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LAFERRIERE Dany

Haïti

Autoportrait de Paris avec chat (Grasset, 2018)

© JF PAGA

Figure phare de la scène littéraire francophone, prix Médicis 2009 pour L’énigme du retour, Dany Lafferrière est membre de l’Académie française depuis 2015. L’incontournable plume haïtienne est également co-président de l’association Étonnants Voyageurs Haïti et signataire du Manifeste « Pour une littérature monde en français ».
Il revient cette année avec un nouveau "roman dessiné", à mi-chemin entre le carnet personnel de croquis et le roman : Autoportrait de Paris avec chat. Un grand format pour une belle ambition, nous faire visiter « son » Paris à travers ses textes et ses dessins.

Figure phare de la scène littéraire francophone, prix Médicis 2009 pour L’énigme du retour, Dany Lafferrière est un Immortel depuis 2015 et son élection à l’Académie française.

Windsor Klébert Laferrière, dit Dany, est né à Port-au-Prince en 1953 d’un père intellectuel et homme politique, Windsor Klébert Laferrière, et d’une mère archiviste à la mairie de Port-au-Prince, Marie Nelson. Il passe son enfance à Petit-Goâve avec sa grand-mère Da, au milieu d’un paysage idyllique dominé par les libellules et la mer turquoise. Cette enfance heureuse est relatée dans deux de ses premiers romans, L’Odeur du café et Le Charme des après-midi sans fin, où sa grand-mère Da est d’ailleurs un personnage marquant.
Il rentre à onze ans à Port-au-Prince où il fait ses études secondaires, puis devient journaliste au Petit Samedi Soir. Mais suite à l’assassinat de son ami Gasner Raymond par les « tontons macoutes » de Duvalier, il quitte Haïti pour Montréal en 1976. Il a 23 ans.

Pendant huit ans il enchaîne les petits boulots, travaille à l’usine, mais continue de rêver de littérature. Dany Laferrière lit, tous ceux qu’il ne pouvait pas lire à Port-au-Prince : Hemingway, Miller, Diderot, Tanizaki, Gombrowicz, Borges, Marie Chauvet, Bukowski, Boulgakov, Baldwin, Cendrars, Mishima, Marquez, Vargas Llosa, Salinger, Grass, Calvino, Roumain, Ducharme, Virginia Woolf… Et il se procure chez un brocanteur cette fameuse machine à écrire Remington 22 qui l’accompagnera pendant une dizaine de livres. Il publie en 1985 son premier roman : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. C’est un succès retentissant, qui lui permet un an plus tard d’être embauché à télévision Quatre Saisons pour présenter la météo. Son personnage sympathique tout en humour et légéreté l’amène ensuite à la fameuse émission de Radio-Canada, La Bande des six.

En 1990, après une première aventure cinématographique et l’adaptation de son premier roman, il décide de rompre avec le tumulte de sa célébrité quebecoise. Établi à Miami, il écrit dix romans en douze ans ! De son point de vue, ils n’en forment qu’un seul : son « autobiographie américaine ». L’écrivain se réinstalle à Montréal en 2002 et rejoint Grasset en 2005 avec Le Goût des jeunes filles. Il continue également ses incursions cinématographique et adapte ses romans en scénarios, comme Comment conquérir l’Amérique en une nuit en 2004, Prix Zénith au Festival des Films du Monde de Montréal. L’année suivante, son roman Vers le Sud parait en même temps que le film du même nom, réalisé par Laurent Cantet.

En 2007, il co-préside l’association Etonnants Voyageurs Haïti avec Lyonel Trouillot et est signataire du Manifeste "Pour une littérature monde en français". Deux ans plus tard, L’énigme du retour fait définitivement de lui une plume incontournable du paysage littéraire francophone, le livre est salué unanimement par la critique et obtient le Prix Médicis. Le quotidien La Presse à Montréal en fait même sa personnalité de l’année 2009.
Dany Laferrière se trouve en Haïti lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, et fait part de cet épisode traumatique à travers de nombreux témoignages et articles de presse. Séisme : des mots d’auteurs.
Son ouvrage Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier, 2010) est un vibrant témoignage autour de ce séisme qui a détruit Haïti. L’auteur retrace les principaux moments du désastre : textes brefs, portraits, informations, impressions, projections. Cette tragédie est restituée avec force et générosité. Dans cette poignante chronique, Dany Laferrière livre par touches discrètes ses émotions, ses sentiments et ses pensées.

Comme un miroir inversé du roman qui lui a valu le prix Médicis en 2009, Dany Laferrière publie en 2012 Chronique de la dérive douce : « Si L’Énigme du retour est le roman du retour au pays natal, Chroniques de la dérive douce est bien celui de l’arrivée dans une nouvelle ville, une nouvelle vie. En 2013, il publie aux éditions Mémoire d’encrier au Québec et chez Grasset en France son Journal d’un écrivain en pyjama. S’inscrivant dans la lignée de L’art presque perdu de ne rien faire (2011), Dany Laferrière livre dans cet ouvrage un amalgame de récits, de réflexions, de méditations et d’anecdotes sur l’écriture et sur la lecture, en nous promenant à l’intérieur de sa bibliothèque personnelle, où se rencontrent pêle-mêle Borges, Proust, Salinger, García Márquez, Miller, Tolstoï, Hemingway et Césaire...
2015 est également une grande année pour Dany Laferrière puisqu’il est élu à l’Académie française. Il publie deux romans dans la foulée, Le Cri des oiseaux fous et Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo : deux romans aux parfums d‘exil, où se mêlent désarroi et détermination, certitudes et mythes, deux voyages aux accents d’ailleurs.

Co-Président de l’association Étonnants Voyageurs en Haïti en décembre 2016, Dany Laferrière réedite la même année chez Zulma deux de ses œuvres les plus marquantes : Le charme des après-midi sans fin et L’odeur du café, et publie chez Grasset Mythologies américaines qui receuille ses premiers textes : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (1985), Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ? (1993), Fête chez Hoki (1987) et un inédit : Truman Capote au Park Hotel.
Il revient cette année avec un nouveau "roman dessiné", à mi-chemin entre le carnet personnel de croquis et le roman : Autoportrait de Paris avec chat. Un grand format pour une belle ambition, nous faire visiter « son » Paris à travers ses textes et ses dessins.


