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DEVI Ananda

Ile Maurice

Manger l’autre (Grasset, 2018)

© H. Anenden

Née à l’Ile Maurice de parents d’origine indienne, Ananda Devi s’est imposée comme une figure majeure de l’espace littéraire francophone. Élevée au contact de plusieurs langues, ethnologue de formation, traductrice de métier, elle est sensible à l’imbrication des identités, aux contradictions de l’espace insulaire et à la question toujours brûlante de l’altérité. Ananda Devi est également présidente du jury du prix Littérature-monde depuis sa création.
Manger l’autre est un roman « étonnant, impitoyable et d’une violence morale absolue » (France inter). D’une plume puissante et organique, dont émane un malaise glaçant, elle y dénonce le cyber-harcèlement et les violences que vivent les personnes hors-normes, à travers l’histoire d’amour d’une adolescente obèse et boulimique.

Pour Ananda Devi, écrivaine mauricienne prolifique, l’écriture tend à révéler l’inexprimable, à figurer la violence la plus brûlante, à fouiller les recoins les plus reculés de l’âme humaine pour se faire « la bouche de (…) malheurs qui n’ont point de bouche ». Son dixième roman, Le Sari vert (Gallimard 2009), Prix Louis Guilloux 2010, n’échappe pas à cette exigence : construit sur un huis-clos réunissant la fille et la petite-fille d’un vieux médecin agonisant, il dénonce avec véhémence et âpreté les violences faites aux femmes.

Née à l’île Maurice, riche d’une véritable expérience sensuelle du monde, un peu indienne, un peu africaine, un peu européenne, Ananda Devi fait de son île natale le théâtre de la plupart de ses romans. Interrogeant les identités et les langages qui s’y croisent, recomposant les univers multiples qui s’y côtoient, elle pointe le climat étouffant d’une société cloisonnée, et porte la parole de ceux dont la voix s’est éteinte dans l’exclusion et la brutalité.
Titulaire d’un doctorat d’anthropologie sociale obtenu à Londres, Ananda Devi publie son premier recueil de nouvelles à l’âge de 19 ans. Dès lors, elle écrit une douzaine d’ouvrages, romans, recueils de nouvelles, poésies... Solaire, tragique, poétique, son œuvre met en scène l’autodestruction causée par l’enfermement, s’inspirant autant de l’expérience d’une réalité sociale violente que de celle d’un imaginaire multiple et métissé.
Publié en 2006 et couronné par le prix des Cinq Continents de la francophonie et le prix RFO, Ève de ses décombres (Gallimard), confirme le talent de l’auteur au sein de l’espace littéraire francophone, et la consacre comme une des voix majeures de la littérature mauricienne.

Elle publie en 2011 un récit autobiographique, Les hommes qui me parlent, longue méditation sur l’existence, l’écriture, la solitude. Une écriture forte et violente où, comme souvent dans ses romans, les femmes se libèrent des hommes qui les musèlent en brisant tout autour d’elles. Elle renoue en 2013 avec le genre romanesque dans Les jours vivants. À Portobello Road, la "rue des antiquités" de Londres, vit une vieille dame dont l’âge la rend invisible aux yeux des autres. Elle vit hantée par le souvenir d’un amour de jeunesse. Lorsqu’elle fait la rencontre de Cub, un jeune garçon d’origine jamaïcaine, c’est un tourbillon d’émotions qui refait brutalement surface. Avec force et émotion, Ananda Devi montre comment la société met les individus à l’écart lorsqu’ils passent à un certain âge.

Ananda Devi continue son engagement littéraire dans un recueil de onze nouvelles, L’Ambassadeur triste. Elle reprend ses grandes thématiques telles que la place de la femme dans la société, le regard des occidentaux sur l’Inde ou encore le choc des traditions et de la modernité dans ses nouvelles, chargées d’une ironie troublante et d’une délicatesse saisissante.

En 2017, elle signe deux recueils. Le premier, intitulé Ceux du large, publié aux Éditions Bruno Doucey, est un recueil de poèmes sur l’errance qui rend hommage à tous ceux qui ont quitté la terre ferme et se sont lancés au large, pour tenter d’atteindre une autre rive, dans l’espoir d’un meilleur futur. Un texte en trois langues : français, anglais, créole.
Le deuxième, L’illusion poétique, dit son angoisse et sa terreur face au monde et à l’actualité internationale, mais aussi la poésie et le merveilleux qui subsistent.

