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TCHAK Sami

Togo

Ainsi parlait mon père (Jean-Claude Lattès, 2018)

En 2001, son premier roman publié en France, Place des fêtes, faisait valser les tabous sexuels et familiaux et s’attaquait à tous les conforts de la littérature africaine contemporaine. Depuis, l’écrivain togolais, né en 1960, s’est offert un détour par l’Amérique latine, toile de fond de quatre de ses romans, dont Le Paradis des chiots couronné en 2007 par le prix Ahmadou Kourouma. Avec Al Capone le Malien, inspiré du fameux escroc camerounais Donatien Koagné, il signe son retour au pays et brosse le portrait fascinant d’une Afrique corrompue, matérialiste et scandaleuse. Il signe en 2014 un essai sur le métier d’écrivain et cette année un très beau livre consacré à son père Ainsi parla mon père.

Sami Tchak, de son vrai nom Sadamba Tcha-Koura, écrivain subversif et engagé, n’hésite pas à s’attaquer aux conforts et assises de la littérature africaine contemporaine : sa trop bonne conscience, ses réflexes militants, sa nostalgie voilée de la négritude. En 2001, son premier roman publié en France, Place des fêtes, faisait valser les tabous sexuels et familiaux dans un langage cru, en campant notamment un ado fils d’immigrés fantasmant sur sa propre mère, la sacro-sainte mère africaine. Cette littérature jubilatoire n’hésite pas à choquer, voire à piéger le lecteur dans le plaisir à raviver le morbide et se moquer de l’horreur. Alain Mabanckou en parle d’ailleurs de manière dithyrambique : « le roman le plus hardi, le plus iconoclaste de la littérature subsaharienne francophone contemporaine ».

L’écrivain naît en 1960 au Togo. Après quelques années d’enseignement en philosophie, il prend en 1986 le chemin de la Sorbonne pour y poursuivre des études de sociologie. Une fois son doctorat obtenu, il poursuit ses recherches qui le mènent en 1996 à Cuba, où il observe comment la prostitution est devenue « une stratégie de survie » dans une île privée de l’aide soviétique et victime du blocus. Sa rencontre avec le continent latino-américain, dont il découvre ensuite le Mexique et la Colombie, est décisive : c’est sur une toile de fond « latina » que se déroulent les quatre romans qui suivent Place des fêtes. Ainsi Le Paradis des chiots, décrivant la candeur et l’extrême violence mêlées des gosses sans avenir d’un bidonville colombien, reçut en 2007 le Prix Ahmadou Kourouma.

Au-delà de l’Amérique latine « réelle », c’est dans les "foisonnantes et imposantes" littératures latino-américaines que l’impénitent lecteur Sami Tchak s’est offert un détour. Les textes qui les composent forment des œuvres denses et complexes, qui pourraient être un modèle pour les lettres africaines selon l’auteur, qui fait dire à l’un de ses personnages : « Les littératures africaines sont rarement à la hauteur de nos héros. »
Et c’est justement toute l’Afrique contemporaine, contradictoire, excessive, que convoque Sami Tchak dans Al Capone le Malien, salué par beaucoup comme un retour au pays. Au centre de ce livre documenté, le personnage fascinant d’Al Capone, inspiré d’un homme bien réel, Donatien Koagné, célèbre pour ses trafics et escroqueries internationales. Ce protagoniste incarne une Afrique corrompue, matérialiste et scandaleuse, où l’argent-roi achève de se substituer à toutes les formes de sacré. Livre du retour à l’Afrique, écrit dans une langue apaisée, empreint d’érotisme mais moins explicite que par le passé, ce roman est pourtant dans la droite ligne de l’œuvre intransigeante qui valut à Sami Tchak le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2004.
Il participe en 2013 à une anthologie de nouvelles publiée à l’occasion de l’édition congolaise des Étonnants Voyageurs, L’Afrique qui vient, qui regroupe 28 écrivains de 28 pays d’Afrique différents. Tous nés après l’indépendance, ces auteurs ont une plume qui dessinent les contours d’une Afrique en devenir. C’est avec une énergie débordante qu’ils créent un nouvel espace romanesque pour dire l’Afrique confrontée à ses propres démons.

D’une question posée un jour lors d’un débat littéraire - lui demandant s’il se définissait comme écrivain noir - Sami Tchak livre, à travers des récits personnels, une réflexion perspicace sur les corrélations entre statut d’écrivain et couleur de peau. La couleur de l’écrivain, lancé pour l’édition d’Étonnants Voyageurs en 2014, est une comédie littéraire, selon les propres mots de Sami Tchak. Retraçant son parcours, ses rencontres, il crée une véritable géographie littéraire où se mêlent les villes, personnages et auteurs de son imaginaire, entrée fascinante dans l’univers de l’écrivain. Il signe cette année un très beau livre consacré à son père Ainsi parla mon père.


