LAPOUGE Gilles

France

Atlas des paradis perdus (Artaud, 2017)

Écrivain, journaliste, producteur à France Culture, cet errant au style inimitable envisage le voyage comme un égarement, un passage dans une autre dimension. Pilier historique du festival Étonnants Voyageurs, il est membre du jury du prix Nicolas Bouvier. Après En toute liberté, où l’écrivain nous proposait le récit de ses mémoires, Gilles Lapouge nous revient avec Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras (Albin Michel), un livre inclassable, où il nous invite à découvrir Tolstoï, Nabokov, ou encore Fitzgerald à travers son regard singulier de lecteur éclairé, à explorer tous ces classiques en un seul voyage ; un véritable dialogue avec la littérature. Et il établit en voyageur de toujours, la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires dans une bel Atlas imaginaire chez Artaud.

À vrai dire, il y a chez Gilles Lapouge comme une fatalité dans le voyage, une envie de se laisser porter par les flux du monde, d’accueillir la surprise et l’inattendu avec bienveillance et malice.
Écrivain, journaliste, producteur à France Culture de l’émission « En étrange pays » et pilier historique du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, Gilles Lapouge est un flâneur au style inimitable qui envisage le voyage comme un égarement, un passage dans une autre dimension. Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles, il se passionne pour les sujets et thèmes les plus divers.

Né à Dignes, il passe son enfance en Algérie, à Dellys puis à Oran. Après l’obtention de sa licence d’Histoire-géographie en France, il retourne en Algérie et entame une carrière de journaliste. Lui, qui « n’aime ni les pays chauds, ni les palmiers, ni les plages » part en 1950 au Brésil et devient un important reporter pour O Estado de Sao Paulo. Durant plus de quarante ans, il reste leur correspondant avec l’Europe. Malgré son retour en France, il entretient avec ce pays envoutant une relation passionnée et ininterrompue depuis plus de soixante ans.

De retour en France il collabore au Monde, au Figaro littéraire et à Combat aux côtés d’Albert Camus. Dans les années 60, il fait la connaissance de Nicolas Bouvier et publie son premier roman. En 1975, il crée Apostrophes avec Bernard Pivot. Lors du remplacement au pied levé de Jacques Lacarrière, grippé, il découvre l’Inde ainsi que la Finlande et décide de visiter l’Islande, en plein hiver, sans vraiment parler anglais... et encore moins islandais.
Il reçoit le Prix Pierre 1er de Monaco pour l’ensemble de son œuvre, et le prix Femina 2007 pour L’encre du Voyageur. La même année, Gilles Lapouge intègre à sa création le jury du Prix Nicolas Bouvier.

En 2009, ce conteur extraordinaire revient sur son parcours, ses rencontres et ses amours de lecteur dans un livre d’entretiens avec Christophe Mercier, La maison des lettres et publie également La légende de la géographie, texte largement autobiographique. Gilles Lapouge embarque le lecteur tant son style est généreux, ouvert et son regard clair prompt à faire surgir la poésie.
En 2011, il publie deux ouvrages qui nous invitent à suivre ses pérégrinations magnifiquement désordonnées. Comme à son habitude, son écriture subjective, ponctuée de souvenirs irrésistibles, dresse sous nos yeux des peintures merveilleuses : Dictionnaire amoureux du Brésil, dévoile un Brésil aux multiples facettes ; Le Flâneur de l’autre rive, une peinture impressionniste, faite de confidences émouvantes et drôles, tirées des souvenirs d’un homme à la mémoire éparpillée aux quatre coins du monde.
Il revient en 2014 avec un essai philosophique et un traité poétique sur le mammifère et l’insecte qui n’ont a priori rien en commun L’Âne et l’abeille couronné lauréat du Prix Essai France Télévisions.

Avec Nuits tranquilles à Belem il offre un voyage au cœur du Brésil. Gilles Lapouge, figure reconnue dans le monde entier, y présente un personnage qui redevient un anonyme dans un nouveau pays, le Brésil. Loin de décrire le désœuvrement du retour à l’anonymat et à la simplicité, l’auteur décrit un voyage intérieur, un parcours de la réappropriation et de la redécouverte de soi qui permet de profiter en toute tranquillité du temps et de la vie loin des aléas du succès.

Après En toute liberté, où l’écrivain nous proposait le récit de ses mémoires, Gilles Lapouge nous revient avec son dernier ouvrage, publié chez Albin Michel Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras. Dans ce livre inclassable, il nous invite à découvrir Tolstoï, Nabokov, ou encore Fitzgerald à travers son regard singulier de lecteur éclairé, à explorer tous ces classiques en un seul voyage, un véritable dialogue avec la littérature.

Il signe également chez Artaud un Atlas des paradis perdus : des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…


En savoir plus


Bibliographie

  • Atlas des paradis perdus (Artaud, 2017)
  • Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras (Albin Michel, 2017)
  • En toute liberté (Le Passeur, 2015)
  • Nuits tranquilles à Belem (Arthaud, 2015)
  • L’Âne et l’abeille (Albin Michel, 2014)
  • Le Flâneur de l’autre rive (André Versailles, 2011)
  • Dictionnaire amoureux du Brésil (Plon, 2011)
  • La légende de la géographie (Albin Michel, 2009)
  • La maison des lettres, conversations avec Christophe Mercier (Phébus, 2009)
  • L’encre du voyageur (Albin Michel, 2007 – Prix Femina)
  • Le bois des amoureux (Albin Michel, 2006)
  • Brasilia : Ventura Ventis (collectif, Les requins marteaux, 2005)
  • Les pirates (Balland, 1969, réédité chez Payot, 2006)
  • Le loup des steppes (Calmann-Lévy, 2005)
  • En étrange pays (Albin Michel, 2003)
  • Pirates, boucaniers, flibustiers (Editions du Chêne, 2002)
  • La mission des frontières (Albin Michel, 2002, prix Joseph Kessel)
  • Besoin de mirages (Editions du Seuil, 1999)
  • Le Bruit de la neige (Albin Michel, 1996, prix de l’Astrolabe)
  • L’Incendie de Copenhague (Albin Michel, 1995)
  • Equinoxiales (Flammarion, 1992)
  • La Bataille de Wagram (Flammarion, 1992)
  • Le singe de la montre (Flammarion, 1992)
Atlas des paradis perdus

