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BORER Alain

France

De quel amour blessée (Gallimard, 2014)

Spécialiste mondialement reconnu d’Arthur Rimbaud, dont il a suivi les traces jusqu’à Harar en Éthiopie, Alain Borer est un fidèle du festival, signataire du manifeste Pour une littérature monde en français et président du prix Ganzo de poésie. Son dernier livre est un chant d’amour à la langue française, par lequel le lecteur découvre avec jubilation la complexité de sa langue, pour avoir peut-être à cœur le souci du “bon mot” !

Pendant trente ans sur les traces d’Arthur Rimbaud, de la lecture de ses poèmes à la découverte de ses derniers instants de vie en Éthiopie, Alain Borer est un romantique pour qui le voyage se conjugue toujours avec l’aventure. Ce grand ami d’Hugo Pratt et de Léo Ferré est un écrivain aux multiples facettes : romancier, essayiste, dramaturge, professeur d’enseignement artistique à l’École des Beaux-arts de Tours-Angers-Le Mans (site de Tours) et visiting professor à USC Los Angeles, il décide à 37 ans de faire évoluer son oeuvre : après des ouvrages très remarqués comme Rimbaud en Abyssinie, il choisit de quitter son idole avec un dernier livre, Adieu à Rimbaud.

C’est donc lors de sa seconde carrière d’écrivain qu’Alain Borer se révèle en tant que romancier de talent. Avec Koba, il signe un premier roman foisonnant, d’une splendeur d’écriture et d’une ambition rares, mettant en scène un bûcheron géorgien, Koba, chef des Abreks, parti à la recherche des dieux pour les exterminer. Koba a obtenu le Prix Joseph Kessel en 2003. Il s’essaie aussi avec succès au théâtre : sa pièce Icare & I don’t a été couronnée du 70e prix Apollinaire, et il a reçu le prix Édouard Glissant décerné par l’Université Paris-VIII pour l’ensemble de son œuvre. Mais c’est peut-être Roland Barthes qui lui rend le plus bel hommage lorsqu’il déclare : « Chez vous l’art de vivre et l’art d’écrire se confondent ».

En 2010, il publie Le ciel & la carte (Seuil), une allégorie sur l’enfer et un poème approfondi sur le paradis, une farce hilaro-tragique à surprises multiples qui délivre, au passage, une analyse politique percutante sur les essais nucléaires, ou l’invention par Bougainville du paradis moderne. En 2012, il signe la préface du très beau recueil de poésie de Frédéric-Jacques Temple, Phares, balises & feux brefs : Suivi de Périples ; savant mélange de poèmes qui fleurent bon les voyages, réels ou imaginaires, de ce « collectionneur de l’empreinte poétique des temps heureux ». Il participe la même année à Travelling du monde, ouvrage collectif consacré au photographe et directeur des éditions Cercle d’Art, Philippe Monsel.

Son dernier livre De quel amour blessée tient son titre d’un de ces vers de Phèdre à Œnone dans le premier acte de la tragédie de Racine : « Ariane, ma sœur ! de quel amour blessée/Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée ! » Alain Borer, telle une vigie de la langue, y livre une splendide ode à la langue française, celle de son enfance, sans cesse réapprise. Selon lui, la langue française se meurt, en proie à un « anglobal » qui, à force de dé-nomination et de dé-sinvention, engloutit toutes nuances et avec elles toute une civilisation. À travers ce chant d’amour de la langue française et à partir de la lente histoire de sa construction, le lecteur, en redécouvrant avec jubilation la complexité de sa langue, aura peut-être à cœur le beau souci des mots.
Alain Borer est également président du prix Ganzo, décerné lors du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo.


Le site d’Alain Borer


Bibliographie :

  • De quel amour blessée (Gallimard, 2014)
  • Philippe Monsel, travelling du monde (Cercle d’Art, 2012)
  • Phares, balises & feux brefs : Suivi de Périples de Frédéric-Jacques Temple (Bruno Doucey, 2012) (Préface)
  • Le ciel & la carte (Seuil, 2010)
  • Icare et I don’t (Seuil, 2007)
  • Forêts secrètes, secrets d’eau (Fage éditions, 2006)
  • Rimbaud d’Arabie, supplément au voyage (Seuil, 2004)
  • Koba (Le Seuil, 2003)
  • Rimbaud en Abyssinie (Le Seuil, 1984 ; Point Seuil 2004)
De quel amour blessée

De quel amour blessée

Gallimard - 2014

Qu’est-ce qui constitue le projet d’une langue, en quoi la langue française est-elle à nulle autre pareille ? Comment croire et comprendre qu’elle disparaît sous nos yeux à une telle vitesse, et avec elle une civilisation ? Ces pages s’attachent à identifier un héritage collectif inestimable, à donner la mesure d’un trésor. Écrites dans un style délié et jubilant, elles se lisent non comme un éloge ou une célébration, mais comme une suite de dévoilements par lesquels se révèle la richesse d’un français que nous utilisons en sous-régime, inconscients le plus souvent de ses immenses possibilités. Le lecteur, hautement réjoui par l’éblouissante érudition de ce texte, trouvera, plus que la description d’un désastre à venir, un chant d’amour à notre langue, qui se pose aussi en œuvre de salut public.

