JORDIS Christine

France

Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre (Albin Michel, 2017)

© Catherine Hélie

Écrivain, journaliste au Monde, membre du comité de lecture de la maison d’édition Grasset, spécialiste des lettres anglaises, elle sait nous entraîner avec le même talent dans le monde littéraire anglais ou dans un Orient rêvé. Après un récit en forme d’enquête historique sur le grand calligraphe coréen Chusa dans Paysage d’hiver - Voyage en compagnie d’un sage, Christine Jordis revient avec un tendre essai poétique sur l’art de vieillir Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre.

Écrivain, journaliste au Monde, membre du comité de lecture de la maison d’édition Grasset, spécialiste des lettres anglaises, Christine Jordis sait nous entraîner avec le même talent dans le monde littéraire anglais ou dans un Orient rêvé. D’un même pas, son œuvre parcourt les paysages et les livres, traverse les terres bouddhistes de Birmanie, les poèmes de Coleridge, les étendues sauvages du Yorkshire...

Née en Algérie, elle a étudié la littérature anglaise à la Sorbonne et à Harvard. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’humour noir anglais, elle a été nommée à son retour en France responsable des rencontres littéraires du British Council. Après avoir dirigé le domaine anglo-saxon chez Gallimard, elle collabore aujourd’hui au Monde des Livres et est membre du prix Femina.

Ses romans et essais, Une passion excentrique : Visites anglaises, Gens de la Tamise : Le roman anglais au XXe siècle, Le paysage et l’amour dans le roman anglais, font découvrir au lecteur les aspects multiples, changeants et éternels de l’Angleterre à travers le regard des peintres, écrivains, poètes et philosophes qui ont habité l’île.
Très attirée par l’Asie, où elle a fréquemment voyagé, elle a également publié Bali, Java, en rêvant, Promenades en terre bouddhiste de Birmanie et s’est intéressée à l’histoire de Gandhi (Gandhi, Gallimard, 2006).

En 2009, elle publie un bel essai, L’aventure du désert, qui prend la forme d’une double biographie méditative, centrée sur les figures de T.E. Lawrence, le soldat-héros et Charles de Foucauld, le saint. Deux prédateurs d’infini tentés par l’Orient et ses déserts, deux destins différents liés par ce même besoin "d’éprouver la mort en continuant de vivre", besoin d’excès, d’extrême, de vie incandescente.

Trois ans plus tard, Christine Jordis brosse dans Une vie pour l’impossible le portrait de son père, l’aventurier Henri de Foucaucourt, dont le credo était de "vivre à la hauteur de son exigence". Aventurier en Syrie, combattant en Italie, ermite parmi les Inuits, retiré dans une vie monacale au Sénégal : en s’appuyant sur ses lettres et ses archives personnelles, l’auteur retrace les mille vies de cet homme au destin extraordinaire.

Elle publie ensuite, en 2014, la biographie d’un autre personnage historique hors du commun : le poète et peintre anglais William Blake. Auteur de longs poèmes prophétiques, visionnaire au style halluciné, considéré comme fou par ses contemporains aux XVIIIe et XIXe siècles, il opposait au matérialisme naissant et à l’argent-roi la poésie et l’art, seules véritables sources de bonheur pour l’homme. Ses prises de position - anticléricales, antimonarchistes - lui valurent de mener une vie dans l’ombre, dans la pauvreté et la solitude. Selon Christine Jordis, l’auteur du Mariage du Ciel et de L’enfer a "tellement bien compris son temps qu’il a compris le nôtre".

Après un récit en forme d’enquête historique, Paysage d’hiver - Voyage en compagnie d’un sage (Albin Michel, 2016) sur le grand calligraphe coréen Chusa, ministre du roi, inspecteur royal, penseur et artiste, qui subit l’exil et la privation à la fin de sa vie, Christine Jordis nous revient avec un de ses ouvrages les plus personnels : Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre. De nos jours, la vieillesse ressemble à une malédiction ! La pire chose qui puisse nous arriver dans notre société, et à laquelle nul ne peut échapper … Christine Jordis nous invite ici à changer notre regard, à ne plus voir la vieillesse comme une course après la jeunesse qui s’enfuit, mais comme l’apprentissage d’une nouvelle aventure et la poursuite d’un voyage intérieur. En lisant, en rêvant, en apprenant – dans la compagnie des sages. Un essai poétique, qui se veut néanmoins combattif, pour apprendre à goûter aux joies de l’âge et à lâcher prise.