Atlas des paradis perdus

Arthaud - 2017

Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d’une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d’édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l’horizon de nos mélancolies. Des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…

Revue de presse

"L’humanité a tendance à se bâtir des eldorados, réels ou imaginaires. Gilles Lapouge en dresse un inventaire érudit et joyeux dans cet ouvrage joliment illustré." (Bernard Lehut, RTL)

"Voyageur de toujours, Gilles Lapouge établit la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires." (Un livre un jour, France TV)

Knut Hamsun

Knut Hamsun

(Charles Dubois et Gilles Lapouge, Casadië - France 3, 1998, 45’) -

L’oeuvre du Norvégien Knut Hamsun, prix Nobel de littérature en 1920, fut saluée par ses contemporains comme un des phares de la modernité littéraire. Elle connut pourtant après-guerre une longue éclipse, dûe aux sympathies affichées de son auteur à l’égard de l’idéologie nazie. Ce portrait combine fiction et documents, analyse et témoignages pour tenter de comprendre la dérive d’un homme épris de liberté.

A l’âge de 9 ans, Knut Pedersen est abandonné à son oncle, homme violent et tyrannique. Pour échapper à la réalité, l’enfant flâne dans la campagne et s’invente des fétiches morbides. Jusqu’au jour où, à la faveur d’une maladie de son oncle, il le remplace dans ses fonctions de facteur, découvre l’écriture et se lance enfin dans sa vie errante. Il exerce de petits métiers, essuie bien des revers, passe un terrible hiver à Christiania (qui lui inspire son premier roman) et s’embarque pour l’Amérique. Livre sans antécédent, reconnu dès sa parution en 1890, "Faim" décrit les effets de la faim, son aptitude à transfigurer la réalité. L’incapacité d’adhérer au réel devient l’un des motifs centraux de l’oeuvre de Hamsun, avec la musique infernale de l’amour et une exaltation mystique de la nature.

Présenté par Gilles Lapouge

Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras

Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras

Albin Michel - 2017

« Un livre est une usine, la plus petite du monde et la plus robuste. Oubliez un roman dans la cave. Vingt ans plus tard, soufflez sur la poussière qui emmitoufle ses pages et vous entendez du bruit. Des bielles, des pistons vont et viennent. On dirait qu’un cœur se remet à battre et Madame Bovary appelle Rodolphe. Et le prince André meurt à la bataille de Borodino.

C’est pourquoi j’aime relire. Je comprends à présent que Marguerite Duras fut une des plus belles voix de son siècle et que le style absent de Simenon est un grand style. Le génie de Tolstoi est inchangé mais, cette saison, j’entends aussi, au milieu du fracas de la guerre, la timide voix du soldat Platon Karataiev. Ainsi, va la littérature. Elle fait semblant de dormir mais elle travaille. Blottie dans sa nuit, elle remue. »

Gilles Lapouge


Nuits tranquille à Belem

Arthaud - 2015

« J’avais dit oui, et ensuite ma vie a changé. »
Que peut-on refuser à un gamin qui vous saute dans les bras en hurlant « Papaï, Papaï, tu es revenu ! ». Faut-il briser son rêve de gosse ou accepter de lui prendre la main en se laissant guider vers une autre vie, d’autres souvenirs, d’autres désirs ?
Pourquoi ne pas devenir un autre, à Belém, au Brésil ? S’oublier au détour de quelques rues pour se glisser dans la peau de Luis Carlos, coureur de jupons des favelas, disparu du jour au lendemain pour chercher l’or en Guyane. Renaître à la faveur de la nuit en père et mari indigne, de retour au foyer après de longues années d’absence et tenter de reconquérir la sévère et voluptueuse Maria Lourdes.
 Pourquoi ne pas s’abandonner à cette étrangeté, cet oubli de soi, pour effectuer le « vrai » voyage celui qui nous permettrait de renaître dans le pays que nous découvrons ? Voyager pour s’oublier un peu, car, comme l’écrit Gilles Lapouge, « il faut reconnaître qu’être quelqu’un, à la longue, ça devient fastidieux. »
Gilles Lapouge, journaliste, écrivain et grand amoureux du Brésil nous entraîne dans un voyage sensuel et onirique au cœur de Belém.


Familier des confins

Le Passeur Editeur - 2015

« Je ne suis pas mélancolique mais, quelquefois, j’aime faire des cures de mélancolie » confesse avec taquinerie Gilles Lapouge. Attention toutefois, un Gilles Lapouge peut en cacher un autre. Qui est-il ? le journaliste aux 20 000 articles, l’écrivain talentueux discret, le voyageur qui voyage si peu et ne tient jamais en place, le géographe poète ou l’historien de la petite histoire ?
Notre homme est écrivain tout court. C’est bien assez et c’est déjà beaucoup. Il n’aime guère les étiquettes, à commencer par celle-ci. L’auteur des Équinoxiales ou de L’Incendie de Copenhague a bien vécu au Brésil — où il fut journaliste — a joué la fille de l’air en l’Islande, a traversé l’Afrique, et pourtant, il se défend d’être un nomade. Cependant, il a peut-être voyagé beaucoup mieux que certains voyageurs. En faisant du « sur place », il raconte l’histoire et la géographie, affirmant tout de go que l’histoire, c’est la géographie. Alors il musarde, invente à sa guise, écrit sur les pirates ou les frontières improbables.
Il y a souvent de quoi être jaloux devant les phrases en équilibre qui ressemblent à des bulles de savon dans la lumière. Gilles Lapouge est là tout entier, avec ce style magnifique, ces phrases simples, singulières et poétiques qui n’appartiennent qu’à lui. Assurément, avec ou sans voyage, Gilles Lapouge est un — grand — écrivain.