Son dernier roman en date, Manger l’autre, est sélectionné pour le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs. À travers l’histoire d’une jeune fille hors-normes, adolescente obèse abandonnée par sa mère, gavée par son père et victime de harcèlement, Ananda Devi interroge la violence des réseaux sociaux et les normes sociales qu’ils imposent sur les corps. C’est aussi une histoire d’amour, d’amour romantique et charnel mais aussi l’amour dévorant d’un père, convaincu qu’elle a dévoré sa jumelle in utero, et qui nie son individualité. Manger l’autre n’est pas un livre qui se grignote : la lucidité et l’autodérision féroce de la narratrice, le style cru et asséré de l’écrivaine prennent aux tripes et ne lâchent plus. Une lecture dont on ne sort pas indemne.

Fidèle parmi les fidèles du festival Étonnants Voyageurs, Ananda Devi est également présidente du jury du prix Littérature-monde depuis sa création.


Bibliographie :

  • Osons la fraternité, collectif (Philippe Rey, 2018)
  • Manger l’autre (Grasset, 2018)
  • L’illusion poétique (Fondation Facim/Editions, 2017)
  • Ceux du large (Bruno Doucey, 2017)
  • L’Ambassadeur triste (Gallimard, 2015)
  • Les jours vivants (Gallimard, 2013)
  • Les hommes qui me parlent (Gallimard, 2011)
  • Quand la nuit consent à me parler (Bruno Doucey, 2011)
  • Le sari vert (Gallimard, Paris, 2009)
  • Indian Tango (Gallimard, Paris, 2007)
  • Eve de ses décombres (Gallimard, Paris, 2006)
  • Le Long désir (Gallimard, Paris, 2003)
  • La Vie de Joséphin le fou (Gallimard, Paris, 2003)
  • Soupir (Gallimard, Paris, 2001)
  • Pagli (Gallimard, Paris, 2001)
  • Le voile de Draupadi (L’Harmattan, Paris, 2000)
  • Moi, l’interdite (Dapper, Paris, 2000)
  • L’arbre fouet (L’Harmattan, Paris, 1997)
Manger l'autre

Manger l’autre

Grasset - 2018

« Au commencement était un éléphant rose et bâfreur qui prenait tout de la vie et du corps de sa mère ». Au commencement était une voix, pléthorique et féroce, d’une jeune adolescente obèse dont le corps, depuis sa naissance, ne fait qu’enfler, et la vie empirer. Née assaillie de bourrelets et de plis, dévorant chaque jour le sein maternel, elle grossit tant et tant que bientôt elle effraie les passants, les nourrices, et fait fuir sa mère dégoutée. Restée seule avec un père qui l’aime par-dessus tout et la croit flanquée d’une jumelle invisible qu’elle aurait ingérée dans le placenta, huée par ses camarades de classe qui la traquent jusqu’aux toilettes pour la photographier et nourrir le grand Œil de la toile internet, elle quitte bientôt l’école et se retrouve alitée chez elle où son père cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Là, elle grossit et prolifère jusqu’à se retrouver un jour coincée dans le chambranle d’une porte, incapable de bouger. Funeste coup du sort qui lui apportera l’amour de René, le menuisier venu la secourir, et lui fera goûter le plaisir inédit de la chair, jusqu’à ce que le grand Œil ne la rattrape finalement...
Conte moderne et roman de l’excès, Manger l’autre est autant l’histoire d’une obèse incapable d’arrêter de manger que l’allégorie d’une société avide de consommer obsédée par le culte de la minceur, du Moi et de l’image, l’empire d’Internet et la surproduction. Avec force et virtuosité, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui est notre miroir.

Manger l’autre fait partie des romans sélectionnés pour le Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs 2018.


