Le café littéraire : dernier jour !

21 mai 2018.

Comme toujours, retrouvez toute la richesse de cette littérature-monde que nous aimons, en compagnie de Maette Chantrel avec Pascal Jourdana et Michel Abescat. Dans une atmosphère conviviale, romanciers, poètes, essayistes et grands témoins partagent leur amour des mots et leur vision du monde : les auteurs français qui ont fait l’actualité littéraire ces derniers mois et les nouvelles voix venues du monde entier, de Turquie, d’Islande, d’Ukraine, du Danemark, des États-Unis, d’Indonésie, du Nigéria, d’Écosse, de Syrie, de Slovénie…
Quelque 30 pays débarquent ainsi à Saint-Malo ! Une captation vidéo par TVR35 vous permettra de retrouver les Cafés en ligne sur notre site.

 

Situé au cœur du Palais du Grand Large, le café littéraire reçoit depuis 1990 des auteurs venus du monde entier. Ses créateurs, Christian Rolland et Maëtte Chantrel, l’ont conçu comme un espace privilégié où les spectateurs se sentent au plus près des écrivains et de leurs univers.


Les auteurs sur le plateau

ANDRUKHOVYCH Sofia, Lun. 14h30
ANTOON Sinan, Sam. 17h15
ARTUS Hubert, Sam. 11h30
BELASKRI Yahia, Sam. 17h15
BILAL Enki, Dim. 18h
BJÖRNSDÓTTIR Sigríður Hagalín, Dim.18h
BLANC-FRANCARD Patrice, Dim. 12h
BLAS DE ROBLÈS Jean-Marie, Dim. 14h30
BONNEFOY Miguel, Dim. 10h30
CANTY Kevin, Sam. 15h15
CHALANDON Sorj, Sam. 15h15
CHAMOISEAU Patrick, Dim. 10h
COATALEM Jean-Luc, Sam. 16h15
COHER Sylvain, Dim. 12h30
COHN-BENDIT Daniel, Sam. 10h15
COLIN Roland, Lun. 11h
DAUDET Lionel, Sam. 11h45
DE SOUZA Carl, Lun. 14h
DEVI Ananda, Sam. 18h15
DUGRAND Alain, Dim. 12h30
EFOUI Kossi, Dim. 17h
ERDOĞAN Aslı, Sam. 18h15
ÉTIENNE Jean-Louis, Lun. 11h30
FAUQUEMBERG David, Dim. 15h15
FEREY Caryl, Sam. 11h45
FERRANDEZ Jacques, Dim. 14h30
GARDE François, Lun. 11h30
GRAS Cédric, Lun. 11h30
GUÐMUNDSSON Einar Már, Lun. 14h
GUEZ Olivier, Dim. 16h
HADDAD Hubert, Lun. 10h
HEIN Vincent, Lun. 10h
JENNI Alexis, Dim. 10h30
JENSEN Carsten, Dim. 16h
JERUSALMY Raphaël, Lun. 14h30
JOHN Elnathan, Sam. 17h15
KURNIAWAN Eka, Dim. 17h
LACARRIÈRE Sylvia, Lun. 17h
LAFERRIÈRE Dany, Lun. 16h
LAFON Lola, Dim. 17h
LAHENS Yanick, Lun. 10h
LAPERTOT Céline, Dim. 18h
LAPOUGE Gilles, Lun. 16h
LE BRIS Michel, Sam. 10h
MZE SHINA, Sam. 14h
LYNCH Jim, Dim. 15h15
MARS Kettly, Dim. 17h
MARTINEZ Carole, Dim. 12h30
MAUPIN Armistead, Sam. 14h15
MILTON Giles, Lun. 14h30
MOI Anna, Dim. 14h
MORDILLAT Gérard, Sam. 15h15
N’SONDÉ Wilfried, Sam. 16h15
NULL Matthew Neill, Sam. 15h15
ORSENNA Erik, Sam. 10h15
QUEFFELEC Yann, Dim. 12h
QUINT Michel, Lun. 10h
QUIRINY Bernard, Dim. 18h
RAMBAUD Patrick, Lun. 14h30
ROUAUD Jean, Dim. 12h30
RUFIN Jean-Christophe, Lun. 12h30
SARANO François, Dim. 15h15
ŠAROTAR Dušan, Dim. 11h15
SARR Felwine, Lun. 11h
SARR Mohamed Mbougar, Sam. 11h45
SAUTREUIL Pierre, Sam. 16h15
SOULEIMANE Omar Youssef, Sam. 17h15
STASIUK Andrzej, Dim. 11h15
TALLACK Malachy, Lun. 11h30
TCHAK Sami, Dim. 14h30
VANN David, Dim. 16h
VERTLIB Vladimir, Lun. 12h30
VITOUX Frédéric, Sam. 16h15
WHITAKER Robert, Dim. 10h30
WILHELMY Audrée, Sam. 18h15
ZENITER Alice, Sam. 14h15


Et n’oubliez pas :
Samedi à 19h : la remise des prix du Concours de nouvelles, en compagnie de Sorj Chalandon, parrain du concours.
Dimanche à 12h30 : la proclamation du Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en présence du jury des jeunes et du lauréat 2018.
Dimanche à 14h : la proclamation des Prix Littérature-monde (français et étranger).

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Conrad : La vie à la mer

La Table Ronde - 2014

Fin 1874, un orphelin de seize ans débarque à Marseille, résolu à devenir marin. Grâce à une lettre de recommandation, il prend très vite la mer à bord du Mont-Blanc, un trois-mâts barque de la compagnie Delestang et fils. Quatre années durant, Marseille demeurera son port d’attache. Né russe dans l’Ukraine colonisée, c’est en France que le futur Joseph Conrad achève son adolescence et entre dans l’âge adulte.
Alors que ses biographes polonais ou anglo-saxons ont négligé les années françaises, Alain Dugrand revient à la source. Son équipée sur les pas de l’écrivain part du Vieux-Port et du golfe d’Hyères pour se poursuivre à
Singapour et au Congo. Une évocation au grand large.

 

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Autoportrait de Paris avec chat

Grasset - 2018

Voici le roman le plus singulier de Dany Laferrière : un roman dessiné. Et écrit à la main ; comme tous les précédents, mais dans cet Autoportrait de Paris avec chat son écriture est reproduite en même temps que ses dessins, dans ce volume de grand format et de grande ambition. Et c’est guidés par la main du plus charmeur des académiciens français, ses lettres et ses couleurs, que nous pénétrons dans un Paris à son image, un Paris qui, d’une certaine façon, n’est autre que lui-même.
Plutôt que « À nous deux Paris ! », voici « Nous deux à Paris ! ». Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire... Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?

 

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Romans

Le venin du papillon

Gallimard - 2017

Pendant une année de sa vie, Xuân caracole à travers une adolescence qui s’achève en accéléré, sur fond d’ère postcoloniale française et de guerre américaine, dans un pays non nommé qui pourrait être le Vietnam. Ba, son père, est un officier militaire excentrique. Sa mère, Mae, exerce les métiers les plus improbables afin de joindre les deux bouts. Préoccupée par ses seins trop petits, Xuân l’est également par les positions yogiques et politiques de Ba, l’animisme de sa mère, le décompte quotidien des morts de la guerre et le climat urbain explosif. Elle est initiée au sexe par Edgar, un énarque membre des services de renseignement français, et se joint à une bande incontrôlable qui s’adonne aux rodéos à moto dans la ville et à tous les excès : drogue, alcool, sexualité débridée.
Loin du climat nostalgique propre aux réminiscences de la jeunesse enfuie, le ton à la fois caustique et sensuel, très tonique du récit le rend particulièrement attachant. Chez Anna Moï la jeunesse a raison de tout, même des désastres historiques et des tragédies guerrières.

 

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La splendeur escamotée de frère Cheval ou le secret des grottes ornées

Grasset - 2018

" Sur la question du « sens » des grottes ornées (Chauvet, Lascaux, Font-de-Gaume et autres) la seule question qui nous intéresse - pourquoi des hommes et /ou des femmes se sont enfoncé(e)s sous terre pour dessiner et graver des figures animales dont, faute de recul parfois, ils ou elles n’étaient même pas en mesure d’apprécier le trait - les préhistoriens se retranchent derrière une pudeur toute scientifique.
Faute de témoignages, on ne peut rien en dire, à moins de s’aventurer sur le terrain de la spéculation poétique, qui n’est pas le leur. A moins encore de tomber sur une pierre de Rosette comme celle qui permit à Champollion de décrypter les hiéroglyphes. Peut-être l’a-t- on trouvée à Etiolles, une commune des rives de la Seine, proche de Paris, où depuis près de cinquante ans les spécialistes fouillent un ancien campement magdalénien (-15.000 ans). C’est un gros galet de calcaire sur lequel est figuré un cheval agonisant, perdant son sang, et qui était déposé en bordure du foyer, comme si on l’avait placé là intentionnellement pour le réchauffer, lui redonner vie. Car il y a une chose que nous partageons avec nos ancêtres, c’est précisément ce que la raison rejette et qui est notre cerveau poétique, cette faculté d’associer les images, de procéder par analogie, par comparaison. Et quand on lève les yeux vers l’horizon, ce soleil qui rougeoie comme s’il perdait son sang avant de plonger dans la nuit, on comprend qu’il faille le soutenir, moralement et physiquement, pendant sa traversée de la nuit pour peu qu’on tienne à le revoir le lendemain. Mais le soleil n’est pas un cheval ? Pour le galet d’Etiolles, il l’est. Et à Chauvet, et à Lascaux.
Ces fresques animalières, pour ceux-là qui vivaient dans le froid sibérien du paléolithique supérieur où les grands animaux évoluaient en majesté, figuraient leur conception du monde, telle qu’on en trouve dans tous les récits de création – pour nous longtemps, et pour quelques-uns encore, ce fut la Genèse. Nous avons sous nos yeux, miraculeusement préservée, la cosmogonie du paléolithique supérieur où, durant 25.000 ans, sur un territoire immense, la représentation n’a pas varié. Bête comme une oie, dit-on. Les oies gravées dans la grotte de Cussac en savent plus long que nous, qui sont en mesure d’annoncer par leur passage l’arrivée des beaux jours ou la mauvaise nouvelle de l’hiver. Pour peu qu’on échappe à nos diktats matérialistes, où un cheval ne peut être qu’un cheval, ce bestiaire des grottes apporte une réponse cohérente, organisée, apaisante, à toutes les questions qu’on se pose quand on ne sait rien sur le jour et la nuit, la course du soleil, la disparition par morceaux de la lune, sa réapparition, les éclairs, l’orage, l’arc-en-ciel, la mort, la renaissance. Ce que le galet d’Etiolles nous raconte, c’est que le cheval, avant qu’on le « domestique », qu’on le contraigne comme un esclave à tirer de lourdes charges, était la figure du soleil. La tyrannie débute quand il n’y a plus de médiation, la toute-puissance quand il n’y a plus d’intercesseur. Nous avons appelé « évolution » cette frise qui partant du singe conduit par « désanimalisation » successive à l’homme triomphant, seul « maitre et possesseur de la Nature ». Et si la « part animale », cet héritage des grottes ornées, était ce que l’homme avait encore de divin en lui ?"

 

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Voyage au Pays des Bibliothèques

Stock - 2018

Mardi 20 février, le rapport de la mission Orsenna, "Voyage au pays des bibliothèques", a été remis au Président de la République, lors d’un déplacement avec la ministre de la Culture aux Mureaux, dans les Yvelines.