Gilles Lapouge en toute liberté

Gilles Lapouge en toute liberté

Le Passeur Editeur - 2015

Gilles Lapouge est un jeune homme de plus de quatre-vingt-dix ans, talentueux et taquin. Quand il n’écrit pas un article quotidien pour le journal brésilien O Estadão, comme il le fait depuis 65 ans, il arpente les pays froids ou les cartes d’antan. Et parce qu’il lui reste toujours du temps, il construit, pas à pas, une œuvre littéraire inclassable faite de guerres improbables, de mirages, de pirates, de souvenirs revus et rêvés, de bruits de neige, de frontières poétiques, d’ânes ou d’abeilles. Homme de plume, de radio et de télévision, l’écrivain « un peu voyageur » Lapouge est un apprenti étudiant qui s’émerveille afin de mieux enchanter les lecteurs.

Dans cet abécédaire intime, il est à la fois historien, conteur, ami fidèle et flâneur de toutes les rives. Au fil de son odyssée, ce robinson léger nous invite à rencontrer son ami Nicolas Bouvier, évoque sa participation aux débuts d’Apostrophe avec Bernard Pivot et ses échanges érudits avec Jacques Lacan qu’il a bien connu. Il nous convie au cœur de l’Amazonie, son paradis terrestre, et raconte aussi les écrivains-voyageurs, les poètes capitaux et les complices. Une grande traversée avec un bel équipage.


L'Âne et l'abeille

L’Âne et l’abeille

2014

Gilles Lapouge aime à ce point les ânes et les abeilles qu’il les a choisis pour être les protagonistes de cet essai zoologique qui est aussi une promenade scientifique et littéraire enchantée. Lapouge, qu’il parle de neige, de pirates ou de géographie, plus son propos est érudit, plus il y met d’art, de fantaisie et de séduction. C’est sa manière.
Tout sépare l’âne et l’abeille, animaux en apparence très lointains, sauf leur nature presque unique dans la création, de déviants sexuels. Ils ont en commun de faire l’amour en dehors de leur espèce ou de leur règne respectif. L’un s’accouple avec la jument, l’autre fait l’amour aux fleurs, aux arbres, aux plantes et aux vents qui transportent son pollen. Leur histoire est fabuleuse. il faut bien plus que Fabre, Linné ou Buffon pour la raconter. Encyclopédiste, rapporteur de légendes, entomologiste, botaniste, Lapouge retrouve ses personnages chez Virgile, Chateaubriand et Rimbaud, pour nous offrir, dans ces géorgiques follement documentées, sans discours ni théories mais avec la poésie et la malice qui lui sont propres, un pan d’histoire de la nature, des êtres vivants, des sociétés et de nous-mêmes.


Le Flâneur de l’autre rive

André Versaille éditeur - 2011
spip_logo

Dans ce livre, Gilles Lapouge nous entretient de Nicolas Bouvier, mais aussi des ses soixante ans de service dans le même journal brésilien ; des fous rires d’Adamov et des bouts du monde qui flottent dans sa tête ; des lectures de son enfance et de sa tentative de se faire embaucher comme chasseur de lapins en Australie ; de la mort de sa sœur ; de Bernard Pivot et de ses débuts au théâtre…

« Je n’ai pas beaucoup d’autorité sur mes souvenirs. Ils n’en font qu’à leur tête. Je suis voué à les suivre. Parfois, ils se moquent carrément de moi. Si je leur donne l’ordre d’aller vers le sud, c’est à l’ouest que je me retrouve. Ils mettent malice à me contredire. Comme ils vont trop vite pour mon pas, je boite. Ils me distancent. Ils en profitent pour me semer, comme les parents indignes, dans les contes de fées, entraînent leurs enfants dans les forêts obscures. Ils me mettent un bandeau sur les yeux. Ils me font tourner et, quand ma tête est un vertige, ils arrachent le foulard. Je me demande alors en quelle géographie je suis tombé et dans quel moment de ma vie. Je ne reconnais rien. Je suis dans un lointain. On se chamaille un peu, mais après une rapide altercation, je suis bien obligé de reconnaître qu’en effet je suis passé dans ces écarts, il y a longtemps, longtemps, comme en un songe, et que j’avais tout oublié.
En général, mes souvenirs ont meilleure mémoire que moi. C’est pourquoi je les laisse faire. Je leur donne tous les pouvoirs. »
Gilles Lapouge


Revue de presse :

« On peut lire ces confidences de manière linéaire ou y piocher selon son humeur, j’imagine que l’effet sera le même : un grand plaisir. Pourquoi ? Parce que l’écriture est soignée, élégante, les mots choisis, l’émotion à fleur de page mais sans pathos, à égalité avec l’humour, sans méchanceté […]. Le Flâneur de l’autre rive (j’allais écrire de l’“autre rêve” !) est un don de secrets exprimés, dévoilés, relatés. Toute existence est un cheminement ininterrompu. » Thierry Paquot, Nonfiction.fr, 14 février 2012

« On aime beaucoup – Des souvenirs amassées au fil d’une vie de voyageur, faite de rencontres, de hasards et de passions. […] Gilles Lapouge égrène anecdotes et émotions. De l’Ethiopie où il n’aura jamais pu suivre les traces de Rimbaud au rôle de médecin endossé gauchement pour soulager Adamov de la présence de deux journalistes, il retrace, souvent avec mélancolie, les différentes vies qui ont fait la sienne. » Clément Barry, Le Nouvel Observateur, 20 octobre 2011

« Les souvenirs… c’est le mot-clef de ce livre, qui est une longue rêverie sur les souvenirs réels, les souvenirs oubliés, les souvenirs empruntés, les souvenirs inventés, les souvenirs nés d’un hasard, ou les souvenirs puisés dans un livre. […] Ce Flâneur est sans doute le meilleur moyen de se glisser dans une œuvre importante, indémodable et diverse : on y trouve, comme des échantillons, des pépites, toutes les facettes de Lapouge, prestidigitateur des mots. » Christophe Mercier, L’Humanité, 1er septembre 2011


Dictionnaire amoureux du Brésil

Plon - 2011

"Comme je fréquente ce pays régulièrement, je l’ai peint avec mes souvenirs. Je montre ses images. Je me rappelle ses odeurs et ses orages. Je fais les portraits d’une petite fille noire, d’un homme de la forêt ou d’un halluciné de Dieu. Parallèlement, je parcours son Histoire dont nous ne connaissons en Europe que des bribes, et qui fut brutale et fastueuse. Je parle également du Brésil d’aujourd’hui, partagé entre l’horreur des favelas et l’impatience d’un peuple qui, pour la première fois peut-être, et en partie à cause de Lula, sait qu’il est en charge de son propre avenir. C’est cela, être amoureux d’un pays."


