Une matinée, lundi dès 10h, Auditorium

Une Francophonie à réinventer

21 mai 2018.

Une matinée, lundi à partir de 10h, au Grand Auditorium

 

10h : «   Dépasser les traumas de l’histoire   »,  « Y a-t-il des valeurs universelles ? » , «   Une histoire en partage   », «   Habiter le monde  », «   Un imaginaire à construire  » : bien des thèmes auront été abordés au fil de ces journées. Une grande matinée lundi à l’Auditorium pour faire le point sur cette francophonie à réinventer, le bilan aussi des «  Assises du livre en français  » et ce qui en sera le prolongement, avant une rencontre qui concentre peut-être tous ces thèmes, en un pays où l’on a voulu longtemps tirer un trait d’équivalence entre la langue et la nation : «  La langue appartient à tous   ».

11 h 15 : La langue appartient à tous

Langue du maître, ou bien commun à revendiquer, à faire vivre, pour lequel lutter, protester, exiger ? Un enjeu capital. «  Le temps nous paraît venu d’une renaissance, d’un dialogue dans un vaste ensemble polyphonique, sans souci d’on ne sait quel combat pour ou contre la prééminence de telle ou telle langue, ou d’un quelconque “impérialisme culturel”. Le centre relégué au milieu d’autres centres, c’est à la formation d’une constellation que nous assistons, où la langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre désormais de tout pouvoir autre que ceux de la poésie et de l’imaginaire, n’aura pour frontières que celles de l’esprit.  » C’était la conclusion de notre  Manifeste pour une littérature-monde   il y a dix ans, citée par le président Macron dans son discours sur la francophonie. Un défi à relever ? Avec Kossi Efoui, Anna Moï, Jean Rouaud, Dany Laferrière, Mohamed Mbougar Sarr.

12h : les Grands prix «   littérature-monde   »

Lancés en 2014 conjointement par l’AFD et le festival, deux grands prix, français et étranger, pour porter plus loin encore notre idée de «  littérature-monde  ». Avec un jury prestigieux : Ananda Devi, Boualem Sansal, Dany Laferrière, Anna Moï, Atiq Rahimi, Jean Rouaud et Michel Le Bris. La proclamation des prix 2018 aura lieu dimanche, au café littéraire à 14h et sera prolongée par cette rencontre avec les lauréats.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Autoportrait de Paris avec chat

Grasset - 2018

Voici le roman le plus singulier de Dany Laferrière : un roman dessiné. Et écrit à la main ; comme tous les précédents, mais dans cet Autoportrait de Paris avec chat son écriture est reproduite en même temps que ses dessins, dans ce volume de grand format et de grande ambition. Et c’est guidés par la main du plus charmeur des académiciens français, ses lettres et ses couleurs, que nous pénétrons dans un Paris à son image, un Paris qui, d’une certaine façon, n’est autre que lui-même.
Plutôt que « À nous deux Paris ! », voici « Nous deux à Paris ! ». Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire... Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le venin du papillon

Gallimard - 2017

Pendant une année de sa vie, Xuân caracole à travers une adolescence qui s’achève en accéléré, sur fond d’ère postcoloniale française et de guerre américaine, dans un pays non nommé qui pourrait être le Vietnam. Ba, son père, est un officier militaire excentrique. Sa mère, Mae, exerce les métiers les plus improbables afin de joindre les deux bouts. Préoccupée par ses seins trop petits, Xuân l’est également par les positions yogiques et politiques de Ba, l’animisme de sa mère, le décompte quotidien des morts de la guerre et le climat urbain explosif. Elle est initiée au sexe par Edgar, un énarque membre des services de renseignement français, et se joint à une bande incontrôlable qui s’adonne aux rodéos à moto dans la ville et à tous les excès : drogue, alcool, sexualité débridée.
Loin du climat nostalgique propre aux réminiscences de la jeunesse enfuie, le ton à la fois caustique et sensuel, très tonique du récit le rend particulièrement attachant. Chez Anna Moï la jeunesse a raison de tout, même des désastres historiques et des tragédies guerrières.

