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Le dico des auteurs


EFOUI Kossi

Togo

26 février 2013.
 

Biographie

 


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- Présentation de L’ombre des choses à venir

Biographie

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© Hermance Triay

Pour Kossi Efoui, dramaturge et romancier togolais exilé en France depuis 1992, la parole est le signe incontestable de la liberté et de ce qui fonde l’humanité. Il est un passeur de frontières comme les poètes qui l’inspirent, un écrivain de l’Afrique, certes, mais qui ne veut pas être assigné à résidence littéraire. Il voit dans l’art une possibilité d’élargir notre champ de vision et écrit à la fois pour « être du côté de ceux qui déplorent », mais aussi pour dire son « appétit du monde ». Ses textes sont des "paquets de mots mêlés", tour à tour criés ou chuchotés dans une langue que salue Jean-Marie Gustave Le Clézio : « C’est une incantation, qu’on a envie d’entendre. C’est un magnifique exemple de ce que l’on peut faire en mélangeant la puissance orale du théâtre, et la force secrète et mystérieuse de la littérature écrite. »

Kossi Efoui est né en 1962 au Togo. Sa participation au mouvement étudiant des années 1980, durement réprimé par le régime du général Eyadéma, l’a conduit à se réfugier en France en 1992. Mais plutôt qu’ "exilé" ou "réfugié", il préfère se définir aujourd’hui comme "vagabond", terme qu’il juge plus subversif (« c’est contre les vagabonds, rappelle-t-il, qu’on a inventé les cartes d’identité »). Son œuvre est traversée par la question de l’exil, empreinte de ce choix douloureux, travaillée par l’ici et l’ailleurs. Mais Kossi Efoui estime avant tout que l’exil se situe au cœur même de l’acte d’écrire, en tant qu’effort vers la rupture et l’inédit.

Il se passionne tout jeune pour le théâtre et se consacre, après des études de philosophie, à l’écriture de pièces, jouées sur les scènes européennes et africaines.
En 1989, il reçoit le Grand Prix Tchicaya U Tam’si du Concours théâtral interafricain pour sa pièce Le Carrefour. Boursier de Beaumarchais en 1992, il est accueilli en résidence d’écriture dans plusieurs lieux comme la Maison des auteurs du Festival des Francophonies. En février 2010, l’Institut de Recherches en Etudes Théâtrales de Paris III-Sorbonne Nouvelle, en collaboration avec la Fondation DAPPER, organise un colloque international "Le théâtre de Kossi Efoui : une poétique du marronnage au pouvoir".
Son théâtre "apocalyptique" de marionnettes, toujours entre rires et larmes, entre rêve et cauchemar, où les personnages, sans plus de mémoire, sans souvenir, sans passé, s’agittent, adossés à la mort, fait penser, par sa force, à Samuel Beckett, ce qui n’est pas rien.

Déjà auteur de plusieurs nouvelles et d’un premier roman, La Polka en 1997, il est consacré comme une des grandes voix de la littérature africaine contemporaine en 2000 grâce à La fabrique des cérémonies. En 2008, Solo d’un revenant, son troisième roman, est récompensé par plusieurs prix (Prix Tropiques 2008, Prix Ahmadou Kourouma 2009, Prix des cinq continents de la francophonie 2009) et salué par Jean-Marie Le Clézio ainsi que par l’Haïtien Lyonel Trouillot en ces termes : « l’écrivain est celui qui signe chacune de ses phrases et chacune des phrases de ce roman est signée ». Comme celles-ci sans doute : « Il ne faut pas se parler tout seul, disait Petite Tante. Tu n’oublies pas de parler avec les choses. Parle comme le maître fou qui parle au creux de l’eau, s’il y a eau, parle au creux du bois s’il y a bois, parle au creux d’une termitière s’il y a termitière. Et s’il n’y a rien de tout cela, fais un trou dans la terre. Si tu es seul au monde sur une terre endurcie, sur une dalle, pense au maître fou, et fais avec ton murmure un trou dans le vent. »

Il publie en 2009 L’Ombre des choses à venir dont le titre est emprunté à la Bible qui intéresse Kossi Efoui comme parole énigmatique et parce qu’il voit dans son dernier roman un livre de prophétie profane. Le roman connaît un tel succès qu’il sera réédité en 2013 chez Actes Sud.
Dans ce récit au dispositif théâtral, le narrateur est un jeune homme de 21 ans, sans nom, qui monologue depuis une chambre close, une cachette et nous introduit dans son intimité. C’est un "narrateur-orateur" à qui il ne reste que la voix, son corps étant plongé dans l’obscurité. Sa parole est un chuchotement, sa voix est chair, tangible, corps, comme le veut la tradition orale africaine. Il nous raconte, dans une écriture concise, presque sèche, son enfance dans un pays qui sort d’une période sombre : "L’annexion". Lorsqu’il avait neuf ans, son père lui est revenu après quatre ans d’internement dans un camp à la réputation terrible. Spectre méconnaissable, ce père ne prononce plus une parole, il n’est plus dans la vie à l’heure où une soi-disant nation nouvelle est en construction dans laquelle le contrôle de la parole est un enjeu primordial. Devenu presque adulte, le garçon refuse cette falsification du langage et ce qui va avec : l’incorporation obligatoire dans une guerre inter-ethnique qui n’avoue pas son nom. Il se cache en attendant la fuite.