En savoir plus :

  • La bande annonce du film La dérive douce d’un enfant de petit-goâve (Pedro Ruiz, 2009)

Bibliographie :

  • Autoportrait de Paris avec chat (Grasset, 2018)
  • Le Goût des jeunes filles (Zulma, 2017)
  • Mythologies américaines (Grasset, 2016)
  • L’Odeur du café (Réédition, Zulma, 2016)
  • Le charme des après-midi sans fin (Réédition, Zulma, 2016)
  • Le Cri des oiseaux fous (Réédition, Zulma, 2015)
  • Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo (Mémoire d’Encrier, 2016)
  • L’Art presque perdu de ne rien faire (Grasset, 2014)
  • Journal d’un écrivain en pyjama (Mémoire d’encrier, 2013 - Grasset, 2013)
  • Chronique de la dérive douce (Grasset, 2012)
  • L’ Art presque perdu de ne rien faire (Boréal, 2011)
  • Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier, 2010 - Grasset, 2011)
  • L’énigme du retour (Grasset, 2009)
  • Je suis un écrivain japonais (Grasset, 2008)
  • Vers le sud (Grasset, 2006)
  • Les années 80 dans ma vieille Ford (Mémoire Encrier, 2005)
  • Le cri des oiseaux fous (Serpent à plumes, 2002, prix Carbet des Lycéens 2000)
  • J’écris comme je vis (Éditions La Passe du Vent, 2000)
  • Le charme des après-midi sans fin (Serpent à plumes, 1998)
  • La chair du maître (Éditions de l’Homme, 1997)
  • Pays sans chapeau (Serpent à plumes, 1993)
  • Cette grenade dans la main du nègre est-elle une arme ou fruit ? (Éditions du Jour, 1993) - Prix RFO du Livre 2002
  • Chronique de la dérive douce (Éditions VLB, 1994)
  • Le Goût des jeunes filles (Editions de l’Homme, 1993)
  • L’odeur du café (Editions de l’Homme, 1992)
  • Éroshima (Éditions VLB, 1987)
  • Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (Editions de l’Homme, 1985)

Littérature jeunesse

  • L’odeur du café (Les Éditions de la Bagnole, 2014)
  • Le baiser mauve de Vava, illustrations de Frédéric Normandin, (Les Éditions de la Bagnole, 2013)
  • La fête des morts, illustrations de Frédéric Normandin, (Les Éditions de la Bagnole, 2009)
  • Je suis fou de Vava, illustrations de Frédéric Normandin, (Les Éditions de la Bagnole, 2006)

Autoportrait de Paris avec chat

Grasset - 2018

Voici le roman le plus singulier de Dany Laferrière : un roman dessiné. Et écrit à la main ; comme tous les précédents, mais dans cet Autoportrait de Paris avec chat son écriture est reproduite en même temps que ses dessins, dans ce volume de grand format et de grande ambition. Et c’est guidés par la main du plus charmeur des académiciens français, ses lettres et ses couleurs, que nous pénétrons dans un Paris à son image, un Paris qui, d’une certaine façon, n’est autre que lui-même.
Plutôt que « À nous deux Paris ! », voici « Nous deux à Paris ! ». Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire... Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit ?

Comment conquérir l'Amérique en une nuit ?

Comment conquérir l’Amérique en une nuit ?

(Dany Laferrière , Boréal films, 2004) -

Quand notre ami Dany Laferrière passe de l’autre côté de la caméra, ça déménage ! Fraîchement arrivé à Montréal avec pour mission de conquérir l’Amérique en charmant la femme blonde, Gégé, jeune Haïtien dans la trentaine débarque chez Fanfan, son oncle casanier qui a troqué la poésie contre un bon vieux taxi.
Sous le signe de l’humour et de la convivialité - et d’un agréable festin auquel participent Andrée et Denise, deux jumelles québécoises aux contrastes évidents - nos deux joyeux lurons font le bilan de leur vie, de leurs souvenirs et de leurs fantasmes. A la télé, omniprésente dans le récit, diverses personnalités dressent un amusant portrait de la société nord-américaine. L’espace d’une nuit qui se terminera de façon plutôt inattendue, nos deux compères tenteront donc de conquérir... l’Amérique !

Inédit en France

L'odeur du café

L’odeur du café

(Zulma, 2016) - 2016

Un roman de 1992, réédité par les éditions Zulma.

Au cœur de ce récit, il y a l’enfance. Celle d’un petit garçon passant ses vacances à Petit-Goâve, dans le giron de Da, sa grand-mère. Un accès de fièvre, et le voici privé de jeux avec ses camarades. Alors il reste sur la galerie, assis aux pieds de Da qui se balance dans le rocking-chair, une tasse de café toujours à portée de main, pour les passants et les voisins. Le long des lattes de bois, l’enfant observe, rêve, se régale : la lutte inégale des fourmis et des araignées, les gouttes de pluie picorant le sol, les adultes comme ils s’occupent et bavardent, son chien Marquis « à la démarche de vieille dame »… Il respire les odeurs de la vie.
Chronique des sensations évanouies et retrouvées, l’Odeur du café est une magnifique échappée – au temps magique d’une enfance singulière.