L’auteur
 Alain Borer est poète, essayiste et critique d’art, spécialiste d’Arthur Rimbaud. Il a reçu en 2005 le prix Édouard-Glissant pour l’ensemble de son œuvre. De lui, les Éditions Gallimard ont publié Rimbaud (Découvertes Gallimard n° 102), et Zone bleue (collection Lachenal et Ritter, 1984). Il a également participé aux ouvrages collectifs Un Sieur Rimbaud se disant négociant (collection Lachenal et Ritter, 1985), Carnets de Sarajevo 1 (Hors série Connaissance, 2002), Défense et illustration de la langue française aujourd’hui (Poésie/Gallimard, 2013).

Phares, balises & feux brefs : Suivi de Périples de Frédéric-Jacques Temple (Préface)

Bruno Doucey - 2012

Ne perdre de la vie « la moindre goutte de son miel ». L’homme qui écrit ces mots a 91 ans et fut l’ami de Blaise Cendrars, d’Henry Miller, de Lawrence Durrell. Un homme « du monde entier » à l’envergure peu commune que je suis heureux de publier. Ce livre rassemble deux recueils : Phares, balises & feux brefs, que Frédéric Jacques Temple regrettait de voir épuisé, et Périples composé de vingt et un poèmes inédits. Dans ces textes écrits au fil du temps s’expriment à la fois les racines méditerranéennes du poète et ce désir d’ailleurs qui fut le sel de sa vie. De l’Atlantique au désert marocain, de Cuba aux splendeurs boréales, du figuier de sa terre natale à l’arbre mort du désert de Santa Fé, le poète nous invite au voyage. Il nous livre le portulan d’une conscience poétique élargie aux dimensions de la planète, « un grenier à mirages » dans l’été indien de la vie.


Le ciel & la carte

Seuil - 2010

« C’était un courriel du capitaine de La Boudeuse, qui naviguait quelque part au large de l’île de Pâques : “Dans quelques jours, nous atteindrons les îles Gambier au sud des Tuamotu. Tu as le sac aux pieds, alors saute dans le premier avion pour Tahiti. Là, tu te dégottes un petit avion pour l’atoll le plus au sud des Tuamotu. Puis tu nous appelles par le satellite pour nous dire où tu te trouves et on vient te chercher…” Ce genre de messages s’adresse à Livingstone en toi ; à ce qu’il y a de meilleur. Le capitaine de La Boudeuse ne télégraphie pas à un veau marin. »
Dans ce récit déconcertant et jubilatoire, Alain Borer nous emmène aux antipodes, sur un océan qui n’a de pacifique que le nom. Cet embarquement pour Cythère (tel est le nom que donna Bougainville à Tahiti) à bord du trois-mâts La Boudeuse (nommé ici LaGerbeuse), lors d’une expédition à la découverte des « peuples de l’eau » consiste tout autant à tout faire pour descendre du bateau.
Invitation au voyage autant qu’à ne pas voyager, Le Ciel & la Carte est une allégorie sur l’enfer et un poème approfondi sur le paradis, une farce hilaro-tragique à surprises multiples qui délivre, au passage, une analyse politique percutante sur les essais nucléaires, ou telle autre, lumineuse, sur l’invention par Bougainville du paradis moderne (« pavé de mai [17]68 »). S’il était un traité de philosophie, ce qu’il est aussi sur les bords, ce mémorable récit de voyage tiendrait en cette seule pensée : « quand est-ce que tout cela va finir ? »


