Le monde est un poème

8 juillet 2011.
 
Yvon Le men et Jacques Lacarrière ©Jean Bibard Agence F.E.P.

Le monde est un poème - aux cent voix croisées, qui déborderont comme chaque année de la Tour des Moulins (dont Yvon Le Men a su faire le rendez- vous nécessaire des amoureux de la poésie), pour se faire entendre dans tout Saint-Malo. Avec ses complices André Velter et Jacques Darras. Et puis, cette année, Ibrahim Al-Koni, Paul Auster, Tahar Bekri, Malek Chebel, Guy Gofette, Charles Juliet, Ismaïl Kadaré, Jacques Lacarrière, Sylvia Lipa, Lyor, Neobled, Nimrod, Carl Norac, Yves Prié, Jean Rouaud, Rouda.
En outre, du 6 au 8 mai, chaque matin à 11 heures, Jacques Lacarrière et Sylvia Lippa liront des textes choisis par eux dans les ouvrages de la collection « Terre humaine ».
Chaque après-midi, à la Tour des Moulins. Rencontres animées par Yvon Le Men.

 

DERNIER OUVRAGE

 

La splendeur escamotée de frère Cheval ou le secret des grottes ornées

Grasset - 2018

" Sur la question du « sens » des grottes ornées (Chauvet, Lascaux, Font-de-Gaume et autres) la seule question qui nous intéresse - pourquoi des hommes et /ou des femmes se sont enfoncé(e)s sous terre pour dessiner et graver des figures animales dont, faute de recul parfois, ils ou elles n’étaient même pas en mesure d’apprécier le trait - les préhistoriens se retranchent derrière une pudeur toute scientifique.
Faute de témoignages, on ne peut rien en dire, à moins de s’aventurer sur le terrain de la spéculation poétique, qui n’est pas le leur. A moins encore de tomber sur une pierre de Rosette comme celle qui permit à Champollion de décrypter les hiéroglyphes. Peut-être l’a-t- on trouvée à Etiolles, une commune des rives de la Seine, proche de Paris, où depuis près de cinquante ans les spécialistes fouillent un ancien campement magdalénien (-15.000 ans). C’est un gros galet de calcaire sur lequel est figuré un cheval agonisant, perdant son sang, et qui était déposé en bordure du foyer, comme si on l’avait placé là intentionnellement pour le réchauffer, lui redonner vie. Car il y a une chose que nous partageons avec nos ancêtres, c’est précisément ce que la raison rejette et qui est notre cerveau poétique, cette faculté d’associer les images, de procéder par analogie, par comparaison. Et quand on lève les yeux vers l’horizon, ce soleil qui rougeoie comme s’il perdait son sang avant de plonger dans la nuit, on comprend qu’il faille le soutenir, moralement et physiquement, pendant sa traversée de la nuit pour peu qu’on tienne à le revoir le lendemain. Mais le soleil n’est pas un cheval ? Pour le galet d’Etiolles, il l’est. Et à Chauvet, et à Lascaux.
Ces fresques animalières, pour ceux-là qui vivaient dans le froid sibérien du paléolithique supérieur où les grands animaux évoluaient en majesté, figuraient leur conception du monde, telle qu’on en trouve dans tous les récits de création – pour nous longtemps, et pour quelques-uns encore, ce fut la Genèse. Nous avons sous nos yeux, miraculeusement préservée, la cosmogonie du paléolithique supérieur où, durant 25.000 ans, sur un territoire immense, la représentation n’a pas varié. Bête comme une oie, dit-on. Les oies gravées dans la grotte de Cussac en savent plus long que nous, qui sont en mesure d’annoncer par leur passage l’arrivée des beaux jours ou la mauvaise nouvelle de l’hiver. Pour peu qu’on échappe à nos diktats matérialistes, où un cheval ne peut être qu’un cheval, ce bestiaire des grottes apporte une réponse cohérente, organisée, apaisante, à toutes les questions qu’on se pose quand on ne sait rien sur le jour et la nuit, la course du soleil, la disparition par morceaux de la lune, sa réapparition, les éclairs, l’orage, l’arc-en-ciel, la mort, la renaissance. Ce que le galet d’Etiolles nous raconte, c’est que le cheval, avant qu’on le « domestique », qu’on le contraigne comme un esclave à tirer de lourdes charges, était la figure du soleil. La tyrannie débute quand il n’y a plus de médiation, la toute-puissance quand il n’y a plus d’intercesseur. Nous avons appelé « évolution » cette frise qui partant du singe conduit par « désanimalisation » successive à l’homme triomphant, seul « maitre et possesseur de la Nature ». Et si la « part animale », cet héritage des grottes ornées, était ce que l’homme avait encore de divin en lui ?"

 

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Poésie

Poésie de Palestine

Al Manar - 2013

Dix poètes de Palestine disent ici leur besoin de justice. Sans haine ni violence ; en pratiquant souvent l’ironie et la dérision. Ils revendiquent une vie simple, presque ordinaire, sans guerre, ni occupation. Avoir le droit de vivre libre, en paix, parmi les siens, sur sa propre terre. Ils ont choisi, malgré le poids de la tragédie et la violence du désespoir, la parole poétique pour dire leur être. Le poème est un acte de civilisation. Leur vérité est universelle, généreuse, fraternelle. Ils écrivent l’attention au monde, sa réalité insoutenable, rêvent d un monde possible, à construire comme une utopie commune, sans arrogance ni mensonge.