« J’ai écrit ce livre pour toutes sortes de raisons. Pour faire l’éloge de ce café (le café des Palmes) que Da aime tant et pour parler de Da que j’aime tant. Pour ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis. Ni l’odeur de la terre. Ni les pluies de Jacmel. Ni la mer derrière les cocotiers. Ni le vent du soir. Ni Vava, ce brûlant premier amour. Ni le terrible soleil de midi. Ni Auguste, Frantz, Rico, mes amis d’enfance. Ni Didi, ma cousine, ni Zina, ni Sylphise, la jeune morte, ni même ce bon vieux Marquis. Mais j’ai écrit ce livre surtout pour cette seule scène qui m’a poursuivi si longtemps : un petit garçon assis aux pieds de sa grand-mère sur la galerie ensoleillée d’une petite ville de province. Bonne nuit, Da ! »


Myhologies américaines

Myhologies américaines

Grasset - 2016

Ce volume rassemble les premiers romans de Dany Laferrière (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (1985), Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ? (1993), Fête chez Hoki, (1987) et un inédit : Truman Capote au Park Hotel). Ils constituent ce qu’il appelle sa « mythologie américaine ».
Nous suivons notre jeune auteur au Canada puis aux Etats-Unis. Il rêve, se rêve, rêve aux grands écrivains qu’il aime et rêve de devenir écrivain. Comme l’écrit Charles Dantzig dans sa préface : « Peut-être veut-on être écrivain avant de vouloir écrire de la littérature. Elle nous piège ensuite. » Et le jeune rêveur qui dit qu’il ne fait rien à part discuter avec un copain et draguer des filles en se demandant avec ironie ce que c’est que la « confrontation Blanche/Nègre » passe en réalité son temps à écrire et le voici écrivain. Et dès ces premiers livres, on retrouve le Laferrière de L’Enigme du retour et de Je suis un écrivain japonais : l’homme qui joue des clichés pour mieux les contourner, le faux désinvolte qui construit patiemment une œuvre, l’humoriste qui dit des choses graves, et puis, surtout, le styliste souple et envoûtant, le romancier qui a inventé son propre genre de roman. « Ceci n’est pas un roman. Je le dis en pensant à Magritte dessinant une pipe et écrivant en légende : Ceci n’est pas une pipe. J’écris ce livre avec des notes prises sur le vif, un peu partout en Amérique du Nord. »


« Il y a trente ans, j’ai acheté cette Remington 22 pour 50 dollars chez un brocanteur à Montréal et j’ai su que j’étais écrivain. »


Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo

Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo

Mémoire d’Encrier - 2015

Un après-midi d’été, l’écrivain croise sur la rue Saint-Denis un jeune homme, Mongo, qui vient de débarquer à Montréal. Il lui rappelle cet autre jeune homme arrivé dans la même ville en 1976. Le même désarroi et la même détermination.
Mongo demande : comment faire pour s’insérer dans cette nouvelle société ?
Ils entrent dans un café et la conversation débute comme dans un roman de Diderot.
C’est ce ton léger et grave que le lecteur reconnaît dès le début d’un livre de Laferrière.

« Tout nouveau-né est un immigré qui doit apprendre pour survivre les codes sociaux. Une société ne livre ses mystères qu’à ceux qui cherchent à la comprendre, et personne n’échappe à cette règle implacable, qu’on soit du pays ou non. »
Au jeune Mongo, Laferrière raconte quarante années de vie. Une longue lettre d’amour au Québec.


Le Cri des oiseaux fous

Le Cri des oiseaux fous

Zulma - 2015

« Droite, fière, sans un sourire, ma mère me regarde partir. Les hommes de sa maison partent en exil avant la trentaine pour ne pas mourir en prison. Les femmes restent. Ma mère a été poignardée deux fois en vingt ans. Papa Doc a chassé mon père du pays. Baby Doc me chasse à son tour. Père et fils, présidents. Père et fils, exilés. Et ma mère qui ne bouge pas. Toujours ce sourire infiniment triste au coin des lèvres. Je me retourne une dernière fois, mais elle n’est plus là. »
Vieux Os a vingt-trois ans. Son ami Gasner, journaliste comme lui, vient d’être assassiné par les tontons macoutes. Dès lors s’enclenche la mécanique de l’exil, pressante, radicale : Vieux Os doit passer sa dernière nuit hors de chez lui.
De taps-taps bondés en déambulations hasardeuses, Vieux Os parcourt son monde en accéléré : les belles de nuit du Brise-de-Mer, bordel miniature où l’on parle d’amour et de grammaire, les amis de toujours, Lisa et Sandra – « l’une pour le corps, l’autre pour le cœur » –, les souvenirs d’enfance à Petit-Goâve dans le giron de Da, les tueurs qui rôdent, les anges gardiens aux allures de dieux vaudou, et toutes les bribes de vie saisies au vol dans les rues de Port-au-Prince…


L'Art presque perdu de ne rien faire

L’Art presque perdu de ne rien faire

Grasset - 2014

La nonchalance est une affaire de connaisseur. « J’étais devenu un spécialiste mondial de la sieste », nous révèle Dany Laferrière dès le début de son livre. Cela n’interdit pas de lire et de réfléchir – la sieste y est, au contraire, propice. Elle permet aux pensées de jaillir, s’attachant aux petites et aux grandes choses, aux rêves et aux lectures. Dany Laferrière nous parle d’Obama et de l’Histoire, de ses premières amours nimbées d’un parfum d’ilang-ilang, de Salinger et de Borges, de la guitare hawaïenne, du nomadisme et de la vie – car cet Art presque perdu de ne rien faire est, ni plus ni moins, un art de vivre.


Revue de presse :


L'Odeur du café

L’Odeur du café

Éditions de la Bagnole - 2014

Hommage à l’enfance de Dany Laferrière.

Je suis le fils aîné de la fille aînée. Le premier enfant de la maison. La mer des Caraïbes se trouve au bout de ma rue. Nous avons un chien. Mais il est si maigre et si laid que je fais semblant de ne pas le connaître.
Vava habite en haut de la pente. Elle porte une robe jaune. Des fois, elle me donne l’impression d’être un cerf-volant. Je la sens si proche. Mon ventre se met à bouillir. Je vais mourir.
Un jour, j’ai demandé à ma grand-mère de m’expliquer le paradis. Elle m’a montré sa cafetière. C’est le café de Palmes que Da préfère, surtout à cause de son odeur. Da boit son café. J’observe les fourmis. Le temps n’existe pas.