Revue de presse :

« Lapouge est un grand, combien de fois faudra-t-il le répéter ? Pas un grand homme mais mieux, un grand humain. Doublé d’un grand écrivain. Il a réussi à faire tenir un pays infini dans un nombre fini de pages. » Le Figaro littéraire, 12 mai 2011.

« De la cinquantaine de Dictionnaires amoureux, voici le plus exotique, le plus romanesque, le plus enchanteur, le plus captivant, bref le meilleur (...). Si je puis me permettre, Gilles Lapouge use d’une écriture à nulle autre pareille. Je suis sous son charme depuis pas mal de décennies. » Bernard Pivot pour le Journal du Dimanche, 5 juin 2011.

« Ce pays, presque un continent, fait aujourd’hui l’objet d’un sensationnel Dictionnaire amoureux, tout plein d’entrées, de passages secrets, d’humour et d’amour. » Le Monde des livres, 24 juin 2011.


La légende de la géographie

Albin Michel - 2009

« Ma géographie n’a jamais passé l’âge de raison. Elle stagne dans celui des merveilles. C’est la géographie d’un flâneur, d’un flâneur des deux rives, mais principalement de l’autre rive, une géographie d’image d’Epinal et de Vase de Soissons, une géographie de dessin d’enfant, d’odeur de craie et de tableau noir, de sources, avec de gros soleils jaunes pleins de rayons, des nuages crémeux et des prairies des quatre saisons.

Elle emprunte les chemins vicinaux. Elle voit des îles dans le ciel. Elle croit que les vents sont un pays. Je voudrais faire la géographie des ombres de l’automne. Une géographie pour oiseaux et pour marmottes. Elle avance sur des routes qui n’existent plus et sont enfouies sous deux siècles, trois siècles, d’humus, d’histoire et de mort. Elle considère que les cimetières sont un ingrédient de la géographie, au même titre que les marées, les montagnes ou les brises de mer, et comme aussi le gel, les bouvreuils, les gulf stream, les bois flottés de la Patagonie qui ont découvert l’Europe bien avant que Christophe Colomb ne rencontre l’Amérique. »

  • Ecouter un extrait de La légende de la géographie lu par l’auteur sur le site de Libération

Revue de presse :

  • « Gilles Lapouge (…) conte merveilleusement, une fois de plus, la légende de sa géographie à lui, celle « qui n’a jamais passé l’âge de raison ». » La Croix
  • « Si Lapouge a tant aimé la géographie, c’est pour le caractère inachevé, fantasque, mensonger qu’elle a revêtu pendant des siècles. Devenue science exacte, elle a perdu de son charme. Reste sa légende. Celui qui se définit comme un " géographe du dimanche " nous offre un " dimanche de la géographie " ; tout de monts et de merveilles. » Le Nouvel Observateur
  • « (...) Merveilleuse promenade d’autodidacte qui nous donne des airs de Petits Poucets rêveurs. » Télérama
  • « Lapouge est un conteur. Un écrivain buissonnier. On pourrait l’écouter pendant des heures. » Lire
  • Voir l’émission diffusée sur France 3 sur La légende de la géographie

La maison des lettres, conversations avec Christophe Mercier

Phébus - 2009

Gilles Lapouge a mené une longue carrière de journaliste et tenu pendant un demi-siècle une chronique quotidienne dans le plus grand journal brésilien. Écrivain inclassable et éclectique, il a été considéré comme un philosophe réfractaire aux idées à la mode (Utopie et Civilisations), comme un « écrivain voyageur » (Les Pirates et Équinoxiales sont des textes de référence), comme un romancier fou de Stendhal et de Giono (La Bataille de Wagram). Aujourd’hui, il est reconnu, tout simplement, comme un grand écrivain français. Dans ces conversations amicales et complices, il parle – pudiquement – de lui : son enfance en Algérie, son adolescence à Aix, sa famille lumineuse et tant aimée, ses amitiés, ses rencontres. Il raconte Paris après la guerre, le Brésil des années cinquante, la presse, la télévision et la radio. Il évoque longuement chacun de ses livres : on pénètre dans l’atelier de l’artisan. Il explique aussi en quoi, contrairement à la légende, il n’est pas un voyageur comme ses amis du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Pourquoi La maison des lettres ? Parce qu’avant tout, Gilles Lapouge nous livre ce qui a été la passion de toute son existence : la littérature, consacrant de longs passages à ses grandes admirations : Stendhal, Rimbaud, Dickens, Knut Hamsun ou Giono.


