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SARR Mohamed Mbougar

Sénégal

De purs hommes (Philippe Rey, 2018) ; Silence du chœur (Présence Africaine, 2017)

© PrésenceAfricaine

Lauréat du grand prix du roman métis et du prix Ahmadou Kourouma pour son premier roman Terre ceinte, il est la révélation de la jeune littérature francophone. Dénonçant l’intégrisme religieux, il met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence et d’homophobie. D’une écriture poétique et scrupuleuse, l’écrivain sénégalais interroge les notions de courage et de lâcheté, d’héroïsme et de peur, de responsabilité et de vérité, de lâcheté et de courage, en particulier le courage d’être soi, quel qu’en soit le prix.

Lauréat du grand prix du roman métis et du prix Ahmadou Kourouma pour son premier roman Terre ceinte, Mohamed Mbougar Sarr est une révélation de la jeune littérature francophone.

Très jeune, déjà, il lit tout ce qu’il lui tombe sous la main. Une passion qui ne l’a jamais quitté : en 2009, après avoir passé son enfance au Sénégal, il vient en France pour faire son hypokhâgne, affirmant ainsi son goût pour la Littérature et la Philosophie.

Fin 2010, le jeune auteur se met à tenir des chroniques régulières sur un blog, où il écrit billets d’humeur et nouvelles. C’est l’une d’elles qui a remporté le prix Stéphane Hessel de la Jeune écriture francophone, l’année dernière. La cale, comme le laisse deviner son titre, se déroule dans la cale d’un bateau négrier et met en scène l’histoire d’un chirurgien dont la curiosité pousse à vouloir connaître la réalité. L’épisode bouleverse le protagoniste à tel point qu’il renonce à exercer toute activité liée à cette traite. Une référence sans équivoque au passé colonial de l’île de Gorée, lieu emblématique de l’esclavage.

S’inscrivant dans cette veine, où le réel vient télescoper la fiction, Terre ceinte prend comme point de départ un fait divers réel : la lapidation d’un jeune couple, en 2013, à Tombouctou – le même fait divers qui inspira le film Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Dénonçant l’intégrisme religieux, il met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence.

En 2017, il publie Silence du chœur : soixante-douze ragazzi, de ces hommes qu’on appelle réfugiés ou migrants, arrivent à Altino, dans la campagne sicilienne. Pris en charge par l’association Santa Marta, leur présence bouleverse le quotidien de la petite ville. En attendant que leur sort soit fixé, les ragazzi croisent toutes sortes de figures : un curé atypique qui réécrit leurs histoires, une femme engagée à leur offrir l’asile, un homme déterminé à le leur refuser, un ancien ragazzo devenu interprète, ou encore un poète sauvage qui n’écrit plus. Un « roman humain plus qu’humaniste » (Africultures), qui évite les caricatures, récompensé par le Prix de la Porte dorée 2018.

Avec son troisième roman, De purs hommes, il s’attaque à nouveau à l’intégrisme religieux, sous l’angle cette fois de l’homophobie. Après une vidéo virale montrant le corps d’un homosexuel exhumé par une foule, un jeune professeur de lettres, Ndéné Gueye, se met à la recherche du passé de cet homme. En chemin, il découvre le contexte social de plus en plus tendu pour les homosexuels sénégalais. D’une écriture poétique et scrupuleuse, Mohamed Mbougar Sarr signe ici un roman bouleversant sur la seule grande question qui vaille aux yeux de son héros : comment trouver le courage d’être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, et quel qu’en soit le prix ?


Bibliographie

  • De purs hommes (Philippe Rey, 2018)
  • Silence du chœur (Présence Africaine, 2017)
  • Terre ceinte (Présence Africaine, 2015)
De purs hommes

De purs hommes

Philippe Rey / Jimsaan - 2018

Tout part d’une vidéo virale, au Sénégal, où on voit le cadavre d’un homme être déterré puis traîné hors d’un cimetière par une foule. Dès qu’il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de Lettres déçu par l’enseignement et fatigué de l’hypocrisie morale de sa société, un intérêt voire une obsession pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi avait-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c’était un goor-jigéen, un « homme-femme ». Autrement dit, un homosexuel : péché ultime, faute absolue dans un pays où la religion régit les moeurs et les rapports sociaux.

Les discussions de Ndéné avec son entourage – son amante, Rama, bisexuelle assumée et libre ; son père, imam, garant des valeurs religieuses – et certaines de ses rencontres – Maniang Niang, un travesti, brillante étoile du folklore local ; Demba, un jeune serveur – contribuent peu à peu à lui faire comprendre, dans un contexte social de plus en plus nerveux sur le sujet, la réalité de la condition des homosexuels au Sénégal.

Ndéné se met à la recherche du passé de l’homme déterré de la vidéo, et va même rencontrer sa mère qui lui révélera les causes profondes de son intérêt pour cet inconnu. Alors qu’autour de lui les suspicions et les rumeurs naissent, Ndéné tente d’affronter la seule grande question qui vaille à ses yeux : comment trouver le courage d’être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, quel qu’en soit le prix ?

