STASIUK Andrzej

Pologne

L’Est (Actes Sud, 2017)

Dissident politique dans la Pologne soviétique, devenu écrivain et voyageur, Andrzej Stasiuk est une figure incontournable de la littérature de voyage et de la non-fiction, souvent comparé à Kerouac ou Kapuściński. Romancier, poète, journaliste et éditeur, il dépeint dans son œuvre l’Europe de l’Est dans toutes ses nuances et ses contradictions, avec un humour décapant, un regard affuté et une grande sensibilité. Pour sa toute première venue en France, Andrzej Stasiuk présente L’Est, récit d’un voyage de la Pologne à la Chine dans lequel il explore sans complaisance la mémoire des régimes totalitaires et les mutations contemporaines, entre capitalisme et mondialisation sauvage.

Figure incontournable de la littérature de voyage et de la non-fiction, Andrzej Stasiuk a souvent été comparé à Kerouac et Kapuściński. Ce chef de file de la littérature polonaise contemporaine est à la fois romancier, poète, journaliste, et éditeur spécialisé dans les œuvres d’Europe centrale.

Cette Europe, il l’arpente et la dépeint dans toute son oeuvre : de Cracovie dans Les contes de Galicie aux Carpates dans Taksim, de la campagne polonaise jusqu’à sa description minutieuse des quartiers populaires de Varsovie dans Un vague sentiment de perte.
Dissident politique dans la Pologne des années 1980, il a connu la fin du régime communiste et décrit aujourd’hui, avec cynisme et beaucoup d’humour, ces recoins oubliés de l’ancien bloc de l’Est pris entre consumérisme et immobilisme.

C’est avec son nouveau récit, L’Est, qu’il vient pour la toute première fois en France. Cette fois encore, il tourne résolument le dos à l’Europe de l’Ouest pour voyager entre les confins de la Pologne, terre de sa famille, et la Chine, en passant par la Sibérie et la Mongolie. Il partage avec nous sa vision de l’Est, dans tous ses aspects : paysages intemporels, mais aussi terres des souffrances de la Shoah, des déportations et du régime soviétique, aujourd’hui marquées par l’exode rural, la société de consommation et l’industrialisation.

« Un sens aigu du détail et de l’observation, une distance face au sujet, de l’autodérision, une légèreté de l’écriture, et une sensibilité teintée d’amertume » : ce sont pour lui les critères d’une « prose de qualité », énumérés dans Un vague sentiment de perte (Actes Sud, 2015). C’est aussi ce qui fait son style dans L’Est, merveilleusement retranscrit par la traduction de Margot Carlier.


Bibliographie

  • L’Est (Actes Sud, 2017)
  • Un vague sentiment de perte (Actes Sud, 2015)
  • Pourquoi je suis devenu écrivain (Actes Sud, 2013)
  • Taksim (Actes Sud), 2011
  • Mon Allemagne (Christian Bourgois Editeur, 2010)
  • Fado (Christian Bourgois Editeur, 2009)
  • Neuf (Christian Bourgois Editeur, 2009)
  • Les barbares sont arrivés (Editions théâtrales, 2008)
  • Sur la route de Babadag (Christian Bourgois Editeur, 2007)
  • Le Corbeau blanc (Editions Noir sur Blanc, 2007)
  • L’Hiver (Editions Noir sur Blanc, 2006)
  • Contes de Galicie (Christian Bourgois Editeur, 2004)
  • Mon Europe, avec Yuri Andrukhovych (Editions Noir sur Blanc, 2004)
  • Dukla (Christian Bourgois Editeur, 2003)
L'Est

L’Est

Actes Sud - 2017

Grand écrivain voyageur polonais, Andrzej Stasiuk part cette fois-ci en Sibérie, en Mongolie, en Chine, en Kirghizistan… à la recherche du « Far Est », de grands espaces, de l’infini, des terres arides, des paysages inchangés depuis des siècles. La fascination de ces contrées est toujours mêlée d’appréhension car le berceau du communisme, c’est ici. En parallèle à son périple, Stasiuk entreprend alors un voyage dans le temps, et se confronte à sa jeunesse, à l’expérience du régime de la Pologne populaire. Sa vision de l’Est, très personnelle, est à la fois politique, intellectuelle et culturelle. « On voyage pour se confronter à son esprit, à sa pensée, à sa mémoire », écrit-il. Faisant partie des cinq écrivains polonais les plus traduits dans le monde, Stasiuk nous invite à changer notre regard sur ces pays très méconnus en Europe.