Icare et I don’t

Seuil - 2007

Icare & I don’t, vaudeville métaphysique, se compose de trois pièces organiquement liées : Paul des Oiseaux, Le Chant du rien visible et Le Quadrige invectif. Quatre personnages - avec pour accessoire suffisant une échelle, retournée en bolide spatial puis en automobile - reviennent dans chaque pièce avec des rôles différents mais analogues. Paul des Oiseaux, qui reprend un synopsis abandonné d’Antonin Artaud, présente un dialogue sur la " perspective" entre les deux grands maîtres de la Renaissance, Paolo Uccello et Brunelleschi, et un jeune peintre contemporain, Antoniucci ; la seconde pièce raconte ou chante la course intersidérale de deux autres chercheurs d’absolu, Giotto et Bill Halley, qui chevauchent la sonde éponyme (Giotto) de l’Agence spatiale européenne à la rencontre de la comète de Halley ; dans la troisième pièce, les coureurs s’interpellent comme sur la route du Tour, Richard Mille dans sa Bugatti, Fausto Coppi sur son vélocipède, Pégase et sa jument Let’s go Darling - la course du quadrige du soleil contre le temps. "De toute oeuvre, assure l’auteur, il n’y a au fond qu’une chose à savoir : est-ce qu’elle est abyssale ou pétillante ?" Ces pièces - qui seraient à voir par-dessous, en levant les yeux : ce sont des "drames contemplatifs" - réunissent deux types de personnages dramatiques, les icariens (qui chutent magnifiquement) et les dédaliens (qui réussissent le vol mais assistent à la chute). L’ambition de Icare & I don’t ne serait rien moins que d’atteindre à un alliage très rare de poésie et d’humour, de légèreté et de profondeur." En sorte que le théâtre, vu par-dessous et s’il était drôle (allegro serioso), pourrait se faire renversant."


Forêts secrètes, secrets d’eau

Fage éditions - 2006

En 1999, Monique Le Houelleur se rend, en compagnie du photographe Vincent Fougère, dans des régions reculées de la Côte d’Ivoire. Dans la forêt de Taï (une forêt primaire classée patrimoine de l’humanité) comme au cœur hostile de la mangrove, elle se confronte et s’adapte aux conditions climatiques, aux végétaux, aux situations imprévues ; avec ce que lui offre l’environnement immédiat : lianes, arbres, ossements..., elle improvise des assemblages sensuels et dépouillés empreints de mystère, qu’elle abandonne à la nature. Ce livre témoigne de cette aventure artistique hors du commun ; il nous fait découvrir une forme de Land Art respectueuse des sites et des coutumes ancestrales qui leur sont attachées.


Rimbaud d’Arabie, supplément au voyage

Seuil - 2004

Rimbaud d’Arabie. A vingt-quatre ans, Rimbaud avait « le teint sombre d’un Kabyle ». Sur la route d’Attigny, dans la campagne violette des Ardennes, il avait quitté brusquement son ami Delahaye : « La fièvre !... La fièvre me talonne ! Il me faut le climat chaud du Levant. » Son ami ne devait plus jamais le revoir. Delahaye lui écrit deux ans plus tard, en décembre 1881 : Mme Rimbaud ouvre elle-même la lettre et répond à Delahaye que son « pauvre Arthur » se trouve alors « en Arabie ».


Koba

Seuil - 2003

Au début de notre ère, un terrible ouragan dévaste ces hautes vallées du Caucase que l’on appelait le « Ventre du monde ». Pour se venger du Vent, un bûcheron géorgien, Koba, chef des Abreks, décrète l’extermination des dieux, de tous les dieux, où qu’ils se trouvent. Alors commence cette chasse insensée : les « Insoumis », ainsi s’appellent-ils eux-mêmes, déferlent sur les hauts plateaux d’Arménie, installant partout, jusque dans les chemins de neige, des pièges à dieux. Koba s’écrie : « Que les dieux nous blâment à leur guise ! Laissons-les pousser des cris de rage ; même s’ils se lèvent contre nous, nous serons vainqueurs ! » Pour se rendre plus effrayants, les Abreks s’enduisent de glu et se roulent dans les chardons. Massacres, viols et pillages s’enchaînent : Ninive est en flammes, Babylone mise à sac. Dans les déserts de Syrie, des juifs leur parlent d’un certain Elohim, un dieu qui passe dans la brise et qui chuchote. Qu’à cela ne tienne : Jérusalem investie, les chercheurs de dieux dévorent et mâchent les rouleaux de la Torah. Le Sinaï franchi, Koba et ses hordes ensanglantées dévastent les rives du Nil, « le Nil couleur de carnage et d’incendie »... puis rageusement s’embarquent pour la Grèce, à destination du mont Olympe, le repaire des dieux inaccessible aux hommes. On le sait, c’est surtout à mi-chemin des mythes et de l’Histoire que les dieux ont tendance à pulluler : c’est donc là que Koba inscrit sa guerre personnelle - une guerre totale par laquelle le Guide, à la recherche du Grand Coupable, pourchassant dieux et hommes jusqu’au dernier, devient dieu lui-même. En ce sens, Koba est au-delà de Prométhée, il est lui-même l’injure définitive, l’injure bariolée, hoquetante et inépuisable qu’on fait aux dieux.


