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BRAECKMAN Colette

Belgique

Congo 1960 : échec d’une décolonisation (André Versaille, 2010)

Biographie

© Le Soir

Journaliste et romancière engagée, Colette Braeckman est connue pour ses analyses critiques et indépendantes vis à vis de la diplomatie belge. Souvent appréciée, parfois décriée, elle suit depuis de nombreuses années l’actualité du Congo pour le quotidien Le Soir et collabore au Monde diplomatique. Le camp qu’elle a choisi ne fait aucun doute : plus qu’une « spécialiste » du Congo, elle se veut le porte-voix des intérêts du pays et de son peuple, oublié par les hommes politiques et pourtant si vivace dans la mémoire collective belge.

Le journalisme est une évidence pour cette femme née en 1946 à Ixelles, qui cherche, par le biais de l’écriture, à faire entendre la formidable indépendance d’esprit qui la caractérise. Elle l’exprime surtout dans ses analyses portant sur l’histoire de l’Afrique centrale, ses populations, les injustices politiques, humaines, sociales passées et leurs répercutions actuelles. Colette Braeckman s’est d’abord fait connaître par ses articles controversés sur le génocide rwandais. Elle mit en contact Pauline Kayitare et l’écrivain Patrick May qui aida la jeune femme à raconter son parcours de survivante Tutsi dans Tu leur diras que tu es Hutu. En prenant parti pour les peuples, Colette Braeckman cherche à faire prendre conscience aux dirigeants du monde entier l’échec d’une politique de domination : la meilleure politique qui soit selon elle, c’est celle du dialogue et du rapprochement entre les peuples.

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Congo, elle pilote Congo 1960, compilation de textes soigneusement choisis, écrits par des journalistes et des universitaires, qui reviennent sur l’histoire qui lie la Belgique au Congo. Ces réflexions permettent de remonter aux origines de l’entreprise coloniale de Léopold II puis de comprendre le processus d’indépendance jusqu’à sa proclamation en 1960. Elles donnent également un aperçu de « l’après-indépendance » et de ses conflits, par le biais de personnages marquants : assassinat de Lumumba en 1960, prise du pouvoir de Mobutu en 1965. Bien que l’approche soit historique, ce livre appelle à une véritable réflexion et pose les jalons d’un questionnement toujours pertinent sur l’avenir du pays. « De la même manière que les évènements heureux et malheureux de l’enfance marquent définitivement la conscience d’un être devenu adulte, on a le sentiment que la manière dont un pays est arrivé à l’indépendance peut contribuer à expliquer ses traumatismes et ses craintes ». Si elle sait soulever les problèmes qui subsistent, Colette Braeckman est cependant très optimiste pour le Congo où elle se rend en voyage plusieurs fois par an : « Si j’avais par exemple osé dire en 2001 que dans dix ans on verrait le retrait des troupes étrangères, des élections, le début de la reconstruction des routes et infrastructures, etc., les gens m’auraient déclarée folle. »


Bibliographie :

  • Congo 1960 : Échec d’une décolonisation, Colette Braeckman, textes de Jules Gérard-Libois, Jean Kestergat, Jacques Vanderlinden, Benoît Verhaegen et Jean-Claude Willame (André Versaille, 2010)
  • Vers la deuxième indépendance du Congo (Le Cri, 2009)
  • Les Nouveaux prédateurs : Politique des puissances en Afrique centrale (Aden, 2003)
  • Lumumba, un crime d’Etat : Une lecture critique de la Commission parlementaire belge (Aden, 2002)
  • L’Enjeu congolais (Fayard, 1999)
  • Terreur africaine : Burundi, Rwanda, Zaïre : Les racines de la violence (Fayard, 1996)
  • Rwanda : Histoire d’un génocide (Fayard, 1994)
  • Le Dinosaure : le Zaïre de Mobutu (Fayard, 1992)

