Téléchargez la grille horaire 2018
(Fichier PDF - 2.5 Mo)
Téléchargez le catalogue 2018
(Fichier PDF - 6.8 Mo)

EFOUI Kossi

Togo

Cantique de l’acacia (Seuil, 2017)

©Astrid di Crollalanza

Pour ce dramaturge et romancier togolais exilé en France depuis 1992, et lauréat du Prix des cinq continents de la Francophonie en 2009, la parole est le signe incontestable de la liberté et de ce qui fonde l’humanité. S’il écrit l’Afrique, ce passeur de frontières ne veut pas être “assigné à résidence littéraire”. Son théâtre "apocalyptique", toujours entre rires et larmes, entre rêve et cauchemar est jouée sur les scènes européennes et africaines. Ce 5e roman puise dans sa langue poétique si caractéristique, d’une grande musicalité, pour porter la voix de femmes qui se transmettent, à travers les mythes et l’oralité, une liberté et un esprit de révolte contre l’Histoire et l’ordre du monde.

Pour Kossi Efoui, dramaturge et romancier togolais exilé en France depuis 1992, la parole est le signe incontestable de la liberté et de ce qui fonde l’humanité. Il est un passeur de frontières comme les poètes qui l’inspirent, un écrivain de l’Afrique, certes, mais qui ne veut pas être assigné à résidence littéraire. Il voit dans l’art une possibilité d’élargir notre champ de vision et écrit à la fois pour « être du côté de ceux qui déplorent », mais aussi pour dire son « appétit du monde ». Ses textes sont des "paquets de mots mêlés", tour à tour criés ou chuchotés dans une langue que salue Jean-Marie Gustave Le Clézio : « C’est une incantation, qu’on a envie d’entendre. C’est un magnifique exemple de ce que l’on peut faire en mélangeant la puissance orale du théâtre, et la force secrète et mystérieuse de la littérature écrite. »

Kossi Efoui est né en 1962 au Togo. Sa participation au mouvement étudiant des années 1980, durement réprimé par le régime du général Eyadéma, l’a conduit à se réfugier en France en 1992. Mais plutôt qu’ "exilé" ou "réfugié", il préfère se définir aujourd’hui comme "vagabond", terme qu’il juge plus subversif (« c’est contre les vagabonds, rappelle-t-il, qu’on a inventé les cartes d’identité »). Son œuvre est traversée par la question de l’exil, empreinte de ce choix douloureux, travaillée par l’ici et l’ailleurs. Mais Kossi Efoui estime avant tout que l’exil se situe au cœur même de l’acte d’écrire, en tant qu’effort vers la rupture et l’inédit.

Il se passionne tout jeune pour le théâtre et se consacre, après des études de philosophie, à l’écriture de pièces, jouées sur les scènes européennes et africaines.
En 1989, il reçoit le Grand Prix Tchicaya U Tam’si du Concours théâtral interafricain pour sa pièce Le Carrefour. Boursier de Beaumarchais en 1992, il est accueilli en résidence d’écriture dans plusieurs lieux comme la Maison des auteurs du Festival des Francophonies. En février 2010, l’Institut de Recherches en Etudes Théâtrales de Paris III-Sorbonne Nouvelle, en collaboration avec la Fondation DAPPER, organise un colloque international "Le théâtre de Kossi Efoui : une poétique du marronnage au pouvoir".
Son théâtre "apocalyptique" de marionnettes, toujours entre rires et larmes, entre rêve et cauchemar, où les personnages, sans plus de mémoire, sans souvenir, sans passé, s’agitent, adossés à la mort, fait penser, par sa force, à Samuel Beckett.

Déjà auteur de plusieurs nouvelles et d’un premier roman, La Polka en 1997, il est consacré comme une des grandes voix de la littérature africaine contemporaine en 2000 grâce à La fabrique des cérémonies. En 2008, Solo d’un revenant, son troisième roman, est récompensé par plusieurs prix (Prix Tropiques 2008, Prix Ahmadou Kourouma 2009, Prix des cinq continents de la francophonie 2009) et salué par Jean-Marie Le Clézio ainsi que par l’Haïtien Lyonel Trouillot en ces termes : « l’écrivain est celui qui signe chacune de ses phrases et chacune des phrases de ce roman est signée ».

