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L’édito de Mélani Le Bris, Étonnants Voyageurs

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« Francophonie », un mot exaspérant : tant d’espoirs, tant de désillusions, de malentendus, tant d’occasions manquées. Mais aussi, tant d’œuvres qui en manifestent la vitalité et font, malgré tout ce qui pèse, de notre histoire commune, l’espace immense d’un dialogue.

Cet « espace-monde » est l’utopie concrète d’Étonnants Voyageurs et la marque du travail que nous menons depuis trente ans. Trente ans durant lesquels nous avons été portés par la conviction d’un basculement du monde et de l’émergence d’un nouveau. Pour nous, la littérature n’était jamais aussi vivante que lorsqu’elle s’attachait à dire le monde, nourrie des voix croisées venues de tous les horizons. Sa force singulière, en chaque époque nouvelle, n’était-elle pas de donner forme et visage à l’inconnu de ce qui venait ? La création d’autres éditions du festival à Bamako, Port-au-Prince, Missoula (Montana), Dublin, Sarajevo, Haïfa, Brazzaville, Rabat, à chaque fois organisées en connivence avec les auteurs concernés, se retrouvant tous en dialogue chaque année avec les écrivains ainsi mis en mouvement, nous aura tous enrichis.

Cette aventure s’est formalisée dès 1993 par le concept de « littérature-monde », avant de prendre une extension nouvelle par le « Manifeste pour une littérature-monde en français » signé en mars 2007 par 44 écrivains, dont J.M.G. Le Clézio et Édouard Glissant – entre autres. Pour la première fois se trouvait affirmée l’exigence d’une redéfinition radicale de la francophonie : non plus cette vision pyramidale d’un centre ordonnateur dictant peu ou prou normes et règles, mais l’exigence d’un « espace-monde » sans plus de centre, lieu d’échange et de dialogue sur un pied d’égalité. Le moins que l’on puisse dire est que les réactions furent très vives, jusqu’à ce que l’implication massive d’écrivains du monde entier impose cette idée nouvelle.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le monde, depuis ce temps, s’est considérablement transformé. Des générations nouvelles prennent la parole, bousculent nos certitudes, imposent un décentrement général du regard : nous ne sommes pas le centre du monde – personne ne l’est plus ! –, et c’est très bien ainsi. En même temps, des vents divers secouent nos sociétés, nous entrons dans une zone de tempêtes, des impatiences se font jour, les fractures se multiplient qui nous interpellent tous : refuser l’inhumain qui semble gagner partout, en appeler à une fraternité des indignés, ne rien oublier, tout en affirmant notre commune humanité. Notre société fait face à une montée en puissance des revendications identitaires qui empêche désormais tout débat. L’enjeu n’est-il pas finalement d’accepter d’écouter la pluralité des points de vue, d’être capable aussi d’assumer nos contradictions ? Au cœur de ces débats, la question de la langue, de l’identité, le rapport à notre histoire, l’idée que nous nous faisons de nous-même.

C’est de cela que les écrivains du Congrès seront chargés de débattre, librement, sans tabou, pour nous offrir un éclairage sur ce que cela signifie, aujourd’hui, d’écrire en français.

Mélani Le Bris,
Directrice adjointe, Étonnants Voyageurs

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