Le Président de la République a fait de l’ouverture des bibliothèques le dimanche et en soirée l’une de ses priorités en matière culturelle. Il s’agit d’élargir encore la fréquentation du premier réseau culturel français (16 500 points d’accès au livre et à la culture, qui ont accueilli en 2016 27 millions de personnes) à des moments où nos concitoyens disposent de temps libre. Pour porter cette ambition et sensibiliser les acteurs au rôle fondamental des bibliothèques dans notre société, Françoise Nyssen a confié le 31 juillet 2017 à Erik Orsenna, de l’Académie française, une mission d’ambassadeur de la lecture.
Accompagné par Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles, Erik Orsenna a sillonné la France de septembre à décembre 2017, lors d’un « tour de France » qui lui a permis de recueillir les attentes des parties prenantes (élus, professionnels des bibliothèques et usagers) et de mesurer le dynamisme des bibliothèques, en ville comme dans les territoires ruraux. Cette ambition présidentielle d’ouvrir plus les bibliothèques s’est traduite, dès la loi de finances 2018, par une augmentation de 8 M€ de l’aide qu’apporte l’État aux collectivités territoriales pour soutenir l’extension des horaires d’ouverture de leur bibliothèque.
La journée professionnelle, qu’organise la Ministre de la culture le 9 avril prochain, permettra de mettre en œuvre les préconisations d’Erik Orsenna pour transformer les bibliothèques en maisons de service public culturel de proximité, au service de la culture, de l’éducation, de l’inclusion numérique, de la lutte contre les inégalités et de l’égalité des territoires. Le projet de transformation des bibliothèques est en cours avec les collectivités territoriales.

 

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Bande Dessinée

Le premier homme

Gallimard BD - 2017

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l’œuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce que serait son récit de l’enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. À la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle des femmes, celui de l’école, la découverte du monde extérieur... En filigrane, on découvre les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement.


Revue de presse

 

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Romans

Manger l’autre

Grasset - 2018

« Au commencement était un éléphant rose et bâfreur qui prenait tout de la vie et du corps de sa mère ». Au commencement était une voix, pléthorique et féroce, d’une jeune adolescente obèse dont le corps, depuis sa naissance, ne fait qu’enfler, et la vie empirer. Née assaillie de bourrelets et de plis, dévorant chaque jour le sein maternel, elle grossit tant et tant que bientôt elle effraie les passants, les nourrices, et fait fuir sa mère dégoutée. Restée seule avec un père qui l’aime par-dessus tout et la croit flanquée d’une jumelle invisible qu’elle aurait ingérée dans le placenta, huée par ses camarades de classe qui la traquent jusqu’aux toilettes pour la photographier et nourrir le grand Œil de la toile internet, elle quitte bientôt l’école et se retrouve alitée chez elle où son père cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Là, elle grossit et prolifère jusqu’à se retrouver un jour coincée dans le chambranle d’une porte, incapable de bouger. Funeste coup du sort qui lui apportera l’amour de René, le menuisier venu la secourir, et lui fera goûter le plaisir inédit de la chair, jusqu’à ce que le grand Œil ne la rattrape finalement...
Conte moderne et roman de l’excès, Manger l’autre est autant l’histoire d’une obèse incapable d’arrêter de manger que l’allégorie d’une société avide de consommer obsédée par le culte de la minceur, du Moi et de l’image, l’empire d’Internet et la surproduction. Avec force et virtuosité, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui est notre miroir.

Manger l’autre fait partie des romans sélectionnés pour le Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs 2018.


Revue de presse

 

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Kong

Grasset - 2017

Deux jeunes gens sortent sonnés de la Grande Guerre. L’un, Ernest Schoedsack, a filmé l’horreur dans la boue des tranchées  ; l’autre, Merian Cooper, héros de l’aviation américaine, sérieusement brûlé, sort d’un camp de prisonniers. Ils se rencontrent dans Vienne occupée, puis se retrouvent à Londres où naît le projet qui va les lier pour la vie. Comment dire la guerre  ? Comment dire ce puits noir où l’homme s’est perdu – et peut-être, aussi, révélé  ? Pas de fiction, se jurent-ils  : le réalisme le plus exigeant. S’ensuivent des aventures échevelées  : guerre russo-polonaise, massacres de Smyrne, Abyssinie, épopée de la souffrance en Iran, tigres mangeurs d’hommes dans la jungle du Siam, guerriers insurgés au Soudan…
Leurs films sont à couper le souffle. On les acclame  : « Les T.E. Lawrence de l’aventure  !  » lance le New York Times. Eux font la moue. Manque ce qu’ils voulaient restituer du mystère du monde. Déçu, Cooper renoncera quelque temps – pour créer avec des amis aviateurs rien moins que… la Pan Am  ! – avant d’y revenir.
Ce sera pour oser la fiction la plus radicale, le film le plus fou, pour lequel il faudra inventer des techniques nouvelles d’animation. Un coup de génie. Une histoire de passion amoureuse, mettant en scène un être de neuf mètres de haut, Kong, que l’on craint, qui épouvante, mais que l’on pleure quand il meurt… Le film est projeté à New York devant une foule immense, trois semaines avant qu’Hitler ne prenne les pleins pouvoirs.
Sur un air de jazz mélancolique ou joyeux, entre années de guerre et années folles, Michel Le Bris nous offre une fresque inoubliable. On y croise des êtres épris d’idéal, des aventurières, des héros, des politiques, des producteurs, des actrices, et bien sûr un immense singe que l’on aime craindre et aimer, moins sauvage que l’homme…

 

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Romans

La Tour abolie

Albin Michel - 2017

« Quand les pauvres n’auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. »

La tour Magister : trente-huit étages au cœur du quartier de la Défense. Au sommet, l’état-major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols et les parkings, une population de misérables rendus fous par l’exclusion. Deux mondes qui s’ignorent, jusqu’au jour où les damnés décident de transgresser l’ordre social en gravissant les marches du paradis.
 
Avec la verve batailleuse qui a fait le succès de La Brigade du rire, Gérard Mordillat, l’auteur de Vive la sociale ! et de Les Vivants et les morts, livre une fable prodigieuse sur la société capitaliste et la révolte de ceux qu’elle exclut.


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Romans

L’Homme coquillage

Actes Sud - 2018

Une jeune chercheuse en physique nucléaire est invitée aux Caraïbes dans le cadre d’un séminaire. Explorant les plages encore sauvages, elle rencontre Tony, l’homme coquillage, dont les cicatrices la fascinent immédiatement. Une histoire d’amour se dessine, émaillée de difficultés, dans l’ambiguïté d’une attirance pour un être inscrit dans la nature et la violence, un homme qui ne semble plaire à la jeune Turque que par contraste avec ses collègues, ces scientifiques falots ou d’un cynisme insupportable.
Déjà virtuose dans la description de l’inconnu, qu’il soit géographique, social ou humain, Aslı Erdoğan met en place dans ce premier livre la force étrange de son personnage féminin toujours penché au-dessus de l’abîme, flirtant avec la mort et la terreur, toisant la peur.

Roman traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes.

 

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Essais

Frères Migrants

Face aux tragédies humaines qu’ont entraînées les récentes migrations, venues de l’Est et du Sud vers l’Europe, Patrick Chamoiseau s’exprime en humaniste et en poète. "La parole poétique est nécessaire, dit-il. Même si elle n’apporte pas de solution, elle stimule les imaginaires." L’auteur est parti de l’idée de lucioles qu’avait développée Pasolini pour dénoncer le néo-fascisme italien et la dégradation du parti communiste. La disparition des lucioles correspondait pour lui a un affaiblissement de l’humain. Le phénomène migratoire, tout comme le surgissement de Trump, est une conséquence du capitalisme. On peut tenter de deviner l’autre monde que ce phénomène annonce et le dessiner grâce à quelques concepts d’Edouard Glissant, notamment ceux de la mondialité et de la Relation. Toutes les initiatives individuelles d’aide aux migrants qui se produisent partout sont autant de lucioles. Le texte, tout en ayant un fond politique, a une forme poétique, mais l’impact direct n’est jamais oublié. L’auteur se réfère à des événements mondiaux connus, mais il nomme peu les responsables directs. En revanche, outre Pasolini et Glissant, sont cités Gilles Deleuze ou Mireille Delmas-Marty. Et l’auteur s’adresse à deux amies, Jane Sautière (qui le filme) et Hind Meddeb (la fille du poète tunisien récemment disparu). Il s’agit d’un texte pamphlétaire. Il peut faire l’objet de lectures publiques, grâce à sa tonalité littéraire et à son style lyrique, quoique minutieusement argumenté. Le dernier chapitre est une « déclaration des poètes » sur la dignité humaine.


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Essais

Mes pas vont ailleurs

Stock - 2017

Mai 1919. Victor Segalen est retrouvé mort, couché dans un petit bois, au cœur du Finistère. Partant du mystère qui entoure la mort de Segalen, suicide ? accident ?, Jean-Luc Coatalem suit les empreintes de l’écrivain-voyageur, breton, comme lui, Brestois, aussi. Militaire, marin et poète, auteur d’une œuvre labyrinthique que, de son vivant, personne n’aura soupçonnée.
En 1903, Segalen pélerine sur les traces de Gauguin, aux îles Marquises. En 1905, à Djibouti, sur celles de Rimbaud. En 1909, il traverse la Chine, en jonque, en train et à cheval, et il recommencera. En 1910, il se risque dans le dédale de la Cité interdite de Pékin, derrière un séduisant jeune homme, espion et amant de l’impératrice. Puis il réside seul à Hanoi, rêve au Tibet, et achète son opium. Il meurt à quarante et un ans, dans la forêt légendaire du Huelgoat, un Shakespeare à la main, la jambe entaillée, au-dessus d’un Gouffre, loin de son épouse et de cette autre femme qu’il aime.
Revisitant l’œuvre de Segalen, les lettres à ses deux amours, ses nombreux voyages, Coatalem fait apparaître les résonances, nombreuses, la complicité littéraire et l’écrivain compagnon, composant par ces prismes mêlés, le roman de sa vie, au plus près d’un Segalen vivant et vibrant.

Mes pas vont ailleurs a été couronné du Prix Femina Essai 2017, et du Prix de la langue française de la ville de Brive.


Revue de presse

 

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Douces déroutes

Sabine Wespieser Editeur - 2018

À Port-au-Prince, la violence n’est jamais totale. Elle trouve son pendant dans une « douceur suraiguë », douceur qui submerge Francis, un journaliste français, un soir au Korosòl Resto-Bar, quand s’élève la voix cassée et profonde de la chanteuse, Brune.
Le père de Brune, le juge Berthier, a été assassiné, coupable d’être resté intègre dans la ville où tout s’achète. À l’annonce de la mort de ce père qui lui a appris à « ne jamais souiller son regard », la raison de sa fille a manqué basculer. Six mois après cette disparition, tout son être refuse encore de consentir à la résignation.
Son oncle Pierre n’a pas non plus renoncé à élucider ce crime toujours impuni. Après de longues années passées à l’étranger, où ses parents l’avaient envoyé très jeune – l’homosexualité n’était pas bien vue dans la petite bourgeoisie –, il vit reclus dans sa maison, heureux de rassembler ses amis autour de sa table les samedis.
Aux côtés de Brune et de Pierre ; d’Ézéchiel, le poète déterminé à échapper à son quartier misérable ; de Nerline, militante des droits des femmes ; de Waner, non-violent convaincu ; de Ronny l’Américain, chez lui en Haïti comme dans une seconde patrie, et de Francis, Yanick Lahens nous entraîne dans une intrigue haletante. Au rythme d’une écriture rapide, électrique, syncopée, comme nourrissant sa puissance des entrailles de la ville, elle dévoile peu à peu, avec une bouleversante tendresse, l’intimité de chacun. Tout en douceur, elle les accompagne vers l’inévitable déroute de leur condition d’êtres humains. Russell Banks l’affirme dans sa préface à l’édition américaine de Bain de lune : « Ce qui est indéniablement vrai des personnages de Lahens l’est indéniablement pour chacun d’entre nous. »

Revue de Presse

 

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Romans

Cantique de l’acacia

Seuil - 2017

L’enfant n’était pas encore née, mais Io-Anna s’était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

"Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur." Cette parole, Io-Anna l’a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu’elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu’elle a eu pourtant le cœur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l’enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. "Il faut se mettre à trois pour faire un enfant, dit Grace, le mâle, la femelle et l’Invisible."