Cantique de l’acacia est son cinquième roman. C’est aussi le premier qu’il écrit à la 3e personne, estimant que le « je » chez lui a une connotation trop masculine. En effet, ce sont les femmes qui parlent dans ce roman ; trois générations de femmes, Grace la grand-mère, Io-Anna la belle-fille et Joyce la petite-fille miraculée, qui se lient et transmettent leurs connaissances par la parole. Ce qui intéresse Kossi Efoui, c’est « le mouvement qui mène quelqu’un vers sa liberté » (L’Humanité), et c’est ce qu’il met en scène ici, avec des femmes dont la libération passe souvent par le pouvoir des mots. Dans une langue poétique, d’une grande musicalité, Kossi Efoui porte la voix de femmes qui ont su trouver le courage de vivre. Un roman envoûtant qui mène, par des chemins qui lui sont propres, à « questionner l’Histoire et l’ordre du monde » (Le Monde).


Bibliographie

ROMANS

  • Cantique de l’acacia (Seuil, 2017)
  • L’Ombre des choses à venir (Seuil, 2011)
  • Solo d’un revenant (Seuil, 2008), Prix Tropiques 2008, Prix Ahmadou Kourouma 2009, Prix des cinq continents de la francophonie 2009
  • La fabrique de cérémonies (Le Seuil, 2001), Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire de l’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF), 2002
  • La Polka (Le Seuil, 1997)

NOUVELLES

  • Volatiles (Editions Joca Seria, 2006)
  • La Voiture est dans la pirogue, ouvrage collectif (Le Bruit des Autres, Encres vagabondes, 2000)
  • Sans nom propre in Les chaines de l’esclavage, (Apogée, 1998)
  • Indépendance cha cha cha sur fond de blues (Sépia, 1992)
  • La tomate farcie et L’horreur du vide (Revue Noire N°23)
  • Les Coupons de Magali (Le Monde Diplomatique, décembre 1992)

THEATRE

  • Sans Ombre, une satire transhumaniste (Cie Théâtre Inutile, 2017)
  • La conférence des chiens (Cie Théâtre Inutile, 2015)
  • En guise de divertissement (Cie Théâtre Inutile, 2013)
  • L’Orateur (Cie Théâtre Inutile, 2013)
  • Oublie ! (Lansman, 2011)
  • Voisins anonymes (ballades) (Cie Théâtre Inutile, 2011)
  • Enfant, je n’inventais pas d’histoires (Cie Théâtre Inutile, 2009)
  • Io (Le bruit des autres, 2006)
  • Concessions (Lansman, 2005)
  • L’entre-deux rêves de Pitagaba conté sur le trottoir de la radio (Acoria éditions, 2000)
  • La ballade des voisins anonymes, monologue pour un drôle d’oiseau (Paroles d’Aube, 1998)- Le corps liquide, in Nouvelles Écritures vol. 2 (Lansman, 1998)
  • Happy end, in Brèves d’ailleurs (Actes Sud Papiers, 1997)
  • Que la terre vous soit légère (Le bruit des autres, 1995)
  • Le Petit frère du rameur (Lansman, 1995)
  • La Malaventure (Lansman, 1993)
  • Récupérations (Lansman, 1992)
  • Le Carrefour (Théâtre Sud n° 2 - L’Harmattan, 1990), premier prix du concours théâtral interafricain RFI-ACCT, 1989
Cantique de l'acacia

Cantique de l’acacia

Seuil - 2017

L’enfant n’était pas encore née, mais Io-Anna s’était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

"Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur." Cette parole, Io-Anna l’a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu’elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu’elle a eu pourtant le cœur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l’enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. "Il faut se mettre à trois pour faire un enfant, dit Grace, le mâle, la femelle et l’Invisible."

Au pied de l’acacia, l’arbre de l’innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.