En savoir plus :

  • Christine Jordis dans Pas la peine de crier, sur France Culture

Bibliographie

  • Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre (Albin Michel, 2017)
  • Paysage d’hiver - Voyage en compagnie d’un sage (Albin Michel, 2016)
  • William Blake ou l’infini (Albin Michel, 2014)
  • Une vie pour l’impossible (Gallimard, 2012)
  • L’Aventure du désert (Gallimard, 2009)
  • Un lien étroit (Seuil, 2008)
  • Birmanie (Seuil, 2006)
  • Gandhi (Gallimard, 2006)
  • Avec Marcel Schneider (Editions du Rocher, 2005 - collectif)
  • Une passion excentrique : Visites anglaises (Seuil, 2005 - Prix Valery Larbaud)
  • Promenade en terres bouddhistes de Birmanie (Seuil, 2004)
  • La Chambre blanche (Seuil, 2003)
  • Bali, Java, en rêvant (Editions du Rocher, 2001, réédition Gallimard 2005)
  • Gens de la Tamise : Le roman anglais au XXe siècle (Seuil, 1999 - Prix Medicis)
  • Le Paysage et l’amour dans le roman anglais (Seuil, 1999)
  • Jean Rhys, la prisonnière (Stock, 1996)
  • De petits enfers variés (Seuil, 1989 - Prix Femina et Prix Marcel-Thiébaud)
Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre

Automnes : Plus je vieillis, plus je me sens prête à vivre

Albin Michel - 2017

" La vieillesse ", dit-on, comme s’il n’y en avait qu’une ! En réalité, il y en a plusieurs. A chacun de trouver la sienne. Mais la société a posé un chiffre sur vous, comme un dossard sur le dos d’un coureur. Le chiffre fait loi. Vous l’atteignez : vous voilà dans une case ou dans une cage... Rassurez-vous, tout n’est pas perdu. Vous constituez un marché rentable. On va s’occuper de vous. Vous choyer. Vous solliciter. Les profiteurs sont maintenant lancés à vos trousses, prêts à tout pour vous convaincre et vous vendre leur camelote. Vous voilà prisonniers de l’idéologie ambiante, fin prêts pour la consommation. Mais le droit à la désobéissance existe. Alors, laissez-là les pièges et les mensonges de la société. Prenez la clé des champs. Vivez votre âge comme vous l’entendez. Non comme une course après la jeunesse qui s’enfuit, mais comme l’apprentissage d’une nouvelle aventure et la poursuite de votre voyage intérieur. En lisant, en rêvant, en vous promenant dans la compagnie des sages.

Paysage d'hiver

Paysage d’hiver

Albin Michel - 2016

Chusa, de son vrai nom Kim Jeong-hui, est né en 1786 et mort en 1856.

« Son domaine, c’était l’écriture. Non pas simplement écrire des mots mais, en traçant des signes, agir sur le monde et restituer l’énergie qui l’anime. Il fut le plus grand calligraphe de son temps, il inventa une écriture qui était à la fois peinture et poésie, il occupa tour à tour les positions les plus hautes dans le gouvernement, ministre du roi, inspecteur royal secret, directeur de la grande université confucéenne, jusqu’au jour de 1840 où il fut envoyé dans un exil pire que la mort, dans la lointaine île de Jeju.
Tout fascine dans la vie de cet homme, sa pensée et son art, la façon dont il sut lier action et contemplation, la sérénité obtenue au travers d’une vie déchirée et, surtout, une œuvre picturale qui atteignit son sommet alors qu’il vivait dans le plus grand dénuement.