Au pied de l’acacia, l’arbre de l’innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.


Revue de presse

 

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Bitna, Sous le ciel de Séoul

Stock - 2018

Parce que le conte peut faire reculer la mort, Bitna, étudiante coréenne sans un sou, invente des histoires pour Salomé, immobilisée par une maladie incurable.
La première lutte contre la pauvreté, la seconde contre la douleur. Ensemble, elles se sauvent dans des récits quotidiens ou fabuleux, et bientôt la frontière entre réalité et imaginaire disparaît.
Un roman qui souffle ses légendes urbaines sur la rivière Han, les boulevards saturés et les ruelles louches.
Sous le ciel de Séoul se lève « le vent de l’envie des fleurs »...


Revue de presse

 

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Romans

Les Saboteurs de l’ombre. La guerre secrète de Churchill contre Hitler

Noir sur Blanc - 2018

Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres par Churchill : son objectif est d’organiser la destruction de la machine de guerre d’Hitler, au moyen d’actes de sabotage spectaculaires.
La guérilla qui suivit s’avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L’un d’eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c’est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori de Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l’organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d’assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes qui étaient parachutés derrière les lignes ennemies.
Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Écossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait « son ministère de la Guerre sale ». Les six « ministres », assistés d’un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu’ils changèrent le cours de la guerre.
Raconté sur le ton d’un récit d’aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l’ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu’ici.


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Autres

Dictionnaire amoureux de la mer

Plon - 2018

« Nous, la mer,

Ce livre dit la mer, il dit l’aimer, l’avoir toujours aimée : il ne dit pas toute la mer, vaine ambition d’un zozo. Même la grenouille y regarderait à deux fois. Ce livre dit le vieil homme et la mer, la femme et la mer, une lutte contre soi, contre ses rêves, une quête à la vie à la mort de l’horizon ni près ni loin, une osmose avec les éléments dont l’être humain fait partie - s’il n’est ici-bas le maître du jeu. Ce livre dit la mer et les marins, les écrivains, les travailleurs du grand métier, les artistes charmés, charmeurs, les damnés du poisson. Il dialogue avec l’univers par-dessus les jours et les flots. C’est un coquillage où l’on entend, j’espère, battre le pouls du verbe aimer. Ce livre raconte une histoire océanique, la mienne, il ne prétend jamais connaître la mer ni la réduire à ses cadenas, ses tics, l’exhiber à travers les mots comme une bestiole de foire. J’aime la mer et je m’en souviens, j’y vais, je vous emmène avec moi. J’en suis natif comme tous les êtres vivants de terre et d’eau, je vous fais part de cet amour plus vaste que ma voix, plus humble que mes songes.
Un voyage, oui, autour du monde intérieur que je m’efforce d’encercler quand je prends la mer ou mon stylo. Quand je perds la raison à la barre d’un voilier qui ne réagit plus au vérin du « pilote », et perd la raison lui aussi. Quand une île heureuse vient à moi, donnée comme un livre de vie. Quand c’est crado, les ports, les grèves, les abysses, les gens du fric, quand elle gâche tout, la pollution, quand il étouffe, le corail d’Australie, des Antilles – ou qu’il renaît, squelette radieux. Quand il n’y a plus rien à dire tellement c’est beau, la mer, infiniment beau, et que l’on n’est pas seul au bord de cet infini. Aimer la mer, c’est au minimum être deux, être tous. Aimer la mer c’est « être » - c’est vivre. »

Yann Queffélec

 

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Misérables !

Phébus - 2018

Nord de la France, 2016.
Lorsqu’il était policier, Laurent enquêtait sur les morts. Aujourd’hui, il retrouve les vivants. Depuis peu, la loi Necker oblige les entreprises à rechercher les béné ciaires d’un contrat d’assurance-vie sous- crit et jamais exécuté. Et notre héros est à la fois un détective et un annonciateur de bonnes nouvelles. Mais, cette fois-ci, sa tâche se révèle ardue. Car quels liens pouvaient bien unir la riche Henriette Benson au jeune et ambitieux Freddy Delersnyder, depuis longtemps disparu ?
Toutes les pistes mènent à Calais. Elles ressuscitent une époque d’espoirs déçus : celle de la vague rose des années Mitterrand. Et dressent le portrait complexe d’un Rastignac au grand cœur.
En compagnie de la belle Sonia, Laurent vadrouille dans la ville actuelle et ses environs, constatant la misère mêlée des habitants et des migrants...

Tant qu’il y aura ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci ne seront pas inutiles », écrivait Victor Hugo en préface des Misérables. Sous le patronage de son glorieux aîné, Michel Quint nous offre une œuvre engagée sur une région en perdition. Un récit qui mêle la précision documentaire au plaisir de l’enquête, pour une fresque passionnante et tragique.

 

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Le suspendu de Conakry

Flammarion - 2018

Jean-Christophe Rufin revient avec un nouveau « thriller diplomatique » Premier volume d’une trilogie consacrée aux aventures d’Aurel,
un consul pas comme les autres.
Comment cet Aurel Timescu peut-il être Consul de France ?
Avec son accent roumain, sa dégaine des années trente et son passé de pianiste de bar, il n’a pourtant rien à faire au Quai d’Orsay. Il végète d’ailleurs dans des postes subalternes.
Cette fois, il est en Guinée, lui qui ne supporte pas la chaleur. Il prend son mal en patience, transpire, boit du tokay et compose des opéras… Quand, tout à coup, survient la seule chose au monde qui puisse encore le passionner : un crime inexpliqué.
Suspendu, ce plaisancier blanc ? À quoi ? Au mât de son voilier, d’accord. Mais avant ? Suspendu à des événements mystérieux. À une preuve d’amour qui n’arrive pas. À un rêve héroïque venu de très loin… En tout cas, il est mort.
Son assassinat resterait impuni si Aurel n’avait pas trouvé là l’occasion de livrer enfin son grand combat.
Contre l’injustice.
Avec tout son talent d’écrivain (Rouge Brésil, prix Goncourt 2001, Le Collier rouge, Immortelle randonnée…) et son expérience de diplomate (comme ambassadeur de France au Sénégal), Jean-Christophe Rufin donne vie à Aurel et nous le présente dans une première histoire. Ne nous y trompons pas : suivre cet anti-héros au charme désuet est un plaisir de lecture mais aussi un moyen de découvrir les secrets les mieux gardés de la vie internationale.

 

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Romans

L’année des cyclones

L’Olivier - 2018

Cette année-là, la maison des Rozell a partiellement résisté au passage dévastateur des cyclones, mais ses occupants ne s’en sont pas remis. Kathleen a quitté le domaine du Piton, abandonné son mari Hans à sa vie solitaire, et emmené leur fille Noémie loin de ce lieu maudit. Hans, Noémie, Kathleen, chacun à leur manière, reviennent sur l’histoire familiale. La maison coloniale au milieu des champs de cannes, un cadet rêveur, une fille au caractère trempé, un aîné brillant, un piano dans le salon, une exploitation sucrière promise à une belle prospérité avec l’arrivée de William Wright, un ingénieur à l’esprit original et séduisant… Jusqu’au jour où William Wright est découvert à demi-mort dans son pavillon. Au cœur de ce roman, trois générations de Rozell se trouvent emportées par le souffle de l’Histoire, les passions et les sacrifices.
L’Année des cyclones : une grande saga familiale à l’île Maurice au siècle dernier.

 

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Romans

De l’autre côté des montagnes

Albin Michel - 2018

Idaho, début des années 1970. À Silverton, petite bourgade paisible où vit une communauté soudée, la majeure partie des emplois provient de la mine de charbon. La vie y suit son cours, jusqu’au jour où un terrible incendie se déclare dans la mine et fait de nombreuses victimes. Tous les habitants ou presque perdent un être cher dans cette tragédie ; une onde de choc et de chagrin saisit toutes les familles.
À la manière de Russel Banks dans De beaux lendemains, Kevin Canty, en décrivant le destin de plusieurs personnages - dont Jordan, une jeune veuve mère de jumeaux, et David, un étudiant qui cherche à repartir de zéro en s’installant dans une autre ville - ; parvient à saisir la force intérieure des hommes et des femmes quand il s’agit de faire face au drame et à l’inacceptable.
Inspiré de faits réels, De l’autre côté des montagnes nous entraîne dans le passé de ces petites ville où les habitants n’ont comme seule échappatoire à la dureté de leur existence que les soirées à boire entre copains. Mais à travers le parcours et le chagrin des personnages qui peuplent cette histoire, celle-ci acquiert une véritable dimension universelle.

Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Damour.


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Dans mes pas

Paulsen - 2017

Lorsqu’un des explorateurs les plus connus de notre époque, qui plus est médecin, se penche sur ses souvenirs de marcheur et sur les bienfaits de la marche. Un fabuleux texte sur la marche, et sur son importance dans la vie du premier homme à avoir atteint le pôle Nord à pied.

« Toute ma vie, j’ai marché. En ville, à la campagne ou dans mes expéditions. Je mesure aujourd’hui ce que la marche m’a apporté sur tous les plans, physique, mental, affectif. J’ai toujours en mémoire les émotions que la marche, à la juste mesure du temps, avive. De mes souvenirs d’enfance, mes expériences du grand dehors, ma lecture de médecin, je vous livre le récit des pas qui comptent dans cette forme de vade-mecum du marcheur. »


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Les Rois d’Islande

Zuma - 2018

Le clan Knudsen règne depuis plus de deux siècles sur Tangavík – petit port de pêche battu par les vents ou fief d’armateurs, question de point de vue.
Chez les Knudsen, on est potentiellement marin de père en fils, sauf à faire carrière à la caisse d’épargne. On compte dans la famille de grands hommes, des hôtesses de l’air et de gentils simplets. Ils ont été ministres, bandits, avocats, ivrognes patentés et parfois tout cela en même temps. Les Knudsen ont bâti des empires et les ont perdus avec le même panache. Ils ont monté des conserveries de harengs, composé des symphonies, roulé en belle américaine et sacrément magouillé. Ils ont été portés au pinacle et mis au pilori. Toujours persuadés, de génération en génération, d’être les rois d’Islande.
L’histoire mirifique des Knudsen, de ses représentants et de tous ceux qui passaient par là est, on l’aura compris, un tourbillon de portraits hautement réjouissants – la saga contemporaine d’une famille exubérante et totalement déjantée.

Traduit de l’Islandais par Éric Boury


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Romans

Bluff

Stock - 2018

Bluff, à l’extrême-sud de la Nouvelle-Zélande.
La tempête ravage ce bout du monde en plein hiver austral.
Un étranger pousse la porte du bar L’Anchorage, où pêcheurs et dockers attendent l’accalmie. Le Français a traversé tout le pays à pied, la route s’arrête à Bluff, il n’ira pas plus loin. Le voilà embarqué pour la saison de pêche à la langouste dans les fjords sauvages du Fiordland, à la merci des éléments. Une amitié se tisse avec son capitaine, le vieux Rongo Walker, pilier respecté de la communauté maorie, tiraillé entre ses traditions et une modernité où l’argent égare les hommes, parfois jusqu’à l’irréparable. Sous le regard de son équipier, le colosse Tamatoa, tahitien en exil qui rêve de regagner son île, le Français se retrouve projeté dans un monde où les chemins d’étoiles, le vol des oiseaux migrateurs et d’invisibles houles guident les navigateurs à travers le Grand Océan.
Résonne encore et toujours le chant des ancêtres : Marii, qui pêcha un jour le plus gros poisson de l’océan ; Hone, le poète maori au seuil de son dernier voyage ; Mau et Tevake, maîtres d’un art voué à disparaître – la navigation aux étoiles océanienne.