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Bibliographie :

ROMANS

- L’Ombre des choses à venir (Seuil, 2011)
- Solo d’un revenant (Seuil, 2008), Prix Tropiques 2008, Prix Ahmadou Kourouma 2009, Prix des cinq continents de la francophonie 2009
- La fabrique de cérémonies (Le Seuil, 2001), Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire de l’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF), 2002
- La Polka (Le Seuil, 1997)

NOUVELLES

- Volatiles (Editions Joca Seria, 2006)
- La Voiture est dans la pirogue, ouvrage collectif (Le Bruit des Autres, Encres vagabondes, 2000)
- Sans nom propre in Les chaines de l’esclavage, (Apogée, 1998)
- Indépendance cha cha cha sur fond de blues (Sépia, 1992)
- La tomate farcie et L’horreur du vide (Revue Noire N°23)
- Les Coupons de Magali (Le Monde Diplomatique, décembre 1992)

THEATRE

- Oublie ! (Lansman, 2011)
- Voisins anonymes (ballades) (Cie Théâtre Inutile, 2011)
- Enfant, je n’inventais pas d’histoires (Cie Théâtre Inutile, 2009)
- Io (Le bruit des autres, 2006)
- Concessions (Lansman, 2005)
- L’entre-deux rêves de Pitagaba conté sur le trottoir de la radio (Acoria éditions, 2000)
- La ballade des voisins anonymes, monologue pour un drôle d’oiseau (Paroles d’Aube, 1998)- Le corps liquide, in Nouvelles Écritures vol. 2 (Lansman, 1998)
- Happy end, in Brèves d’ailleurs (Actes Sud Papiers, 1997)
- Que la terre vous soit légère (Le bruit des autres, 1995)
- Le Petit frère du rameur (Lansman, 1995)
- La Malaventure (Lansman, 1993)
- Récupérations (Lansman, 1992)
- Le Carrefour (Théâtre Sud n° 2 - L’Harmattan, 1990), premier prix du concours théâtral interafricain RFI-ACCT, 1989

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L’Ombre des choses à venir


Lorsque les dimensions du monde se ramènent à celles d’une cellule. Lorsque le temps qui reste avant de comprendre se réduit à une nuit, une seule, durant laquelle un tout jeune homme nous souffle à voix basse une enfance sortie des âges archaïques. Et lorsqu’un père trop longtemps attendu, un père revenu du bagne, devenu bien malgré lui un héros, préfère s’enfuir aux confins de la réalité, réservant aux oiseaux, dans la boue des marais, les seuls sons qui s’échappent de sa gorge…

Après Solo d’un revenant, Kossi Efoui poursuit le fil de la plus tragique des histoires : celle d’une guerre interminable où la fausse parole s’allie à la violence des armes. Ici ou ailleurs, cela nous concerne intimement.
Un livre éblouissant et visionnaire, sur fond de mélancolie radicale, de dérision absolue, de générosité désespérée.


Revue de presse :

- "Au fil des pages, un paysage décimé – peut-être africain - se dessine. Les guerres civiles et ethniques de la postcolonisation apparaissent derrière les mots susurrés. Afrique ou pas, ce que raconte Kossi Efoui prend une dimension élargie. Son narrateur pourrait aussi être un jeune Serbe, Croate ou Bosniaque en proie aux ombres de la guerre des Balkans." RSR.ch

- "Comme Koltès dans Combat de nègres et de chiens, Kossi Efoui ancre son roman dans une Afrique imaginaire, pays somme de tous les pays et fait s’entrechoquer la grande Histoire et les récits individuels. (...) L’Ombre des choses à venir est un récit divisé en 12 chapitres déroulés depuis un réduit où le narrateur se cache pour échapper à des violences pas vraiment nommées. (...) Kossi Efoui donne aux événements historiques une dimension universelle et remonte à la source, jusqu’aux grands mythes. (...)
Kossi Effoui écrit sur la frontière, celle bien réelle qui sépare les peuples et celle symbolique entre les vivants et les morts qui leur font la courte échelle.
Son écriture, comme ses personnages, est trans-genres, entre le roman, la poésie, le théâtre et l’épopée. Comme dans les contes et les légendes, les esprits s’incarnent dans plusieurs corps, humains et animaux.
L’Ombre des choses est aussi un roman sur le pouvoir des mots, ceux que l’on n’a pas le droit de prononcer, ceux qu’on écrit sur un mur malgré l’absence de papier." FRANCE CULTURE

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Présentation de Solo d’un revenant :

Le narrateur revient dans son pays après dix ans de massacres. Ce faisant, il cherche à comprendre comment son ami Mozaya est mort, et à retrouver un certain Asafo Johnson avec lequel il avait fondé une troupe de théâtre en ses années d’étudiant. La vie renaît, hantée par de vieilles et mortelles litanies, ces phrases-talismans qui se recourbent sur elles-mêmes comme la queue du scorpion.

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Œuvre

 
Lorsque les dimensions du monde se ramènent à celles d’une cellule. Lorsque le temps qui reste avant de comprendre se réduit à une nuit, une seule, durant laquelle un tout jeune (...)
 

 

Vidéos

 

 

Les cafés littéraires

Saint-Malo 2011

Dire l’indicible


Avec Kossi Efoui, Herman Koch, Dany Laferrière et Yanick Lahens

 

Les débats audios

 
Saint-Malo 2011

Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? De la nécessité de fictionner le monde

Avec Jean ROUAUD, Michel LE BRIS, Kossi EFOUI , Hubert HADDAD, Sylvie LAURENT, animé par Hubert Artus.

 
Saint-Malo 2011

Huis clos

Avec Mari-Célie AGNANT, Louis-Philippe DALEMBERT, Kossi EFOUI , Marvin VICTOR, animé par Karine PAPILLAUD