Cette évolution faite de ruptures et de recommencements, j’ai voulu la comprendre. Et c’est ce désir qui m’a décidé à enquêter sur l’art et la sagesse de Chusa, Kim Jeong-hui, le plus grand calligraphe coréen. Le fait qu’il ait vécu en un temps si lointain, dans une partie du monde si éloignée de la nôtre n’est pas un obstacle. Tout au contraire. Les valeurs auxquelles il adhérait dans la Corée confucéenne – l’écoute de l’autre, le sens des responsabilités – pourraient bien s’imposer comme étant le contrepoids nécessaire à la brutalité d’une époque qui a perdu tous ses repères : la nôtre. »


Revue de presse :


William Blake ou l'infini

William Blake ou l’infini

Albin Michel - 2014

Un soir de novembre 1757, au-dessus d’une échoppe de bonnetier, naît à Londres, William Blake. D’aucuns pensent que l’Humanité est alors à la fin d’une époque et qu’il lui faut entamer un nouveau cycle. Cette renaissance, Blake en sera le prophète. Pour retrouver la joie que nous portons en nous, dit-il, il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception. Ayant vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d’anges », on le croit fou. Il dessine, peint, grave, écrit de longs poèmes prophétiques.
C’est à l’intensité de sa vision qu’on doit ses gravures hallucinées, ses teintes d’un autre monde, ses apocalypses décrivant la détresse et la terreur de son temps. Blake était un révolutionnaire qui voulait bannir l’injustice et promouvoir l’égalité. Mais sa vision s’étend bien au-delà d’un horizon politique borné par des politiciens qu’il méprise. Il est un des premiers à dénoncer un système : celui mis en place par la soif de profit. A l’argent-roi, devenu le but unique de l’existence, il oppose l’esprit, c’est-à-dire la poésie et l’art. Bien entendu, il eut toute son époque contre lui : critiques en colère, public absent, échecs répétés, accusations virulentes, insultes. Condamné à la solitude et à la pauvreté, il n’en continua pas moins de poursuivre son chemin.

Christine Jordis le suit pas à pas, jusqu’à nous, et en fait notre contemporain. Née en Algérie, Christine Jordis a étudié à la Sorbonne et à Harvard. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’humour noir anglais, elle a été responsable de la littérature au British Council et a dirigé la littérature anglaise aux éditions Gallimard. Collaboratrice du Monde des livres, elle est membre du Prix Femina. Elle est l’auteur d’une quinzaine de livres, tous primés.


Revue de presse

  • Christine Jordis dans "Le Livre du jour" sur France Inter :
  • "Ce que l’on admire ici, c’est à la fois la précision, le refus de la simplification et la capacité d’empathie. À l’époque des fictions biographiques, Christine Jordis porte haut la rigueur et la passion du biographe." L’Humanité.fr

Une vie pour l’impossible

Gallimard - 2012

Il s’agit d’une histoire vraie. Celle d’un homme qui, dans les années vingt, commença sa vie d’aventurier en Syrie, dans le désert du Djebel Druze, pour manquer de la finir, quelque cinquante ans plus tard, dans un autre désert, de glace celui-là, au pôle Nord, sur la banquise.

Entre-temps il exerça le métier de banquier, de journaliste, d’industriel, de commerçant – autant de rôles qui ne le contentaient pas.

Que cherchait-il vraiment ? Une vie plus intense ? Un horizon plus vaste ? Trouver la liberté ?

Il fut un guerrier, héros de la bataille du mont Cassin, à la tête de la seule unité qui cassa la position allemande. Un voyageur qui toujours prit le large pour mieux entendre la voix qu’il portait en lui. Mais aussi un homme d’affaires avisé qui sut compter et calculer. Puis un saint qui, à soixante ans passés, ayant tout donné de ses biens, s’en alla vivre au Pôle parmi les Eskimos inuits.

Son étrange destin lui réservait d’autres aventures, d’autres amours encore...
En puisant dans lettres, articles, carnets et documents personnels, ce livre raconte une vie à hauts risques : celle d’un homme qui voulut s’évader de la société et de ses pièges pour mieux se rendre libre.