Traduit du polonais par Margot Carlier.

L’Est a reçu le Prix littéraire de la ville de Varsovie en 2015.


Revue de presse

  • « Andrzej Stasiuk observe sans appuyer ni dramatiser mais non sans griffer. » (Virginie Bloch-Lainé, Libération)
  • « Son périple, relaté en phrases brèves qui sont autant de jets d’acides, cherchait à tourner le dos à l’Occident et à explorer sans complaisance la mémoire du communisme. Mais passée la frontière chinoise, c’est une mondialisation effarante qu’il trouvera. » (Nicolas Weil, Le Monde)
Un vague sentiment de perte

Un vague sentiment de perte

Actes Sud - 2015

Longtemps après Pourquoi je suis devenu écrivain (seulement publié en français en 2013), Stasiuk poursuit son entreprise autobiographique en lui donnant une tout autre direction. Les temps ont changé autant que l’écrivain. Les rêves insouciants du jeune homme sont confrontés au déclin : celui de l’aïeule, celui de l’animal domestique aimé, celui de plusieurs amis. L’œuvre revient sur ces pertes subies au cours de l’existence, à la fois comme expériences intimes et comme sujets de méditations subtiles sur le temps qui passe, la solitude et la mort. Un vague sentiment de perte avance au gré des souvenirs, sans contrainte, sans lourdeur. Stasiuk approche quatre êtres disparus auxquels il rend hommage avec une légèreté qui tient du paradoxe. Voilà qui provient sans doute de l’enfance, et du premier et doux visage que prit à ses yeux la mort : celui de cette grand-mère disparue en automne. Son histoire, ancrée dans une Pologne d’un autre temps, dans l’une de ces maisonnettes bordées d’arbres fruitiers et de forêts, nous est livrée par brefs éclats. Sont ainsi évoquées des bribes de récits embarquant son petit-fils vers d’autres réalités, celles des esprits et des revenants, mais aussi ces heures dédiées à l’exploration, à la découverte du monde environnant, passées en compagnie d’une immense conteuse dont Stasiuk se fait ici l’héritier.

Traduit du polonais par Margot Carlier.


Revue de presse

  • « Tous les livres de Stasiuk, et celui-ci n’y fait pas exception, donnent le relief du monde en partant d’un lieu anodin. » (Norbert Czarny, La Quinzaine littéraire)
  • « Un vague sentiment de perte nous parle de disparitions, mais nimbées de clarté sereine, avec pudeur, et en laissant toujours la possibilité à l’imprévu de survenir. » (Marc Séfaris, Transfuge)

Pourquoi je suis devenu écrivain

Pourquoi je suis devenu écrivain

Actes Sud - 2013

Stasiuk, chef de file de la littérature polonaise, nous entraîne à l’époque de sa jeunesse révoltée : ambiance rock’n’roll garantie. Musique, littérature, alcool – la venue à l’écriture de l’auteur se fait en opposition à la déprime d’un quotidien socialiste. Il est entouré de personnages hauts en couleur, eux aussi sur le chemin de la rébellion. L’histoire est en marche, les événements se précipitent : service militaire, désertion, prison, état de siège, clandestinité… Écrite d’un seul souffle, cette confession iconoclaste se moque de tout, et d’abord de Stasiuk lui-même.

Traduit du polonais par Margot Carlier.


Revue de presse

  • « Au fil d’une prose sèche et rythmée, ce récit autobiographique décline souvenirs et amis, alterne instantanés communistes et plongées intérieures : mille vies avortées, négligées et pourtant intenses. » (Nils Ahl, Le Monde des Livres)
  • « Stasiuk nous laisse toute la place pour tanguer avec lui et ses copains sur les routes, dans les rues et dans les bars de Varsovie, pour s’amuser avec lui de cet âge des surprises embuées, où il n’était pas rare de prendre un tram et de se retrouver tout surpris dans une autre ville, ayant confondu, rêveur, tram et train… » (Eléonore Sulser, Le Temps)

