depuis l’enfance jusqu’à la mort –, telle l’autobiographie imaginaire d’un seul et même individu-collectif. La lune dans le puits dessine ainsi l’odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l’humanité. 


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Romans

Brasil

Le Passage - 2013

Rio de Janeiro, 1821. Vaincu par les manigances de Cour de la noblesse portugaise et des Cortes, Dom Joao VI, roi du Brésil, se voit dans l’obligation de rejoindre Lisbonne et la vieille Europe. Derrière lui, il abandonne une colonie sur le point de conquérir son indépendance et qui sera désormais dirigée par son fils, Dom Pedro I, un être infâme et tyrannique qui s’autoproclamera bientôt premier empereur du Brésil.
Irrésistiblement attirée par les fastes du pouvoir et du palais impérial, la jeune Madalena, fille de la très estimée Dona Josefina, gardienne d’un culte spirite, va tout quitter pour cet empereur de pacotille. Hélas, rapidement réduite à l’état d’esclave par celui-ci, elle ne rêvera que de vengeance et d’assassinat pendant que sa fille Marina et son mari Zumbi, afin d’échapper aux soldats de l’empereur, sillonneront le pays en intégrant une troupe de cirque.
Dans un pays qui n’aspire qu’à la modernité, où les gens de la rue côtoient des capitaines d’industries aux fortunes colossales, où les immeubles luxueux se multiplient et où les immigrants affluent par milliers pour se bâtir de nouvelles vies, cette fresque historique, obéissant à un sens profond du romanesque, emporte le lecteur dans un tourbillon d’aventures et d’émotions qui constitue un véritable chant d’amour pour le Brésil.
Brasil est le septième volume de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino, une fresque commencée en 2005 avec Corcovado et qui couvre une période de près de trois siècles.

 

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Bande Dessinée

Au pied des étoiles

Futuropolis - 2024

Un professeur de physique dans un lycée de Grenoble, José Olivares, avait un rêve : emmener ses élèves voir les étoiles dans le désert d’Atacama, au Chili. Là où se trouvent les plus grands observatoires sur terre. Il avait imaginé que deux auteurs de bande dessinée racontent en images cette expédition. Le voyage était prévu en avril 2020, mais rien ne s’est passé comme prévu. Alors que le monde est confiné pour cause de pandémie, on découvre chez Emmanuel Lepage une tumeur maligne. Plus question de partir.
Un premier voyage aura finalement lieu en décembre 2021, sans les lycéens, faute d’argent, mais avec le professeur et les deux auteurs. C’est le moment de l’élection présidentielle au Chili, qui devra départager un candidat d’extrême droite et le jeune candidat de la gauche unie, Gabriel Boric. Dans cette effervescence du résultat de l’élection, où se joue l’avenir du Chili, les deux auteurs se mêlent au peuple qui afflue en masse vers la place d’Italie...

Depuis ses débuts, l’aîné, Edmond Baudoin, s’est tourné vers une bande dessinée autobiographique, tandis que le cadet, Emmanuel Lepage, a choisi de s’exprimer dans la fiction, pendant vingt ans, avant de se permettre de dire « je » dans ses livres. Mais ce qui les réunit est bien plus fort que ce qui les sépare : le voyage d’abord, leur amour de l’art et du beau ensuite, leur engagement passionné pour l’humain enfin. Témoin, ce livre de non-fiction magnifique, singulier, foisonnant, riche de leurs échanges, écrit et dessiné à quatre mains. Il raconte leur voyage au Chili en décembre 2021, les étoiles du désert d’Atacama, le dessin, l’amour, les rencontres, la nécessité de transmettre, la beauté des êtres et des choses, et toujours, toujours, la vie.

