L’invention de la langue

11 juillet 2011.

Une rencontre essentielle, s’agissant des littératures caribéennes, de leur rapport à l’oralité, et de leur invention langagière qui renouvelle la littérature française contemporaine

 

Non pas simplement quelques mots “pittoresques”
ici et là pour agrémenter un brouet
quelque peu insipide, ou de ces expressions
populaires si appréciées dans les salons, ou sur
les plateaux de télévision, propres à faire valoir
une variété “exotique”, “folklorique”, de la littérature
française — qu’on s’empresse aussitôt
après de ranger dans un tiroir– mais la
langue, vraiment : une invention langagière
totale, brassant les mots, les mondes, les mythes,
inventant des rythmes, des sons, comme il est
peu d’autres exemples dans la littérature française
contemporaine, une invention nourrie
sans doute de traditions orales, mais d’abord
s’inventant dans un prodigieux travail d’accouchement,
où il nous semble que c’est le
monde lui-même qui naît devant nous : la littérature,
tout simplement, à sa plus haute puissance
d’incandescence. Tous ces écrivains sont
d’abord des prodigieux créateurs de langage ! Une
rencontre indispensable, pour s’en convaincre, le
lundi 31 mai 16.00, à l’Auditorium, avec quelques-uns d’entre
eux : Raphaël Confiant, Jean-Claude Fignolé, Gary Victor, Yanick Lahens et Lyonel Trouillot.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Kannjawou

Entre le “Kannjawou”, un bar où nantis et représentants des forces d’occupation d’Haïti vont faire la fête, et la rue de l’Enterrement où, à l’orée de l’âge adulte, quelques jeunes gens déshérités se cherchent un destin, Lyonel Trouillot brosse le portrait d’une humanité en proie à ses illusions ou à ses renoncements face à la confiscation séculaire, en Haïti, du devenir d’une population et de sa culture que ne cesse de nier, sans coup férir, le pragmatisme
des stratégies internationales.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 

Douces déroutes

Sabine Wespieser Editeur - 2018

À Port-au-Prince, la violence n’est jamais totale. Elle trouve son pendant dans une « douceur suraiguë », douceur qui submerge Francis, un journaliste français, un soir au Korosòl Resto-Bar, quand s’élève la voix cassée et profonde de la chanteuse, Brune.
Le père de Brune, le juge Berthier, a été assassiné, coupable d’être resté intègre dans la ville où tout s’achète. À l’annonce de la mort de ce père qui lui a appris à « ne jamais souiller son regard », la raison de sa fille a manqué basculer. Six mois après cette disparition, tout son être refuse encore de consentir à la résignation.
Son oncle Pierre n’a pas non plus renoncé à élucider ce crime toujours impuni. Après de longues années passées à l’étranger, où ses parents l’avaient envoyé très jeune – l’homosexualité n’était pas bien vue dans la petite bourgeoisie –, il vit reclus dans sa maison, heureux de rassembler ses amis autour de sa table les samedis.
Aux côtés de Brune et de Pierre ; d’Ézéchiel, le poète déterminé à échapper à son quartier misérable ; de Nerline, militante des droits des femmes ; de Waner, non-violent convaincu ; de Ronny l’Américain, chez lui en Haïti comme dans une seconde patrie, et de Francis, Yanick Lahens nous entraîne dans une intrigue haletante. Au rythme d’une écriture rapide, électrique, syncopée, comme nourrissant sa puissance des entrailles de la ville, elle dévoile peu à peu, avec une bouleversante tendresse, l’intimité de chacun. Tout en douceur, elle les accompagne vers l’inévitable déroute de leur condition d’êtres humains. Russell Banks l’affirme dans sa préface à l’édition américaine de Bain de lune : « Ce qui est indéniablement vrai des personnages de Lahens l’est indéniablement pour chacun d’entre nous. »

Revue de Presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Nuit Albinos

(Vent d’ailleurs, 2016) - 2016

Nuit de la Saint-Sylvestre. Sam, le chien albinos, envoyé par le diable pour décimer le genre humain, règne sur tout le territoire alors qu’une sordide affaire de drogue oppose Sully Mitchell au commissaire Milton. La ville fabrique sa machine à rumeurs, à chimères et à solitudes. Tout un peuple aux abois s’abandonne aux fantasmagories des tropiques. Gary Victor a l’art de planter son récit dans ces zones interlopes où tout se délite.

Quand la frontière entre l’imaginaire et le réel cesse d’exister, le chimérique a préséance sur tout. Le quotidien est alors colonisé par la folie, les ombres et les fantasmes.

Romancier, scénariste et journaliste, Gary Victor est né à Port-au-Prince. Il est publié en Haïti, au Canada et en France. Il a reçu de nombreuses distinctions dont le Prix du livre insulaire, le Prix RFO du livre, le Prix de L’Association des Écrivains de Langue Française, le Prix Casa de las Americas et le Prix Carbet des lycéens.