 

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Bande Dessinée

Bug

Casterman BD - 2017

Dans un avenir proche, en une fraction de seconde, le monde numérique disparaît, comme aspiré par une force indicible. Un homme, seul, malgré lui, se retrouve dans une tourmente planétaire.

Après avoir traité de sujets politiques, géopolitiques (Les Phalanges de l’Ordre Noir, Partie de chasse, avec Pierre Christin), de destins dictatoriaux et de rêves d’immortalité (La trilogie Nikopol), de cauchemars obscurantistes prémonitoires (Le cycle du Monstre), de planète recadrant les humains (La trilogie du Coup de Sang), Enki Bilal nous prive de notre addiction digitale en nous plongeant, non sans une certaine dérision, dans un monde de désarroi et d’enjeux multipolaires…


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Romans

Un océan, deux mers, trois continents

Actes Sud - 2018

Au tout début du XVIIe siècle, Nsaku Ne Vunda, ordonné prêtre et baptisé Dom Antonio Manuel, est chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, il ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est un navire négrier. De quoi mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme...
Wilfried N’Sondé s’empare avec ardeur d’un personnage méconnu de l’Histoire pour dénoncer les horreurs d’une époque d’obscurantisme et exalter la beauté de l’espérance.


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L’Ange du patriarche

Mercure de France - 2018

Emmanuela ne saurait dire comment mais elle a le sentiment d’un déplacement subtil dans l’ordre physique des choses, comme si chaque objet autour d’elle bougeait, se déplaçait ou penchait juste un peu, un centimètre ou deux, lui enlevant le sentiment de sécurité que lui prodigue de savoir chaque chose strictement à la place qu’elle lui a assignée. Une illusion dérangeante. Le surmenage, peut-être.
Haïti. Lorsque Couz, soixante-dix-neuf ans, convoque sa cousine Emmanuela pour lui raconter de sombres histoires de famille, lui parler d’anges, de démons et d’un karma sauvage, Emmanuela l’écoute à peine, elle considère ces histoires de fantômes et d’esprits vengeurs comme peu crédibles. Pourtant, elle doit bien reconnaître que des choses de plus en plus inquiétantes se passent autour d’elle. Elle commence à avoir peur. Et si les propos de Couz n’étaient pas seulement le fruit d’un esprit dérangé…
Kettly Mars nous entraîne dans une histoire haletante aux nombreux rebondissements, alliant souffle épique et moments d’émotion intense, prouvant que la culture vodoue est une source d’inspiration et un incroyable moteur romanesque.

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Romans

Le Jour d’avant

Grasset - 2017

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.


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Plus jamais seul

Gallimard - 2018

Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L’ex-flic borgne à l’humour grinçant – personnage à la fois désenchanté et désinvolte mais consciencieusement autodestructeur – en profite pour faire l’apprentissage tardif de la paternité.
Malgré sa bonne volonté, force est de constater qu’il a une approche très personnelle de cette responsabilité.
Pour ne rien arranger, l’ancien limier apprend le décès de son vieux pote Marc, avocat déglingué et navigateur émérite, heurté par un cargo en pleine mer.
Pour Mc Cash, l’erreur de navigation est inconcevable. Mais comment concilier activités familiales et enquête à risque sur la mort brutale de son ami ?

Emigration clandestine, trafic d’êtres humains et son lot d’exploiteurs et profiteurs inhumains, situation économique grecque calamiteuse, les préoccupations politiques de Férey se retrouvent là encore, servies par un personnage cynique au verbe haut.
La voix de Mc Cash est tonitruante, son humour est grinçant et son comportement celui d’un homme à la fois désespéré et désinvolte.
Plus jamais seul est un texte noir, engagé et/mais drôle. Très émouvant aussi quand tout à coup ce père hors norme parle de sa fille.


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Romans

Quand Dieu apprenait le dessin

Grasset - 2018

Au début du IXème siècle, « nous étions à l’âge des ténèbres. Le palais des Doges n’avait pas encore remplacé la lourde forteresse où s’enfermaient les ducs. Les Vénitiens étaient ce peuple de marchands réfugiés dans les lagunes, pour se protéger des barbares. Ils ne voulaient pas affronter des ennemis mais cherchaient des clients : aux uns, ils vendaient des esclaves, aux autres du poivre ou de la soie. Leur force, c’étaient les bateaux – dans une Europe encore aux mains des évêques et des Papes. »
Venise la récalcitrante excite les convoitises et s’exaspère du pouvoir de Rome. Le 31 janvier 828, le doge de Rialto envoie deux tribuns en mission à Alexandrie pour ramener par tous les moyens la dépouille momifiée de Saint-Marc... Sous la protection d’un évangéliste de cette renommée, Venise pourra alors traiter d’égale à égale avec Rome (qui, elle, ne détient que les restes d’un apôtre) et fonder ainsi une république de mille ans...
Le roman d’une époque méconnue, racontée avec brio et ironie par Patrick Rambaud.

 

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Romans

Très haute tension

Stock - 2018

Trois amis de longue date, alpinistes chevronnés et amateurs de base-jump – ce sport extrême consistant à sauter d’une falaise en parachute –, partent pour une expédition en Alaska au cœur d’une nature préservée. Gleb est victime d’un accident qui transforme l’aventure en une opération de survie et resserre des liens déjà forts. Karen renoue avec Zénon, son amour de jeunesse.
De retour dans les Alpes, en Haute-Durance, chacun reprend une vie troublée par un projet de lignes à très haute tension qui menace de défigurer définitivement la vallée. Engagée dans la montagne comme dans la vie, Karen ne tarde pas à rejoindre les mouvements de contestation, et se heurte à Zénon, qui, pilote d’hélicoptère, travaille à l’installation des pylônes. Face à ce chantier aberrant, à une répression de plus en plus vive, Karen se radicalise et escalade peu à peu les échelons de la violence, pourchassée par Gleb qui mène l’enquête au sein d’une unité d’élite de la gendarmerie.

 

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Bande Dessinée

Bouche d’Ombre, Tome 3 : Lucienne 1853

Casterman - 2017

« Qu’est-ce qu’ils fichent autour de cette table, les Hugo ?

Paris, printemps 1985. Pour arracher son amoureux aux griffes de la mort, Lou va devoir voyager dans le temps sur les traces de la vieille Lucienne, voisine de Victor Hugo sur l’île de Jersey. Elle va approcher de très près ce grand poète au moment où en exil, il converse avec les morts et cherche à déchirer le voile qui le sépare de sa fille noyée...

Illustrations de Maud Begon


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Beaux livres

Atlas des paradis perdus

Arthaud - 2017

Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d’une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d’édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l’horizon de nos mélancolies. Des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…

Revue de presse

"L’humanité a tendance à se bâtir des eldorados, réels ou imaginaires. Gilles Lapouge en dresse un inventaire érudit et joyeux dans cet ouvrage joliment illustré." (Bernard Lehut, RTL)

"Voyageur de toujours, Gilles Lapouge établit la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires." (Un livre un jour, France TV)

 

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Romans

Casting sauvage

Zulma Éditions - 2018

Engagée pour recruter une centaine de figurants, Damya arpente les rues de Paris. Maigres, défaits, abîmés, tous ces malmenés de la société incarneront des déportés, débarquant Gare de l’Est en juin 1945. Dans cette quête, Damya cherche aussi à retrouver le garçon qu’elle a aimé le temps d’une nuit, et dont le souvenir la hante. 
Un roman d’une force exceptionnelle dont le Paris d’aujourd’hui est quasiment le personnage principal, une ville habitée par la mémoire de la déportation, des attentats, et les migrants qui peuplent ses rues…

Ce roman est sélectionné pour le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2018.


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Le géographe des brindilles (de J. Lacarrière)

Hozhoni - 2018

Dans ce nouveau et savoureux recueil, l’auteur de L’Eté grec et de Chemin faisant nous emporte par sa qualité d’écriture, son humour, son appétence pour les mots, sa poésie délicate et sa culture singulière. Il nous entraîne dans Une forêt de signes où l’on respire Le parfum des légendes et où l’on écoute avec ravissement La cantate des chemins. L’Ode à mes amis les arbres, L’offertoire des vents ou L’homme qui voulut rencontrer le printemps sont autant d’agréables moments à passer en compagnie de celui qui fut aussi un arpenteur émerveillé des chemins et un attentif écrivain-voyageur nous emmenant avec délectation au pays des arganiers, dans sa Bourgogne ou sa Grèce tant aimée. Féru de botanique et de biologie, l’amoureux des jardins et des "jardineurs" savait errer dans les bois, discourir savamment sur Le privilège de l’abeille, La mémoire des Libellules ou la Sagesse serpentine, esquisser le portrait d’une vache, passer (au microscope !) Un été chez les Infusoires, déceler La mélancolie du géranium, s’inquiéter de La nostalgie de l’anguille ou réclamer Justice pour les Crapauds. La relation de Lacarrière avec la nature est, nous dit Gil Jouanard dans sa belle préface, celle "des nomades du Paléolithique qui habitaient le monde en le nommant"...

 

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Dictionnaire amoureux du jazz

Plon - 2018

Dès l’âge de seize ans, au moment où je découvrais le Jazz avec le Creole Jazz Band de King Oliver - dont le jeune Louis Armstrong était à vingt ans le deuxième trompette, je n’ai cessé de fureter, d’écouter, ou de découvrir de nouveaux sons, de nouvelles formes de cette musique de Jazz.
Déambuler avec passion dans ce paradis privé est l’un de mes grands bonheurs. Mais la musique est un art mystérieux. Et les codes de certaines formes de Jazz peuvent parfois sembler incompréhensibles, si l’on ne s’arme pas d’une certaine forme de connaissance et de curiosité, qui est je crois le meilleur défaut du monde.
C’est pourquoi j’ai voulu aborder autrement cette musique, la passion de toute ma vie, et faire de ce Dictionnaire Amoureux du Jazz une collection d’histoires, de destins, presque de légendes du Jazz, que je raconte dans cette ouvrage. Des histoires de musiciens (et de musiciennes !), de lieux, d’évènements, de disques qui ont marqué pour moi l’histoire de cette musique.
A l’évidence - c’est le principe même, je crois, de la collection, cette sélection d’une soixantaine de chapitres représente un choix parfaitement subjectif, le mien. C’est en quelque sorte ma petite histoire du Jazz à moi. A la fin de chacune de ces histoires, vous trouverez aussi un mini-guide de conseils variés (à écouter, à lire, à voir…)
Alors venez donc faire un tour avec Charlie Parker ou John Coltrane, soyez les témoins du génie de Louis Armstrong en 1927, ou frottez-vous aux multiples et abrasives dimensions de la musique de Thelonious Monk, l’un des grands pianistes et compositeurs de ce dernier siècle.
Voici quelques unes des pistes que je vous propose, dans ce Dictionnaire Amoureux, d’une musique que j’aime, si violemment, et depuis si longtemps…

 

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Kwaï

Phébus - 2018

Vous souvenez-vous du film de David Lean, Le Pont de la Rivière Kwaï, adapté d’un roman de Pierre Boulle ? Pour Vincent Hein, c’est une partie de son enfance — les soirées cinéma calé contre son père, près de la cheminée et devant la TV. Alors, partir en Thaïlande sur les rives de la célèbre rivière le plonge dans les eaux troubles de la mémoire. Il se souvient des hommes de sa famille, marqués par les guerres. Mais il évoque aussi les atrocités commises par l’armée japonaise… Le roman de Pierre Boulle décrivait des militaires anglais certains de leur supériorité. Quand il s’agit de violence, le récit de Vincent Hein prouve que l’Orient et l’Occident se valent.