Illustré par Francesc Rovira


Journal d'un écrivain en pyjama

Journal d’un écrivain en pyjama

Mémoire d’Encrier - 2013

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière, qui, après trente années d’écriture, décide de parler à ses lecteurs. Suite de fragments et de scènes où fiction, réflexion, récit, méditations s’alternent. Journal d’un écrivain en pyjama met sous nos yeux l’itinéraire de cet écrivain pour qui la vie est une aventure exaltante, qui se conjugue entre lire et écrire. L’auteur intervient ni en savant ni en érudit, mais plutôt en écrivain-lecteur, dandy, esthète passionné : Que lisons-nous ? Qu’écrivons-nous ? Et quelles sont les incidences des livres dans notre vie quotidienne ? À propos de conseils d’écriture, Laferrière glisse quelques notes : « Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : il pleut. » La lecture, étant une activité naturelle, Laferrière convoque les écrivains, classiques et contemporains, comme s’il s’agissait de vieux amis qui se seraient retrouvés dans un café.


Le baiser mauve de Vava

Le baiser mauve de Vava

Editions de la Bagnole - 2013

Dans le petit village de Petit-Goâve, plus rien n’est pareil. Des soldats ont envahi les rues. On parle à mots couverts. Les nuits sont agitées. Mais surtout, surtout, Vava est malade, et c’est de cela que Vieux Os est inquiet. Il ne manque ni d’amour, ni de courage. Il ne quittera pas le village avant d’avoir donné et reçu ce baiser si puissant qui peut venir à bout de la violence, de la peur, et de la maladie. Ce baiser, il est mauve.


Journal d'un écrivain en pyjama

Journal d’un écrivain en pyjama

Grasset - 2013

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière, qui, après trente années d’écriture, décide de parler à ses lecteurs. Suite de fragments et de scènes où fiction, réflexion, récit, méditations s’alternent. Journal d’un écrivain en pyjama met sous nos yeux l’itinéraire de cet écrivain pour qui la vie est une aventure exaltante, qui se conjugue entre lire et écrire. L’auteur intervient ni en savant ni en érudit, mais plutôt en écrivain-lecteur, dandy, esthète passionné : Que lisons-nous ? Qu’écrivons-nous ? Et quelles sont les incidences des livres dans notre vie quotidienne ? À propos de conseils d’écriture, Laferrière glisse quelques notes : « Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : il pleut. » La lecture, étant une activité naturelle, Laferrière convoque les écrivains, classiques et contemporains, comme s’il s’agissait de vieux amis qui se seraient retrouvés dans un café.


Chronique de la dérive douce

Chronique de la dérive douce

Grasset - 2012

Un jeune homme du sud arrive dans une ville du nord. On le voit dériver dans les rues d’un monde si neuf. Par petites touches singulières, il tente de savoir où il se trouve. Si L’Enigme du retour (Grasset, prix Médicis 2009) était le roman du retour à Port-au-Prince de Dany Laferrière, Chronique de la dérive doucerelate son arrivée à Montréal, à l’âge de 23 ans.


L’ Art presque perdu de ne rien faire

Boréal - 2011

Je ne sais pas trop comment qualifier ce livre. J’hésite entre un roman des idées et un essai lyrique. En tout cas, j’essaie de brasser ensemble mes réflexions, mes émotions, mes sensations comme mes rires et mes délires, car je n’ai pas l’impression qu’on arrête de vivre parce qu’on est en train de penser. Si mes romans sont une autobiographie de mes émotions, ce livre, dans la même veine, est une autobiographie de mes idées. Ce que je pense n’est jamais loin de ce que je sens. Comme si toute cette philosophie me venait de la petite galerie de ma grand-mère, du fond de mon enfance. D. L. En mettant en scène ses idées, Dany Laferrière nous invite à regarder le monde comme lui, c’est-à-dire avec la naïveté de l’enfant et la roublardise de l’écrivain. Mais cet art de penser est aussi, et surtout, un art de vivre : l’art de rester immobile, l’art de ne pas oublier, l’art de capturer l’instant, l’art de manger une mangue…


Tout bouge autour de moi

Tout bouge autour de moi

Grasset - 2011

Le 12 janvier 2010, Dany Laferrière se trouvait à Port-au-Prince. Un an après, il témoigne de ce qu’il a vu. Sans pathos, sans lyrisme. Des "choses vues" qui disent l’horreur, mais aussi le sang-froid des Haïtiens. Que reste-t-il quand tout tombe ? La culture. Et l’énergie d’une forêt de gens remarquables.


Je suis fatigué

Lanctôt Editeur - 2011

« Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue. » Jules Renard. « On doit commencer à écrire même quand on ne sait pas quoi dire. » Ce n’est pas nous qui le disons mais Dany Laferrière, à la page 65 du livre que vous avez entre les mains. Voici un petit ouvrage, d’à peine 144 pages, qui, nous l’espérons, vous ouvrira les portes du monde merveilleux de Dany Laferrière, écrivain trop peu connu, qu’on a qualifié, à tort ou à raison — à vous d’en juger — d’écrivain haïtien, québécois, canadien, français, caribéen, africain… Ce livre s’adresse à tous les publics et il vous procurera un véritable bonheur de lecture.


Tout bouge autour de moi

Mémoire d’Encrier - 2010

Tout bouge autour de moi est un témoignage de Dany Laferrière autour du séisme du 12 janvier 2010 qui a détruit Haïti. L’auteur retrace dans cet ouvrage les principaux moments du désastre : textes brefs, portraits, impressions. L’auteur plante le décor de son île avec la force et la générosité qu’on lui connaît. Il livre également en des touches discrètes ses émotions, ses sentiments et ses pensées dans cette chronique touchante. Tout bouge autour de moi, c’est Dany Laferrière qui jette un regard poignant sur Haïti, sur la fragilité des choses et des êtres. Cet ouvrage est également une leçon d’élégance, de dignité et de courage du peuple haïtien qui a trouvé l’énergie pour recommencer la vie après le séisme.