Revue de presse :

"Sous le couvert d’une biographie, Christine Jordis sait toucher chacun de nous, pour peu que le lecteur voie d’un bon œil voler les conventions sociales, considère chaque individu comme pouvant accomplir son destin personnel selon ses propres termes ; pour peu que le lecteur comprenne que rester libre ne signifie pas être lâché sans foi ni loi en plein monde, mais de mettre sa foi et sa loi au service de sa responsabilité envers le monde, mais aussi envers soi-même. " Médiapart

"Loin de la littérature de filiation, c’est un livre d’une tout autre ambition qui s’écrit ici, en suivant pas à pas 
cette démesure dans le prosaïsme du siècle." L’Humanité

"Ceux qui ont lu, de Christine Jordis, L’Aventure du désert, l’essai qu’elle consacra à T. E. Lawrence et Charles de Foucauld, reconnaîtront dans ces figures d’hommes épris du besoin de « vivre à hauteur de mort » quelque chose comme le reflet du personnage d’aujourd’hui. Un même besoin d’excès, de vie incandescente. La tentation du sublime. L’aspiration à une grandeur jamais atteinte." Télérama


L’aventure du désert

Gallimard - 2009

"Je me suis longtemps demandée pourquoi certaines personnalités exerçaient sur nous une fascination sans fin. Emily Brontë, Rimbaud, T. E. Lawrence, Charles de Foucauld… pour citer pêle-mêle quelques-uns uns de ces personnages en apparence les plus opposés. Puis je compris qu’ils se ressemblaient. Les liait une expérience intérieure si profonde qu’une vie entière ils y restèrent fixés.
Foucauld, Lawrence, deux hommes que rapprochent une époque, l’aventure, la guerre, le désert, le renoncement. Tous deux partis vers des terres inconnues et des royaumes sans roi : Charles de Foucauld se rendit dans le désert et y rencontra Dieu ; T. E. Lawrence, s’il n’arriva pas à la même conclusion, ressentit lui aussi l’appel de cette terre sans bornes. Le désert, où trouver l’extrême, l’héroïsme, une autre existence – où entendre dans la solitude « le verbe vivant » que l’on porte avec soi.
Saints et héros selon certains, espions de haut vol selon d’autres, une démarche essentielle relie ces chercheurs d’absolu, si différents soient-ils. Le goût de l’excès, peut-être, et la volonté de fuir la société ? Certain désir de s’écarter de la vie ordinaire, de « vivre à hauteur de mort » ? "
C. Jordis.


Revue de presse :

  • " Il est de certains êtres pour qi l’extrême n’est pas encore assez. Il est des hommes qui ont besoin de se perdre là où personne n’est encore jamais allé.
    Il fallait bien tout le talent et la sensibilité de la reine Christine pour évoquer cette quête spirituelle et intérieure."
    Le Magazine des Livres, Février 2010
  • " Le mystère de leur engagement,, de leur incompatibilité avec le monde, de leur échec, demeure. Et nous laisse dans le coeur une traînée éblouissante"
    Le Bateau libre, octobre 2009
  • " Par la finesse et la qualité de son style, le livre de Christine Jordis permet d’approcher Lawrence et Foucauld sans prétendre percer leur mystère"
    Le Monde des livres, décembre 2009
  • "Avec ses mots choisis, avec sa sensibilité, une sorte de feu intérieur, Christine Jordis rend à Foucauld et Lauwrence un hommage lumineux"
    Le Figaro littéraire, octobre 2009
  • "Le douzième livre de Christine Jordis confirme la singularité d’un point de vue et d’une écriture qui relèvent en même temps du travail de l’essayiste et de la logique romancière.
    L’auteur y laisse de nouveau apprécier son art d’explorer les territoires en lesquels des aventures intellectuelles prennent forme."
    L’Humanité, Décembre 2009
  • "Christine Jordis construit une investigation subtile, dense et ouverte."
    Télérama, Octobre 2009
  • "Magnifique portrait de deux fous d’absolu."
    Marianne, novembre 2009

" De "l’état extrême de la vie" au désir de mourir, entre terre et ciel, un splendide voyage intérieur."
La vie, décembre 2009

  • " L’auteur nous laisse avec deux individus mal dans leur peau, exemplaires dans leur exigence à refuser les conformismes et les morales, et qui ont réussi l’essentiel : choisir leur vie."
    Magazine Littéraire, décembre 2009