 

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Romans

La première pierre

« Ils ont quitté un continent pour atterrir à mi-chemin d’un autre. Des montagnes, des déserts, des fleuves et des mers. Des points dans le désert signalent un village. Le Danemark pourrait tenir tout entier ici, enclos entre deux chaînes de montagnes. Ils n’ont pas remarqué qu’ils quittaient l’espace aérien iranien pour franchir la frontière afghane — mais qu’est-ce qu’une frontière à dix kilomètres d’altitude ? »
 
L’Afghanistan, au début du XXIe siècle. Au cœur du désert, une trentaine de jeunes militaires danois sont impatients d’en découdre, alors que la coalition internationale peine à maintenir la paix dans la province de Helmand, à la frontière avec le Pakistan.
 
Entraînés dans une fuite enragée par leur charismatique chef de section au passé mystérieux, ils connaîtront la trahison, l’errance, et le désespoir d’une guerre sans fin. Dans ce pays qui leur échappe, ils ne se battent bientôt plus que pour garder leur humanité. Sous le soleil afghan, les masques tombent, les hommes dansent, les soldats continuent de mourir.
 
Dans ce grand roman de violence et de pitié, qui doit autant à Conrad qu’à Malraux, le romancier le plus populaire du Danemark, Carsten Jensen, interroge les naïvetés et les aveuglements de nos sociétés occidentales face à la guerre et à la colère du monde.

Lauréat du Prix Transfuge du meilleur roman scandinave 2017, ce roman a été traduit du danois par Nils Ahl.


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Essais

La toison d’or de la liberté

Présence africaine - 2018

Le temps qui vient fera de l’Afrique un protagoniste de premier rang par son poids démographique, ses richesses naturelles, ses espaces sociaux et culturels, et l’on peine aujourd’hui à saisir cette présence africaine dans le monde, brouillée par les guerres, les génocides, les flux migratoires, les conflits politiques. Nous avons cependant une grande histoire commune : la colonisation et la mutation qui a conduit à la libération des peuples en quête de démocratie et de développement. Il est plus que jamais nécessaire d’entendre la parole des acteurs témoins de cette longue et fascinante histoire qui habite notre présent et interpelle notre futur.
Roland Colin est l’un de ces témoins qui, à travers le récit d’un parcours d’exception, nous convie au partage d ‘expériences qui touchent au plus vif nos problèmes du présent. Sensible dès sa jeunesse bretonne à la rencontre des cultures, il s’engage dans la découverte des humanités africaines à l’écoute de son maître Léopold Senghor et s’implique dans la grande aventure de la décolonisation, cette conquête de la liberté, précieuse « Toison d’or » qui doit affronter vents et marées. Il nous montre à quel point la grande transformation africaine, où tout est à imaginer, à construire, à défendre, s’apparente en profondeur à la mutation à l’œuvre dans les peuples de la vielle Europe en quête de nouvelles gouvernances, de nouvelles démocraties. La participation, le métissage des cultures, la greffe entre le monde des racines et l’effervescence des développements créatifs, sont au cœur de ces étapes que l’auteur nous rapporte dans le langage littéraire d’un conteur soucieux de coller au réel. Et l’on voit se dresser ainsi la stature de quelques-uns de ces « passeurs de frontières », à travers des épreuves, des drames, et aussi d’éclatantes démonstrations d’humanité, dans ces terres à la fois proches et lointaines qui se nomment Algérie, Sénégal, Mali, Niger, Madagascar, Rwanda, Tchad, Guinée-Bissau et quelques autres, à l’épreuve des libertés nouvelles. Le maître-mot est alors l’éducation inscrite au cœur de la vie, ce que les conquérants modernes de la « Toison d’or » de la liberté nomment « l’Animation ».
Souleymane Bachir Diagne, le grand philosophe sénégalais, professeur à l’Université Columbia, dans une préface sensible, campe l’auteur comme un « traducteur » entre langues, cultures, sociétés : une fonction répondant à l’exigence des temps présents.

 

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Récit

Le retour de Moby Dick ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes

Actes Sud - 2017

Une nouvelle collection pour repenser notre relation au monde sauvage dirigée par Stéphane Durand, co-auteur et conseiller scientifique des aventures cinématographiques de Jacques Perrin. Nous sommes les enfants de l’univers mais nous l’avons oublié. Au nom de la liberté et de la raison, nous avons coupé tous les ponts qui nous liaient au monde. L’homme moderne est devenu une énigme de la nature. Pourtant, une nouvelle révolution copernicienne est en cours au cœur de notre civilisation occidentale. Partout, au cinéma, en littérature, en philosophie, émerge un nouveau regard sur nos « compagnons de planète ». En allant à la rencontre des animaux et des plantes sur leurs territoires, ces auteurs-naturalistes (scientifiques, philosophes) partent en « mission diplomatique » à la frontière du monde sauvage.

François Sarano nous propose ici le récit d’une véritable aventure qui invite les lecteurs à plonger au milieu des cachalots. Écrit de manière très vivante, il fourmille d’anecdotes et permet de mieux comprendre la vie sociale du plus grand carnivore de l’océan en mettant l’accent sur ses formidables capacités physiologiques et cognitives. L’auteur révèle ainsi les secrets d’une société matriarcale à la culture beaucoup plus sophistiquée qu’Herman Melville ne pouvait supposer. Altruisme, langage, culture, réflexion, le cachalot, dont l’intelligence n’a rien à envier à celle des primates, nous interroge sur la relation possible entre l’homme et l’animal.

 

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Ainsi parlait mon père

Jean-Claude Lattès - 2018

Sami Tchak est né en 1960. Il est le premier enfant de son père à avoir appris à lire et à écrire. Après une licence de philosophie à l’université de Lomé, il termine des études à Paris par un doctorat de sociologie. Il écrit des essais puis des romans. Mais c’est dans la forge de son père qu’a commencé son éducation. Le charbon, les soufflets, le feu, l’enclume, le fer rougi et le marteau ont précédé les pages et la plume. Et surtout les histoires de son père. Sami Tchak l’écoutait sans cesse. Ce dialogue, cette écoute a duré plus de quarante ans et ne s’est interrompu que par la mort du père en 2003 mais il continue à entendre sa voix, à percevoir ses mots et sa sagesse. Ces pages sont un fragment des histoires de cet homme qui disait à son fils : « Tu m’écoutes et tu tries. Tu m’écoutes et du tamises mes mots. Il en restera juste des miettes donc l’essentiel ». Ces « leçons de la forge » que le père adressait à ses fils, ses filles, ses épouses, aux hommes et aux femmes du village, Sami Tchak ne les a pas oubliées : elles sont un bien inestimable, des leçons d’humanité, d’humilité et d’amour. « D’un enfant, nous devons apprendre plus que nous ne pouvons lui enseigner, puisqu’il porte en lui le monde que nous n’aurons pas le temps de vivre, alors que lui a la possibilité de connaître l’essentiel de ce qui existait avant lui. » : ainsi parla mon père à la naissance de mon fils aîné Malick le 2 juin 1987 à Ouagadougou.
« Tu prétends avoir terrassé tous tes concurrents dans les sept villages, hein, beau champion de lutte ? En es-tu sûr ? Es-tu sûr qu’il ne te reste aucun concurrent à terrasser ? Tu veux que je te dise la vérité, tu le veux ? Jeune homme, ta victoire ne sera complète que le jour où tu mettras à genoux ta propre ombre » : ainsi parla mon père au plus grand lutteur du village qui s’inventait sa propre légende.
« Partout dans le monde, si tu ne retrouves pas en les autres une part profonde de toi, ne dis pas qu’ils sont différents de toi, mais que tu n’as pas su te chercher en eux. Sinon, en chaque homme, en chaque femme, même en ceux et en celles qui te semblent si vils, méprisables, il y a ta propre vérité. Ne pas t’y trouver, c’est passer forcément à côté de toi-même, mon fils » : ainsi parla mon père pour m’apprendre à chercher en chacun la part entière de l’humaine condition.

 

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Essais

Habiter le monde. Essai de politique relationnelle

Mémoire d’Encrier - 2017

Habiter le monde, c’est se concevoir comme appartenant à un espace plus large que son groupe ethnique, sa nation… c’est pleinement habiter les histoires et les richesses des cultures plurielles de l’humanité. 
Repenser notre présence au monde est le défi de notre époque. Cet essai de politique relationnelle invite à renouveler les imaginaires de la relation que nous établissons avec nos semblables et le vivant. L’auteur y appelle à une réinvention du politique et du langage afin d’habiter l’infini du monde.


Revue de presse

 

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L’Obscure clarté de l’air

Gallmeister - 2017

“Née pour détruire les rois, née pour remodeler le monde, née pour horrifier et briser et recréer, née pour endurer et n’être jamais effacée. HécateMédée, plus qu’une déesse et plus qu’une femme, désormais vivante, aux temps des origines”. Ainsi est Médée, femme libre et enchanteresse, qui bravera tous les interdits pour maîtriser son destin. Magicienne impitoyable assoiffée de pouvoir ou princesse amoureuse trahie par son mari Jason ? Animée par un insatiable désir de vengeance, Médée est l’incarnation même, dans la littérature occidentale, de la prise de conscience de soi, de ses actes et de sa responsabilité.

Dans une langue sublime et féroce, David Vann fait une relecture moderne du mythe de Médée dans toute sa complexe et terrifiante beauté. Le portrait d’une femme exceptionnelle qui allie noirceur et passion dévorante.

Revue de Presse

 

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Saison du Voyage

Stock - 2018

« Le voyage est d’abord rêvé. Il le reste et je l’ignorais. Je voulais voir le monde autant que m’en échapper. Je suis parti, moi aussi, aiguillonné par l’esprit d’aventure – on n’était déjà plus explorateur – et ses chantres. Quand il restait des mystères sur Terre. Les classiques de la littérature de voyage m’ont fait halluciner les yeux grands ouverts. Mais à quoi bon poursuivre désormais des fantômes, dans les confettis de forêts vierges pixellisées par Google Earth ? »
C. G.

Qu’est-ce qui fait le départ ? Partir, fuir, rêver, s’échapper. Cédric Gras, qui appartient de livre en livre à ces écrivains-voyageurs, sans cesse partis pour mieux revenir, nous relate quelques-unes de ses tribulations, du Tibet à l’Albanie en passant par toute l’Eurasie. Les hautes solitudes en guise de bout du monde, les rencontres en partage d’un fragment de vie, l’apprentissage d’une langue comme plus belle exploration, ce qui fait sa sensibilité à l’ailleurs.

Les Saisons du voyage sont celles que l’auteur talonne, l’automne, le printemps, mais aussi celles qui ne reviendront pas, qu’il traverse sans nostalgie, mais dans la conscience d’un passé qui ne l’a pas attendu. Les lieux et les hommes ont changés, le rapport au temps aussi. Pour les jeunes générations, l’initiation au monde se fait à travers une planète métamorphosée par le progrès, la politique et la démographie, rétrécie. Qu’est devenu le voyage au xxie siècle ?

 

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Romans

Le livre d’Amray

- 2018

« On m’a dit que je naissais au monde, que les montagnes reculeraient devant mes aspirations, que les plaines donneraient plus de blé qu’elles n’en ont jamais produit et que les matins s’offriraient à mes pas juvéniles. Que ne m’a-t-on dit pour me laisser croire que j’étais un homme libre ? »
Amray est né avec la guerre, entre le souffle du chergui, le vent chaud du Sahara, et les neiges des Hauts Plateaux, fils préféré d’une mère qui n’avait jamais appris les mots d’amour, et d’un père qui a fait plus de guerres qu’il n’en faut pour un homme. Mais bientôt son monde vacille et les amis d’enfance, Shlomo, Paco, Octavia – celle qu’il nomme ma joie – quittent le pays.
Resté là comme en exil, Amray, fils du vent, fils de fières et nobles figures de résistance, Augustin, la Kahina ou Abd el-Kader, avec la rage puisée dans les livres et les mots des passeurs, part chercher plus loin ses horizons, et la liberté d’être poète.
À travers le récit d’une enfance et d’une jeunesse marquée au fer de la guerre et de la violence en Algérie, le Livre d’Amray est une charge ardente contre un régime autoritaire et tous les intégrismes religieux, un chant vibrant d’amour pour une terre qui n’est jamais nommée, une Algérie rêvée et rendue à la vie – un chant d’espoir au monde.