 

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La splendeur escamotée de frère Cheval ou le secret des grottes ornées

Grasset - 2018

" Sur la question du « sens » des grottes ornées (Chauvet, Lascaux, Font-de-Gaume et autres) la seule question qui nous intéresse - pourquoi des hommes et /ou des femmes se sont enfoncé(e)s sous terre pour dessiner et graver des figures animales dont, faute de recul parfois, ils ou elles n’étaient même pas en mesure d’apprécier le trait - les préhistoriens se retranchent derrière une pudeur toute scientifique.
Faute de témoignages, on ne peut rien en dire, à moins de s’aventurer sur le terrain de la spéculation poétique, qui n’est pas le leur. A moins encore de tomber sur une pierre de Rosette comme celle qui permit à Champollion de décrypter les hiéroglyphes. Peut-être l’a-t- on trouvée à Etiolles, une commune des rives de la Seine, proche de Paris, où depuis près de cinquante ans les spécialistes fouillent un ancien campement magdalénien (-15.000 ans). C’est un gros galet de calcaire sur lequel est figuré un cheval agonisant, perdant son sang, et qui était déposé en bordure du foyer, comme si on l’avait placé là intentionnellement pour le réchauffer, lui redonner vie. Car il y a une chose que nous partageons avec nos ancêtres, c’est précisément ce que la raison rejette et qui est notre cerveau poétique, cette faculté d’associer les images, de procéder par analogie, par comparaison. Et quand on lève les yeux vers l’horizon, ce soleil qui rougeoie comme s’il perdait son sang avant de plonger dans la nuit, on comprend qu’il faille le soutenir, moralement et physiquement, pendant sa traversée de la nuit pour peu qu’on tienne à le revoir le lendemain. Mais le soleil n’est pas un cheval ? Pour le galet d’Etiolles, il l’est. Et à Chauvet, et à Lascaux.
Ces fresques animalières, pour ceux-là qui vivaient dans le froid sibérien du paléolithique supérieur où les grands animaux évoluaient en majesté, figuraient leur conception du monde, telle qu’on en trouve dans tous les récits de création – pour nous longtemps, et pour quelques-uns encore, ce fut la Genèse. Nous avons sous nos yeux, miraculeusement préservée, la cosmogonie du paléolithique supérieur où, durant 25.000 ans, sur un territoire immense, la représentation n’a pas varié. Bête comme une oie, dit-on. Les oies gravées dans la grotte de Cussac en savent plus long que nous, qui sont en mesure d’annoncer par leur passage l’arrivée des beaux jours ou la mauvaise nouvelle de l’hiver. Pour peu qu’on échappe à nos diktats matérialistes, où un cheval ne peut être qu’un cheval, ce bestiaire des grottes apporte une réponse cohérente, organisée, apaisante, à toutes les questions qu’on se pose quand on ne sait rien sur le jour et la nuit, la course du soleil, la disparition par morceaux de la lune, sa réapparition, les éclairs, l’orage, l’arc-en-ciel, la mort, la renaissance. Ce que le galet d’Etiolles nous raconte, c’est que le cheval, avant qu’on le « domestique », qu’on le contraigne comme un esclave à tirer de lourdes charges, était la figure du soleil. La tyrannie débute quand il n’y a plus de médiation, la toute-puissance quand il n’y a plus d’intercesseur. Nous avons appelé « évolution » cette frise qui partant du singe conduit par « désanimalisation » successive à l’homme triomphant, seul « maitre et possesseur de la Nature ». Et si la « part animale », cet héritage des grottes ornées, était ce que l’homme avait encore de divin en lui ?"

 

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Romans

Cantique de l’acacia

Seuil - 2017

L’enfant n’était pas encore née, mais Io-Anna s’était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

"Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur." Cette parole, Io-Anna l’a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu’elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu’elle a eu pourtant le cœur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l’enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. "Il faut se mettre à trois pour faire un enfant, dit Grace, le mâle, la femelle et l’Invisible."

Au pied de l’acacia, l’arbre de l’innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.


Revue de presse

 

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Romans

De purs hommes

Philippe Rey / Jimsaan - 2018

Tout part d’une vidéo virale, au Sénégal, où on voit le cadavre d’un homme être déterré puis traîné hors d’un cimetière par une foule. Dès qu’il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de Lettres déçu par l’enseignement et fatigué de l’hypocrisie morale de sa société, un intérêt voire une obsession pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi avait-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c’était un goor-jigéen, un « homme-femme ». Autrement dit, un homosexuel : péché ultime, faute absolue dans un pays où la religion régit les moeurs et les rapports sociaux.

Les discussions de Ndéné avec son entourage – son amante, Rama, bisexuelle assumée et libre ; son père, imam, garant des valeurs religieuses – et certaines de ses rencontres – Maniang Niang, un travesti, brillante étoile du folklore local ; Demba, un jeune serveur – contribuent peu à peu à lui faire comprendre, dans un contexte social de plus en plus nerveux sur le sujet, la réalité de la condition des homosexuels au Sénégal.

Ndéné se met à la recherche du passé de l’homme déterré de la vidéo, et va même rencontrer sa mère qui lui révélera les causes profondes de son intérêt pour cet inconnu. Alors qu’autour de lui les suspicions et les rumeurs naissent, Ndéné tente d’affronter la seule grande question qui vaille à ses yeux : comment trouver le courage d’être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, quel qu’en soit le prix ?