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Saint-Malo Archives : 2003 
 

Un Européen ironique

11 juin 2006.

Télérama à la rencontre de Claudio Magris

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Etonnants Voyageurs. Rarement le festival de Saint-Malo aura mieux porté son nom en faisant cette année de Claudio Magris son invité d’honneur

Etonnants et voyageur, l’écrivain italien l’est assurément. Qu’il ait écrit textes et récits de voyages - dont le fameux Danube, en 1988, et Déplacements paru cette année - ne suffit pas ; voyageurs, Claudio Magris l’est surtout par une manière de plonger profond dans les livres des autres, de se chercher dans ce qui ne lui ressemble pas, de s’aventurer au large vers toutes les écritures (essai littéraire, chronique d’actualité, fiction historique, roman, théâtre…), de traverser les frontières, surtout mentales, de pratiquer l’ironie qui est ce pas-de-côté du désespoir.
Etonnant, il l’est surtout pas la constante sensibilité qu’il met dans la connaissance, la modestie avec laquelle il dialogue d’égal à égale avec les grands auteurs, l’amour immodéré de la littérature et tout aussi immodéré de la vie concrète ; il allie une nervosité inquiète à une vraie joie.
Claudio Magris est né en 1939 à Trieste, ville-frontière, italienne, slovène, autrichienne, juive, mais c’est à Turin qu’il découvre la culture austro-hongroise habsbourgeoise dont il fera son objet d’étude en même temps que son viatique, sans une once de nostalgie. " C’est l’histoire d’une civilisation qui, au nom de son amour pour l’ordre, découvre le désordre du monde", écrit-il à 24 ans dans son premier ouvrage, Le Mythe et l’Empire.
Quarante ans plus tard, c’est encore aux interprètes de cette Europe-là, qu’il consacre son dernier essai, L’Anneau de Clarisse. Les autrichiens Robert Musil, Robert Walzer, Joseph Roth, les triestins Italo Svevo et Umberto Saba, sont devenus ses compagnons de voyage. Aussi fidèles que Dostoïevski, Tolstoï, Cervantès, Flaubert… et Homère, toujours. Claudio Magris semble tenir en lui toute l’Europe, une Europe qui n’en finit pas de se construire en se désagrégeant. Aujourd’hui comme hier, c’est l’histoire d’un Vieux Continent qui se cherche un cœur qui n’existe pas… Une histoire de notre temps.

Retrouvez l’interview complète de Claudio Magris dans notre programme Télérama.