 

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Romans

La conquête des îles de la terre ferme

"J’ai vu tout ça. Nous l’avons fait, et on l’oubliera si je ne le raconte pas, personne ne le croira quand il le lira, mais nous l’avons fait. Traverser la mer inconnue, vaincre des armées, détruire nos navires, entrer dans cette ville, nous emparer du grand Montezuma, faire périr ses capitaines pendant qu’il est aux fers, et survivre. Ces grands faits incroyables, nous en sommes les acteurs, mais Dieu seul les préparait sur notre route. Car quels hommes oseraient imaginer tout ça ? Et quels hommes oseraient l’accomplir ? "Nous, Innocent, nous.
Dieu si tu veux, mais Il ne m’a rien dit, j’ai tout osé seul, et nous tous l’avons fait.""
Avec cinq cents types de hasard rassemblés à Cuba, Hernán Cortés découvre et conquiert le grand empire des Mexicas, dans une suite de prouesses que l’on croirait tirées d’un roman de chevalerie qui tourne mal. Jamais il n’y eut plus grande aventure que celle-ci, et jamais il n’y en aura d’autre, car désormais le monde est clos, connu, fini : il n’y aura plus jamais de Nouveau Monde. Pour qu’on garde cette aventure en mémoire, j’en ai fait le récit.


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Récit

Marcher à Kerguelen

Gallimard - 2018

Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l’absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l’océan Indien aux confins des Quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe. Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l’auteur avait longtemps rêvé, l’a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l’itinérance, l’impossibilité de faire demi-tour, n’empêchent pas l’esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivière, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonnance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette aventure.

 

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Romans

L’affaire Mayerling

Rivages - 2018

Bernard Quiriny peint dans un savoureux roman la vie mouvementée des habitants d’un immeuble.
Quand un mystérieux groupe immobilier parvient à racheter « le petit manoir » de la rue Mayerling dans le centre-ville, c’est la surprise générale dans la petite ville de Rouvières. Le chantier démarre : la vieille maison est démolie et « le Mayerling », résidence de standing, ne tarde pas à sortir de terre. L’ennui, c’est que, sous ses apparences cossues, le Mayerling est un immeuble de piètre qualité : un assemblage de clapiers en béton mal insonorisés, mal finis, où les voisins sont autant d’ennemis. Surtout, ces habitants ne tardent pas à découvrir que le Mayerling n’est pas du tout un immeuble ordinaire... Ce roman, aussi drôle que grinçant, offre une satire de l’urbanisme qui saccage l’environnement, de la promotion immobilière et du bétonnage à tout crin. De situations cocasses en dérapages incontrôlables, le narrateur retrace avec beaucoup d’humour le naufrage d’une communauté de voisins aux tensions exacerbées.
Véritable satire de l’urbanisme contemporain, ce roman aussi drôle que glaçant, héritier survolté de La Vie mode d’emploi de Perec et de La Trilogie de béton de J. G. Ballard dresse le portrait d’une société prisonnière de ses rêves de béton.


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L’Express de Bénarès : A la recherche d’Henry J.-M. Levet

Fayard - 2018

« Au retour d’un voyage aux Indes, en 1898, le poète Henry J.-M. Levet affirma à ses amis de Montmartre qu’il achevait un roman intitulé L’Express de Bénarès dont il évoquait devant eux les personnages ou les épisodes plus cocasses – mais personne n’en prit jamais connaissance. Levet l’écrivit-il vraiment  ? Nous ne le saurons jamais. A sa mort en 1906, à l’âge de trente-deux ans, après quelques années passées comme vice-consul à Manille puis à Las Palmas, ses parents détruisirent ses lettres et ses manuscrits.
Pourquoi Levet, que j’ai découvert à l’âge de dix-sept ans, m’a-t-il si durablement obsédé  ? Pourquoi ce jeune homme que chérissent depuis plus d’un siècle quelques centaines de lecteurs, d’une génération l’autre, comme pour perpétuer le cercle du poète disparu, et que nul n’aurait connu sans la persévérance de Fargue, son ami intime, et de Larbaud qui, après sa mort, entreprirent de rassembler et de publier ses poèmes, appartient-il ainsi à mon imaginaire – ou mieux, à ma vie  ?
Partir à la recherche de Levet, le lire, le relire, retrouver ses paysages d’enfance à Montbrison, regrouper de rares témoignages, me plonger dans l’exubérante bohême montmartroise au tournant des XIXe et XXe siècles, m’interroger sur la personnalité contrastée de ce poète si solitaire, au physique ingrat, et qui égayait ses amis par ses tenues extravagantes, n’était-ce pas une façon de mieux me connaître moi-même ?
On en revient toujours là.  »

 

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Romans

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


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Romans

Mercy, Mary, Patty

Actes Sud - 2017

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Un volumineux dossier sur l’affaire a été confié à Gene. Pour le dépouiller, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui a exactement le même âge que l’accusée et pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats...
Avec ce roman incandescent sur la rencontre décisive de trois femmes “kidnappées” par la résonance d’un événement mémorable, Lola Lafon s’empare d’une icône paradoxale de la “story” américaine pour tenter de saisir ce point de chavirement où l’on tourne le dos à ses origines. Servi par une écriture incisive, Mercy, Mary, Patty s’attache à l’instant du choix radical et aux procès au parfum d’exorcisme qu’on fait subir à celles qui désertent la route pour la rocaille.

"FAIRE UN PAS DE CÔTÉ et laisser à l’actualité ses conclusions, s’en remettre à la fiction, aux lignes droites préférer le motif du pointillé, ces traces laissées par Mercy Short, Mary Jamison et Patricia Hearst que je découvre lors d’une résidence à Smith College, Massachusetts.
Elles ont dix-sept ans en 1690, quinze ans en 1753 et dix-neuf ans en 1974. Leur point commun : elles choisissent de fausser compagnie au futur étroit qu’on leur concoctait et désertent leur identité pour en embrasser une nouvelle, celle des « ennemis de la civilisation » de leur époque, les Natifs américains pour les deux premières, un groupuscule révolutionnaire pour la troisième.
La rencontre est au centre de Mercy, Mary, Patty, la mienne et celle de mes personnages, Violaine et Gene Neveva, avec celle qui, en 1975, tourna brièvement le dos au capitalisme pour se rallier à la cause de ses ravisseurs marxistes : Patricia Hearst.
Sa voix rythme le récit, défait les territoires idéologiques et dévoile l’envers de l’Amérique, elle porte en elle une question qui se transmet de personnage en personnage, question-virus qui se transforme en fonction du corps qui l’accueille : que menacent-elles, ces converties, pour qu’on leur envoie polices, armées, prêtres et psychiatres, quelle contagion craint-on ?
Patricia Hearst met à mal toute possibilité de narration omnisciente, à son épopée ne conviennent que des narrations multiples.
Si mon précédent roman interrogeait la façon dont les systèmes politiques s’affairent autour des corps de jeunes filles, Mercy, Mary, Patty s’attache à l’instant du chavirement, du choix radical et aux procès qu’on fait subir à celles qui désertent la route pour la rocaille, des procès similaires sur trois siècles, au parfum d’exorcisme. Mercy, Mary, Patty est semé du sable des Landes où se déroule le récit, ses grains minuscules enrayent la fiction d’un monde « civilisé » auquel on se devrait de prêter allégeance.’’


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La disparition de Joseph Mengele

Grasset - 2017

1949 : ancien médecin SS à Auschwitz, coupable d’expérimentations atroces sur les déportés, Josef Mengele s’enfuit en Argentine. 1979 : après trente ans de traque, il meurt mystérieusement au Brésil.
Caché derrière divers pseudonymes, protégé par ses réseaux et par l’argent de sa famille, soutenu à Buenos Aires par une communauté qui rêve du Quatrième Reich, Mengele croit d’abord pouvoir s’inventer une nouvelle vie... En Allemagne, l’heure est à la reconstruction, l’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier. Mais la traque reprend, menée par le Mossad puis par le chasseur de nazis Simon Wiesenthal. Avec l’aide de sympathisants, Mengele trouve un temps refuge au Brésil, auprès d’un couple de Hongrois, dans une ferme reculée. Son errance ne connaîtra plus de répit. De planque en planque, entouré d’une meute de chiens, perché sur le mirador qu’il a fait construire pour guetter les dangers qui le menacent, isolé, déguisé, dévoré d’angoisse, Mengele finira noyé sur une plage brésilienne.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet international trente ans durant ? De quelles complicités en Allemagne de l’Ouest et en Amérique du Sud a-t-il bénéficié ? L’histoire est inouïe, elle est dérangeante. La barbarie nazie y croise la modernité des années 1960 et 1970, et nos ambiguïtés occidentales : que faire des hommes qui ont commis le mal ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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Autres

Trois cantates policières

Actes Sud - 2015 - 2015

Trois fleurs toxiques, trois femmes de la même lignée et trois empoisonnements jalonnent une vengeance familiale transmise sur trois générations. ou quand la littérature policière rencontre la tragédie lyrique dans un opéra de chambre…
La fille, la mère, la grand-mère : chacune a été victime d’un homme ; chacune a souffert d’un sort funeste ; chacune voudrait se venger. Leur arme ? Celle des faibles et des fourbes, celle des poètes et des savants : une plante toxique, fatale, au doux parfum de fleur.
Les trois textes remontent le temps, chacun contenant sa propre élucidation ainsi que celles des deux autres. ils peuvent aussi se lire séparément, creusant les thèmes du destin, de la culpabilité, des héritages malheureux. Ils ont été créés pour l’opéra mais pourront être joués au théâtre. C’est de la littérature et de la musique. C’est de la poésie.
Si l’opéra est depuis toujours la scène des décès tragiques, des drames de la jalousie, des crimes d’honneur et des amours contrariées, il verse pourtant rarement dans le registre strictement policier.
C’est à l’initiative de l’ensemble Musicatreize de Marseille, dirigé par Roland Hayrabedioan, que ce triptyque a été commandé à Sylvain Coher : trois cantates sur un thème policier qui pourront se jouer individuellement ou dans la continuité d’une véritable trilogie.


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Sucre Noir

Rivages - 2017

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.
 Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument. 
Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d’hommes et de femmes guidés par la quête de l’amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d’un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices. 

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Romans

Le Corps des bêtes

Grasset - 2018

Dans un paysage de roches, de glace et d’eau, au sommet d’une tour longeant une plage désertique, Mie attend que son oncle vienne l’initier aux mystères de l’amour. Mais Osip l’ignore ; il préfère passer ses journées à scruter les bateaux qui arrivent du large et à observer Noé, la femme de son frère aîné et mère de ses neveux et de sa nièce. L’étrangère n’a rien de commun avec les autres femmes. Elle est sauvage, mutique, énigmatique. Ses chants percent parfois le silence et attirent à elle ses enfants qui n’ont pas droit de cité dans sa maison mais peuvent venir l’écouter. C’est elle qu’Osip désire. Alors, en attendant que son oncle daigne venir la retrouver, Mie imagine : elle emprunte par la pensée le corps des bêtes qui l’entourent, là un ours, ici une grue, pour comprendre d’où elle vient, de quelle lignée, et tâcher de percer l’énigme de la chair. Mais Osip osera-t-il ?

Audrée Wilhelmy nous plonge ici dans un univers fantasmagorique, à la lisière de la légende et du mythe, pour explorer les contrées du désir et la part bestiale que chacun porte en lui. D’une langue envoûtante et magnifique, elle invente une nouvelle mythologie aussi belle que puissante.