Présentation de Congo 1960 : échec d’une décolonisation

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“Ensemble, mes frères, mes soeurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur.” Le Premier ministre Lumumba se voulait confiant ce 30 juin 1960, jour de l’indépendance du Congo. Les événements ne tarderont pas à le contredire. La Force publique crée la panique. Le Katanga fait sécession. Lumumba, Kasa-Vubu, Tshombe, Mobutu s’affrontent et des troubles sanglants éclatent. L’ONU, dont le Secrétaire général évoque un risque pour la paix mondiale, entre en scène... Une première partie de cet ouvrage éclaire les origines de l’entreprise coloniale belge, puis s’interroge sur les forces qui la régirent, lui imprimant son caractère si spécial. Vient ensuite le temps des turbulences : comment expliquer ce processus accéléré qui conduisit le Congo à l’Indépendance, mais aussi les imbroglios politiques et les affrontements qui s’ensuivirent, où la Belgique sembla jouer un double jeu tandis que l’ONU s’y enlisait ? Les auteurs réunis dans ce recueil ne sont pas seulement de brillants analystes, ils ont aussi, pour la plupart, vécu personnellement ces événements. Cette somme d’expériences personnelles explique la vivacité des styles et certaines audaces dans les réflexions.

Revue de presse :

« Ce livre propose une synthèse générale et vivante du cas congolais, à la fois dans sa spécificité, dans son historicité et ses points communs avec les autres processus de décolonisation. La première partie de l’ouvrage rappelle ainsi l’origine et les particularités de la colonisation belge au Congo. […] La décolonisation du Congo, étudiée dans la seconde et la troisième partie de l’ouvrage, apparaît de prime abord comme exemplaire : à la fois négociée, pacifique et démocratique. […] Pourtant en quelques semaines, la situation du pays dégénère. […] Comme l’écrit et le décrit Jean Kestergat, six mois après la proclamation de l’indépendance, il y a en fait trois Congo, trois gouvernements et trois armées basés à Léopoldville à l’Ouest, Stanleyville au Nord et Elisabetville au Sud. […] Cette seconde partie du livre est la plus riche sur le plan événementiel : les auteurs donnent les éléments factuels les plus importants et les clés principales pour comprendre la situation. », Pierre Ramognino, Revue Vingtième Siècle, février 2011.

« Cet ouvrage collectif est intéressant pour diverses raisons. La première tient à la connaissance approfondie qu’ont les différents auteurs de l’histoire politique du Congo. La seconde tient au fait que ce livre raconte la genèse d’un pays qui s’est rapidement et à plusieurs reprises retrouvé au coeur de problématiques contemporaines des périodes historiques traversées. La troisième est due à la découverte des personnalités et des tactiques politiques des “grands” hommes qui ont fait l’histoire tragique du Congo. Enfin, une autre raison de la richesse et de la pertinence de l’ouvrage est la présentation de la riche province du Katanga. Un ouvrage à lire et à relire, très certainement, régulièrement pour percevoir l’avenir et imaginer, un jour, une sortie de crise. », Nelly Staderini, Revue humanitaire n°26, 1/09/2010.

Congo 1960, échec d’une décolonisation

André Versaille éditeur - 2010

"Ensemble, mes frères, mes soeurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur." Le Premier ministre Lumumba se voulait confiant ce 30 juin 1960, jour de l’indépendance du Congo. Les événements ne tarderont pas à le contredire. La Force publique crée la panique. Le Katanga fait sécession. Lumumba, Kasa-Vubu, Tshombe, Mobutu s’affrontent et des troubles sanglants éclatent. L’ONU, dont le Secrétaire général évoque un risque pour la paix mondiale, entre en scène... Une première partie de cet ouvrage éclaire les origines de l’entreprise coloniale belge, puis s’interroge sur les forces qui la régirent, lui imprimant son caractère si spécial. Vient ensuite le temps des turbulences : comment expliquer ce processus accéléré qui conduisit le Congo à l’Indépendance, mais aussi les imbroglios politiques et les affrontements qui s’ensuivirent, où la Belgique sembla jouer un double jeu tandis que l’ONU s’y enlisait ? Les auteurs réunis dans ce recueil ne sont pas seulement de brillants analystes, ils ont aussi, pour la plupart, vécu personnellement ces événements. Cette somme d’expériences personnelles explique la vivacité des styles et certaines audaces dans les réflexions.


