CURTET Johanni

France

La Silencieuse, Meïkhâneh (Buda Musique, 2017)

Johanni Curtet est musicien, diphoneur et ethnomusicologue.

Il a appris la guitare classique auprès de Jean-Loup Gautret (école de musique de La Flèche) et Hervé Merlin (Conservatoire de Rennes) tout en se formant à la musique de chambre avec le quatuor de guitare Merienda. Suite à cela, il se tourne vers des pratiques musicales relevant de l’oralité, influençant son jeu entre l’Asie et l’Afrique.

Pendant 10 ans, Johanni se plonge dans l’apprentissage de la musicologie et de l’ethnomusicologie à l’Université Rennes 2, et se spécialise dans le khöömii (chant diphonique mongol). Depuis 2004, il est lauréat de plusieurs bourses (Egide, Fondation Internationale Nadia et Lili Boulanger, Aires Culturelles, Collège Doctoral International de Bretagne, American Center for Mongolian Studies, Aide au terrain de la Société Française d’Ethnomusicologie) qui lui permettent d’effectuer ses recherches en Mongolie et d’apprendre la langue et la culture mongoles. Formé d’abord par Trân Quang Hai, son apprentissage traditionnel vient du maître Tserendavaa Dashdorj dans les steppes montagneuses de l’Altaï, et d’Odsuren Baatar à l’Université d’Art et de Culture d’Oulan Bator.

Directeur artistique de l’association Routes Nomades, il organise et produit des tournées de chant diphonique mongol, et accompagne son maître Tserendavaa et son fils Tsogtgerel sur scène dans de nombreux festivals.

Son influence africaine lui vient d’un long séjour au Cameroun. En participant comme formateur et organisateur aux deux premières éditions de Voix du Sahel à Garoua, Cameroun et à N’Djamena, Tchad (programme transsaharien Azalaï initié par Culturesfrance), il partage la musique aux côtés de Camel Zekri, Yacouba Moumouni, Alpha Barry, Mounira Mitchala, mais aussi de nombreux musiciens locaux camerounais (Équipe du Sud, Douala, griots du Nord Cameroun) et tchadiens.

Ce croisement des cultures se synthétise dans les compositions de Meïkhâneh, avec qui il continue de se former en se rapprochant d’une influence majeure, celle de Thierry Robin, grâce à deux master classes organisées avec lui par DROM en 2013 et 2014.

Johanni a enseigné le khöömii à l’Université Rennes 2, au Théâtre de la Ville, pour la Kreiz Breizh Akademi (DROM), dans des festivals comme Les Orientales ou Les Suds à Arles, et continue de le transmettre à la Cité de la musique, au C.P.F.I., pour diverses associations et groupes de diphoneurs amateurs (Tortue Écarlate) ou en cours particuliers.

Ses recherches sur le chant diphonique mongol sont accessibles à travers des écrits : notamment une thèse de doctorat intitulée La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol (Université Rennes 2), et quelques articles universitaires. En 2010, à la demande de la commission nationale de la Mongolie pour l’UNESCO, il a participé à la réalisation du dossier de nomination du khöömii pour son inscription sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité à l’UNESCO.

Références : Festivals Les Escales, Les Orientales, Le Rêve de l’Aborigène, Classica-Evora-Portugal, Musée des Arts Asiatiques de Nice, Palais des Congrès et de la Culture du Mans…


Discographie :

Chants Diphoniques de l’Altaï Mongol : 1 CD, 1 DVD / Ed. 2008, Buda Musique (distribution Universal)
La maison de L’ivresse, Meïkhâneh, Autoproduction / Ed. 2012, Cas Particuliers, Rennes
La Silencieuse, Meïkhâneh, 1 CD / Ed. 2017, Buda Musique