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Romans

De purs hommes

Philippe Rey / Jimsaan - 2018

Tout part d’une vidéo virale, au Sénégal, où on voit le cadavre d’un homme être déterré puis traîné hors d’un cimetière par une foule. Dès qu’il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de Lettres déçu par l’enseignement et fatigué de l’hypocrisie morale de sa société, un intérêt voire une obsession pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi avait-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c’était un goor-jigéen, un « homme-femme ». Autrement dit, un homosexuel : péché ultime, faute absolue dans un pays où la religion régit les moeurs et les rapports sociaux.

Les discussions de Ndéné avec son entourage – son amante, Rama, bisexuelle assumée et libre ; son père, imam, garant des valeurs religieuses – et certaines de ses rencontres – Maniang Niang, un travesti, brillante étoile du folklore local ; Demba, un jeune serveur – contribuent peu à peu à lui faire comprendre, dans un contexte social de plus en plus nerveux sur le sujet, la réalité de la condition des homosexuels au Sénégal.

Ndéné se met à la recherche du passé de l’homme déterré de la vidéo, et va même rencontrer sa mère qui lui révélera les causes profondes de son intérêt pour cet inconnu. Alors qu’autour de lui les suspicions et les rumeurs naissent, Ndéné tente d’affronter la seule grande question qui vaille à ses yeux : comment trouver le courage d’être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, quel qu’en soit le prix ?

 

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Ave Maria

Youssef, un vieil Irakien chrétien, refuse obstinément de quitter Bagdad, sa ville natale. À la suite d’un attentat, il accueille chez lui une proche parente et son mari. Maha, elle, ne rêve que de partir, et le plus rapidement possible. L’un après l’autre, ils racontent leur histoire, opposant deux générations d’Irakiens, celle des nostalgiques irréductibles et celle qui cherche par-dessus tout à fuir l’horreur du présent.
Sinan Antoon poursuit son exploration de la violence qui s’est emparée de son pays, dressant ses composantes confessionnelles l’une contre l’autre. Il aborde ici un sujet particulièrement douloureux : le sort de la communauté chrétienne d’Irak, enracinée dans le pays depuis deux millénaires.

 

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Zagros, fils de Chronos

Bleu Autour - 2018

Zagros, enfant kurde, voit sa ville assaillie par les forces du mal et se trouve jeté sur les chemins de l’exil avec sa famille de tisserands de kilims. Les voici bientôt ballotés par les mers où les enfants perdent le sillage des parents. Zagros grandira trop vite au fil de son périple entre le golfe Persique et l’Atlantique. Il croise les noirs desseins du capitaine Achab de Moby Dick. Le Prince Dakkar cher à Jules Verne le mène sur l’île d’Elysion où échouent les petits naufragés d’aujourd’hui. Et le gardien de l’île, Chronos, l’enserre dans sa tenaille… Le tragique de l’exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent encore le paon sacré des Yézidis et les yeux profonds comme les mers des étonnants voyageurs de Baudelaire…

Traduit du Turc par Jean Lescat

 

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Biographie

Maurice G. Dantec : Prodiges et outrances

Séguier - 2018

Enfant maudit de la « banlieue rouge », Maurice G. Dantec révolutionna le paysage littéraire français avec Les Racines du mal (1995), ovni flamboyant au croisement du roman social, du techno-thriller et de la science-fiction. Mais la publication du très controversé Théâtre des opérations I (2001) marque le début de la chute pour le « prince du néopolar » : brouilles éditoriales, dérapages politiques, dérive idéologique (de l’extrême-gauche au Bloc identitaire, en passant par l’odyssée punk et la conversion au « catholicisme futuriste »), abus de psychotropes… Son décès, en juin 2016, laisse de nombreux regrets, et quelques doutes : auteur alarmiste ou prophétique ? Poète égaré ou écrivain génial ? Cette biographie retrace le parcours d’un paradoxe vivant, porté aux nues puis décrié. À tort ?

 

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Récit

L’Est

Actes Sud - 2017

Grand écrivain voyageur polonais, Andrzej Stasiuk part cette fois-ci en Sibérie, en Mongolie, en Chine, en Kirghizistan… à la recherche du « Far Est », de grands espaces, de l’infini, des terres arides, des paysages inchangés depuis des siècles. La fascination de ces contrées est toujours mêlée d’appréhension car le berceau du communisme, c’est ici. En parallèle à son périple, Stasiuk entreprend alors un voyage dans le temps, et se confronte à sa jeunesse, à l’expérience du régime de la Pologne populaire. Sa vision de l’Est, très personnelle, est à la fois politique, intellectuelle et culturelle. « On voyage pour se confronter à son esprit, à sa pensée, à sa mémoire », écrit-il. Faisant partie des cinq écrivains polonais les plus traduits dans le monde, Stasiuk nous invite à changer notre regard sur ces pays très méconnus en Europe.

Traduit du polonais par Margot Carlier.

L’Est a reçu le Prix littéraire de la ville de Varsovie en 2015.


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Romans

Les Belles de Halimunda

Sabine Wespieser Editeur - 2017

Fondée par une princesse à la beauté fatale, Halimunda est une ville imaginaire de la côte sud de Java. Eka Kurniawan y déploie l’histoire d’une lignée de femmes marquée par une malédiction dont l’origine remonte à la fin de l’occupation néerlandaise.
Le livre s’ouvre au moment où Dewi Ayu, la prostituée la plus célèbre de la ville, sort de sa tombe vingt et un ans après sa mort. Couverte de son linceul, sa très longue chevelure flottant au vent, elle traverse Halimunda pour rentrer chez elle. Dans la véranda est assise une jeune fille d’une insoutenable laideur. Dewi Ayu comprend que son vœu a été exaucé : épouvantée par la succession de catastrophes qui s’étaient abattues sur ses trois filles aînées, aussi séduisantes que leur mère, sur leurs familles et sur la région entière, elle avait tout mis en œuvre pour que la quatrième fût laide. La repoussante jeune femme reçoit pourtant la nuit les visites d’un mystérieux prince charmant.
L’identité du visiteur nocturne, et la raison pour laquelle Dewi Ayu est revenue parmi les vivants, seront élucidées à la faveur d’une époustouflante plongée dans le passé. La difficile conquête de l’indépendance, les massacres des communistes en 1965 et la dictature de Soeharto constituent la toile de fond de cette tragédie de la vengeance où destinées individuelles et collectives sont intimement liées.
Alternant réalisme historique et figures légendaires, convoquant à loisir spectres et esprits, passant de l’émotion la plus pure à un humour ravageur, de l’idylle romantique à la violence la plus crue, Eka Kurniawan impressionne par la diversité de ses registres. Et la maîtrise narrative avec laquelle il mène au pas de charge son lecteur éberlué vers le dénouement l’inscrit d’emblée parmi les grandes voix de la littérature mondiale.

Traduit de l’indonésien par Etienne Naveau.


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Face au vent

Gallmeister - 2018

Dans la famille Johannsen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, administratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérités de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia. Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.
Oscillant entre rires et larmes, le roman de Jim Lynch donne une furieuse envie de prendre le large.

Traduit de l’anglais par Jean Esch

Revue de Presse

 

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Biographie

Mon autre famille

L’Olivier - 2018

« À cette époque reculée, j’étais encore trop jeune pour comprendre qu’il n’y aurait jamais de dame à mes côtés, généreuse ou non. (…) Certains enfants en font très tôt l’expérience, bien avant que nous n’apprenions le sens du mot et que nous ne laissions nos coeurs impétueux nous montrer la voie vers le Vrai Nord. Nous grandissons tels les individus d’une espèce entièrement différente, antilopes solitaires parmi le troupeau des bisons de nos proches. Tôt ou tard cependant, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies. »

Comment quitter une famille conservatrice du Sud pour renaître à San Francisco ? C’est la trajectoire effectuée par Armistead Maupin au cours de sa vie : né en Caroline du Nord dans une famille aux idées très arrêtées, il réalise vite que le Sud est trop petit pour lui, et prend la route en quête d’aventures. Il les trouvera, d’abord dans les jungles du Vietnam où il s’initie à l’homoérotisme, et ensuite, dans l’un des endroits les plus fous qu’on puisse imaginer : San Francisco au début des années 1970.

Derrière tout cela, Armistead Maupin exprime le besoin de se réinventer et d’échapper aux déterminismes de la naissance. C’est à San Francisco qu’il trouve son « autre famille », une famille d’affinités électives et d’amitiés, une famille construite par les luttes. Il retrace l’émergence des mouvements gays et lesbiens, dessine le portrait d’une ville en ébullition. Et entrouvre la porte sur le cabinet d’écriture où sont nés le célèbre 28 Barbary Lane et Anna Madrigal, personnage bigger than life.

Œuvre traduite de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville.


Revue de presse

« Peu de gens ont retracé avec plus d’élégance qu’Armistead Maupin ce passage du vieux Sud conservateur à San Francisco arborant le drapeau arc-en-ciel, à travers les gouffres du doute et de la maladie tragique. »

(Chris Bryant, New Statesman)

« On y trouve beaucoup de ce qu’on attend de Maupin : de l’esprit et de la peine rassemblés en un ensemble bien ordonné, de sorte que chaque anecdote peut provoquer une douleur mélancolique et un fou rire dans un même paragraphe. »

(New York Times Book Review)

« Les mémoires toujours honnêtes, souvent pleines d’humour, et incroyablement puissantes d’un des auteurs américains les plus influents de notre époque. »

(The Advocate)

 

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Romans

Né un mardi

Anne-Marie Métailié - 2018

Un roman d’apprentissage moderne dans une partie chaotique de l’Afrique.
Dantala ne connaît pas son âge, mais il sait qu’il a fait dix ramadans, à peu près. Il vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Évidemment, ça tourne mal, mais tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir. Sans famille, il trouve refuge à Sokoto dans une mosquée salafiste. Il apprend l’anglais avec son ami Jibril, psalmodie l’appel à la prière, tombe amoureux, découvre le pouvoir de la langue et l’étendue de ses contradictions. Naïf mais curieux, le gamin paumé se fait une place et un nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
Loin de l’exotisme et du tiers-mondisme bien-pensant, Elnathan John nous emmène dans une région dont on ignore presque tout : harmattan, poussière des routes, vendeurs de koko, c’est l’autre côté du miroir. Un formidable roman d’apprentissage, extraordinairement dense, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

Traduit de l’anglais (Nigeria) par Céline Schwaller.


Revue de presse

 

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Récit

Le petit terroriste

Flammarion - 2018

Récit autobiographique, Le Petit Terroriste évoque, à travers le regard d’un jeune adolescent syrien dont la famille s’installe en Arabie Saoudite, les réactions de la société saoudienne à l’époque d’événements majeurs dans le monde arabe : le 11 septembre, la mort d’Hafez el-Assad et la guerre en Irak. Pris entre ses propres contradictions, les persécutions dues à sa nationalité, la découverte de la religion, de la politique et du sexe, le jeune homme est confronté à l’Islam radical.


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Le Miel du lion

Albin Michel - 2018

« Beauté de la prose, descriptions saisissantes et documentation méticuleuse font de ce livre un premier roman exceptionnel. Matthew Neill Null est un auteur qu’il faut suivre de près. » Ron Rash

Helena, Virginie-Occidentale, début du XXe siècle : une petite ville érigée à la va-vite pour accueillir une compagnie d’exploitation forestière. Les rues bruissent de rumeurs de révoltes ; les bûcherons se sont organisés en un syndicat clandestin et préparent une grève générale pour protester contre leurs conditions de travail et leurs salaires de misère. Ce qu’ils ignorent, c’est que la compagnie est au courant de leur projet et a engagé des agents secrets chargés de mater toute velléité de révolte…

Ce point de départ permet à Matthew Neill Null de faire vivre une formidable galerie de personnages – ces bûcherons qu’on surnomme les « loups » –, s’attachant à dépeindre leurs rêves et leurs peurs. Il offre aussi une réflexion puissante sur la destruction de l’environnement par l’homme, décrivant ce qui reste avant tout un désastre humain et écologique, et signe un livre saisissant qui se lit comme un roman noir aux allures de tragédie sociale. De sa plume audacieuse, foisonnante et poétique, il donne une voix à ces gens venus du monde entier dans l’espoir de trouver en Amérique une vie meilleure. Entre racisme, préjugés, cupidité, lutte des classes et loyauté, ce portrait d’une société aux prises avec ses pires instincts résonne d’une humanité poignante, tour à tour magnifique et effroyable.