Revue de presse

  • "Ananda Devi démonte parfaitement la mécanique d’un mal-être glaçant." (Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo)
  • "L’humour lucide et grinçant de l’adolescente allège la prophétie de malheur, tout comme la précision au scalpel du vocabulaire se révèle un môle efficace contre tout pathos." (Nicolas Weill, Le Monde)
  • "Avec cette allégorie glaçante d’un monde avide et boursouflé, Ananda Devi nous offre un roman puissant porté par une écriture organique et sublime. Un livre dont on dévore la chair nourrissante et subtile d’une seule bouchée." (Brindha Seethanen, Librairie Millepages)
Ceux du large

Ceux du large

Bruno Doucey - 2017

Ceux du large… Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d’être assénée comme une gifle dans le dernier poème : « Ceux que la vie éventre / De son coutelas ». Entre ces deux poèmes, elle suit l’errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d’atteindre une autre rive. Malgré la « terreur de l’eau », malgré la mort en embuscade. Et si l’auteure s’est donnée la peine d’écrire ce texte en trois langues – français, anglais, créole – c’est pour se prouver à elle-même qu’elle n’est pas restée « Tête baissée bras ballants » devant « Le film catastrophe » qui se déroule sous nos yeux.


Revue de presse

  • "En écrivant à la première personne du singulier, l’auteure prend en charge la parole des Occidentaux enfermés dans leur “bulle de peur”, leur mauvaise conscience et leur immobilisme coupable. Ananda Devi ne dénonce pas, elle questionne et nous oblige, en quelques pages puissantes, à ouvrir grand les yeux. " (L’Humanité)

L'Illusion poétique

L’Illusion poétique

Fondation Facim/Editions Paulsen - 2017

L’auteur nous expose au pouvoir du langage et de l’imaginaire dans ces trois nouvelles capables de réunir l’horreur et l’enchantement de notre monde dans un même étrange lit.


Revue de presse

  • "Dans L’Illusion poétique, Ananda Devi réunit l’horreur et l’enchantement de notre monde." (TV5 Monde)

L'ambassadeur triste

L’ambassadeur triste

Gallimard - 2015

Le portrait mélancolique et ironique d’un ambassadeur d’un pays nordique à New Delhi, désœuvré et seul ; une romancière occidentale s’attache à un petit mendiant indien sale et pustuleux ; les maladresses de trois riches Américaines parties en Inde se consacrer à la charité ; la solitude d’une femme de maharadja ; les mésaventures d’un écrivain mauricien couvert de ridicule par une journaliste indienne ; la mère d’un nourrisson monstrueux ; une femme qui ne donne naissance qu’à des garçons perd sa fille unique ; un homme qui travaille dans une usine de traitement des bébés phoques ne peut se débarrasser de leur odeur obsédante…On retrouve dans ce recueil de onze nouvelles les grandes thématiques d’Ananda Devi : la place des femmes dans la société, la critique du regard occidental sur l’Inde, le fantasme du pourrissement des corps, la présence du fantastique dans le quotidien, le choc entre tradition et modernité… Ananda Devi développe dans chacun de ces récits des univers violents et sensuels, très réussis. Chaque nouvelle est nette, superbement menée, empreinte d’une ironie féroce et troublante.


Les jours vivants

Les jours vivants

Gallimard - 2013

Mary Grimes a passé son enfance dans un bourg de la campagne anglaise. Elle y a connu à quinze ans son premier amour avec un soldat de passage, Howard, au début de la Deuxième Guerre mondiale. Howard a été emporté par la tourmente, et Mary vieillit dans une maison de Portobello Road, à Londres. Longtemps elle a attendu le retour de Howard, mais les années passant son souvenir s’est effacé. Cependant, la rencontre d’un gamin du quartier, Jeremiah, va changer la vie de Mary. Avec ses dreadlocks et ses façons de mauvais garçon, il lui apporte sa fraîcheur. Ils ne se parlent pas, ignorent tout l’un de l’autre, mais Mary ne peut plus se passer de lui. C’est le moment que choisit Howard pour revenir la hanter…Entre rêve et cauchemar, Les jours vivants est un conte de la solitude et du temps enfui. On est saisi par une atmosphère de violence latente et d’effroi, tempérée par la grande douceur de l’amour qui protège Mary. Le récit glisse insensiblement vers un registre fantastique qui lui donne sa force, dans la continuité des précédents romans d’Ananda Devi.


Les hommes qui me parlent

Gallimard - 2011

Après avoir publié plusieurs romans et des recueils de poésie, Ananda Devi s’essaie, magistralement, au récit autobiographique dans un livre sensuel, au plus près d’elle-même, la femme et l’écrivain, et des hommes qui la hantent, qu’ils appartiennent à son espace familial, à son île natale, l’île Maurice ou à son panthéon littéraire. Envoûtant, sensuel, vrai... Les Hommes qui me parlent est un texte magnifique.