Taksim

Taksim

Actes Sud - 2011

Stasiuk, chef de file de la nouvelle littérature polonaise, nous invite à l’accompagner dans les Carpates, le pays des loosers multiethniques.
Dans leur camionnette déglinguée, Władek et son ami sillonnent l’extrême-orient de l’Europe, région aux innombrables frontières, pour faire du business avec les fripes des pays occidentaux…
Avec une ironie cinglante, Stasiuk raconte leur périple dans les endroits les plus invraisemblables et les plus pauvres, ainsi que leurs ruses pour y écouler leurs stocks. Mais les choses se compliquent lorsque Władek tombe amoureux d’Eva, la belle caissière d’un parc d’attractions…
Dans ces villages et petites villes, où les rebuts de la société de consommation et les nouveaux produits chinois aux prix imbattables se disputent la faveur du chaland, la vie a changé trop rapidement, et elle n’est pas vraiment devenue meilleure.
Grâce à ce roman de Stasiuk, le désir de partir des habitants, leur xénophobie et leurs angoisses deviennent palpables.

Traduit du polonais par Charles Zaremba.


Revue de presse

  • « Stasiuk est un écrivain d’atmosphères. On est pris dès la première page par cet univers qu’il connaît bien (…) Stasiuk est le reporter en mission permanente dans cette région ignorée qui souffre d’avoir tout perdu depuis si longtemps. » (Norbert Czarny, La Quinzaine littéraire)
  • « À travers les errances parfois burlesques de ces deux marginaux attachants, Taksim, entre poésie et désespérance, espoir et solitude, gouaille et résignation, transcrit un rapport au monde différent en même temps qu’il s’emploie à nous faire découvrir l’envers du décor d’une Europe invisible. » (Béatrice Arvet, La Semaine)

Mon Allemagne

Mon Allemagne

Christian Bourgois Editeur - 2010

« Ma situation n’était pas très différente de celle des Noirs solitaires dans ces petites gares oubliées. J’avais la peau blanche, mais l’âme noire. Si vous voulez connaître la vraie solitude, vous devez aller en Allemagne. Vous devez effectuer quinze fois le trajet en train de Francfort à Cologne et vous réveiller au milieu de la nuit à Hamm, au septième étage d’un hôtel aux comptoirs et aux rampes plaqués or. Et scruter l’obscurité au milieu de la nuit, discerner là-bas, au loin, les lumières de deux grands clochers qui se révéleront au petit matin des bâtiments industriels. Il faut avoir été à Krefeld et à Hagen, et aussi à Duisburg, pour que la gare de Stuttgart apporte enfin l’apaisement par l’évocation de la Gara de Nord [Bucarest]. »

« Ce qui est beau, chez Stasiuk, c’est le mélange de détails concrets et de mystère, de prosaïsme et de bref vertige, de banalités et de splendeurs. » Evelyne Pieiller

« Peu d’écrivains savent réfléchir de façon active en observant, en entendant - mais aussi, en voyant, en écoutant. Philosophie et politique nourrissent chez lui le sens de l’image et l’art de l’instant. » Jean-Maurice de Montremy

Traduit du polonais par Charles Zaremba.


Neuf

Neuf

Christian Bourgois Editeur - 2009

Varsovie, dans les années 90. A six heures moins cinq, Paweł quitte son appartement saccagé par les hommes de main du parrain de la mafia locale. Il a trois jours pour régler la dette qu’il a contractée à leur égard. Incapable de réunir la somme d’argent, il erre à travers la ville, cherchant désespérement à échapper à son destin.

Ce palpitant roman noir nous plonge au coeur de la vie de cette grande métropole et de ses habitants. Stasiuk dépeint sans complaisance une Pologne en pleine mutation depuis de son ouverture au monde capitaliste.

« J’ai retrouvé un parfum des écrits de Hamsum, Sartre, Genet et Kafka dans l’écriture au scalpel de Stasiuk. Neuf est une oeuvre majeure de la littérature contemporaine, qui dresse le portrait d’une génération déracinée et nerveuse, celle des Européens de l’Est et d’une ville qui doit se résigner à l’ère post-communiste. » (Irvine Welsh, The New York Times Book Review)

Traduit du polonais par Grazyna Erhard.


Les barbares sont arrivés

Les barbares sont arrivés

Editions théâtrales - 2008

Le Mur est tombé, mais d’autres barrières mentales ne l’ont-elles pas remplacé ? D’un côté, les nantis de l’Ouest confits dans la graisse de leurs certitudes ; de l’autre, les voleurs de grosses cylindrées et trousseurs de poules.
Andrzej Stasiuk livre de noires imprécations sur une Europe désertée par la solidarité à coups de clichés qu’il détourne. Pour asseoir sa démonstration, il forge une allégorie puissante lorsque le cœur d’un trafiquant de l’Est est transplanté dans la poitrine d’un tenant des valeurs occidentales. Le choc des cultures.