La fête des morts

Editions de la Bagnole - 2009

Sur le chemin qui doit les mener à l’école, Frantz et Vieux Os croisent Vava. Dès lors, Vieux Os sait ce que signifie « mourir d’amour ». Un cortège funèbre entraîne les deux garçons jusqu’au cimetière, où règne une joyeuse atmosphère. Au terme de cette journée initiatique, où il découvre le destin que les dieux lui ont tracé, Vieux Os est habité par de nouvelles certitudes. Dans cet Haïti de l’enfance de Dany Laferrière, la mort est un papillon qui se pose sur les yeux de ceux qui aiment, et l’amour assure la survie de ceux qui meurent. Dany Laferrière a remporté en 2006 le Prix du Gouverneur général pour le meilleur texte pour la jeunesse avec l’album JE SUIS FOU DE VAVA.Frédéric Normandin était aussi en lice dans la catégorie « illustrations ». Depuis, JE SUIS FOU DE VAVA a fait le tour du monde. Il s’est vendu à plus de 6000 exemplaires. L’album a été traduit en créole et sera bientôt disponible en anglais.


L'énigme du retour

L’énigme du retour

Grasset - 2009

L’Enigme du retour (référence au livre de V.S. Naipaul, L’Enigme de l’arrivée, mais aussi au tableau de Giorgio De Chirico portant le même titre) est le grand roman de la maturité de Dany Laferrière. On y retrouve son personnage de l’écrivain qui ne fait apparemment rien que prendre des bains dans son appartement à Montréal. Un matin, on lui téléphone : son père vient de mourir. Son père qui, dans un parallèle saisissant, avait été exilé d’Haïti par le dictateur Papa Doc, comme le narrateur, des années plus tard, l’avait été par son fils, le non moins dictatorial Bébé Doc. C’est l’occasion pour le narrateur d’un voyage initiatique à rebours. Le narrateur part d’abord vers le Nord, comme s’il voulait paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour les funérailles de son père. Accompagné d’un neveu – qui porte le même nom que lui –, il parcourt son île natale dans un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui le mène sur les traces de son passé, de ses origines. Mais revient-on jamais chez soi ? Un roman d’une facture extrêmement originale : il est en vers libres, d’une lecture très fluide, rythmée et toute en séduction.


Je suis un écrivain japonais

Je suis un écrivain japonais

Grasset - 2008

Montréal, de nos jours C’est l’histoire d’un homme qui ne fait rien, ou presque. Le narrateur prend des bains. Relit le poète japonais Basho. Ecrit à peine. Fait l’amour avec Midori. Reçoit la visite de Monsieur Mishima. Ce vice-consul de l’ambassade du Japon lui apprend qu’il est devenu célèbre à Tokyo. Célèbre à Tokyo ? Un jour, dans une interview, il a annoncé qu’il était en train d’écrire un livre intitulé Je suis un écrivain japonais, et le phénomène de la célébrité s’est emballé. Un écrivain japonais est allé jusqu’à écrire Je suis un écrivain noir. L’histoire dérape. La police s’en mêle. Que va-t-il se passer ? Ce roman construit en courts chapitres à la manière de Brautigan est, au-delà de son sujet, une brillante variation sur la créolité, la francophonie, la médiatisation et tous les carcans qui empêchent l’homme moderne de prendre son plaisir où il le veut. Avec ce livre diaboliquement intelligent, délicieusement sensuel et irrésistiblement humoristique, Dany Laferrière signe avec brio son retour au roman.


Je suis fou de Vava

Editions de la Bagnole - 2006

Vieux Os aime jouer avec les fourmis. Passer l’après-midi sur le balcon avec sa grand-mère, Da. Regarder vivre les habitants de Petit-Goâve. Mais ce qu’il aime le plus, c’est Vava dans sa robe jaune. Cela lui donne la fièvre, encore plus que la bicyclette rouge qu’il désire tant. Quand on a aimé Vava à dix ans, cela dure... toute une vie ! Le texte de Dany Laferrière, puisé à même le magnifique récit L’Odeur du café, est plein de vie, de vraie vie. Les illustrations de Frédéric Normandin impressionnent et émeuvent. Les couleurs sont d’une telle authenticité que l’on n’est pas loin de sentir, au détour d’une page, l’odeur de la terre mouillée et des Flamboyants en fleurs !


Les années 80 dans ma vieille Ford

Mémoire d’Encrier - 2006

Comment devenir écrivain sans se fatiguer ? S’offrir une vieille Ford et sillonner l’Amérique, un calepin à la main. Écrire vite. Écrire à tout prix. Avec le regard impudent du jeune homme qui rêve de devenir écrivain. C’est Dany quand il avait 20 ans. C’est Dany quand il n’était pas Laferrière. C’est Dany dans sa vieille bagnole quand il rodait ses phrases pour trouver son rythme, sa voix et la justesse de son ton. Les années 80 dans ma vieille Ford : histoires d’amour, d’amitié et d’exil d’un écrivain passionné des êtres et des choses.


Vers le sud

Grasset - 2006

Vers le Sud est un recueil d’histoires entrelacées qui forment un roman. Plusieurs personnages reviennent, comme Fanfan, double de l’auteur adolescent, qu’on avait déjà croisé dans Le Goût des jeunes filles. Mais ce qui crée l’unité profonde du livre, c’est le thème. Dans toutes les histoires, on retrouve un attrait vers le Sud, c’est-à-dire Haïti et ses corps noirs. Attrait souvent inexprimé, et d’autant plus fort. Le propriétaire d’un café de Brooklyn s’établit à Port-au-Prince et y embauche des gigolos pour séduire sa clientèle féminine. Une Américaine loue une maison bleue qui ressemble à une peinture naïve où elle va faire de troublantes découvertes. La fille d’un maître séduit un esclave. Un roman sensuel, troublant, sur l’attirance des chairs.


