BONNELLE Bernard

Aux belles abyssines

La Table Ronde - 2013


17 janvier 2014.

En 1939, au lendemain de la déclaration de guerre, Pierre Jouhannaud, jeune officier de marine, débarque à Djibouti, au carrefour de la mer Rouge et de l’océan Indien. Il doit prendre le commandement du patrouilleur l’Étoile-du-Sud, succédant à Alban de Perthes, son ami d’adolescence, retrouvé mort à bord. Le jeune officier de marine veut connaître les raisons et les circonstances de cette mort. Il se heurte à un mur de silence. Autre sujet d’inquiétude, l’état de son navire, dont les chaudières à bout de souffle lui interdisent de quitter le port. Vient le jour où Marquet, le chef de la marine révèle à Pierre qu’Alban s’est suicidé à la veille d’une mission périlleuse. Tout comme les défaillances de l’Étoile-du-Sud, ce suicide doit rester secret, pour ne pas démoraliser les équipages. Ni risquer de donner l’éveil aux espions, puisque la Côte française des Somalis est enclavée au milieu de territoires soumis à la souveraineté hostile de l’Italie fasciste. Le lieutenant de vaisseau refuse de croire à la lâcheté de son ami. Il pressent que Marquet lui a menti en découvrant, sur un étal du marché, le violon dont Alban ne se séparait jamais. Il en a la confirmation un peu plus tard, dans la cabine de Potemkine, l’étrange homme à tout faire de l’Étoile-du-Sud. Là, il trouve une veste qui appartenait à Alban : en atteste la bague de cigare au fond d’une poche. L’autre poche renferme une photo d’identité représentant une jeune Éthiopienne. C’est l’indice qui, dans les méandres d’une ville magnifique et misérable, va conduire Pierre à la vérité. Bernard Bonnelle s’attache à dépeindre des purs et des lâches, des ambitieux et des veules, des êtres écrasés sous le poids de leur destin ou galvanisés par l’esprit de rébellion dans un climat d’attente et de tension qui évoque Le Désert des Tartares de Dino Buzzati.