Quand la nuit consent à me parler

Bruno Doucey - 2011

Avec les poèmes et les proses qui composent ce livre, Ananda Devi nous confie son second recueil de poèmes, retrouvant ce lyrisme de la « chair nue » que donnait à lire Le long désir (Gallimard, 2003). Une femme y dévoile sa mystérieuse évidence, sans que les mots perdent leurs sens cachés. Ils explorent le secret et l’intime, scrutent le monde visible et invisible, provoquent les frissons qu’ils suggèrent. Et cela même lorsque l’auteure évoque « l’envie de poésie », la vie broyée d’un enfant soldat ou d’une jeune prostituée, la violence des rapports de domination, le sort fait aux femmes. Entre douceur et incandescence, désir et solitude, sans faire la moindre concession à « la poétique des îles », Ananda Devi nous livre une écriture à même la peau des passions et des démangeaisons humaines. Fine et profonde, comme elle, toujours à l’écoute de l’obscure promesse du monde.


Le sari vert

Gallimard - 2009

Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à l’agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tissent un dialogue d’une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l’épouse du ’Dokter-Dieu’, qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.

  • Le Sari vert a reçu le prix Louis Guilloux 2010. Pour lire l’article publié à cette occasion, cliquez ici.

Revue de presse :

  • "Avec (...) Le sari vert qui paraît ces jours-ci (Gallimard), la Franco-Mauricienne livre une de ses œuvres les plus puissantes sur les ravages du patriarcat." RFI
  • "Sous la plume cruelle et lucide d’Ananda Devi, la méchanceté est un art." Ouest-France
  • "(...) C’est à une sorte de parade sauvage autour d’une femme qui prend feu, que ressemble ce livre, tout en tension tragique et tendresses de fil de fer barbelé." Le Matricule des Anges
  • " Une histoire de famille d’une rare cruauté, derrière laquelle est dépeinte un âpre réalité mauricienne peu connue ici." LivresHebdo
  • " Un projet littéraire délicat très bien mené." Témoignage chrétien
  • " La romancière a créé un beau personnage de salaud comme on n’en voit guère, un monstre au quotidien ; c’est d’autant plus fort que c’est lui qui soliloque." Le Figaro Littéraire
  • Eric Loret salue une "longue méditation sur le corps et la puissance" dans Libération.
  • Lire l’interview de l’auteur paru dans l’Humanité

Indian Tango

Gallimard - 2007

« Elle s’est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l’échancrure de la blouse laisse entrevoir une poitrine abondante. Peut-être n’est-elle même pas consciente de son attrait ? Peut-être n’y-a-t-il eu personne pour le lui apprendre et réveiller en elle quelque orgueil endormi, quelque secrète vanité ? J’ai perçu en elle la promesse d’une musique qui n’avait pas encore été jouée et qui, même désaccordée, contiendrait sa secrète harmonie. Suffirait-il de jouer en virtuose de l’instrument pour l’allumer de lumières et de couleurs nouvelles et franchir ses ténèbres ? » Avril 2004, New Delhi. L’Inde est en pleine campagne électorale. Sonia Gandhi – l’Italienne, l’étrangère – deviendra-t-elle le prochain Premier ministre ?… Mais pour Subhadra, cinquante-deux ans, grande, plutôt ronde, une femme ordinaire, la préoccupation est autre : ira-t-elle à ce pèlerinage de renoncement des femmes ménopausées que lui propose sa belle-mère pour marquer la fin de sa féminité ? Ou cédera-t-elle au contraire à la mystérieuse séduction de l’autre qui la suit depuis un mois dans les rues de Delhi ? Un étrange pas de deux, chassé-croisé amoureux qui lui offre une chose que personne ne lui a jamais offerte : son propre corps...


Eve de ses décombres

Gallimard - 2006

« Je suis Sadiq. Tout le monde m’appelle Sad. Entre tristesse et cruauté, la ligne est mince. Ève est ma raison, mais elle prétend ne pas le savoir. Quand elle me croise, son regard me traverse sans s’arrêter. Je disparais. Je suis dans un lieu gris. Ou plutôt brun jaunâtre, qui mérite bien son nom : Troumaron. Troumaron, c’est une sorte d’entonnoir ; le dernier goulet où viennent se déverser les eaux usées de tout un pays. Ici, on recase les réfugiés des cyclones, ceux qui n’ont pas trouvé à se loger après une tempête tropicale et qui, deux ou cinq ou dix ou vingt ans après, ont toujours les orteils à l’eau et les yeux pâles de pluie. » Par Sad, Ève, Savita, Clélio, ces ados aux destins cabossés pris au piège d’un crime odieux, et grâce à son écriture à la violence contenue au service d’un suspense tout de finesse, Ananda Devi nous dit l’autre île Maurice du XXIe siècle, celle que n’ignorent pas seulement les dépliants touristiques.