Le Goût des jeunes filles

Grasset - 2005

Le Goût des jeunes filles est l’histoire d’un exilé haïtien à Miami qui se remémore son adolescence à Port-au-Prince. Et, de même qu’aux Etats-Unis il est entouré de femmes, telles ses deux tantes illettrées, aussi extravagantes qu’adorables, de même, à quinze ans, il rêvait en observant de sa fenêtre un groupe de jeunes filles de l’autre côté de la rue. Des rôdeuses, des moqueuses, des paresseuses, prostituées à l’occasion, des « fraîcheurs », comme il dit. C’est que, malgré la saleté, et la misère, elles lui semblaient éclatantes. Fanfan, c’est le nom de notre bien timide héros, rêve d’aller les retrouver dans leur maison : pour cela, il lui faudra traverser la rue, « le fleuve de la mort ». Un week-end dangereux l’attend. En compagnie d’un ami, il prendra tous les risques pour retrouver les sirènes sinueuses et séduisantes. Histoire de la conquête de la sensualité par un adolescent, Le Goût des jeunes filles est aussi la chronique de ces jeunes filles insolentes qui n’ont peur de rien. Elles vivent selon leurs propres lois et montrent ainsi, en creux, l’horreur de la dictature des « tontons macoutes » qui terrorisent Haïti. Et c’est elles qui, pour finir, donneront à Fanfan le goût de l’amour, de la poésie et de la révolte. Plus encore qu’un roman d’initiation, Le Goût des jeunes filles est un roman de libération.


J’écris comme je vis

La Passe du vent - 2000

Suivons la vie de Dany Laferrière, pas à pas, livre après livre, et constatons ce lien solide existant entre sa vie et ses ouvrages... Bernard Magnier remonte la piste de l’écrivain, de son enfance à Petit-Goâve à son arrivée à Montréal et à son premier livre, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. Entretiens par Bernard Magnier


Le cri des oiseaux fous

Lanctôt Editeur - 2000

Ce roman pourrait aussi s’appeler « Une journée dans la vie de Vieux Os ». Nous sommes en 1976, à l’ère glauque des Duvalier. Ce « prince sans terre ni couronne », jeune journaliste de profession, doit quitter précipitamment Haïti, car sa vie est menacée. Les tontons macoutes ont tué son grand ami et une source près du pouvoir a averti sa mère qu’il était le prochain sur la liste. On ne rigole pas avec ces tueurs qui, on le verra dans le roman, échafaudent de fort sérieuses théories sur la nécessité, pour la bonne renommée du pays, de présenter au monde des « cadavres propres ». Ce sera l’occasion pour Vieux Os de faire un dernier tour de piste avant l’exil qui le conduira jusqu’à Montréal, ce paradis rêvé malgré l’enfer de l’hiver, de revoir sa famille et ses amis, de revisiter les lieux qui l’ont marqué depuis sa tendre enfance dans un Port-au-Prince hallucinant, véritable capitale de la douleur, cité exsangue et si attachante qui rassemble sous un même ciel damnés de la terre, prostituées, monstres sanguinaires, prophètes et dieux des ténèbres, là, devant cette mer étale si bleue. Le lecteur, lui, retrouvera avec bonheur tous ces personnages qui ont marqué l’œuvre de Dany Laferrière, depuis Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer jusqu’au Charme des après-midi sans fin. Le cri des oiseaux fous est le dernier ouvrage du cycle romanesque « Une autobiographie américaine » , le projet le plus ambitieux pour le Québec depuis « Les voyageries » de Victor-Lévy Beaulieu. Ce cycle regroupe dix œuvres qui couvrent cinq villes d’Amérique : Petit-Goâve, Port-au-Prince, Montréal, New York, Miami, et qui mettent en scène une cinquantaine de personnages tous plus vivants les uns que les autres, tissant ainsi une fresque contemporaine, avec ses mythes et ses drames. Dany Laferrière est sans contredit l’écrivain le plus surprenant et le plus adulé de sa génération. Il construit une œuvre à nulle autre pareille.


La chair du maître

Lanctôt Editeur - 1997

La vraie vie commence à quinze ans. Dans une île des Caraïbes, ce Nouveau Monde propice à toutes les joies, à toutes les misères, à toutes les découvertes. Celle, surtout, des femmes, à qui on doit tout, la vie, certes, mais aussi cet obscur objet du désir. "La chair du maître", Échec et mat. L’homme est ainsi fait, qu’il va sans cesse entre deux points, l’alpha et l’oméga, dans le plus exubérant des désordres amoureux, se croyant libre à l’infini, ce qui peut être fort contestable, mais n’en est pas moins vrai comme est vraie la violence des rapports amoureux, ou celle de la beauté pure aperçue au coin d’une rue, stade suprême d’une vénalité qui n’a rien de déshonorant : l’amour est un métier qui s’apprend. Ce livre ne tue pas le temps, il réinvente la guerre, celle des apôtres d’Éros, qui préfèrent vivre collé-collé dans les sanglots longs des étés interminables, en risquant corps et biens. L’enjeu est réel : cet âge d’or, berceau de toutes les utopies, annonce-t-il la chute du temps, la fin du paradis ? Dany la ferrière nous ouvre son jardin intime. Son huitième ouvrage, sans graisse ni point mort, est pétri avec la bonne pâte faite de rêves, de fantasmes et d’histoires vraies... venues d’ailleurs. Cela a ses avantages. Mais l’écrivain Laferrière fait plus que nous divertir. Il démontre que la littérature n’est pas morte et qu’on peut encore écrire en toute liberté.


Le charme des après-midi sans fin

Lanctôt Editeur - 1997

J’ai écrit ce livre pour une seule raison : revoir Da. Quand L’odeur du café est paru, en automne 1991, Da était encore vivante, et elle l’a lu. — Vieux Os !… Quel beau cadeau tu m’as fait ! — Je te l’avais promis. Je me souviens de son doux sourire. Elle était très fière de pouvoir filer son aiguille jusqu’au dernier jour. Elle est morte un samedi matin, le 17 octobre 1992, à l’âge de 96 ans. Et depuis, elle me manque. Je suis retourné dernièrement, le 11 août 1997, à Petit-Goâve. La première fois depuis mon départ, il y a plus de trente ans. Juste avant d’envoyer ce livre à mon éditeur. Et je les ai tous revus. Voici Da, assise comme toujours sur sa galerie au 88 de la rue Lamarre, en train de siroter son café. Et aussi ce bon vieux Marquis qui vient se frotter contre ma jambe, en remuant doucement la queue. Le soleil du midi. Les rues désertes. La mer turquoise scintillant derrière les casernes. La ville fait la sieste…