 

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Le géographe des brindilles (de J. Lacarrière)

Hozhoni - 2018

Dans ce nouveau et savoureux recueil, l’auteur de L’Eté grec et de Chemin faisant nous emporte par sa qualité d’écriture, son humour, son appétence pour les mots, sa poésie délicate et sa culture singulière. Il nous entraîne dans Une forêt de signes où l’on respire Le parfum des légendes et où l’on écoute avec ravissement La cantate des chemins. L’Ode à mes amis les arbres, L’offertoire des vents ou L’homme qui voulut rencontrer le printemps sont autant d’agréables moments à passer en compagnie de celui qui fut aussi un arpenteur émerveillé des chemins et un attentif écrivain-voyageur nous emmenant avec délectation au pays des arganiers, dans sa Bourgogne ou sa Grèce tant aimée. Féru de botanique et de biologie, l’amoureux des jardins et des "jardineurs" savait errer dans les bois, discourir savamment sur Le privilège de l’abeille, La mémoire des Libellules ou la Sagesse serpentine, esquisser le portrait d’une vache, passer (au microscope !) Un été chez les Infusoires, déceler La mélancolie du géranium, s’inquiéter de La nostalgie de l’anguille ou réclamer Justice pour les Crapauds. La relation de Lacarrière avec la nature est, nous dit Gil Jouanard dans sa belle préface, celle "des nomades du Paléolithique qui habitaient le monde en le nommant"...

 

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Autres

Lettres à Shakespeare

Thierry Marchaisse - 2014

Qu’en est-il aujourd’hui de Shakespeare, de sa place dans l’imaginaire et la création ?

Nous avons demandé aux écrivains qui entretiennent avec son œuvre un fort engagement personnel de fêter ici le 450e anniversaire de sa naissance en s’adressant directement à lui, pour lui exprimer ce qu’ils lui doivent, lui reprochent, lui envient...

Cette correspondance collective, tour à tour jubilatoire, savante, intime, légère, violente, s’ouvre sur l’histoire mouvementée de cette passion française et se clôt par un retour inattendu, où il apparaît que le fantôme du père de Hamlet n’est pas près de cesser de hanter notre temps.

Evénement éditorial du programme Shakespeare 450, en partenariat avec la Société Française Shakespeare.
Auteurs des Lettres : Michèle Audin, Georges Banu, Pierre Bergounioux, Yves Bonnefoy, Hélène Cixous, Jacques Darras, David di Nota, Florence Dupont, Michael Edwards, Robert Ellrodt, Raphaël Enthoven, Jacques Jouet, Michèle Le Dœuff, Alberto Manguel, François Ost, Pierre Pachet.

 

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Poésie

Le poids d’un nuage

Éditions Bruno Doucey - 2017

Un an après la publication d’Une île en terre, Yvon Le Men nous offre le second volume de sa trilogie, Le poids d’un nuage. L’heure n’est plus à l’espace clos de l’enfance, aux parents, aux voisins, mais aux fenêtres que l’on ouvre, aux portes que l’on pousse. L’oiseau ne chante plus sur son arbre généalogique, il vole désormais à la rencontre du monde. « On grandit… On s’ouvre au dehors », écrit le poète dans les premières lignes du livre. Et de raconter cette ouverture qui passe par les paysages : ceux qui dessinent le ciel et la mer de Bretagne, les rivières, les visages ; plus encore peut-être, ceux que les peintres ont imagés ou rêvés, que les écrivains ont nommés et animés. « Comme si notre œil pressentait que regarder c’est toujours regarder une première fois, pour la dernière fois. »

Extrait :

« C’est par le ciel
que les arbres se tiennent debout
dans mon regard
et ce vert
que je connais
tant
qui tant déborde de ma fenêtre
comme les mirages débordent de nos yeux
dans le désert »


Revue de presse :

 

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Le géographe des brindilles (de J. Lacarrière)

Hozhoni - 2018

Dans ce nouveau et savoureux recueil, l’auteur de L’Eté grec et de Chemin faisant nous emporte par sa qualité d’écriture, son humour, son appétence pour les mots, sa poésie délicate et sa culture singulière. Il nous entraîne dans Une forêt de signes où l’on respire Le parfum des légendes et où l’on écoute avec ravissement La cantate des chemins. L’Ode à mes amis les arbres, L’offertoire des vents ou L’homme qui voulut rencontrer le printemps sont autant d’agréables moments à passer en compagnie de celui qui fut aussi un arpenteur émerveillé des chemins et un attentif écrivain-voyageur nous emmenant avec délectation au pays des arganiers, dans sa Bourgogne ou sa Grèce tant aimée. Féru de botanique et de biologie, l’amoureux des jardins et des "jardineurs" savait errer dans les bois, discourir savamment sur Le privilège de l’abeille, La mémoire des Libellules ou la Sagesse serpentine, esquisser le portrait d’une vache, passer (au microscope !) Un été chez les Infusoires, déceler La mélancolie du géranium, s’inquiéter de La nostalgie de l’anguille ou réclamer Justice pour les Crapauds. La relation de Lacarrière avec la nature est, nous dit Gil Jouanard dans sa belle préface, celle "des nomades du Paléolithique qui habitaient le monde en le nommant"...