Un lien étroit

Seuil - 2008

Devenir une femme adulte, libre, avoir "une chambre à soi", quand on aime un homme de nature possessive et qu’on est encore emprisonnée dans les rets d’une éducation victorienne est une gageure. C’est celle que soutient la narratrice de cette histoire, qui se déroule en Angleterre, aux États-Unis et surtout à Paris, entre les années soixante-dix et aujourd’hui.
À Londres, elle a rencontré Paul, qui va devenir premier mari. Un homme entier, absolu, qui vit sa passion dans une volonté de fusion, sans comprendre que ses exigences étouffent peu à peu l’être aimé. Comment préserver sa liberté intérieure quand l’Autre conçoit l’amour comme un partage exclusif ? Comment exister par soi-même tout en répondant à l’exigence amoureuse ? Vivre en couple, n’est-ce pas vouloir surmonter des contradictions Insolubles ?
À travers ses propres tentatives, la narratrice réfléchit sur l’absolu de l’amour et les difficultés du mariage, sur le bouleversement dans les attitudes au cours de trois générations successives. Une histoire contemporaine du couple. Un roman sur le temps, l’usure, et le besoin d’être soi - d’écrire.


Birmanie

Seuil - 2006

Mieux que la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, la Birmanie a su conserver sa culture et ses traditions. Une beauté intacte, un dénuement extrême. Au rythme lent de la descente du fleuve Irrawady, sur les routes périlleuses de montagne ou dans les mines de rubis de Mogok, ce livre nous emmène vers les hauts lieux de ce pays, sans nous dissimuler pour autant les multiples maux dont il souffre. Dans la paix des temples, au pied des bouddhas, il tente d’approcher et de saisir « ce quelque chose de merveilleux que nous n’avons pas encore commencé de comprendre ». On visite Yangoon et son célèbre stupa d’or : le Shwedagon ; puis Mandalay, la ville mythique issue d’un rêve du roi Mindon, aujourd’hui modernisée et envahie par les Chinois ; le mont Popa, demeure des nats, ces esprits malicieux, parfois redoutables ; puis le lac Inle, avec ses jardins flottants et ses pêcheurs équilibristes ; et Pagan, bien sûr, « la plaine aux mille pagodes », l’un des plus beaux endroits du monde. Les photographies de Michel Gotin s’attachent à saisir sur le vif les visages et les activités de la population, comme à montrer les splendeurs du paysage ; elles sont accompagnées d’un texte de Christine Jordis, qui constitue une réflexion à la fois esthétique, politique et spirituelle sur le pays birman.


Gandhi

Gallimard - 2006

« Je me représente très bien l’époque où les riches répugneront à faire fortune au détriment des pauvres et où ces derniers cesseront d’envier les riches. Même dans le meilleur des mondes, nous ne réussirons pas à supprimer toutes les inégalités, mais nous pouvons et nous devons éviter que les hommes se battent et se détestent. » Rabindranath Tagore lui avait donné le nom de Mahatma, la « Grande Âme », sous lequel le monde entier le connut, l’admira ou le détesta. De son enfance choyée au Goujarati, dans une caste de commerçants, à la découverte de Londres à la fin du XIXe siècle, des premières grandes batailles menées en Afrique du Sud contre le racisme, pour défendre les droits des minorités indiennes, jusqu’au retour en Inde et à la conquête de ses foules immenses, l’histoire de Gandhi (1869-1948), palpitante comme un roman, retrace l’une des grandes aventures du XXe siècle.


Avec Marcel Schneider

Le Rocher - 2005

Marcel Schneider est né en 1913, cette mystérieuse année qui vit les publications magiques qui marquèrent leur siècle : Le Grand Meaulnes, Alcools, A. O. Barnabooth, Jean Barois, Du côté de chez Swann, Les Copains... Beau cru pour la littérature. Sur scène, Stravinski créait le Sacre du Printemps. Y aurait-il eu des ondes ou des anges qui se réunirent en faisceau pour une durée d’un an ? Les années passant, Marcel Schneider a croisé énormément de monde, a gardé une mémoire hors du commun, comme si chaque rencontre ou chaque lecture se gravait en lui. Il est sorti de ce monde pour se forger un univers à lui, le Tramonde où il puise ses histoires, ses romans, ses récits... Professeur, pédagogue infatigable, critique musical pour Combat puis Le Point, il a publié une trentaine de romans, essais, mémoires, recueils... " Le dernier amateur ", écrivit de lui François Nourissier, au sens où Marcel Schneider ne choisit ses sujets que par amour pour eux, par plaisir de les poursuivre, par cette exquise gourmandise de la langue. On est loin du temps des bilans, mais comme s’ils ne pouvaient s’empêcher de le décrire ou de donner des clés d’une œuvre attachante, des auteurs (Jean Dutourd, Manuel Carcassonne, Georges-Olivier Châteaureynaud, Benoît Duteurtre, Christine Jordis, Solange Fasquelle, Diane de Margerie, Max Genève, Christophe Mory entre autres) sont ici réunis pour décrire les multiples facettes d’un écrivain qu’on ne peut ignorer.