Pays sans chapeau

Lanctôt Editeur - 1996

Vingt ans après avoir quitté son pays, un homme — écrivain, reporter, animateur à la télévision — y revient. Est-ce le choc ? Pas tout à fait. Les années ont passé, mais rien n’a vraiment changé. Le temps de quelques semaines, l’étranger interroge ses repères. Il revoit sa mère qui, avec les mêmes gestes, les mêmes paroles, les mêmes peurs, refait à sa manière la vie de tous les jours, solennelle et intimiste, celle de son enfance et de son adolescence. Il retrouve aussi les amis et les petits drames laissés en suspens, la poussière ayant à peine eu le temps de masquer les amours anciennes. Pays rêvé et pays réel, pays perdu puis retrouvé et toujours porteur d’espoir. Dany Laferrière n’a rien inventé : l’histoire était là, parmi le monde ordinaire, celui de la rue et celui des champs, et il nous la livre avec une douceur remarquable qui donne son tempo à cette musique toute personnelle.


Chronique de la dérive douce

VLB Editeur - 1994

Un jeune homme du sud arrive dans une ville du nord. On le voit dériver dans les rues d’un monde si neuf. Par petites touches singulières, il tente de savoir où il se trouve. Si L’Enigme du retour (Grasset, prix Médicis 2009) était le roman du retour à Port-au-Prince de Dany Laferrière, Chronique de la dérive doucerelate son arrivée à Montréal, à l’âge de 23 ans.


Le Goût des jeunes filles

VLB Editeur - 1993

Le Goût des jeunes filles est l’histoire d’un exilé haïtien à Miami qui se remémore son adolescence à Port-au-Prince. Et, de même qu’aux Etats-Unis il est entouré de femmes, telles ses deux tantes illettrées, aussi extravagantes qu’adorables, de même, à quinze ans, il rêvait en observant de sa fenêtre un groupe de jeunes filles de l’autre côté de la rue. Des rôdeuses, des moqueuses, des paresseuses, prostituées à l’occasion, des « fraîcheurs », comme il dit. C’est que, malgré la saleté, et la misère, elles lui semblaient éclatantes. Fanfan, c’est le nom de notre bien timide héros, rêve d’aller les retrouver dans leur maison : pour cela, il lui faudra traverser la rue, « le fleuve de la mort ». Un week-end dangereux l’attend. En compagnie d’un ami, il prendra tous les risques pour retrouver les sirènes sinueuses et séduisantes. Histoire de la conquête de la sensualité par un adolescent, Le Goût des jeunes filles est aussi la chronique de ces jeunes filles insolentes qui n’ont peur de rien. Elles vivent selon leurs propres lois et montrent ainsi, en creux, l’horreur de la dictature des « tontons macoutes » qui terrorisent Haïti. Et c’est elles qui, pour finir, donneront à Fanfan le goût de l’amour, de la poésie et de la révolte. Plus encore qu’un roman d’initiation, Le Goût des jeunes filles est un roman de libération.


Cette grenade dans la main du nègre est-elle arme ou fruit ?

Editions du Jour - 1993

Cette nouvelle version de Cette grenade dans la main du jeune Nègre... s’inscrit dans le projet de Dany Laferrière de retourner sur ses traces, de rectifier le tir. Soucieux tout autant de l’ensemble que du détail, le romancier nous livre ici un témoignage de première main sur l’Amérique qu’il a parcourue en tous sens, s’arrêtant dans le moindre bled. Comme la réflexion de Laferrière porte autant sur l’écriture que sur le succès, autant sur la vie que sur les êtres, le lecteur découvrira un autoportrait de l’auteur à l’intérieur du portrait du continent.


Eroshima

VLB Editeur - 1987

J’ai découvert le Sexe (ou le Désir) à sept ans sous les traits de Rita Hayworth. Ah ! qu’elle était jolie, la Mort ! Je n’ai pas arrête depuis et il m’a fallu vingt-cinq ans (et la mort de Rita) pour comprendre que c’était une bombe à retardement. Tu peux te cacher n’importe où sur cette satanée planète, il y aura toujours (comme le feu au cul) la menace de la Bombe. Et pour attendre cette saloperie de Bombe, rien de moins que le SEXE. Heureusement que nous sommes un peu plus que cinq milliards répartis un peu partout sur la planète. Alors, c’est quand tu veux, ma vieille. — Dany Laferrière


Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer

VLB Editeur - 1985

Première oeuvre d’un jeune auteur d’origine haïtienne, Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer est toujours d’actualité dix-sept ans après sa parution. Entre-temps, le roman est devenu un classique de la littérature québécoise et Dany Laferrière a été reconnu comme un écrivain majeur de la littérature d’expression française. Acclamé par une critique unanime et un public enthousiaste, Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer a connu un succès retentissant dans plusieurs pays, notamment dans le monde anglophone où l’on a comparé son auteur à Bukowski et à Miller.

Les grands débats en vidéo

Pour saluer Jacques Stephen Alexis

Saint-Malo 2012

Avec James Noël, Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, Emmelie Prophète. Animé par Yves Chemla.

Les cafés littéraires

Pour saluer Jacques Stephen Alexis

Saint-Malo 2012

Avec James Noël, Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, Emmelie Prophète. Animé par Yves Chemla.

Rencontre autour des prix Littérature-Monde

Avec Mohamed Mbougar Sarr, Einar Már Guðmundsson, Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. - Saint-Malo 2018

Rencontre avec les lauréats du prix Littérature-Monde 2018 Mohamed Mbougar Sarr et Einar Már Guðmundsson (traduit par Éric Boury). Avec les membres du jury Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. Animé par Sophie Ékoué.