L’encre du voyageur

Albin Michel - 2007

« Un voyage n’est que de l’encre. Toute exploration est le souvenir d’un ancien manuscrit. Christophe Colomb découvre une Amérique qu’il avait arpentée dans les récits de Marco Polo. Les missionnaires qui ouvrent le Brésil, au XVIe siècle, connaissent par coeur les textes des écrivains antiques, Pline le Jeune ou Hérodote. C’est pourquoi ils aperçoivent dans la forêt équatoriale toutes ces amazones. En lisant, en écrivant, j’ai parcouru quelques recoins de la terre, Inde, Islande ou Tahiti. J’ai ajouté ma peinture aux peintures qui les barbouillaient déjà. Cela m’a permis d’en raviver la fraîcheur, d’en débusquer les surprises, les miracles. »Gilles Lapouge.« Avec une érudition et un humour formidables, Gilles Lapouge enrichit nos rayonnages d’une bien séduisante philosophie de la géographie. » Géo.« Les écrivains sont les meilleurs guides. Avec Lapouge, on est sûr de s’égarer avec bonheur... Incitant au rêve, sollicitant les imaginations, favorisant la réflexion, L’Encre du voyageur convie à une délicieuse flânerie planétaire rappelant que, dans un monde qui court sans savoir où, on ne perd jamais son temps à perdre du temps. »Jean Contrucci, Le Nouvel Observateur. « Joyeux, poétique, insolite, malicieux, drôle, amical’ Gilles Lapouge va là, où, mode ou pas mode, ça lui chante. Et il s’enchante de là où il est allé... Ses points de vue ne figurent dans aucun guide. Normal qu’on ne les retrouve pas après son passage, car il faut avoir son oeil, sa culture et son style... Sa prose, c’est du nanan à déguster. À Madurai existe un bassin dans lequel, autrefois, on jetait les livres pour en juger les qualités. S’ils tombaient au fond, ils ne valaient pas tripette. S’ils flottaient, ils méritaient d’être lus. J’ai jeté le livre de Gilles Lapouge dans le bassin du Luxembourg. Tiens, comment avez-vous deviné qu’il n’a pas coulé ? »Bernard Pivot, de l’académie Goncourt, « Les livres de Gilles Lapouge devraient être remboursés par la Sécurité sociale... »Mohammed Aïssaoud, Le Figaor littéraire.« Un enchantement [...]. Ce livre éblouit par sa beauté, sa polyphonie, sa sagesse... »Roger Bichelberger, Le Républicain lorrain.


Le bois des amoureux

Albin Michel - 2006

Le Bois des amoureux a reçu le prix Printemps du roman 2007. « La figure du soldat remontait, comme du fond d’un lac, et resplendissante, à mesure que la calèche aux coussins bleus s’élevait dans les tournants qui joignent la gare de Champtercier au village, surtout à partir du bois des amoureux qui forme la frontière, nous le disions toujours, du village. La frontière de notre enfance. Notre bonheur commence et finit au bois des amoureux. Notre tristesse commence et finit au bois des amoureux. Un point, c’est tout ! »


Le loup des steppes

Calmann-Lévy - 2005

Avec Hermann Hesse Venu d’ailleurs, Harry Haller, surnommé Le Loup des steppes, s-installe dans une ville européenne des années vingt pour se consacrer à de vagues travaux littéraires. Très vite, son existence tranquille se lézarde. Profondément déprimé, hostile au monde moderne, en révolte contre la société bourgeoise mais attiré par le confort et l’ordre, il flirte avec l’idée du suicide. Sa rencontre avec une prostituée lui redonne goût à la vie. Avec quelques personnages de son monde interlope, elle semble lui offrir la possibilité de réconcilier les deux extrêmes de son être : son côté loup solitaire, ascète et antisocial, et sa faim de sensualité. Si le conflit de personnalité de Harry (alter ego de Hermann Hesse) n’est sans doute pas résolu à la fin du roman, son monde se transforme, le temps d’une hallucination, en un extraordinaire « théâtre magique ». Expérience spirituelle, récit initiatique, délire de psychopathe, Le Loup de steppes multiplie les registres. Salué à sa parution en 1927 (entre autres par Thomas Mann, qui déclare : « Ce livre m’a réappris à lire »), interdit sous le régime nazi, roman culte des années soixante et soixante-dix, c’est une des oeuvres phares de la littérature universelle du XXe siècle. Il méritait une nouvelle traduction. Le voici enfin rendu avec tout l’éclat de ses fulgurances, la troublante obscurité de ses zones d’ombre.


Brasilia : Ventura Ventis

Les Requins Marteaux - 2005

Rêve le plus fou d’un peuple épris de modernité ; Brasilia reste, 45 ans après sa construction, une capitale déconcertante, un carrefour où les chemins et les différents peuples du pays se croisent, le résumé le plus fidèle de ce pays. Mais comment vit-on à Brasilia aujourd’hui ? A-t-on développé dans cette ville singulière un mode de’ vie particulier ? Neuf artistes Brésiliens, Belge et Français (illustrateurs, auteurs de bande dessinée ou écrivains) ont tenté de répondre de manière sensible à ces questions. Ils font partager leurs impressions du quotidien de cette cité unique où l’Art s’inscrit comme une évidence, comme une respiration.


En étrange pays

Albin Michel - 2003

« Ces chroniques ne se connaissaient pas. Elles ne s’étaient jamais rencontrées. Certaines sont spécialisées dans les jardins, dans les vieilles pluies ou dans les vents périmés, d’autres préfèrent les lapins ou les ânes de La Fontaine, il en est qui regardent le ciel, le paradis, le petit Jésus, les anges ou le lac Léman. Les nostalgies au long cours sont agréables. Elles procurent des vertiges. Leur plus belle réussite, c’est qu’elles nous disent que tout est toujours pareil, et que les dames du temps jadis étaient comme les dames d’aujourd’hui et comme les dames de demain. Les séquoias, les renards, les femmes, les soldats de Fontenoy, les chenilles et les lunes meurent comme on fait un clin d’oeil. Toutes choses s’en vont. D’autres choses viennent et elles sont les mêmes. Ce matin, le soleil s’est levé il y a mille ans. Il se couchera tout à l’heure, dans trois millions d’années et le temps, peut-être, est rond comme une bille. »