 

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Romans

L’île

Gaïa Éditions - 2018

Il arrive que se produisent des choses qui rassemblent l’humanité tout entière, et chacun se rappelle l’endroit où il se trouvait quand il a appris la nouvelle. Le monde peut devenir si petit qu’il se résume à un seul être humain. À un homme minuscule dans un fjord abandonné d’Islande.
Un homme qui se souvient : comment toute communication avec le monde extérieur fut soudain coupée, comment réagirent le gouvernement, les médias, la population. Comment il réagit lui-même, journaliste politique flirtant avec les sphères du pouvoir, en couple avec María, musicienne d’origine étrangère.
Le pays, obsédé par son passé, croit pouvoir vivre en autarcie, rejette dangereusement tout ce qui n’est pas islandais, et réactive des peurs ancestrales. Faire face à la faim, dans un pays de volcans cerné par les eaux.
Comme un piège qui se referme.

Roman traduit de l’islandais par Éric Boury.


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Biographie

La femme du cartographe

Payot - 2018

Un dimanche d’octobre 1769, la fille du gouverneur de Riobamba, dans la vice-royauté du Pérou, prit la tête d’une expédition de 41 personnes pour retrouver son mari qu’elle n’avait pas revu depuis vingt ans. Son nom : Isabel Gramesón. Son époux, Jean Godin des Odonais, était l’un des savants de la première exploration scientifique française en Amérique latine, emmenée par Charles Marie de La Condamine et destinée à mesurer un arc de méridien sur l’équateur afin de déterminer la forme exacte de la Terre. Le couple vécut ensemble huit ans avant que le désir de regagner la France n’éloigne Jean en Guyane française. Vingt ans durant, il tenta d’obtenir les papiers nécessaires pour faire venir sa femme à lui. Prévenue qu’un bateau l’attendait depuis deux ans à l’embouchure de l’Amazone, Isabel entama enfin un périple exténuant de 4 800 kilomètres d’un bout à l’autre du continent, à travers la cordil- lère des Andes et la jungle amazonienne. Après avoir vu périr un à un ses deux frères, son neveu et tous ceux qui l’accompagnaient, elle erra seule huit jours dans la jungle avant de prendre pied sur le bateau qui la mena à son époux. Ils finirent leurs jours à Saint-Amand-Montrond dans le Cher d’où Jean était originaire.

Une histoire palpitante, servie par un sens du récit et du suspense indéniable, qui réunit habilement érudition, histoire d’amour, intrigue et meurtre ! Consacré à sa parution comme l’une des meilleures biographies par l’American Library Association et déjà traduit en neuf langues, le livre a rencontré aux États-Unis un succès critique immédiat. Les droits d’adapta- tion en ont été achetés par un producteur de films en vogue au Royaume-Uni, Alan Moloney (L’Île au trésor, 2013 ; Albert Nobbs, 2012).

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Odile Demange.

 

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Essais

Les guerres perdues de Youri Beliaev

Grasset - 2018

Youri Beliaev : élu député du Soviet de Leningrad en 1990 sur une liste nationaliste. Marié, deux fils, dont un mort brutalement. Surnoms : Papa Muller, le Chat, le Petit bonhomme en pain d’épice... Admirateur de Benito Mussolini et, « avec des réserves », d’Adolf Hitler. Supporter du Zénith Saint-Pétersbourg, il aime les films soviétiques, les animaux et la lutte gréco-romaine.

Le CV de Youri Beliaev n’avait rien d’attirant. Il intrigue pourtant Pierre Sautreuil, pigiste de 21 ans tout juste débarqué en Ukraine pour y couvrir la guerre du Donbass. Ancien flic devenu mafieux, millionnaire déchu, chef de parti d’extrême droite, vétéran du conflit yougoslave soupçonné d’avoir tué 64 Bosniaques et tenté d’assassiner Eltsine, fugitif recherché en Russie, Youri Beliaev a décidé, à 58 ans, de se mettre au vert sur le front de Lougansk. Drôle d’endroit pour se planquer...

Lorsque Pierre le rencontre, il ne voit qu’un vieil homme un peu fatigué, bras droit du commandant « Batman », un seigneur de guerre qui cherche à se tailler une part du gâteau ukrainien. Mais très vite, entre l’apprenti reporter et le mercenaire sur le retour, se noue un lien fait de confessions troubles, d’une affection tangible et d’une certaine fascination. Tandis que les obus dévastent la steppe glacée, Pierre découvre et partage l’histoire rocambolesque d’un homme prêt à tout, jusqu’à l’innommable, pour rendre à la Russie sa gloire d’antan et assouvir ses ambitions. Au fil des pages, Youri disparait, Youri se cache, Youri échappe à un attentat, fait de la prison, s’échappe... Et Pierre le poursuit, s’inquiète, tente de comprendre. Salopard, fasciste, criminel de guerre néonazi, ou rebelle dans une société russe dont toutes les portes sont fermées ? « T’as le droit de pas aimer ce qu’il a à vendre, mais au moins, lui, il se bat », dit à Pierre un des derniers copains de Youri.

A travers le portrait d’un homme, le récit romanesque d’une amitié improbable, et une traversée épique, burlesque et terrible, du Donbass à Moscou, de la Bosnie à la Tchétchénie, Les guerres perdues de Youri Beliaev nous fait découvrir une Russie qui ne s’est jamais remise de la chute du Bloc soviétique. Exaltant et totalement original.


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Romans

L’Art de perdre

Flammarion - 2017

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.


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Récit

En partance

Hoëbeke - 2018

Un homme se tient face à la mer, à l’extrême fin de l’Europe, en Irlande, comme s’il s’absorbait lentement dans le paysage ou y cherchait les voies d’une découverte de soi.
Et à sa voix répondent d’autres voix, comme en écho, croisées ailleurs, à Bruxelles, à Gand, qu’importe l’endroit... La catastrophe a déjà eu lieu, « comme si quelqu’un brûlait des ordures ce jour-là devant une Flamme éternelle depuis longtemps en allée ». Et nous comprenons que nous sommes en Bosnie, à Sarajevo, à Mostar, tout autant qu’en exil, errants séparés du monde et de soi, sans retour – à moins que l’exil ne soit pas une parenthèse, mais le seul espace habitable d’une reconstruction...
Roman, récit de voyage ? Combinant texte et photographie, brouillant les frontières entre narration fictionnelle, témoignage et « reportage », Dušan Šarotar signe là une œuvre magistrale, envoûtante, qui n’est pas sans rappeler W.G. Sebald.

Version française traduite de l’anglais par Frédéric Le Berre.


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Ne préfère pas le sang à l’eau

Viviane Hamy Editions - 2018

« Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu’il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n’avais pas eu une telle soif.

Maman a caressé la peau de mon cou, toute fripée et desséchée, elle m’a vue vieille avant d’avoir atteint l’âge d’être une femme. Elle a fixé les étoiles et, silencieusement, elle a pris la main de papa. On n’a pas besoin de discuter pendant des heures quand on sait qu’est venu le moment de tout quitter. J’étais celle à laquelle on tient tant qu’on est prêt à mourir sur les chemins de l’abîme.

J’étais celle pour laquelle un agriculteur et une institutrice sont prêts à passer pour d’infâmes profiteurs, qui prennent tout et ne donnent rien, pourvu que la peau de mon cou soit hydratée. J’ai entendu quand maman a dit On boira toute l’humiliation, ce n’est pas grave. On vivra. Il a fallu que je meure à des milliers de kilomètres de chez moi. »

 

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Romans

Lucia et l’âme russe

Éditions Métailié - 2018

L’âme russe existe. Elle se cache à Vienne. Impossible de ne pas penser au Maître et Marguerite de Boulgakov.
On ne fera pas croire à Lucia Binar, vieille dame indigne, fan de poésie, que le monde ira mieux quand sa rue des Maures sera rebaptisée rue des Carottes. Elle a bien d’autres chats à fouetter, entre sa clavicule cassée, son propriétaire qui – gentrification oblige – veut la forcer à partir de l’appartement où elle est née et son repas chaud qui n’arrive pas. Quand les services sociaux de la ville lui recommandent de manger des biscottes en attendant la semaine suivante, elle sort de ses gonds et décide de retrouver l’employée pour lui dire ses quatre vérités. En attendant, les ascenseurs ont des comportements irrationnels, les hommes (moitié bachkirs, moitié tchouvaches) préfèrent raconter leur histoire plutôt que faire l’amour, les chauffeurs de taxi se répandent en invectives racistes, et Viktor Viktorovitch propose de découvrir les mystères de nos tréfonds et de pénétrer l’Esprit universel – mais dans quel état en sortira-t-on ?

Avec une incroyable agilité et un sens de l’humour à toute épreuve, Vertlib nous embarque dans une ville au bord de l’explosion, sous le signe de Kafka et Boulgakov. Une critique acerbe et sans concession du politiquement correct et du mythe de l’identité par un grand maître de la narration.

Traduit de l’allemand (Autriche) par Carole Fily.


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Romans

Felix Austria

Noir sur Blanc - 2018

Le roman Felix Austria se déroule à Stanislaviv, l’actuelle Ivano-Frankivsk, autour de 1900. Nous sommes dans l’une des capitales culturelles de la Galicie, qui fait alors partie de l’empire d’Autriche-Hongrie. La vie de cette paisible ville des confins de l’Europe est vue à travers les yeux de Stefania, une Ukrainienne qui travaille comme cuisinière dans une famille aisée. Le récit explore les destins entrecroisés d’Adèle et de sa domestique, empêtrées dans une relation fusionnelle qui tournera mal.
Dans sa transition vers la modernité, si bien décrite par Musil ou Stefan Zweig, ce monde s’avère à la fois hermétique et incroyablement divers, un melting-pot foisonnant d’ethnies, de langues et de religions. Cependant, malgré sa prospérité et sa stabilité apparentes, cette société porte les ferments de sa propre dissolution. Les habitants y vivent, y souffrent, éprouvent des amours non partagées, se passionnent pour les sciences ou des spectacles de magie, s’amusent dans les bals et les carnavals, se promènent et dissimulent leurs secrets dans des armoires.
Le mythe d’une vie idyllique, d’une « Felix Austria » (« heureuse Autriche ») disparue, dessine une société tolérante et multiculturelle : c’est à partir de cet exemple, malgré ses faux-semblants, que l’Ukraine d’aujourd’hui cherche à se reconstruire.

Traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn.


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Essais

Sous les crampons... la plage : Histoire de deux passions

Robert Laffont - 2018

« On aime toute sa vie ce dont on s’est régalé enfant... »
... et ce livre le prouve, où Dany Cohn-Bendit explore avec la verve, l’enthousiasme, l’emportement parfois qu’on lui connaît, sa passion pour le football. Du jeune garçon émerveillé par le Brésil 1958 (celui qui révéla au monde un génie nommé Pelé) à l’homme qui pourfend le foot-business des dernières années tout en défendant contre vents et marées la conception d’un jeu offensif, généreux, libre, on retraverse avec ces souvenirs cinquante ans de notre mémoire collective. Et pas seulement footballistique, tant le foot est le reflet de la société, particulièrement quand il est raconté par Dany, chez qui le virus de la politique ne peut jamais être bien loin.