Les bruits du monde

Avec Naomi FONTAINE, Rodney SAINT-ELOI, Christine VAN ACKER, James NOEL, Dany LAFERRIÈRE, Laure MORALI, Yvon LE MEN, Anne PENDERS - Saint-Malo 2013

Avec Naomi FONTAINE, Rodney SAINT-ELOI, Christine VAN ACKER, James NOEL, Dany LAFERRIÈRE, Laure MORALI, Yvon LE MEN, Anne PENDERS


Intranqu’illes

Avec James Noël, Dany Laferrière, Hubert Haddad, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Robles, Rodney Saint-Eloi - Saint-Malo 2013

Avec James Noël, Dany Laferrière, Hubert Haddad, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Robles, Rodney Saint-Eloi


Dany écrit pour la jeunesse

Avec Dany Laferrière - Saint-Malo 2012

Avec Dany Laferrière, une rencontre animée par Christelle Capo-Chichi


Pour saluer Jacques Stephen Alexis

Avec James Nöel, Lyonel Trouillot, Dany Laferrière et Emmelie Prophète - Saint-Malo 2012

Avec James Nöel, Lyonel Trouillot, Dany Laferrière et Emmelie Prophète. Rencontre animée par Yves Chemla


Faut-il encore décerner des prix littéraires au XXIème siècle ?

Avec Cécile Coulon, Patrick Rambaud, Claude Villers, Léonora Miano, Carole Martinez, Dany Laferrière, Alain Mabanckou et Claude Esclatine - Saint-Malo 2012

Avec Cécile Coulon, Patrick Rambaud, Claude Villers, Léonora Miano, Carole Martinez, Dany Laferrière, Alain Mabanckou et Claude Esclatine, débat animé par Hubert Artus


Laferrière / Mabanckou, une complicité littéraire

Avec Alain Mabanckou et Dany Laferrière - Saint-Malo 2012

Une rencontre entre Alain Mabanckou et Dany Laferrière animée par Margot Loizillon.


Ecritures migrantes, pensée en mouvement

Saint-Malo 2011

Ils disent le douloureux télescopage des cultures, le fait d’avoir à vivre en soi ces multiples appartenances et ces déracinements — en un temps de basculement, qui semble exiger non plus comme jadis une pensée du stable, mais du mouvant, où tout ce qui était perçu jusque-là comme barrage, outil de régulation (état, frontière, identité, famille, etc) paraît sans plus d’efficacité devant la puissance des flux d’images, d’argent, d’information, de personnes. Car n’est-ce pas le pouvoir de la littérature, que de « mettre en musique » à travers des fictions ces voix multiples autour de soi, en soi — n’est-ce pas la définition même du roman ? Le promesse, dès lors, d’un « âge d’or » du roman pour le XXIe siècle naissant ?

Avec : Dany LAFERRIERE, Marie-Célie AGNANT, CHIKWAVA Brian, TEARNE Roma,
animé par Hubert Artus


Etonnants Voyageurs, rendez-vous en Haïti ?

Saint-Malo 2011

En nous quittant dans Port-au-Prince en ruines, nous nous étions jurés, avec Lyonel Trouillot et Dany Laferrière de remonter dès que possible le festival que le tremblement de terre venait de mettre bas. Et d’abord à Saint-Malo, au printemps dernier. Puis à Port-au-Prince, de nouveau. Le choléra, les troubles politiques, nous auront contraints à différer notre projet. Mais sûrement pas à y renoncer ! Parce que la culture, plus que jamais, est un enjeu majeur de la reconstruction. Comme en témoigneront les acteurs rassemblés, tous engagés dans ce combat.

Avec Lyonel TROUILLOT, Jean-Euphèle MILCE, Emmelie PROPHETE, Evelyne TROUILLOT, Louis-Philippe DALEMBERT, Dany LAFERRIERE, Yanick LAHENS, Michel LE BRIS

Animé par Christelle CAPO-CHICHI


Qu'est-ce qu'habiter un lieu ?

Qu’est-ce qu’habiter un lieu ?

Saint-Malo 2011

Avec Dany LAFERRIERE, Lyonel TROUILLOT, Yanick LAHENS, Evelyne TROUILLOT, Jean-Euphèle MILCÉ, Emmelie PROPHÈTE, animé par Yves Chemla


Goût d'Afrique, goût des Caraïbes

Goût d’Afrique, goût des Caraïbes

Saint-Malo 2010

Quand les saveurs entre dans les mots des écrivains… direction l’Afrique avec Léonora Miano et les Caraïbes avec Dany Laferrière, une rencontre animée par Christine Ferniot et suivie d’une lecture apéritive de leur ouvrage respectif.

Goût d’Afrique, goût des Caraïbes

Quand les écrivains submergent les journalistes

Saint-Malo 2010

Avec Lyonel Trouillot, Dany Laferrière, Louis-Philippe Dalembert, Emmelie Prophète, Kettly Mars. Un débat animé par Thierry Leclere.

Quand les écrivains submergent les journalistes

De l’écrit à l’écran

Saint-Malo 2008
14h30 : De l’écrit à l’écran
Dany LAFERRIERE, Fabienne KANOR, Xiaolu GUO.

Pour saluer Maryse Condé

Saint-Malo 2008
16h30 : pour saluer Maryse Condé
Gisèle PINEAU, Dany LAFERRIERE, Moussa KONATE, Maryse CONDE.

Y a-t-il une langue du maître ?

Saint-Malo 2008
10h00 : Y a-t-il une langue du maître ?
Tahar BEN JELLOUN, Fabienne KANOR, Dany LAFERRIERE, Michel LE BRIS

Programme


Samedi

10h30
Signatures

14h30
Rencontre - lecture
Maison du Québec

15h30
France Culture : Le Temps des écrivains de Christophe Ono-dit-Biot
Rotonde Surcouf

17h05
Signatures
 

Dimanche

10h00
Coédition et cessions

14h00
Proclammation des Prix Littérature-Monde
Café Littéraire

14h50
Signatures

17h00
Rencontre - lecture “Québec du monde entier”
Maison du Québec

18h20
Signatures
 

Lundi

10h00
Signatures

10h00
Signatures

11h15
La langue appartient à tous
Auditorium

12h15
Les grands prix “Littérature Monde”
Auditorium

14h00
Signatures

15h30
L’esprit des lieux
Café Littéraire