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1997 - L’Amérique et la création d’un festival jeunesse

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Fur Traders descending the Missouri Georges Caleb Bingham (1845) / Affiche de l’édition 1997

Go West !

L’année précédente, nous avions frôlé l’asphyxie. Mais qui nous aurait conseillé de prendre le temps d’une pause, pour digérer toutes ces évolutions, aurait été accueilli par des bordées de rires. C’est qu’un autre projet nous occupait déjà. Les récits enflammés de Patrick Raynal, de Francis Geffard, de Philippe Garnier et de quelques autres sur les écrivains du Montana, James Crumley, James Welch, Sims Reid, Paul Owens devenus des amis, l’effervescence des littératures indiennes, l’apparition d’une génération nouvelle de nature writers comme Rick Bass en sa vallée de Yaak, et, au-delà du Montana, d’écrivains de première grandeur : comment résister plus longtemps à l’appel de l’Ouest ? Je n’avais pas, il est vrai, beaucoup à me forcer, s’agissant depuis toujours de mes paysages d’élection…

Pour Hemingway, la littérature américaine est née avec Mark Twain – autrement dit, de l’expérience de la route et de la frontière. De l’Ouest. Et c’est là qu’elle continuait à se ressourcer. Alors même qu’on avait pu la croire aux mains des postmodernistes new- yorkais, voilà qu’apparaissaient en rangs serrés des cohortes d’écrivains inclassables, hirsutes, violents et tendres, amoureux des grands espaces. Avec Jim Harrison en superstar grognonne et débonnaire, bras dessus bras dessous avec James Crumley, suivi de Rick Bass, William Kittredge, Sims Reid, Jon A. Jackson, du peintre Russell Chatham qui nous proposait une belle exposition, de Kevin Canty, Gretel Erhlich, Joe Starita, Richard Watson. De Louis Owens, Betty Louise Bell, Joseph Marshall III, Mary Crow Dog, Ron Querry. Arri- vaient pareillement Russell Banks, superbe, Richard Erdoes, Craig Lesley, Dan O’Brian, Madison Smart Bell, Annick Smith, sans oublier les jeunes écrivains du Sud : Harry Crews, Barry Hannah. Avec les Red Spirit Singers, chanteurs et tambouristes de la nation des Utes (Utah) qui découvraient pour la première fois la mer, et qui le dimanche soir donnèrent un concert d’exception. Tout comme Terry Lee Hale, song writer texan, aux chansons qui racontent des histoires à la Carver, l’avait fait le soir précédent.

Mais à la joie se mêlait une pointe de tristesse : Ella Maillart, deux mois plus tôt, nous avait quittés, sereinement, en contemplant la montagne qu’elle aimait tant, à Chandolin…


Un vrai festival jeunesse, enfin !

Dès le départ, nous avions multiplié les initiatives, avec des moyens hélas trop limités, en direction de la jeunesse : n’est-ce pas en ces années que se joue le goût de la lecture ? Travail dans la ZEP de Saint-Malo qui nous valait chaque année, grâce au dévouement d’une professeure, Lilette Ferré, un spectacle littéraire monté par les gosses, en ouverture du festival, invitations d’auteurs, d’illustrateurs, expositions de bande dessinée, il y avait tant à faire ! Un professeur d’un collège du Rheu, en 1992, était venu nous voir : accep- terions-nous qu’un recueil rassemblant les meilleurs textes d’un concours de nouvelles proposé aux élèves du collège, pour son vingtième anniversaire, porte le titre « Étonnants Voyageurs » ? Dès l’année suivante, grâce à son entregent, le concours se trouvait géné- ralisé à l’académie, d’autres académies allaient suivre – débuts, là aussi, d’une belle aventure, puisqu’aujourd’hui le concours concerne les trente académies de France et d’outre-mer, mobilise chaque année six mille jeunes, de cinq cents lycées et collèges… avec la publication d’un recueil à la clé !

Puis, aux trois jours du festival, nous avions imaginé d’ajouter, dès 1994, grâce à l’aide du conseil régional et du conseil général d’Ille-et-Vilaine, une journée pour les lycées de Bretagne et les collèges du département : films, expos, rencontres préparées avec des auteurs, concours aussi de travaux réalisés dans les classes sur des thèmes donnés. Le résultat avait dépassé nos espérances : nul n’imaginait ce que représentait du point de vue de la sécurité le déferlement de deux mille gamins ! La fois suivante, il allait falloir deux journées et non pas une, en ouverture du festival grand public…

Entre-temps, Jean-Louis Fromental, écrivain, scénariste et, en une autre existence, rédacteur en chef de Métal hurlant, resté, comment dire… d’un esprit très jeune, s’emparait, un peu plus tard avec la complicité d’Agathe du Bouays, de ce secteur jeunesse pour lui donner contenu et visage.
1996-1997 là aussi marquaient un tournant : pour la première fois, un chapiteau « jeunesse » spécifique et un salon du livre dédié. Débuts, là aussi, d’un nouveau festival, mené tout d’abord par Soazig Le Bail et Bénédicte Briand.
Afflux de nouveaux noms, de grandes plumes, qui allaient donner à l’aventure sa pleine dimension : Susie Morgenstern, Nadja, Pef, Rébecca Dautremer, Carl Norac, Claude Ponti, Gilles Bachelet, François Place, Patrice Favaro, Michel Piquemal, Hubert Ben Kemoun, Timothée de Fombelle, sans oublier les conteurs, Sou- leymane Mbodj et Muriel Bloch, et les romanciers Michael Morpurgo, Michelle Paver, Pierre Bottero, Meg Rosoff, Robin Hobb, Lian Hearn... Tous sont venus, et revenus, au fil des ans, participant à des rencontres, ateliers, animations, laissant ainsi une empreinte vivace. Sans compter que le festival jeunesse sera protéiforme, sans cesse repensé, évoluant au gré des envies, avec des goûters littéraires auteurs et familles, des visites guidées d’expositions, des rendez-vous philo, des jeux concours… et, en 2012 la création d’une Maison des littératures de l’Imaginaire pour donner davantage de visibilité au sein du festival aux littératures de genre. Nous en reparlerons.

Et depuis toujours, une belle constance, qui attire en foule, petits et grands : concoctée en connaisseuse par Lénaïck Durel, une grande exposition d’originaux d’illustrateurs jeunesse, mettant au jour leur univers foutraque et drôle dans une exposition où l’imaginaire et la poésie sont rois... Comme autant de voyages dans des univers d’auteurs : les imaginaires de François Place ou de Peter Sis, le monde féerique de John Howe ou de Pierre Dubois, Solotareff, Pef, Claude Ponti, François Rocca, les Chats Pelés… et bientôt des expositions collectives toujours très attendues.

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