ARTHUR H

France

8 mars 2019.

Révélé par son album Bachibouzouk au début des années 1990, Arthur H s’applique à déjouer les attentes, passant sans complexe des ambiances suaves et suspendues (Adieu tristesse, 2005) aux rythmes dansants et effrontément disco (L’homme du monde, 2008). Seule constante : le goût du risque et la part de sensualité, voire d’érotisme, que le chanteur distille dans tous ses albums. Souvent langoureux, toujours amoureux, comme en témoigne ses opus Baba Love, L’or d’Eros ou encore le tout récent Amour chien fou. En 2019, il construit son autoportrait à travers le récit de trois fugues constitutives de l’artiste et de la personne qu’il est devenu. Alors que paraît tout juste un recueil de l’ensemble de ses chansons La musique des mots - L’intégrale (Seuil Points, 2018).

 

Pour moi la poésie noire de Aimé Césaire jusqu’à Dany Laferrière, du Sénégal à Haïti, c’est un miroir précieux qui me recentre, qui me reconnecte. J’ai essayé de trouver le son et le rythme de ces mots et de m’effacer derrière leur musique.

À 15 ans, le jeune Arthur fausse compagnie à son père Jacques Higelin, et vadrouille quatre mois dans une liberté totale. Plus d’une trentaine d’années et une quinzaine d’albums plus tard, le chanteur, compositeur et poète en est-il vraiment revenu ? De cette fugue, Arthur H garde le sentiment d’une connexion intime et ouverte sur le monde. De sa fugue fondatrice, Arthur H a pourtant gardé le sentiment d’une connexion intime, émotionnelle avec les cultures noires des Amériques.

Pour ce musicien, la "fertilisation de l’âme noire dans le monde blanc" est indispensable pour prendre ses distances avec une vision trop sèche et étroitement cérébrale de la culture. Il a d’ailleurs prêté sa voix caverneuse, "gainsbourienne", aux images fambloyantes du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, au théâtre de l’Odéon.
Naît alors l’idée d’un récital, finalement créé à Sète à l’été 2011, avec son compère Nicolas Repac. "Autour d’un petit rituel sans prétention", le spectacle est conçu comme "une espèce de grand conte très mystérieux", invitant à partager un espace large, où viennent renaître les images d’Aimé Césaire, d’Édouard Glissant, de René Depestre, d’Amos Tutuola, ou encore de Dany Laferrière. Après un passage mémorable à Port-au-Prince, pour l’édition 2012 d’Étonnants Voyageurs en Haïti, Arthur H et le musicien Nicolas Repac offriront au public malouin de gouter à l’ivresse poétique et musicale de l’Or Noir.

En pleine tournée pour son nouvel album Soleil dedans, il publie en 2015 un recueil de poésie punk-mystique, sexuelle et chimérique, journalistique et intérieure, provocante et douce. Le Cauchemar merveilleux est une exubérante plongée dans la réalité folle d’un monde cacophonique. En 2018, il regroupe l’intégralité de ses chansons dans l’ouvrage La musique des mots - L’intégrale en chansons.

Aujourd’hui, c’est son autoportrait qu’il nous livre. Grâce à sa plume envoûtante, Arthur H. nous fait le récit de trois fugues insolites : celle de Johann Sebastian Bach, de sa mère Nicole en 1958, et la sienne, en 1982. Des fugues qui communiquent entre elles et trahissent un désir irrépressible d’indépendance et de liberté.



Retrouvez Arthur H Dans l’Or Noir à Port-au-Prince.



Bibliographie

Discographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Fugues

Mercure de France - 2019

C’est en racontant trois fugues insolites qu’Arthur H., chanteur, compositeur et poète, construit ici son autoportrait et son premier livre.

En forme de prologue, son amour inconditionnel pour les fugues de Bach qui, à 15 ans, est parti sur les routes.

Au centre du récit, une deuxième fugue, celle de sa mère, Nicole Courtois, née en 1940 dans une famille ouvrière d’Argenteuil. Vive, sensible, rêveuse, elle prend un jour la décision avec ses amis de s’évader de cette petite société de banlieue ouvrière, décide de construire un radeau et de naviguer jusqu’à Tahiti. Arthur H. évoque l’adolescence et les rêves de liberté de sa mère et nous raconte, avec une écriture lyrique et troublante son extraordinaire voyage-conte de fées commencé en Corse…

La troisième fugue sera celle d’Arthur H. lui-même, à l’âge de 15 ans, lors de vacances en Guadeloupe, avec son père Jacques Higelin et Coluche. Le déclic de cette fugue : son père et ses amis lui font manger une omelette fourrée aux champignons hallucinogènes…

Un récit bouleversant, ponctué de paysages de Corse en noir et blanc, de photos de famille et de lettres inédites…