Une passion excentrique : Visites anglaises

Seuil - 2005

De Douvres où commença la première route romaine, à Glasmere, tout au nord, dans la région des lacs, Christine Jordis, remonte la carte de l’Angleterre et le cours du temps. En touriste, elle visite les paysages, les maisons, les châteaux, s’arrête à Londres, à Sheffield, à York et Dorchester, regarde un jardin, un lac, un no man’s land en banlieue ou un halo de lumière, la nuit, dans une ville du Nord. En érudite, elle découvre les sites anciens, les rites mystérieux de l’Angleterre ; elle croise, semble-t-il, Emily Brontë, Wordsworth, Coleridge, Jane Austen, Trollope, Blake ou Edmund Burke... des compagnons de toujours. En esprit ami, elle s’émeut, s’émerveille, s’interroge. En témoin, elle se penche sur une nouvelle Angleterre, la « troisième nation », celle des marginaux, des cinglés, des exclus. Écrit avec l’aisance que donnent des passions cultivées tout au long d’une vie, ce panorama se veut personnel autant qu’informatif. À travers le regard des peintres, écrivains, poètes et philosophes qui ont habité l’île, la voyageuse se penche sur les aspects multiples, changeants et éternels de l’Angleterre.


Promenade en terres bouddhistes de Birmanie

Seuil - 2004

Depuis de nombreuses années, Christine Jordis se rend en Asie. Après un livre consacré à l’Indonésie, elle décrit ici un pays déchiré par des luttes intestines et dévasté par la dictature, mais qui, mieux que la plupart de ses voisins d’Asie du Sud-Est, a su conserver sa culture et ses traditions. Une force que les Birmans doivent au bouddhisme, selon Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix. Face à la dignité de ce peuple, l’auteur s’interroge sur notre société et ses failles, sur certaine arrogance occidentale qui juge l’Autre selon ses valeurs propres. Au rythme lent de la descente du fleuve Irrawady, sur des routes sinueuses de montagne ou dans les mines de rubis de Mogok, elle se familiarise avec les beautés de ce pays, tout en restant attentive aux témoignages qui dénoncent la souffrance et l’oppression ; ce livre a aussi pour but de les transmettre. Dans la paix des temples, elle tente d’approcher et de saisir « ce quelque chose de merveilleux que nous n’avons même pas encore commencé de comprendre... ». La traversée difficile des siècles se recompose sous nos yeux, nous éclairant sur les méfaits de la colonisation et sur les événements récents de notre propre histoire. Des cartes et des croquis pris sur le vif et retravaillés par Sacha Jordis permettent au lecteur-voyageur d’accompagner cette réflexion esthétique, spirituelle et politique.


La chambre blanche

Seuil - 2003

"En dépit des efforts que nous faisions pour marcher droit, chaque pas nous soulevait du sol, nous projetant l’un contre l’autre, et les chevaux ailés du pont et les réverbères à trois branches, la coupole transparente du Grand Palais et les grands troncs des marronniers avec leur haut feuillage sombre, toutes ces formes s’élançaient dans le ciel pâle, étirées, dansantes, allègres comme notre démarche, tandis que nous croisaient des passants sans épaisseur ni consistance, simples figurants dans notre rêve éveillé. La vie. Être présent à la vie, intensément. Notre amour nous la révélait. Peut-être sa splendeur se tient-elle "prête à côté de chaque être", comme Kafka l’avait écrit dans son Journal, mais - j’avais lu ces lignes avec nostalgie - "voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine". Je pensais ce jour-là que l’amour est bien cette magie qui nous dévoile l’autre monde - le monde d’au-delà du monde, celui qui en permanence se tient prêt à nos côtés, mais que d’ordinaire nous ne savons pas voir." Lorsque Camille rencontra Julien, elle pensait que rien ne la prédisposait à la passion. C’est pourtant une véritable cérémonie qui se célèbre dans la chambre blanche où les amants se retrouvent. Désirant la possession et s’en défiant tous deux, ils deviennent les acteurs d’un théâtre dont ils croyaient ne devoir être que les témoins. La narratrice, à laquelle, Camille confie son secret et son manuscrit, réfléchit sur l’absolu et le lyrisme de toute passion et l’écueil de la réalité.