Rimbaud en Abyssinie

Seuil - 1984

Rimbaud en Abyssinie. Le 13 décembre 1880, à vingt-sept ans, Arthur Rimbaud arrive à Harar, aux confins désertiques de l’Est éthiopien, pays qui était alors appelé Abyssinie. Quelques voyages précédents (Java, Chypre, entre autres) n’avaient fait qu’annoncer le dernier départ de Rimbaud, "l’homme qui fuit" et qui devait désormais devenir la plus haute hantise de la littérature occidentale. Quatre-vingt-dix-sept ans plus tard, un jeune écrivain français, également âgé de vingt-sept ans, arrive à Harar. Il sillonne le pays, interroge partout les gens, pousse même, sur les traces de Rimbaud, jusqu’en Egypte où l’on sait qu’un grand bloc, très haut sur l’un des murs du temple de Louqsor, porte l’inscription RIMBAUD, en grandes lettres majuscules creusées dans la pierre, seule trace laissée (peut-être, peut-être pas) par le poète. Alain Borer rapportera de ce voyage un livre inclassable, autant qu’on puisse dire "inclassable" une obsession littéraire aussi belle, et portée avec rigueur (celle du rimbaldien et de l’exégète qui se livre à la critique des textes et des correspondances) jusqu’à l’emportement, jusqu’à l’extrême fantaisie, décidé en somme à tout dire de cette course fabuleuse. On peut lire Rimbaud en Abyssinie comme un récit de voyage ou comme un roman philosophique : on peut le lire aussi comme un essai qui chercherait à épuiser la question, ou, tout simplement comme un poème d’aujourd’hui. Disons : un morceau du poème gigantesque que chacun porte en soi quand il a lu Rimbaud. Dans tous les cas, il convient, au détour de sa lecture, de fixer un instant ses yeux sur cette image définitive de la littérature : "Un sieur Rimbaud, se disant négociant" part à cheval, déguisé en marchand mahométan, pour "trafiquer dans l’inconnu".

De quel amour blessée

Avec Alain Borer et Jean Rouaud - Saint-Malo 2015


Avec Alain Borer et Jean Rouaud


Langue : tout fiche le camp ?

Avec Alain Borer et Alain Rey. Rencontre animée par Julien Bisson - Saint-Malo 2015

Avec Alain Borer et Alain Rey. Rencontre animée par Julien Bisson

La vivacité des prises de position, les passions qu’elles déchaînent, les appels volontiers à la guerre sainte pour contenir l’étranger sacrilège montrent bien à quel point l’on touche, en ces questions de langue, à l’essentiel – en tout cas en France. Un débat choc pour la parution de l’essai passionnant, partial, provocant d’Alain Borer (De quel amour blessée), pour qui le français « langue à nulle autre pareille » disparaît à toute vitesse, emportant avec lui une civilisation. La linguiste Henriette Walter, dans ses divers essais, marque un point de vue différent. Comme Alain Rey, qu’on ne présente plus, auteur de la somme Mille ans de langue française.


L’eau, l’air, le feu

Avec Jacques Darras et Alain Borer - Saint-Malo 2013

Avec Jacques Darras et Alain Borer


Sur les pas de Frédéric-Jacques Temple

Avec Frédéric-Jacques Temple, Jean Rouaud, Alain Borer - Saint-Malo 2013

Avec Frédéric-Jacques Temple, Jean Rouaud, Alain Borer. Animé par Jean Rouaud


Remise du prix Ganzo à Serge Pey

Yvon le Men, Serge Pey, Manuel Vich-Ganzo, Jacques Darras, Margarita Perez-Ganzo, Alain Borer - Saint-Malo 2013

Avec Yvon le Men, Serge Pey, Manuel Vich-Ganzo, Jacques Darras, Margarita Perez-Ganzo, Alain Borer


A chacun son bout du monde

Saint-Malo 2011

Avec Alain Borer, Alain Mabanckou, Björn Larsson.

Animé par Jean-Pierre Perrin.


Edouard Glissant, le poète

Saint-Malo 2011

Avec Tahar BEKRI, Patrick CHAMOISEAU, BORER Alain, Simone SCHWARZ BART, animé par : Catherine Pont-Humbert


Remise du prix Kessel à Eugène Nicole

Saint-Malo 2011

Avec Michèle KAHN, Michel LE BRIS, Jean-Marie DROT, BORER Alain, NICOLE Eugène, Olivier WEBER, Patrick RAMBAUD, Gilles LAPOUGE


De nouveau la poésie

Saint-Malo 2007
11h00 : De nouveau la poésie
Jacques DARRAS, Alain BORER, André VELTER, NIMROD, Daniel MAXIMIN, Claude VIGEE.

Programme


Dimanche

11h30
Remise du prix Ganzo
Salle Maupertuis

14h30
Signatures