Le Long désir

Gallimard - 2003

« N’oubliez pas mon île. Fétu de canne au duvet rose, vêtue de sucre et de jasmin, n’oubliez pas son visage d’enfant puni derrière les esprits clos, ses mains meurtries au bris du jour. Ses pieds coincés dans les failles de son passé. » « Tu es une effraction dans l’absence de mes nuits. Approche. Tends ton envie. Que je l’enroule autour de mes lèvres en un jus amer et putrescible. Tes yeux me songent et m’évertuent, me dégringolent d’impatience. Au bout, chute, cassure, fractures et contusions, hématomes comblés de nos corps, je m’en fous. Je suis celle que tu rouages. Les serments se délitent. C’est l’instant du froid martyre. Toi tu ne l’entends pas. Je suis écarquillée de désirs. Perçois-tu autre chose ? » Ainsi Ananda Devi nous raconte-t-elle une histoire sensuelle, obsédante, cruelle : celle d’un lieu et d’un corps.


La Vie de Joséphin le fou

Gallimard - 2003

On le dit monstre, on le dit mythe. On le dit légende sortie des sources volcaniques de l’île, esprit mauvais hantant les cavernes de roche. On l’appelle le pêcheur nu, l’homme anguille. Joséphin le fou. Il est tout cela. Il est aussi l’enfant perdu que seule la mer accueille, et qui apprend, avec ses créatures, la cruauté minérale des grands fonds. Il est celui qui tente de capturer, dans le regard de deux petites filles, la goutte de paradis qui y tremble. Il est celui qui détruit par innocence meurtrière. Il est, tout simplement, Joséphin.


Soupir

Gallimard - 2002

Au lieu-dit Soupir, dans Rodrigues, dernière île habitée à l’est de l’Afrique, les quatre points cardinaux sont soleil, sécheresse, mer et cyclone. Une poignée de gens, piégés entre un passé renié et un avenir compromis, poussés par leurs rêves fous, décident de s’exiler à Soupir, au flanc d’une colline, pour y cultiver la ganja. Livrés à eux-mêmes, hantés par les âmes mortes de Soupir, pris dans leur chair tourmentée, Patrice l’Éclairé, Bertrand Laborieux, Noëlla, Marivonne, Pitié, Royal Palm et tous les autres seront confrontés à leurs propres ombres et au bleu-noir de leur destin, où seule une frontière fragile et bien trop aisément franchie sépare l’innocence de la cruauté. « Chaque jour à Soupir le temps était violet et cyclonique. Même le soleil était graisseux, les nuits vitrifiées, les matins remplis d’égratignures. Les gens se réveillaient avec des boursouflures et des démangeaisons. Ils sortaient des abris de fortune le corps dilapidé. Ils contemplaient le jour, incurieux, sachant qu’ils n’en réchapperaient pas. »


Pagli

Gallimard - 2001

Terre Rouge, un village au nord-ouest de l’île Maurice. Une femme y arrive le jour de la Cérémonie, aux côtés de l’homme qu’elle a accepté d’épouser par vengeance. Il pleut. Son sari de mariée est alourdi de boue. Elle ne sait pas encore que cet endroit rouge va lui apporter autre chose. L’amitié de Mitsy aux robes multicolores, l’odeur brumeuse des épices qu’elle laisse filer entre ses doigts, et surtout l’amour de Zil, le pêcheur. Amour interdit, parce qu’elle est mariée, parce qu’elle est hindoue, parce qu’il est créole, parce qu’il est pêcheur, parce que tous les prétextes sont bons pour interdire. Un soir, chargées de lui faire entendre raison, les mofines, gardiennes de la pureté, viennent la marquer au fer du nom de folle : Pagli. Pour elle, ce ne sera pas une punition, mais une libération.