Vers la deuxième indépendance du Congo

Le Cri - 2009

Si la guerre se termine, le Congo, après avoir connu des élections démocratiques, récupérera enfin toute sa souveraineté. Il pourra alors, peut-être, proclamer véritablement son indépendance. La deuxième… Avec ou sans la Belgique ? Ce livre décrit le pari qu’a représenté la transition vers la démocratie, finalement réussi grâce à l’appui international, à la détermination des acteurs politiques congolais mais, surtout, grâce à la volonté d’une population désireuse de décider de son destin, de reconstruire son État, de confirmer son sentiment national. Ce livre retrace aussi le parcours de Joseph Kabila, depuis son arrivée au pouvoir dans des circonstances dramatiques jusqu’à sa victoire électorale. Il relate les tentatives d’émancipation économique et les obstacles qui se sont multipliés, parmi lesquels la relance de la guerre au Kivu par le général rebelle Laurent Nkunda. Lorsqu’il s’agit du Congo, le pessimisme coïncide souvent avec le bon sens, en apparence en tous cas. Ce livre-ci tranche par rapport à ce conformisme de la raison, il se conclut sur une note prudemment optimiste, à l’heure où le Rwanda et le Congo ont décidé d’unir leurs efforts pour régler la question des combattants hutus rwandais réfugiés au Congo, prétexte à quinze années de guerre, de pillages, de martyre aussi pour les femmes du Kivu… Les perspectives qui se dessinent en Afrique centrale ne laissent personne indifférent. Après avoir sillonné le Congo dans tous les sens depuis des années, Colette Braeckman nous dresse son bilan de manière passionnante et magistrale.


Les Nouveaux prédateurs : Politique des puissances en Afrique centrale

Aden - 2003

Les Nouveaux Prédateurs, au départ, se voulait la conclusion d’un cycle. Aux trois décennies de prédation mobutiste avait succédé la désillusion d’une libération en trompe-l’oeil et l’ouvrage se concluait sur une note d’espoir : les accords de paix de Sun City ouvraient la voie aux élections démocratiques, que le peuple congolais attendait depuis si longtemps. Mais c’est une autre histoire qui s’est imposée et que nous décode ici Colette Braeckman, jusqu’aux derniers rebondissements de janvier 2009. Car l’Est du Congo a continué de livrer son lot de sang et de larmes : des millions de morts passés inaperçus. Quels en sont les responsables ? Si les rôles ont été redistribués, si de nouveaux acteurs sont apparus, les ambitions demeurent, et les intérêts des populations continuent de passer au second plan. Le temps viendra-t-il où le Congo surmontera la malédiction de ses richesses ?


Lumumba, un crime d’Etat : Une lecture critique de la Commission parlementaire belge

Aden - 2002

Dans un opuscule dense et limpide, Colette Braeckman commente les conclusions de la Commission d’enquête parlementaire belge sur l’assassinat de Patrice Lumumba. Si la responsabilité des autorités belges est établie, des zones d’ombre demeurent : l’implication américaine, le contexte international, les ressorts de la haine distillée contre Lumumba dans la métropole. Pour Colette Braeckman, les conséquences de cet assassinat se font sentir jusqu’à nos jours au Congo. L’ouvrage reproduit en outre trois documents : les conclusions de la Commission d’enquête, le fameux discours de Lumumba dénonçant devant le roi Baudoin les méfaits de la colonisation et un témoignage excep- tionnel sur les dernières paroles du leader nationaliste.


L’Enjeu congolais

Fayard - 1999

En mai 1997, la fin sans gloire de Mobutu, chassé par l’armée d’enfants soldats de Laurent Désiré Kabila, apparaît comme une victoire pour l’Afrique toute entière. La chute du régime le plus corrompu d’Afrique centrale, devenu le symbole de l’ordre néo-colonial, n’a-t-elle pas été obtenue grâce à l’alliance de plusieurs pays déterminés à parier sur l’avenir du continent ? La guerre qui, un an après la chute de Kinshasa, mettra aux prises les anciens alliés, engendrera une déception à la mesure de l’espoir qu’avait suscité la "renaissance africaine", dont le Congo devrait être le berceau. Il apparaît alors que si les pays qui prétendent incarner la nouvelle Afrique se sont dégagés de l’influence européenne, ils restent en proie à leurs vieux démons : l’égoïsme d’Etat, l’ethnisme, le goût du profit immédiat, le recours à la violence. Tout à la fois chronique des événements récents, analyse des forces en présence (Etats, leaders, ethnies, peuples, grandes puissances, organisations humanitaires, etc.) et réflexion prospective, cet ouvrage s’attache aussi à déceler les signes d’espoir au coeur de ce continent à la dérive.


