AW Tash

Malaisie

2 mai 2011.
 

Biographie

Alors que l’Inde a donné depuis les années 1990 quelques uns de ses grands noms à la littérature anglophone, la Malaisie était jusque récemment absente de la carte du monde des lettres. Ce confetti de l’ex-Empire britannique a trouvé depuis 2005 un ambassadeur de choix : le jeune Tash Aw, écrivain malaisien installé à Londres, a vu son premier roman, Le tristement célèbre Johnny Lim doublement couronné par les prestigieux Commonwealth Writers’ Prize et Whitbread Book Award .

Né en 1971 à Taïwan de parents malaisiens, Tash Aw a grandi dans la ville de Kuala Lumpur avant d’immigrer en Angleterre à l’âge de 18 ans. Une fois terminées ses études de Droit à Cambridge, il entame une carrière d’avocat, sans que ne l’abandonne le désir d’écrire. Il s’inscrit alors au cours de littérature et de "creative writing" de l’Université d’ East Anglia au sein duquel il va achever la rédaction de son brillant premier roman, Le tristement célèbre Johnny Lim.

Composant le portrait à trois voix de l’énigmatique Johnny Lim, négociant prospère et as du double-jeu politique, cette fresque nous introduit dans les zones interlopes de la Malaisie des années 1930, prise entre les intérêts anglais et le travail souterrain des réseaux communistes pro-chinois, et bientôt à la merci de l’armée japonaise. « J’ai longtemps rêvé d’écrire un livre qui tenterait d’englober l’histoire de la Malaisie, afin de ne pas effacer notre passé même si, semblable à celui de tous les pays colonisés, il n’est pas toujours pour nous une source de fierté »

Cette excursion dans le passé complexe de sa petite patrie est l’occasion pour Tash Aw de miner l’imagerie exotique désuète héritée de la littérature coloniale britannique, notamment des romans de Somerset Maugham : l’écrivain distille au fil des épisodes parfois rocambolesques de son récit, de fines touches d’humour, en jouant subtilement avec les clichés.

Avec son second roman La carte du monde invisible, Tash Aw plonge dans les années soixante, une période de troubles pour l’Asie du Sud-Est. C’est en 1964, "année de tous les dangers" selon le président Sukarno, que s’ouvre La carte du monde invisible : l’Indonésie s’engage alors dans la confrontation avec la Malaisie nouvellement indépendante, accusée de servir les menées "impérialistes" dans la région. A la recherche de son père adoptif arrêté par les hommes de Sukarno, le jeune Adam quitte l’îlot paradisiaque où il a grandi à l’est de Bali, pour la ville de Jakarta en proie aux émeutes. Mêlant habilement au thriller politique les tourments intimes de ses personnages, ce livre a valu à Tash Aw d’être comparé par la presse anglo-saxonne au grand Graham Greene, maître de la construction romanesque.


Bibliographie :


Présentation de La carte du monde invisible

couverture Indonésie, 1964 : « l’année de tous les dangers ». La vie d’Adam, un jeune Indonésien de 16 ans, bascule le jour ou son père adoptif, Karl, peintre d’origine hollandaise, est enlevé par les hommes du président Sukarno. Adam, déjà hanté par le souvenir de son frère Johan, dont il a été séparé à l’orphelinat, quitte alors son île idyllique et se rend à Jakarta pour retrouver celui qu’il considère comme son vrai père. Il est aidé dans sa quête par une universitaire américaine, Margaret, le grand amour de jeunesse de Karl, qui, à l’instar de ce dernier, se sent aussi chez elle dans ce pays, que Sukarno veut pourtant purger par le feu et le sang de toutes traces du passé colonial.
L’auteur nous emmène dans les rues de Jakarta de plus en plus gagné par le chaos, en compagnie de personnages hantés par cette question lancinante, « Ou est ma maison ? ». Passé et présent s’entremêlent dans ce roman, épique lorsqu’il retrace l’histoire de l’Indonésie, et intime lorsqu’il révèle avec sensibilité le passé des protagonistes. Si La Carte du monde invisible est un grand roman de la littérature postcoloniale, les thèmes qu’il aborde – l’identité, la mémoire – sont universels.

Revue de la presse anglophone :

“ Une suite digne du Tristement célèbre Johnny Lim. Aw traite les soubresauts politiques comme les traumatismes personnels de ses personnages avec une habileté et une verve remarquable. Sa prose est d’un lyrisme saisissant. " - The Independent, UK

"Ce second roman de Tash Aw, intense et envoutant, nous entraîne à la suite d’une superbe galerie de personnages dans l’Indonésie troublée des années 1960. En écho aux luttes qui déchirent la jeune Indonésie, les thèmes de la perte et de l’identité sont au coeur de ce roman épique, bien rythmé et superbement écrit."
Publishers Weekly, starred review


Présentation de Le tristement célèbre Johnny Lim

Une grande histoire d’amour et d’amitié, de désir et de trahison sur fond de Seconde Guerre mondiale dans les derniers feux des colonies britanniques.

La personnalité de Johnny Lim, marchand de soie et héros de la région de Kinta, en Malaisie, est une énigme. Qui est cet homme, considéré par les uns comme un monstre, par les autres comme une victime ?
Trois voix – Jaspe, son fils, Snow, sa femme, et Peter, son meilleur ami – nous en livrent tour à tour leur vision, une vision divergente ; pourtant c’est bien la même histoire qu’elles racontent.
Une histoire dont le destin se noue à l’automne 1941, tandis que les Britanniques s’accrochent comme ils peuvent à l’Asie du Sud-Est et que les Japonais envahissent la Mandchourie, marchant à travers le Siam vers la Malaisie. Accompagnés du futur chef de la police japonaise que l’Histoire surnommera le "Démon de Kampar", et de deux Anglais - Frederick Honey et Peter - aussi opposés que peuvent l’être un odieux colonialiste et un véritable amoureux de l’Orient, Johnny et Snow partent en lune de miel aux Seven Maidens, cet archipel malais envoûtant qui disparaît à l’horizon quand le soleil se couche, engloutissant les voyageurs égarés et toutes les certitudes...
Construit comme une mosaïque autour de ce voyage et de la vie insaisissable du troublant Johnny, un premier roman aux reflets changeants comme une pièce de soie, tissé de liens complexes et subtils, mené avec une grâce et une assurance impressionnantes.
Couronnée par le prestigieux Whitbread First Novel Award, une révélation littéraire, déjà saluée dans quinze pays.

Revue de presse :

« Réunissant sur sa personne autant d’ambiguïtés que de ténèbres, ce personnage est à la fois le centre et le point aveugle de ce livre à l’atmosphère particulièrement intrigante (...) A travers les creux de cette histoire individuelle, ce sont ceux de l’Histoire tout court qui se dessinent et c’est l’un des grands mérites du roman. » Le Monde

« C’est une épopée aux dimensions d’un petit pays : la Malaisie. Luxuriante et secrète, l’île offre un décor de rêve aux turpitudes de la pègre, des rebelles communistes, et de quelques pirates surgis du passé. (...) Focalisé sur les nombreuses zones d’ombre de l’histoire familiale, le regard inquisiteur du fils de Johnny Lim et Snow, tour à tour impitoyable et émerveillé, confère au roman sa dimension de saga. » Le Figaro