Publié dans le cadre de la Saison culturelle européenne (1er juillet - 31 décembre 2008)

Traduit du polonais par Zofia Bobowicz.


Sur la route de Babadag

Sur la route de Babadag

Christian Bourgois Editeur - 2007

« J’aime ce bordel balkanique, hongrois, slovaque et polonais, cette merveilleuse pesanteur de la matière, ce sublime endormissement, ce je-m’en-foutisme face aux faits, cet esprit de suite dans la saoulerie à midi pile. »

Sur la route de Babadag est un voyage à travers l’« Autre Europe » : en Pologne, Slovaquie, Slovénie, Albanie, Moldavie, Hongrie et Roumanie. Stasiuk parcourt cet espace par tous les moyens ; en train, en stop, en bateau, il cherche à saisir au plus près le rapport au monde des habitants de cette région. À la recherche d’indices, il scrute avec tendresse tout ce qui s’offre à son regard : paysages, lumière, animaux, odeurs, pièces de monnaie, photos… L’intensité de ses souvenirs et la chaleur de ses descriptions donnent au lecteur envie d’explorer à son tour cette Europe méconnue.

Traduit du polonais par Maliszewska Malgorzata.


Le Corbeau blanc

Le Corbeau blanc

Editions Noir sur Blanc - 2007

À Varsovie, après l’effondrement du régime communiste, un groupe de jeunes paumés prennent conscience de l’inanité de leur vie. La réalité qui les entoure les dégoûte et l’avenir leur semble irrémédiablement bouché. Ils sont cinq, tous d’humeur inquiète, et ils ont atteint la trentaine sans avoir encore pris leur destin en main. Las de traîner dans des bars enfumés de la capitale, ils décident sur un coup de tête d’aller tenter l’aventure dans la région enneigée des Bieszczady, légendaire Far-East montagneux qui sépare la Pologne orientale de l’Ukraine. Ils tentent ainsi de donner un sens à leur vie, mais leur expédition se transforme en fuite éperdue.
Mêlant suspense et réflexion philosophique, Stasiuk transforme le récit de cette escapade à rebondissements inattendus en une quête métaphysique. On y découvre la beauté des paysages, les limites de l’amitié virile et l’ambiance des dernières années de la République populaire de Pologne.
Très filmique, ce roman se lit aussi comme un thriller palpitant doublé d’un roman de mœurs.

Traduit du polonais par Agnieszka Zuk.


Revue de presse

« “ Quel merdier ! ” Reconnaissons que la première phrase de ce Corbeau blanc pourrait assez bien s’appliquer à tout le roman d’Andrzej Stasiuk. Mais attention, un foutoir attachant, tout empreint de mélancolie et de vitalité (…). »


(Jérôme Dupuis, Lire
)

« Ce livre propose une variante centre-européenne du roman d’aventure à la Kerouac, tissée de réflexion philosophique (…) Un livre important, l’une des premières fictions inspirées par l’après-Perestroïka, croquant sur le vif le profond désarroi de la génération perdue de ceux qui, comme l’auteur lui-même, ont atteint 30 ans au tournant des années 1990 : éduqués et formés dans la Pologne du général Jaruzelski et du mouvement Solidarnosc, ils entament leur vie d’adulte sans repères et sans buts, jetés sur une nouvelle planète avec un gros mal de crâne. »


(Marion Graf, Le Temps)


L'Hiver

L’Hiver

Editions Noir sur Blanc - 2006

Les héros de ces cinq nouvelles vivent dans leur pauvre village de Pologne orientale. Attachés à leur « ici et maintenant », ils supportent les imperfections avec une belle philosophie. Ces fragments de vie tissent le tableau nostalgique d’un monde où le présent s’écoule très lentement, et où les hommes semblent vivre aux frontières de l’éternité.
Un petit recueil qui séduit par sa grande force poétique et sa beauté formelle.
« Au village, tout finit par s’éteindre. L’obscurité des temps anciens descend lentement pour envelopper Edek, Kaczmarek, Hrynacz et les autres… Elle gomme les événements et fait disparaître les choses. Elle revigore les corps. Il en était ainsi au commencement du monde, et il en sera ainsi pour que nous ne mourions pas de surabondance. »

Traduit du polonais par Maryla Laurent.