La mission des frontières

Albin Michel - 2002

« Au fond de la forêt amazonienne,une stèle formait frontière entre le Royaume de Portugal et les possessions espagnoles. Nul ne sait qui a charrié cette pierre gigantesque, il y a pas mal de siècles, depuis les montagnes portugaises jusqu’aux confins des choses. J’ai beaucoup pensé à cette troupe de soldats pataugeant dans les boues du grand fleuve et ne sachant pas où planter leur borne-frontière. Quand leur mission fut faite , ils ont quitté la terrible forêt. Il ont subi des tribulations. Ils se sont enfoncés dans des souterrains, sous la ville de Sao Luis, au bord de l’Océan, ils ont fait des petites guerres, ils sont montés sur le bateau d’un pirate. Ils ont posé leur balluchon en Afrique. Ils se perdent tout le temps . Ils sont costauds et courageux. Il y en a comme des anges et d’autres sont des fous, des inspirés et des amoureux. Ils me font peur, ils me font rire et, d’autres fois , ils m’enchantent ? » Gilles Lapouge Un roman d’aventures baroque où Histoire et illusion se confondent, une féerie équatoriale pleine de couleurs, de pièges, d’amours et de mirage. La fantaisie, la noblesse, la malice, l’art ensorcelant d’un immense écrivain.


Pirates, boucaniers, flibustiers

Le Chêne - EPA Editions - 2002

La mer - paradisiaque ou infernale, selon les jours et les usages, est un des acteurs principaux de l’aventure pirate. Le pirate est un brigand qui opère sur la mer. C’est cette qualité de marin qui fui donne son caractère singulier parmi tous les malfaisants, son extrémisme, sa férocité et qui nourrit sa légende. Le pirate est un homme du destin. Son départ de la terre ferme est irrévocable. Il a deux passions : une révolte absolue et la recherche d’un autre monde, d’une autre terre. Pour accéder au " cœur mystérieux " de l’aventure pirate, Gilles Lapouge observe ces voyous dans deux lumières en même temps : le réel et le rêve. L’histoire et la mythologie.


Besoin de mirages

Seuil - 1999

Mon premier voyage fut au Sahara, avec ma famille, et j’étais minuscule. Comme le spectacle des sables ne se renouvelait pas trop, j’ai décidé de récolter des mirages. Les dunes se sont peuplées d’antilopes et de châteaux forts, avec des lacs et des villes dans l’eau de ces lacs. Ce n’est pas dans le sommeil mais dans la veille que le mirage opère ; si le rêve invente des océans qui n’existent pas, le mirage n’a aucune imagination. Pourquoi ajouterait-il des bariolures à celles du monde puisque le monde l’émerveille ? Il aide à voir les choses qui se cachent et la beauté de ces choses. Le mirage exige quelque préparation, de la modestie et un peu d’adresse. Pour en produire des spécimens recommandables, il faut savoir se perdre, ignorer la géographie, oublier sa mémoire, confondre le nord avec le sud, marcher à pas de loup, fréquenter les mortes saisons, les arrière-pays et les tremblements du temps. Ce livre présente quelques mirages de ma collection. Je suis allé les ramasser un peu partout. Peut-être en Inde et peut-être dans les îles Sous-le-Vent, ou bien dans les mines d’or du Grand Erg occidental et du fleuve Amazone, dans les villes de neige de l’Islande, dans les dédales où vivent les enfants.


Le bruit de la neige

Albin Michel - 1996

Gilles Lapouge est un mauvais élève. Il aime mieux les récréations que les salles de cours. Il confond l’Histoire avec la géographie et ne croit qu’à la littérature. Les merveilles du monde, l’aventure humaine n’existent que dans l’imagination, la mémoire et les livres. Dans ce recueil de textes, qui semble un roman d’aventure, il nous parle de l’odeur, du goût et du bruit de la neige, des oiseaux de Paradis ornant les timbres-poste, des paysages imaginaires de Giono et du rêve géographique de Napoléon. Il piste Stevenson et son âne sur les pentes des Cévennes, médite sur la mort des bibliothèques, fait quatre pas dans les beaux nuages d’Islande, égratigne les écologistes et Lacan, écoute les vents éternels du Mato Grosso.


L’Incendie de Copenhague

Albin Michel - 1995

En 1702, le professeur Eggert Pétursson, illustre érudit du Danemark, retourne dans son Islande natale. Le roi Frédéric IV l’a officiellement chargé d’y rétablir la justice et d’y redresser le cadastre. Mais sa vraie mission est secrète : il doit retrouver les vélins et les parchemins sur lesquels ont été écrites, quatre, cinq ou six siècles plus tôt, les fameuses sagas pour les rapporter à Copenhague. Or, ces vélins et ces parchemins ont été volés, dans les archives, par des Islandais qui, mourant de froid, les ont retaillés pour s’en faire des chemises, des vestes, des chausses, des souliers... Pendant plusieurs années, Pétursson et sa petite équipe sillonnent l’île et déjouent les pièges mortels que leur tend un invisible et multiple ennemi. Nombre d’Islandais détesteraient que les sagas quittent leur terre. Ils se sentiraient tout nus. Ils préféreraient les voir pourrir sur le dos des paysans... Souffle épique, art du portrait, sens du mystère, goût du cocasse se conjuguent pour rendre captivant ce séjour dans une île où la nuit ne se distingue pas plus du jour que le mensonge de la vérité. C’est à se demander si les vélins existent vraiment. D’ailleurs, l’origine même des sagas, leur rôle, leur nécessité, leur signification donnent lieu à de flamboyantes disputes qui, à elles seules, justifieraient la lecture de ce roman. Certain passage sur les montagnes de cuir et le déluge de lait et de sang est époustouflant. Qui s’embarque avec Pétursson risque d’être secoué mais ne regrettera pas la traversée. 