Terreur africaine : Burundi, Rwanda, Zaïre : Les racines de la violence

Fayard - 1996

Pourquoi faut-il que des Hutus massacrent des Tutsis, que des Tutsis massacrent des Hutus ? Luttes tribales, dit-on, séculaires, inévitables... Mais peut-on se satisfaire d’une explication aussi simpliste ? La réalité apparaît bien différente, et enfin compréhensible, quand on prend la peine de l’étudier de près. Au Burundi et au Rwanda, où coexistaient des groupes sociaux différents, des clans rivaux, c’est la colonisation, relayée par l’Eglise catholique, qui a semé les germes de la haine, transformé une lutte sociale en affrontement ethnique : les bombes à retardement exploseront bien plus tard, lorsque la majeure partie des intéressés auront fini par s’identifier à l’image qu’avait donnée d’eux le colonisateur belge, lui-même secoué de crises identitaires. Au Zaire, le président Mobutu joue de son côté en virtuose sur le clavier de l’ethnicité pour mieux apparaître, par défaut, comme le garant de l’unité du pays. Quoi qu’en pensent ses dirigeants, la Belgique ne saurait se désintéresser de ces drames sous prétexte que les pays concernés sont devenus indépendants. Et comment la France, au nom de la francophonie, peut-elle jouer les apprentis sorciers dans la région aux seules fins de faire pièce aux Américains ? De la duplicité à la complicité, il n’y a pas loin. Or, c’est de crimes contre l’humanité dont il arrive qu’on se rende coupable là-bas.


Rwanda : Histoire d’un génocide

Fayard - 1994

En quelques semaines, un million de Tutsis, de Hutus du Sud, d’opposants, d’intellectuels ont été massacrés, et deux millions se sont enfuis en terre étrangère. Tout cela dans l’assourdissant silence des puissants de ce monde, qui n’avaient pourtant rien ignoré de ce qui se tramait : ni la minutieuse préparation du crime, ni l’assassinat qui le déclencha, l’attentat qui coûta la vie au président du Rwanda et à son homologue du Burundi, ni l’impuissance des Casques bleus. Il fallut attendre l’exode et l’intervention controversée de la France pour que l’opinion se réveille, s’émeuve, s’interroge. Alors, puisque rien n’a été fait quand il était encore temps, il est bon de rappeler le fatal enchaînement du malheur, d’en éclairer les origines et le déroulement. Afin que l’on se souvienne. C.B.


Le Dinosaure : le Zaïre de Mobutu

Fayard - 1992

Depuis trente et un ans, dont vingt-six sous la dictature, le destin du Zaïre est mêlé, sinon confondu, avec celui de son président, Mobutu Seke Seko. Cet homme, contemporain de Marcos, de Duvalier, du Shah d’Iran, est l’un des derniers " dinosaures ", le sous-produit de la guerre froide dans le tiers-monde, l’allié de l’Occident et de ses services secrets... Encombrant, anachronique, il s’enferre aujourd’hui dans ses contradictions, préférant régner sur des ruines plutôt que de passer la main. Qui est cet homme, considéré comme l’un des plus riches du monde ? Comment le fils d’un cuisinier, devenu sergent dans l’armée coloniale, a-t-il pu incarner un tel pouvoir ? Sur quelle pyramide a-t-il construit sa puissance ? L’Etat zaïrois n’est rien d’autre qu’un échafaudage d’injustices. Vivant sur un coffre-fort de matières précieuses, les Zaïrois sont parmi les plus pauvres d’Afrique et le développement est la dernière des préoccupations du régime... Pendant un quart de siècle, les Etats-Unis, la France et, bien sûr, la Belgique ne l’ignorent pas, mais se taisent. Mobutu, fidèle à l’Occident, n’hésite pas à obliger ses amis à soutenir la politique américaine en Angola, française au Tchad, belge au Rwanda. S’accommodant de la corruption du régime, des violations des droits de l’homme, voire de la faillite économique du pays, les Occidentaux le soutiennent, voient en lui une garantie contre le chaos. Jusqu’à ce que le vieil allié, une fois terminé son rôle historique, devienne véritablement gênant. Comment alors s’en débarrasser, l’obliger à céder le pouvoir, et au profit de quelle opposition ?

Congo

Congo

Avec Colette Braeckman, Alain Berenboom, In Koli Jean Bofane et David Van Reybrouck - Saint-Malo 2012

Congo, une rencontre autour des auteurs belges Colette Braeckman, Alain Berenboom, In Koli Jean Bofane et David Van Reybrouck, animée par Yves Chemla.


Faire face à son passé

Avec Colette Braeckman, Alexis Jenni, Frédéric Debomy et Olivier Bramanti - Saint-Malo 2012

Avec Colette Braeckman, Alexis Jenni, Frédéric Debomy et Olivier Bramanti