Contes de Galicie

Contes de Galicie

Christian Bourgois Editeur - 2004

Dans les Contes de Galicie, Stasiuk raconte un lieu, un village du fin fond de la Pologne, au travers de la vie de ses habitants.
Ces nouvelles, comme autant de portraits, peuvent exister de manière autonome, mais les histoires des uns et des autres s’imbriquent, s’entrecroisent, se lient et tissent une toile des correspondances qui échafaudent progressivement une mémoire commune, celle du village.
Edek, Gacek, Maryśka, Józek…- des ivrognes, des convertis au capitalisme, un ouvrier agricole désoeuvré, un tombeur en survêtements, un policier mélancolique, une femme fatale déchue et un fantôme philosophe en sont les héros.
Stasiuk dépeint ici avec humour et fantaisie une campagne polonaise vivant difficilement la période de transition entre les deux régimes, ce temps hybride où l’ancien et le nouveau coexistent en un mélange curieux et bouleversant.


Mon Europe

Mon Europe

Editions Noir sur Blanc - 2004

En l’an 2000, l’idée vient à Andrzej Stasiuk et Yuri Andrukhovych, deux écrivains reconnus, respectivement polonais et ukrainien, de cerner leur « place » dans l’Europe élargie en train de se construire. Chacun compose alors un texte très personnel et d’essence amplement autobiographique.
Imitant les cartographes d’antan, Stasiuk dessine au compas un espace aux confins de la Pologne, de l’Ukraine, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Hongrie, qu’il définit comme « son » Europe centrale et, au fil de considérations essentiellement géographiques, nous donne à saisir l’esprit du lieu. S’il explore les mêmes territoires, Andrukhovych, lui, emprunte d’autres itinéraires, en retraçant l’histoire de sa famille sur trois générations au gré des bouleversements tantôt tragiques, tantôt absurdes de l’histoire contemporaine. Ces deux essais à l’écriture singulière, qui donnent à entendre des voix d’une profonde originalité, permettent de mieux saisir l’identité et l’arrière-plan culturel d’une région en pleine mutation.
 
Remix centre-européen, de Yuri Andrukhovych
Traduit de l’ukrainien par Maria Malanchuk
 
Journal de bord, d’Andrzej Stasiuk
Traduit du polonais par Maryla Laurent


Dukla

Dukla

Christian Bourgois Editeur - 2003

Sous la lumière de l’aube naissante, le monde se pare de formes et devient visible. Cette réalité qui, selon les mots d’Andrzej Stasiuk, n’est qu’un caprice de la lumière, deviendra l’objet d’une enquête à laquelle se livre le narrateur dans ses voyages qui aboutissent invariablement à Dukla – petite ville aux confins de la Pologne – et dans ses déplacements dans le temps, vers son enfance.
Chaque visite à Dukla apporte de nouveaux éléments à sa quête. Ces éléments, atomes de la réalité, se réuniront pour former des événements et bâtir des paysages, qui à leur tour se figeront en une suite de tableaux. Le monde, tel que le décrit l’auteur, apparaît alors comme une succession d’images qui, captées par la rétine, se gravent sur la pellicule sensible de la mémoire. Ces images sont comme des plaques photographiques : on peut les superposer, mais l’image qui en résultera n’aura gagné ni en netteté, ni en profondeur de champs. Le monde pourra alors préserver sa séduisante opacité.

Traduit du polonais par Agnieszka Zuk et Laurent Alaux.

Illustration de couverture :
J. Koudelka, agence Magnum.


Par le fleuve

Par le fleuve

Le Passeur - 2000

Avec Par le fleuve, Andrzej Stasiuk, dont c’est ici le premier ouvrage traduit en français, nous invite à un voyage insolite aux confins de la Pologne. Souvenirs d’enfance et images crues du temps présent se mêlent et se succèdent dans le courant ininterrompu de la mémoire.
Au cours de leurs déambulations fantômatiques sur les routes de Galicie ou d’un bar à l’autre de la capitale, les héros de ces nouvelles multiplient sur fond de rock’n roll les expériences extrêmes - sexe, drogues, alcool - jusqu’aux limites du débordement.
Mais loin de nous donner la gueule de bois, Andrzej Stasiuk parvient toujours, par son écriture brute et acérée, à renouveler l’enchantement à chaque nouvelle.

Nouvelles traduites du polonais par Frédéric Laurent.