Bali et Java en rêvant

Le Rocher - 2001

« Au XIXe siècle, on évoquait volontiers "le mirage de l’Orient", crainte et fascination mêlées, fastes inouïs et cruauté sans pareil, et la jungle où rôdaient des forces incontrôlables, celles de l’instinct à l’état pur. Je ne sais si cette idée de l’Orient s’est inscrite dans ma mémoire au fil de mes lectures, mais le seul mot de Java, ou celui de Bali, agit sur une zone de mon esprit, qu’on pourrait appeler goût de l’évasion ou besoin de l’ailleurs, à la façon d’un puissant stimulus. Java, Bali, c’est bien plus qu’un voyage ou un pays à découvrir : un départ dans l’imaginaire, une incursion en terre de poésie. » Fuyant les parcours balisés, Christine Jordis, en écrivain à la fois précis et lyrique, nous entraîne de découverte en découverte au cœur des îles indonésiennes.


Gens de la Tamise : Le roman anglais au XXe siècle

Seuil - 1999

Ce livre, composé à partir d’articles, de portraits et entretiens, de rencontres avec des écrivains, vise à dessiner une histoire du roman anglais de ce siècle tel qu’il apparaît à travers vingt ans de traductions. Chemin faisant, des questions ont surgi : quelles oeuvres classiques sont encore publiées en France ? Quels ouvrages délaissés redécouverts ? Et quels auteurs récents sont-ils traduits et appréciés, tandis que d’autres, portés aux nues dans leur pays d’origine, sont négligés dans le nôtre ? Dans ce livre, écrit avec l’aisance que donnent des affinités et des passions longuement cultivées, tous les horizons se rejoignent : des grands modernes du début du siècle, quand l’Angleterre occupait encore une position centrale, à V. S. Naipaul ou Salman Rushdie aujourd’hui.


Le paysage et l’amour dans le roman anglais

Seuil - 1999

Le paysage et l’amour, envisagés comme « le moyen par lequel un sujet pensant peut croire s’unir matériellement au monde », ont des pouvoirs qui se rejoignent : l’homme par leur entremise est « replongé dans ses eaux profondes, réaccordé magiquement aux forces de la terre ». De ce pouvoir, toute la littérature anglaise témoigne, qui, plus qu’une autre, inscrit le destin de l’homme dans le paysage. Une faille la parcourt, délimitant l’espace civilisé et l’espace sauvage. Ainsi se dessine l’opposition entre l’enfermement et la liberté, entre la contrainte exercée sur les instincts et l’affirmation du désir, entre une existence de surface et la vie essentielle, irréductible. Il suffit de penser, dans Les Hauts de Hurlevent, à la lande sauvage où Catherine Earnshaw vit sa passion puis sa mort, et au manoir de la Grive où habite Edgar Linton parmi les raffinements et les séductions de la richesse ; à Edgon Heath, dans Le Retour au pays natal de Thomas Hardy, la lande balayée par les pluies et les vents où vient mourir Eustacia, qui, telle Madame Bovary, rêvait du luxe et de la ville… Voici que resurgit, dans l’espace où se lit l’intégration ou au contraire le malaise des hommes, l’éternelle question posée par la société qui est celle de l’expression, ou de la répression, d’une violence première. Cette énergie fondamentale ? qui règne dans l’enfance et que tout, par la suite, concourt à réduire et à discipliner ?, il s’agira, au contact de la nature, comme dans l’union amoureuse, de la préserver, de la retrouver.