Equinoxiales

Flammarion - 1992

Le Brésil fascine la Renaissance. De tous les havres de France, des bateaux appareillent. Des ramas de nobles et de voyous patrouillent en Amazonie, à Sao-Luiz, à Bahia, à Rio de Janeiro. Bientôt, les Français auront raflé assez de terre pour baptiser le domaine, ce sera la France équinoxiale. J’ai passé trois mois dans les terres équinoxiales. Comme elles sont très anciennes, j’ai évité l’avion. L’autocar était mieux accordé à ce voyage : ce n’est point dans l’espace qu’il se promène, c’est dans le temps. Il me dépouille de mes oripeaux. Il efface mon identité, ma mémoire. C’est incognito que je me déplace. Me voilà flou, sans figure ni biographie. Je ne sais plus où je me suis mis. Et comme je ne suis plus, je pense. Je ne vais pas raconter que je suis allé en Amazonie. A peine ai-je fait quatre pas dans ses nuages. Je n’ai même pas écarté le rideau d’arbres qui la cache. Si j’ai cru par instant deviner quelque chose, c’était une ombre, une forêt comme un fantôme, un tremblement sous un voile mais quels fanfarons, ceux qui connaissent l’Amazonie, est-ce qu’on connaît la mer ?


La Bataille de Wagram

Flammarion - 1992

1797, dans la Vienne fastueuse et bouillonnante de l’empereur François II. Les cuirassiers blancs autrichiens de la duchesse Clémence et les hussards bleus saxons de son époux, le prince de Saxe-Salza, luttent de front contre les armées napoléoniennes. Jusqu’au jour où, exaspéré par la passion qui éclate entre Clémence et le jeune cuirassier contestataire Otto Apfelgrun, le prince le fait transférer dans son propre régiment, placé désormais sous les ordres des Français. Dans cette cruelle partie d’échecs dont les pièces sont aussi des hommes, les amants, séparés, sont devenus adversaires. Ce sera Wagram et son cortège de souffrances et de morts. A la nuit tombée, Clémence, folle d’angoisse, parcourt le champ de bataille à la recherche de son amant.


Le singe de la montre

Flammarion - 1992

Ce livre voudrait nouer un dialogue entre l’histoire et l’utopie. Le malheur est que l’histoire et l’utopie ne se fréquentent guère. Elles n’appartiennent pas au même monde et pas au même arrière-monde. Quand elles ne se querellent pas, elles s’ignorent. Leurs résidences n’occupent pas les mêmes géographies et leurs ambitions divergent. L’utopie s’étend dans les espaces blancs du livre quand l’histoire s’accomplit dans les paysages bariolés, fétides et désaccordés de la terre. L’une nous parle d’une société idéale et qui n’est pas au monde. L’autre nous parle des malheurs et des gloires de nos journées. L’une entend abolir le temps, l’autre se consacre au temps. Si l’on croit cependant que les chemins les plus féconds naissent au lieu précis où se croisent des incompatibles, la tentation est vive d’inviter l’utopie à faire un petit bout de conduite à l’histoire. Qu’elle ajoute sa note de flûte peu douce aux tohus-bohus de nos siècles. Peut-être, en tendant bien l’oreille, aurons-nous la surprise de capter les brimborions de ce dialogue à la fois interdit, absurde et sans commun langage : aux sociétés réelles, l’utopie n’est-elle pas ce qu’est aux couleurs d’une rose " la rose absente de tout bouquet " de Mallarmé et cette " rose absente " ne parle-t-elle pas de toute rose, de tout ce que taisent les roses ? Au fond des eaux obscures de notre présent et de notre passé, on précipitera ici quelques cristaux de la cité radieuse et l’on observera si les sombres liquides s’irradient de teintes inaperçues, si les esquisses bâclées de notre histoire ne dévoilent pas, en transparence, quelques-uns des motifs de la fresque utopique ?


Les folies Koenigsmark

Albin Michel - 1989

De la guerre de trente ans à la bataille de Fontenoy en 1745, les Koenigsmark sont de toutes les guerres au service du roi de France, de l’empereur germanique de la Pologne ou du doge de Venise. C’est l’extraordinaire destin du dernier d’entre eux, le maréchal de Saxe, guerrier à 13 ans, militaire de haut vol, grand séducteur - il rêve d’un trône : la Courlande, la Corse ou Madagascar peut importe... Sa mort à Chambord reste une énigme, maladie ou assassinat ?


Un soldat en déroute

Gallimard - 1981

« La chevauchée de deux soldats perdus conduit le lecteur à travers les horreurs et les surprises de la guerre. Au hasard des batailles, dans la brume, la neige et la boue, apparaissent de singuliers personnages : un capitaine innocent et roublard, un vieux général résigné, un colonel qui ne l’est pas du tout, des troupiers ahuris, fraternels et désolés, une fille belle et généreuse. S’agit-il d’une épopée, d’un récit picaresque ? Les couleurs de ce roman ne sont pas celles de l’héroïsme et les situations les plus cocasses y ont quelque chose de désespéré. Malgré ses cruautés, cette histoire de guerre n’est peut-être qu’une histoire d’amour et de tendresse. » Henri Bonnier.


Les femmes, la pornographie, l’érotisme

Seuil - 1978

Utopie et civilations

Weber - 1973

L’utopie vient de changer de masques et d’habits sous nos yeux : il y a vingt ans, dans les vacarmes et les promesses de 1968, elle faisait semblant d’être douce, amoureuse et libre. Aujourd’hui, sa figure est rébarbative. Pol Pot et les ordinateurs de l’Occident nous ont ouvert les yeux : bien loin de faire la fête, l’utopie aménage des maisons sans joie, sans amour ni fantaisie. Platon, Thomas More, Cabot, Owen nous avaient cependant prévenus. Ils nous avaient enseigné que l’utopie est une logique, non une figure poétique ; un système clos, non une dérive ou une évasion. L’utopiste déteste le temps et il l’incarcère. Il se sauve des horreurs de l’histoire en élaborant un contre-système glacial fondé sur les mines de la libellé humaine. Ce livre parcourt les chemins de l’utopie ; en même temps qu’il relit les grandes doctrines, il est à l’affût des objets qui, dans le monde réel, sont infectés par la tentation utopique : les janissaires ou les couvents de saint Benoît, l’horloge et le cristal, le jeu d’échecs, les automates, l’art héraldique, le navire, les coléoptères... Ces vagabondages suggèrent qu’au-dessous des territoires du réel s’étend un autre sol, le sol morne, silencieux et blême de l’utopie : là, dans un espace inexaucé, les êtres, les choses ou les sociétés s’associent le long d’un réseau de lignes enchevêtrées, lignes souvent inaperçues des hommes de l’histoire.