 

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Romans

Partir, Calcutta

Verdier - 2014

“Il y a dans ce que je suis, comme elle, Calcutta, des palais à l’abandon. C’est le début, il n’y en a pas d’autre. Quelque chose s’est résumé dans cette phrase. Je ne l’ai pas inventée”
Telle est l’impression d’étrange déflagration qui va donner lieu au récit de ce séjour solitaire de la narratrice dans Calcutta, arpentant la ville comme on marcherait au-dedans de soi, assistant à son propre retournement.
Elle ignore à son arrivée la place que prendra la voix de Marguerite Duras, résonnants avec ce désir d’ailleurs et de partir qui ne saurait se trouver que là, dans cet entrelacs de rues, de gens, dans le flux impassible du Gange ou des palais délabrés.
Désir de ce temps de suspens, qui seul permet une véritable disponibilité au monde et une attention à tous les mouvements fugitifs en soi.
Cette parole risquée, tendue, dense, mais aussi ténue et fragile, se tient à la hauteur du défi que se donne l’écriture : “ non pas fixer mais soulever, maintenir la suspension, ne pas décrire mais écrire.”

 

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Nouvelles

Retraite

Boréal - 2014

De quoi sommes-nous faits vraiment ? Des gestes que nous accomplissons chaque jour, ou des rêveries, surgies du plus profond de nous, qui affleurent parfois dans notre quotidien ? 

Dans ce premier recueil de nouvelles, subtilement construit, magnifiquement écrit, Renaud Jean superpose avec audace deux tonalités, presque deux genres. La moitié de ces nouvelles appartient à un monde fantastique, onirique, où des êtres qui nous ressemblent pourtant sont plongés dans une réalité radicalement différente de la nôtre. À l’inverse, l’autre moitié est constituée de scènes réalistes, minutieusement rendues, de la vie montréalaise d’aujourd’hui, mais qui sont hantées par un mystérieux sentiment de distance, d’appréhension. Comme si les protagonistes étaient toujours, d’une certaine manière, en retrait d’eux-mêmes, de la « Grande Aventure » de l’existence. 

Ces deux mondes semblent en apparence étrangers, mais, bientôt, des échos nous renvoient de l’un à l’autre, et on ne sait plus ce qui est le plus irréel, des rêves ou du quotidien.

 

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Récit

Le seigneur des îles

Stock - 2014

Cet ouvrage est un journal de bord. Le récit d’une croisière dans les îles de la Manche, de Chausey aux Anglo-normandes en passant par des cailloux peu connus et presque déserts : les Minquiers, les Ecréhou, Jéthou, Herm, Brecqhou…
Sur chacune de ces îles, Édouard Launet possède une maison : la maison de ses rêves. En revisitant ces rochers et ces domiciles d’élection, avec à bord les oeuvres complètes d’un guide appelé Victor Hugo, il plonge tête la première dans une passion qui l’habite depuis l’adolescence : l’Archipel de la Manche.
 
Dans la grande tradition des écrivains voyageurs, de Nicolas Bouvier à Sylvain Tesson en passant par Bruce Chatwin, Édouard Launet nous offre ici un magnifique récit où la littérature fait bon ménage avec vocabulaire de marine, anecdotes historiques et exotiques, souvenirs personnels et sentimentaux. L’occasion aussi de découvrir un archipel extraordinaire si proche et pourtant quasi inconnu pour la plupart d’entre nous.

 

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Romans

L’instruction

JC Lattès - 2023

L’instruction est un mystérieux exercice d’empathie, pratiqué par d’anciens maîtres nomades, consistant à s’imaginer à la place d’un animal conduit à l’abattoir.

Lorsque Isabelle Sorente décide de la suivre, elle n’imagine pas que cela la conduira à l’intérieur d’un élevage industriel, et à un questionnement bouleversant sur l’écriture et notre lien aux autres espèces. Cachées à la périphérie de nos villes humaines se trouvent d’autres villes, secrètes, automatisées, où des dizaines de milliers d’animaux sont enfermés. Que se passe-t-il quand nous croisons leur regard ? Dans un style envoûtant, l’autrice raconte une quête spirituelle moderne, reliant le destin des bêtes de somme au nôtre. Car humains ou animaux, tous sont emportés dans une course frénétique, happés par une logique fatale, à laquelle l’instruction oppose sa magie poétique, faisant de ce roman d’initiation fascinant une déclaration d’amour à la littérature.