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Saint-Malo Archives : 2005 
 

Toutes les saveurs du monde

10 juin 2006.

Avec Olivier Roellinger

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Près du "Belem", pour la première fois présent, l’an un d’un nouveau "festival dans le festival" !
Cuisine et littérature : deux manières, l’une avec les produits, l’autre avec les mots, d’inventer, d’exalter le poème du monde. Deux manières d’en dire les inépuisables saveurs…

L’épopée des épices, la route du thé, du café, du rhum, du cacao, la guerre de la noix de muscade : l’histoire du voyage bruisse de mille récits qui n’en finissent pas de nous faire rêver, sur l’extraordinaire circulation des produits. Et c’est la tête pleine de ces histoires, de ces odeurs, de ces saveurs qu’Olivier Roellinger, étonnant voyageur s’il en est, s’est imposé à Cancale comme un des plus grands chefs d’aujourd’hui. Il était écrit que nous devions nous rencontrer : c’est fait. Et c’est d’un coup un nouveau chapitre du festival, fait de rêves gourmands, qui s’ouvre : écrivains et cuisiniers réunis au fil de quatre jours de débats, de récits, de lectures, par la même passion gourmande, des mots et des mets. Avec le plaisir, aussi, de quelques dégustationssurprises…

Et quel plus beau lieu imaginer, que le « Belem », mis à disposition par les Caisses d’Epargne (le plus grand voilier français, qui fit la « route du cacao »), à quai, un chapiteau de 200 m2 ? Pour donner à humer, à rêver (et à goûter, parfois…) toutes les saveurs du monde…

"Pourquoi j’apporte ma cuillère à Etonnants Voyageurs"
J’ai eu la chance de naître dans une malouinière bâtie par une famille de chasseurs d’épices : les Heurtaut de Bricourt.
À Saint-Malo, premier port de la compagnie des Mers du Sud, future Compagnie des Indes, l’enfant que j’étais a gardé, peut-être un peu plus que d’autres, les yeux rivés vers le large, bien au-delà des remparts de la cité, rêvant d’improbables voyages, imaginant d’autres rives et d’autres soleils. Mes rêves d’enfant
embaumaient la vanille, la cannelle, la muscade et le benjoin. Ces épices sont devenues le trésor d’un imaginaire bercé par les rêves de ces « Etonnants Voyageurs » bretons, marins, savants, explorateurs, écrivains… qui ont pour nom Jacques Cartier, René Duguay-Trouin, Mahé de La Bourbonnais, Surcouf, Jean Charcot ou Chateaubriand.
La cuisine, ce mode d’expression que j’ai choisi, m’a permis de traduire cette mémoire et cette culture de port en utilisant comme une ponctuation la gamme des épices qui, à l’image d’une palette aromatique, s’est élargie au gré des découvertes et des émerveillements.
Depuis le XVe siècle, la grande aventure culinaire occidentale est maritime. Depuis le XVe siècle, la cuisine française est métisse. Pardelà le talent, par-delà les techniques, c’est cette conscience de partager avec le vaste monde un trésor commun, qui a élevé au fil des siècles la cuisine française au rang d’expression
quasi artistique.
Ce dialogue lentement a pris corps en s’écrivant sur la partition des épices, reflet de notre vision du monde. Fade, craintif et sédentaire, c’est le monde immobile, amer et renfermé, conservateur, traditionaliste ; relevé, chaleureux et nomade, c’est le monde que l’on embrasse à bras-le-corps, fait d’échanges et de générosité.
Aujourd’hui, les grands cuisiniers européens sont ceux qui écrivent l’histoire de leur présent avec toutes les saveurs du monde
Olivier ROELLINGER

Au menu :
Des projections (« Mondovino », la série « Portraits de chefs » : Olivier Roellinger, Gagnaire, Guerard, Michel Bras). Des débats, des rencontres, des lectures gourmandes ponctuées (ce serait sinon trop cruel d’exciter à ce point les papilles) de quelques dégustations-surprises : « Le monde du vin a-t-il perdu la raison ? », « La route des produits », « La cuisine des mauvais garçons », « Le retour aux bistrots », « Bretagne : la révolution gastronomique », « L’ivresse littéraire », « La cuisine française contestée ? », « Péchés de gourmandise », « Le monde du cidre », « Le garde-manger nature », « Les écrivains aux fourneaux », « La folie du chocolat »...