Les pirates

Balland - 1969

Cet ouvrage ne se borne pas à raconter l’histoire de la piraterie . Il en traite comme d’une révolte , peut-être la plus extrême , en tout cas la plus longue , qu’ait connue l’humanité . Les figures ténébreuses et fascinantes qui sont décrites ici accomplissent leur révolte à la fois dans l’histoire et hors de celle ci . Le pirate se dresse d’abord contre l’ordre qui régit la société de son temps mais aussi contre l’image qu’il se fait de la condition humaine . Il respecte la part de l’aventure et la décrit longuement . Mais il cherche à savoir quelle parole a tenté maladroitement de se dire , dans ce movement qui s’est étendu sur des millénaires et qui a conceerné tous les peuples de la terre .

Car tout voyage est aussi intérieur

Car tout voyage est aussi intérieur

Avec Blaise Hofmann, Cédric Gras, Gilles Lapouge, Jean-Luc Coatalem. Rencontre animée par Willy Persello - Saint-Malo 2015

Avec Blaise Hofmann, Cédric Gras, Gilles Lapouge, Jean-Luc Coatalem. Rencontre animée par Willy Persello


Habiter le vaste monde

Saint-Malo 2015

Avec Lieve Joris, Bilal Parker,Taiye Selasi et Gilles Lapouge


Paolo Rumiz, prix Nicolas Bouvier 2015

Saint-Malo 2015

Avec Gilles Lapouge, Paolo Rumiz, Alain Dugrand, Christine Jordis, Pascal Dibie


Animaux : d’autres vies que la nôtre

Saint-Malo 2014

Avec : Emmanuel Gras, Gilles Lapouge, Anne Vallaeys, William Fiennes
Animé par : Géraldine Delauney


L’homme face à la nature

Saint-Malo 2014

Avec : Tim Robinson, Anne Vallaeys, Gilles Lapouge, Alain Hervé
Animé par : Géraldine Delauney


Brésil, une passion française

Saint-Malo 2014

La Condamine, Bonpland, d’Orbigny : l’histoire des sciences naturelles françaises est brésilienne. Comme il y a une histoire française de l’Amazonie d’Alfred Métraux à Claude Levi-Strauss. Une longue histoire qui se prolonge en littérature : Jules Verne, Blaise Cendrars, Benjamin Péret, Bernanos, Paul Claudel, Henri Michaux, Jules Supervielle, Gilles Lapouge – mais qui vaut dans les deux sens : le temps n’est pas si lointain où Paris était la destination de cœur des écrivains brésiliens. Une histoire qu’évoqueront (et prolongeront) Gilles Lapouge, Pascal Dibie, Jean-Yves Loude, Jean-Paul Delfino, Patrick Straumann. Et en ouverture, le film admirable d’Alain Gheerbrandt, Des hommes qu’on appelle sauvages, contrepoint de son livre, Expédition Orénoque-Amazone, devenu un classique.
Animé par : Josiane Guéguen


Raconteurs d’histoire

Jørn Riel et Gilles Lapouge - Saint-Malo 2013

Avec Jørn Riel et Gilles Lapouge
Animé par Noëlle Bréham


Pour saluer Pascal Dibie

Avec Pascal Dibie et Gilles Lapouge - Saint-Malo 2013

Avec Pascal Dibie et Gilles Lapouge. Animé par Noëlle Bréham


L’imaginaire des cartes

Avec Farid Abdelouahab, Michel Chandeigne, Gilles Lapouge, Frank Lestringant - Saint-Malo 2013

Avec Farid Abdelouahab, Michel Chandeigne, Gilles Lapouge, Frank Lestringant


Chemin faisant

Avec Lyonel Trouillot, Gilles Lapouge - Saint-Malo 2012

Une rencontre autour de la collection "Chemin faisant" aux éditions André Versaille, avec Lyonel Trouillot, Gilles Lapouge et animée par André Versaille


L’esprit des lieux

Avec Luis Sepulveda, Daniel Mordzinski, Gilles Lapouge et Jean-Luc Marty - Saint-Malo 2012

Avec Luis Sepulveda, Daniel Mordzinski, Gilles Lapouge et Jean-Luc Marty, animée par Yves Chemla.


Un géant des lettres : bon anniversaire Maurice Nadeau !

Saint-Malo 2011

Avec Gilles Lapouge, Christine Jordis, Alexis Gloaguen. Présenté par Willy Persello.


Remise du prix Kessel à Eugène Nicole

Saint-Malo 2011

Avec Michèle KAHN, Michel LE BRIS, Jean-Marie DROT, BORER Alain, NICOLE Eugène, Olivier WEBER, Patrick RAMBAUD, Gilles LAPOUGE


Chemins de traverse

Saint-Malo 2009
Lundi : 10h00 - Chemins de traverse
avec Benjamin Desay, Gilles Lapouge et Fabio Geda

Pour saluer Gilles Lapouge

Saint-Malo 2009
Lundi : 12h00 - Pour saluer Gilles Lapouge
avec Pascal Dibie, Christophe Mercier, André Velter, Michel Le Bris, Gilles Lapouge, Sylvia Lipa-Lacrrière et Christophe Mercier

Émissions littéraires d’hier à aujourd’hui

Saint-Malo 2009
Samedi : 15h45 - Émissions littéraires d’hier à aujourd’hui
Jean-Marie Drot, Gilles Lapouge, Robert Bober. Animé par Raphaël Sorin

NRF Aventure

Saint-Malo 2008

Les habits neufs de la fiction : SF, polar, BD, travel writing

Saint-Malo 2007
16h30 : Les habits neufs de la fiction : SF, polar, BD, travel writing
Benoît PEETERS, Gilles LAPOUGE, Pierre BORDAGE, Patrick RAYNAL