Revue de presse

  • "Un conte animiste et poétique sur le destin. Un récit à la fois réaliste et dystopique qui, dans une écriture faite d’allers-retours, de silences et d’échos, s’entremêle à l’Histoire." (Séverine Kodjo-Grandvaux, Le Monde)
  • "Ouvrir un livre de Kossi Efoui, c’est partir à l’aventure : plongé dans un décor théâtral, hypnotisé par le narrateur, le lecteur ne sait plus quel étonnant chemin il a emprunté pour se retrouver à questionner l’Histoire et l’ordre du monde." (Le Monde des Livres)
L'ombre des choses à venir

L’ombre des choses à venir

Seuil - 2011

Lorsque les dimensions du monde se ramènent à celles d’une cellule. Lorsque le temps qui reste avant de comprendre se réduit à une nuit, une seule, durant laquelle un tout jeune homme nous souffle à voix basse son enfance africaine. Et lorsqu’un père trop longtemps attendu, un père revenu du bagne, devenu bien malgré lui un héros, préfère s’enfuir aux confins de la réalité, réservant aux oiseaux, dans la boue des marais, les seuls sons qui s’échappent de sa gorge… Après Solo d’un revenant, Kossi Efoui poursuit le fil de la plus tragique des histoires : celle d’une guerre interminable qui court de la Sierra Leone au Rwanda. Ce pourrait être ailleurs. Cela nous concerne intimement. Un livre éblouissant et visionnaire, sur fond de mélancolie radicale, de dérision absolue, de générosité désespérée.


La fabrique de céremonies

La fabrique de céremonies

Seuil - 2001

Comment porter un texte

avec Yvon Le Men, Kossi Efoui, Nathalie Papin, Bruno Doucey et Wilfried N’Sondé - Saint-Malo 2018

Animé par Yvon Le Men.
Avec Yvon Le Men, Kossi Efoui, Nathalie Papin, Bruno Doucey et Wilfried N’Sondé.


Habiter le monde

Avec Felwine Sarr, Kossi Efoui, Anna Moï et Hubert Haddad - Saint-Malo 2018

Avec Felwine Sarr, Kossi Efoui, Hubert Haddad et Anna Moï.
Rencontre animée par Yann Nicol.


Le tragique du monde

Avec David Vann, Eka Kurniawan, Kossi Efoui et Kettly Mars - Saint-Malo 2018

Avec David Vann (traduit par Sophie Aslanidès), Eka Kurniawan (traduit par Nathalie Wirja), Kossi Efoui et Kettly Mars
Animé par Claudine Glot


Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? De la nécessité de fictionner le monde

Saint-Malo 2011

Il y a de l’indicible. C’est même pour cela qu’il y a littérature. Si tout était dicible, tout serait dit depuis longtemps, et nous n’en ferions pas tant d’histoires ! Mais des histoires, justement, nous en racontons depuis l’aube des temps... « Ce simple mystère : raconter des histoires » disait Henry James. Pourquoi, ce « besoin de fictions » ? « Indicible »... C’est peut-être vite dit. Si le « fictif » n’est pas le vrai, il n’est pas non plus le faux : peut-être faudrait-il enfin admettre qu’il dit quelque chose qui ne peut pas être dit autrement. Et en tirer toutes les conséquences : qu’il y a un autre ordre de connaissance que celle rationnelle, discursive — une connaissance relevant de l’imaginaire. Par laquelle nous pouvons lier connaissance avec l’autre. Et habiter le monde...

Avec Jean ROUAUD, Michel LE BRIS, Kossi EFOUI , Hubert HADDAD, Sylvie LAURENT, animé par Hubert Artus.


Huis clos

Saint-Malo 2011

Avec Mari-Célie AGNANT, Louis-Philippe DALEMBERT, Kossi EFOUI , Marvin VICTOR, animé par Karine PAPILLAUD

Programme


Samedi

14h00
Le tragique du monde
Salle Maupertuis

15h35
Signatures

17h45
Habiter le monde
Auditorium
 

Dimanche

10h00
Comment porter un texte
Salle Maupertuis

11h35
Signatures

14h00
Diffusion du livre et librairie

17h00
Rebelles
Café Littéraire

18h20
Signatures
 

Lundi

11h15
La langue appartient à tous
Auditorium

14h30
Rencontre - lecture “Prix des 5 continents”
Maison du Québec

15h50
Signatures