Le voile de Draupadi

L’Harmattan - 2000

« Ai-je porté en moi l’enfant et sa mort ? Lui ai-je moi-même donné, après sa lente gestation, ce jumeau intolérable, cette ombre définitive attachée à ses pas ? Peu importe les dieux et leurs exigences, la mère aussi est une divinité. Mais une divinité déchue, amputée de ses pouvoirs … » Confrontée à la maladie de son fils, Anjali, jeune femme hindoue de l’île Maurice, n’a plus qu’un recours : accomplir la marche sur le feu, un rituel à travers lequel elle intercédera auprès des divinités en faveur de la vie de son fils. Mais avant de franchir le sentier de braises et de tenter d’apercevoir ce voile de Draupadi, dont on dit qu’il s’étend sur les braises pour protéger les marcheurs et les empêcher de se brûler, elle devra parcourir une longue route mystique au fond d’elle-même, vers un passé où se sont forgées toutes les chaînes de connivence qui emprisonnent son destin.


Moi, l’interdite

Dapper Editions - 2000

Murée dans la solitude et le silence pour devenir invisible puisqu’indésirable, une femme est face à elle-même. Les seuls témoins de son existence sont des colonies d’insectes, le regard d’un chien et l’ombre d’un homme...


L’arbre fouet

L’Harmattan - 1997

"Mon nom est la Gungi, la lunaire ou Aeena, qu’importe. Je serai tour à tour muette ou miroir, selon le temps qui se décompose et se recompose autour de moi, selon les êtres qui me heurtent, me meutrissent ou m’apaisent, selon les vies que je retrouve en cherchant, dans mon passé, les clés du présent. Car je suis née fille de swami, et marquée du karma du parricide. Mais qui étais-je donc, dans cette vie que je n’ai pas vécue et pourquoi ai-je tué ?

Rencontre autour des prix Littérature-Monde

Avec Mohamed Mbougar Sarr, Einar Már Guðmundsson, Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. - Saint-Malo 2018

Rencontre avec les lauréats du prix Littérature-Monde 2018 Mohamed Mbougar Sarr et Einar Már Guðmundsson (traduit par Éric Boury). Avec les membres du jury Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. Animé par Sophie Ékoué.


Les mythes, le monstre et son créateur

Avec Claude Aziza, Ananda Devi et Pierre Dubois - Saint-Malo 2018

Rencontre avec Claude Aziza, Ananda Devi et Pierre Dubois, après la projection du documentaire Monstres, l’ennemi de l’intérieur (Jac et Johan). Animé par Claudine Glot


Les ogres

Avec Paul de Brancion, Ananda Devi, Nathalie Papin et Yvon Le Men - Saint-Malo 2018

Il y a la petite fille boulimique qui veut se faire manger par un ogre malheureusement anogrexique, il y a l’adolescente obèse dévorée par les réseaux sociaux, il le père que le fils appelle lui même l’ogre du Vaterland et surtout il y a les écrivains qui nous délivrent en nous parlant justement de l’ogre et du petit poucet. Il y a nous, un jour ogre, un jour petit poucet.

Avec Paul de Brancion, Ananda Devi et Nathalie Papin. Animé par Yvon Le Men.


Rencontre avec les lauréats du Prix des Cinq Continents de la Francophonie

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué - Saint-Malo 2015

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué


Pourquoi j’écris ?

Avec Ananda Devi et David James Poissant - Saint-Malo 2015


Avec Ananda Devi et David James Poissant, une rencontre animée par Kerenn Elkaim.


Reflets dans l’oeil d’un homme

Avec Nancy Huston et Ananda Devi - Saint-Malo 2012

Une rencontre avec Nancy Huston et Ananda Devi, animée par Marie-Madeleine Rigopoulos


La force de la fragilité

La force de la fragilité

Avec Samar Yazbek, Maram Al-Masri, Ananda Devi et Carmen Yanez - Saint-Malo 2012

Une rencontre chargée d’émotions avec Samar Yazbek, Maram Al-Masri,
Ananda Devi et Carmen Yanez

Programme


Samedi

14h30
Les ogres
Salle Sainte Anne

15h50
Signatures

18h15
L’âme et le corps
Café Littéraire

19h20
Signatures
 

Dimanche

14h00
Proclammation des Prix Littérature-Monde
Café Littéraire

14h50
Signatures

15h45
Rencontre - lecture “De chair et de sang”
Maison du Québec

18h20
Signatures
 

Lundi

10h30
Signatures

12h15
Les grands prix “Littérature Monde”
Auditorium

15h00
Les mythes, le monstre et son créateur
Théâtre Chateaubriand