ORSENNA Erik

France

10 mai 2020.

Écrivain malicieux, aventurier, amoureux de géographie, passionné d’enquêtes... cet académicien peu commun est avant tout un homme engagé, qui n’hésite jamais à parcourir les quatre coins du monde pour écrire ses romans. Il revient cette année à Saint-Malo avec deux ouvrages marquant une nouvelle fois son ecclectisme et sa tendresse pour la langue française. En 2019, il sort un texte hommage, dégageant un vigoureux vent de liberté, qui dépeint la vie de l’auteur du Barbier de Séville, Beaumarchais. Il signe aussi une folle histoire d’amour, à la fois joyeuse et terrible. Il interroge dans ce roman fleuve le « seul sentiment qui vaille » avec sa formidable malice.

 

Erik Orsenna, de son vrai nom Érik Arnoult, est un Académicien peu commun ! Écrivain malicieux, aventurier, amoureux de géographie, passionné d’enquêtes... C’est avant tout un homme engagé, qui n’hésite jamais à parcourir les quatre coins du monde pour écrire ses romans, de l’Amazonie pour l’Exposition coloniale (prix Goncourt en 1988), aux champs de coton de l’Ouzbékistan pour son Voyage aux pays du coton. Grand lecteur devant l’Éternel, il partage aussi sa tendresse pour la langue française dans de petits ouvrages érudits et fantasques : La grammaire est une chanson douce, La révolte des accents ou encore La fabrique des mots.

Au-delà de son œuvre romanesque, Erik Orsenna est aussi une figure de l’engagement politique. Un temps professeur d’économie à l’École Normale Supérieure, il fut le conseiller culturel de François Mitterand de 1981 à 1984 (expérience relatée dans Grand amour en 1993), avant d’entrer au Conseil d’État en 1985. S’il a refusé d’être ministre de Nicolas Sarkozy, il est aujourd’hui conseiller culturel et relais d’Emmanuel Macron sur le terrain, pour lequel il vient de signer un rapport sur la culture et l’ouverture des bibliothèques.

Très engagé dans la réflexion sur les crises économiques et énergétiques, il a également signé plusieurs ouvrages sur le système économique mondiale et ses phénomènes comme Un monde de ressources rares. Il est également l’auteur d’une série sur la globalisation et ses enjeux, regroupé sous le titre de Petit précis de mondialisation. Des livres dans lesquels il expose son inquiétude mais aussi ses espoirs quant à l’avenir de notre planète : L’avenir de l’eau, Voyage aux pays du coton ou encore Sur la route du papier.

Après un ouvrage plus personnel sur sa relation avec son père en 2016, L’origine de nos amours, un livre subtil qui dévoile au fil des pages les rapports pudiques et tendres qui unissent les deux hommes, il publie en 2017 le 4e tome de son Petit précis de mondialisation, qui s’attaque cette fois au moustique : Geopolitique du moustique (Fayard). Après le coton, l’eau et le papier, Erik Orsenna nous emmène à nouveau en voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Accompagné du docteur Isabelle de Saint Aubin, il fait le tour du monde à la poursuite de ce petit animal vieux de 250 millions d’années, qui nous transporte alors au cœur d’une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, mais aussi de santé planétaire… Même année, autre thème : il publie La Fontaine : une école buissonnière. Une biographie dans laquelle ce gourmand des mots réhabilite joyeusement les contes du génial poète, largement éclipsés par l’Éducation nationale à cause de leur caractère érotique.

L’hyperactif Erik Orsenna revient à Saint-Malo en 2018 avec une triple actualité. Le 5e tome de son Petit précis de mondialisation, Désir de villes, tour d’horizon de deux cent villes de France et d’ailleurs : en compagnie de l’architecte-paysagiste Nicolas Gilsoul, il nous invite à une exploration extraordinaire de la ville, cet univers urbain en perpetuelle extension qui façonne notre monde. Dernières nouvelles du monde est une anthologie des ces textes et petits précis publiés à propos de la mondialisation, comme Éloge des courants ou Voyage au pays du coton. À cet ensemble s’ajoute aussi des textes moins connus comme son Histoire du monde en neuf guitares. Pour Voyage au pays des bibliothèques, sa dernière actualité, cet « ambassadeur de la lecture » se fait à la fois conseiller, plume et homme de terrain du président Macron : accompagné de Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles, il a sillonné la France de septembre à décembre 2017 pour prendre la mesure du dynamisme des bibliothèques, en ville comme dans les territoires ruraux.

Il revient cette année à Saint-Malo avec deux ouvrages marquant une nouvelle fois son ecclectisme et sa tendresse pour la langue française. En 2019, il sort un texte hommage, dégageant un vigoureux vent de liberté, qui dépeint la vie de l’auteur du Barbier de Séville, Beaumarchais. Cette année, l’auteur publie une folle histoire d’amour, à la fois joyeuse et terrible. Il interroge dans ce roman fleuve le « seul sentiment qui vaille » avec sa formidable malice.


Bibliographie :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Briser en nous la mer gelée

Gallimard - 2020 - 2020

Voici l’histoire d’un amour fou.
Et voici une lettre, une longue lettre envoyée à Madame la juge, vice-présidente aux affaires familiales.
En nous divorçant, Suzanne et moi, le 10 octobre 2011, elle a soupiré : « dommage, je sentais beaucoup d’amour en vous ».
Comme elle avait raison !
Mais pour nous retrouver, pour briser en nous la mer gelée, il nous aura fallu voyager. Loin en nous-mêmes, pour apprendre à ne plus trembler.
Et loin sur la planète, jusqu’au Grand Nord, vers des territoires d’espions d’autant plus invisibles que vêtus de blanc, dans la patrie des vieux chercheurs d’or et des trésors perdus, refuge des loutres de mer, des libraires slavophiles et des isbas oubliées.
Le saviez-vous ? Tout est Géographie.
Qu’est-ce qu’un détroit, par exemple le détroit de Béring ? Un bras de mer resserré entre deux continents.
A l’image exacte de l’amour.
Et c’est là, entre deux îles, l’une américaine et l’autre russe, c’est là que court la ligne de changement de date.

Après L’exposition coloniale, après Longtemps, l’heure était revenue pour moi de m’embarquer pour la seule exploration qui vaille : aimer.

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Revue de presse :