Silence du chœur

Silence du chœur

Présence Africaine - 2017

Soixante-douze hommes arrivent dans un bourg de la campagne sicilienne. L’époque les appelle « immigrés », « réfugiés » ou « migrants ». À Altino, ils sont surtout les ragazzi, les « gars » que l’association Santa Marta prend en charge. Mais leur présence bouleverse le quotidien de la petite ville.
En attendant que leur sort soit fixé, les ragazzi croisent toutes sortes de figures : un curé atypique qui réécrit leurs histoires, une femme engagée à leur offrir l’asile, un homme déterminé à le leur refuser, un ancien ragazzo devenu interprète, ou encore un poète sauvage qui n’écrit plus.

Chaque personnage de cette fresque, d’où qu’il soit, est forcé de réfléchir à ce que signifie la rencontre avec des hommes dont, au fond, il ne sait pas grand-chose. Tous constituent autant de regards sur une situation moins connue qu’il n’y paraît ; autant de voix désaccordées, mêlées, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à la fin, jusqu’au silence imposé par l’ultime voix du chœur.


Terre ceinte

Terre ceinte 

Présence Africaine - 2014

À Kalep, ville du Sumal désormais contrôlée par le pouvoir brutal des islamistes, deux jeunes sont exécutés pour avoir entretenu une relation amoureuse.
Des résistants tentent de s’opposer à ce nouvel ordre du monde en publiant un journal clandestin. Défi lancé au chef de la police islamique dans un climat de tension insoutenable qui met en évidence des contradictions et brouille tous les repères sociaux. Mais la vie, à sa façon mystérieuse, reprend toujours ses droits.
Terre ceinte met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence. L’écrivain sénégalais en profite pour interroger les notions de courage et de lâcheté, d’héroïsme et de peur, de responsabilité et de vérité. À travers des dialogues étonnamment vibrants, des temps narratifs puissants, la correspondance échangée par les mères des deux victimes, s’élabore une réflexion contemporaine sur une situation de terreur.


Revue de presse

  • « Ce premier roman de Mohamed Mbougar Sarr (né en 1990 au Sénégal) est un coup de maître. (...) Il n’est pas négligeable que ce regard objectif sur la situation de l’Afrique en proie à des démons soit porté par un jeune Africain extrêmement doué. Cela nous change heureusement des ­critiques, fussent-elles fondées, composées de l’extérieur. »
    L’Humanité
  • « Un livre magnifique qui nous fait pénétrer au cœur de l’âme des habitants d’une petite ville sahélienne, sous la coupe de milices islamistes qui font régner le silence et la terreur. (…) Il ne s’agit cependant pas d’un roman « à la mode », qui surferait sur la vague de l’« actualité djihadiste ». Non, « Terre ceinte » rejoint l’universel, en posant la question de savoir comment chacun de nous réagirait dans une situation de tyrannie et d’oppression - collaboration, résistance, lâcheté, héroïsme – sans proférer le moindre jugement. »
    Le Monde
  • « Son premier roman, Terre Ceinte (éditions Présence africaine), est promis à un bel avenir… comme le montre le prix Ahmadou-Kourouma. »
    Jeune Afrique
  • Ecoutez l’auteur dans l’émission « Les Grandes Questions » de Franz-Olivier Giesbert.

Rencontre autour des prix Littérature-Monde

Avec Mohamed Mbougar Sarr, Einar Már Guðmundsson, Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. - Saint-Malo 2018

Rencontre avec les lauréats du prix Littérature-Monde 2018 Mohamed Mbougar Sarr et Einar Már Guðmundsson (traduit par Éric Boury). Avec les membres du jury Ananda Devi, Dany Laferrière, Michel Le Bris et Jean Rouaud. Animé par Sophie Ékoué.


Le courage de la liberté

Avec Lola Lafon, Gaël Octavia, Mohamed Mbougar Sarr et Irina Teodorescu - Saint-Malo 2018

Rencontre avec Lola Lafon, Gaël Octavia, Mohamed Mbougar Sarr et Irina Teodorescu. Animé par Christelle Capo-Chichi


Ce que la littérature peut

avec Patrick Chamoiseau, Hind Meddeb, Isabelle Fruleux, Mohamed Mbougar Sarr et Youssif Haliem - Saint-Malo 2018

Avec Patrick Chamoiseau, Hind Meddeb, Isabelle Fruleux, Mohamed Mbougar Sarr et Youssif Haliem.
Animé par Sophie Ekoué


Y a-t-il des valeurs universelles ?

Avec Patrick Chamoiseau, Mireille Delmas-Marty, Souleymane Bachir Diagne, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Mohamed Mbougar Sarr - Saint-Malo 2018

Avec Patrick Chamoiseau, Mireille Delmas-Marty, Souleymane Bachir Diagne, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Mohamed Mbougar Sarr
Animé par Yann Nicol.

Programme


Samedi

10h00
Signatures

11h45
La folie des Hommes
Café Littéraire

14h00
Y-a-t-il des valeurs universelles ?
Auditorium

16h45
Le courage de la liberté
Univers (Grande Salle)

18h05
Signatures
 

Dimanche

10h30
Afriques
Ecole Nationale Supérieure Maritime – Salle 2

14h30
Ce que la littérature peut
Auditorium

16h05
Signatures

17h30
Signatures
 

Lundi

10h00
Signatures

11h15
La langue appartient à tous
Auditorium

15h00
La vie est un combat
Nouveau Monde - salle 1