Jean Rhys, la prisonnière

Stock - 1996

Jean Rhys, née Ella Gwendoline Rees Williams, est pour bien des lecteurs, en France et dans le monde, un écrivain-culte. Sa sincérité conquiert, sa ténacité étonne. Tenue pour morte pendant près de trente ans, redécouverte avec la parution de son dernier livre, un chef-d’oeuvre (la prisonnière des sargasses, 1966), elle eut une vie de misère et d’errance. en 1939, après avoir publié cinq ouvrages, Jean Rhys disparaissait de la scène littéraire. Elle n’écrira plus que quelques nouvelles et un roman, retour hanté aux lieux de son enfance (dans les Antilles anglaises), sur lequel elle s’acharna pendant dix ans. A soixante-dix ans passés, elle connut enfin une gloire dont elle fit peu de cas. De rive gauche (1927), bonjour, minuit (1939), Jean Rhys poursuit une longue confession tout entière rassemblée autour d’un sentiment de vide et de solitude. Anna, Sasha, Maria à sont autant de versions d’elle-même. Nulle part la situation d’échec où elles vivent n’est aussi fortement ressentie que dans le rapport homme-femme qui est le thème le plus constant de cette oeuvre. Le secret de la vie ne serait-il pas, comme Jean Rhys a la tentation de conclure, "de ne jamais s’engager trop loin, ni trop profondément" ? Christine Jordis revient sur ce destin unique dont elle analyse très subtilement les contradictions et l’itinéraire secret. Elle insiste sur les échos qu’éveille en elle, comme en chaque lecteur, cette oeuvre lucide qui décrit avec intensité la difficulté d’être, les faiblesses de la passion et l’obstination de l’amour. En arrière-fond, la nostalgie pour un éden perdu, les îles lointaines des West Indies.


De petits enfers variés

Seuil - 1989

De tout temps les femmes en Angleterre ont occupé le devant de la scène littéraire. Cependant, devant le nombre et la qualité des œuvres produites aujourd’hui, on peut parler d’une prédominance de la littérature " féminine ". Parmi les traits communs qui ressortent, la méchanceté est une constante. Pourquoi la méchanceté ? A tous les âges, les femmes ont souffert d’une domination qui leur a inspiré l’idée d’une compensation. Dans le roman, se sont déployées ces forces obscures qui jouaient à leur détriment dans la réalité. La méchanceté apparaît donc comme l’exutoire aux forces niées ou réprimées dans la vie quotidienne ; elle est liée à la frustration, son caractère varie selon le contexte historique, social et religieux. Exacerbée chez les romancières qu’influence le victorianisme, période de répression intense des instincts, elle n’a pas les mêmes accents chez celles qui ont su pratiquer une brèche dans le mur du réel ou qui vivent en des temps plus émancipés. Premier ouvrage à envisager dans une perspective globale une étonnante éclosion de romancières, cette étude, brillante et personnelle, est destinée aux spécialistes, aux étudiants, aux amoureux nombreux de cette littérature. Elle comporte une abondante bibliographie des œuvres mentionnées et de leurs traductions en français.

Paolo Rumiz, prix Nicolas Bouvier 2015

Saint-Malo 2015

Avec Gilles Lapouge, Paolo Rumiz, Alain Dugrand, Christine Jordis, Pascal Dibie


William Blake : mariage du ciel et de l’enfer

Saint-Malo 2014

Avec Christine Jordis et Yvon Le Men.


L’inconnu du monde

Avec Alexandra Lapierre, Catherine Bousquet, Jean-Michel Barrault, Christine Jordis - Saint-Malo 2013

Avec Alexandra Lapierre, Catherine Bousquet, Jean-Michel Barrault et Christine Jordis. Animé par Géraldine Delauney


Chercheurs d’absolu

Christine Jordis, Gabriel Martinez, Damon Galgut - Saint-Malo 2013

Avec : Christine Jordis, Gabriel Martinez, Damon Galgut.
Animé par Christelle Capo-Chichi.


Un géant des lettres : bon anniversaire Maurice Nadeau !

Saint-Malo 2011

Avec Gilles Lapouge, Christine Jordis, Alexis Gloaguen. Présenté par Willy Persello.


Par amour

Saint-Malo 2008
Par amour
Christine JORDIS, Lyonel TROUILLOT, Olivier ADAM, Michèle LESBRE, Marc de GOUVENAIN