Bibliographie :

Ouvrage collectif

  • L’Afrique qui vient - Anthologie (Hoëbeke, 2013)

Romans

  • Al Capone le Malien (Mercure de France, 2011)
  • Filles de Mexico (Mercure de France, 2008)
  • Le Paradis des chiots (Mercure de France, 2006)
  • La Fête des masques (Gallimard, 2004)
  • Hermina (Gallimard, 2003)
  • Place des fêtes (Gallimard, 2001)

Essais

  • Ainsi parlait mon père (Jean-Claude Lattès, 2018)
  • La Couleur de l’écrivain (La Cheminante, 2014)
  • Afrique, à l’épreuve du sida (L’Harmattan, 2000)
  • La Prostitution à Cuba : communisme, ruses et débrouille (L’Harmattan, 2000)
  • La Sexualité féminine en Afrique : Domination masculine et libération féminine (L’Harmattan, 2000)

Ainsi parlait mon père

Jean-Claude Lattès - 2018

Sami Tchak est né en 1960. Il est le premier enfant de son père à avoir appris à lire et à écrire. Après une licence de philosophie à l’université de Lomé, il termine des études à Paris par un doctorat de sociologie. Il écrit des essais puis des romans. Mais c’est dans la forge de son père qu’a commencé son éducation. Le charbon, les soufflets, le feu, l’enclume, le fer rougi et le marteau ont précédé les pages et la plume. Et surtout les histoires de son père. Sami Tchak l’écoutait sans cesse. Ce dialogue, cette écoute a duré plus de quarante ans et ne s’est interrompu que par la mort du père en 2003 mais il continue à entendre sa voix, à percevoir ses mots et sa sagesse. Ces pages sont un fragment des histoires de cet homme qui disait à son fils : « Tu m’écoutes et tu tries. Tu m’écoutes et du tamises mes mots. Il en restera juste des miettes donc l’essentiel ». Ces « leçons de la forge » que le père adressait à ses fils, ses filles, ses épouses, aux hommes et aux femmes du village, Sami Tchak ne les a pas oubliées : elles sont un bien inestimable, des leçons d’humanité, d’humilité et d’amour. « D’un enfant, nous devons apprendre plus que nous ne pouvons lui enseigner, puisqu’il porte en lui le monde que nous n’aurons pas le temps de vivre, alors que lui a la possibilité de connaître l’essentiel de ce qui existait avant lui. » : ainsi parla mon père à la naissance de mon fils aîné Malick le 2 juin 1987 à Ouagadougou.
« Tu prétends avoir terrassé tous tes concurrents dans les sept villages, hein, beau champion de lutte ? En es-tu sûr ? Es-tu sûr qu’il ne te reste aucun concurrent à terrasser ? Tu veux que je te dise la vérité, tu le veux ? Jeune homme, ta victoire ne sera complète que le jour où tu mettras à genoux ta propre ombre » : ainsi parla mon père au plus grand lutteur du village qui s’inventait sa propre légende.
« Partout dans le monde, si tu ne retrouves pas en les autres une part profonde de toi, ne dis pas qu’ils sont différents de toi, mais que tu n’as pas su te chercher en eux. Sinon, en chaque homme, en chaque femme, même en ceux et en celles qui te semblent si vils, méprisables, il y a ta propre vérité. Ne pas t’y trouver, c’est passer forcément à côté de toi-même, mon fils » : ainsi parla mon père pour m’apprendre à chercher en chacun la part entière de l’humaine condition.

Écrire l'Afrique-Monde

Écrire l’Afrique-Monde

Philippe Rey - 2017

En ce début de siècle, l’Afrique apparaît comme l’un des théâtres principaux où se jouera l’avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas – tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d’autrui –, le moment est propice de relancer le projet d’une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d’anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque. 
Il nous a semblé qu’il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l’énonciation d’une parole plurielle, ouverte sur le large. C’est pour cette raison que s’est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis- du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d’intellectuels et d’artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d’une Afrique au cœur des transformations du monde contemporain. 
Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l’élaboration d’utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l’économique et du social, à l’articulation de l’universel et du singulier, à la littérature et à l’art, à la reconstruction de l’estime de soi, à la pensée de l’en-commun… Des regards croisés qui éclairent d’un jour nouveau les enjeux d’une Afrique en pleine mutation, ouverte à l’univers de la pluralité et des larges. 
Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d’autres qu’appellent les temps nouveaux.
Achille Mbembe et Felwine Sarr.


Revue de presse

  • “Ecrire l’Afrique-Monde est un ouvrage majeur qui sera discuté plusieurs décennies encore, au même titre que la première session des Ateliers qui l’ont fécondé.” (Hamidou Anne, Africultures)

La Couleur de l'écrivain

La Couleur de l’écrivain

La Cheminante - 2014

Tout est question de couleur, mais plutôt que celle de la peau, ce sont celles des sensations, des sentiments, des peurs, des pensées des rencontres, des atmosphères, des rêves, des imaginaires et des fantasmes qui animent Sami Tchak. Comme autant de pépites chatoyantes, les récits qu’offre ce grand essayiste et romancier togolais, dans cette comédie du monde, transporte le lecteur dans des univers inattendus. Des récits comme autant de chemins réjouissants tracés dans une géographie qui mêlent villes, personnages, auteurs : Beyrouth, Alger, N’Djamena, Harlem, Œdipe, Dostoïevski, Julien Gracq, Mongo Beti, Ananda Devi… Délicieux moments de lecture qui bousculent les habitudes autour de grandes questions traitées avec humour et perspicacité. Et l’auteur de déclarer que « nous usons de la géographie pour donner des ailes à nos rêves. » À n’en pas douter, les voyages sont au rendez-vous de La couleur de l’écrivain, signant l’acte d’un citoyen du monde en quête de dignité pour tous.


Revue de presse :


L'Afrique qui vient

L’Afrique qui vient

Hoëbeke - 2013

Un monde meurt, et avec lui bien de nos repères – un autre monde naît, dans le tumulte et le chaos, mais avec une formidable énergie. Et une nouvelle Afrique, qui entend prendre sa place dans le siècle qui commence. Une Afrique qui met à mal nos discours convenus. Une Afrique dont les artistes, les écrivains, les poètes, nous dessinent aujourd’hui les contours. Lisez-les : ils nous parlent aussi de nous-mêmes, et de notre futur. 28 écrivains, nous disent ici, à travers 28 nouvelles, cette Afrique qui vient, surprenante, inquiétante, fascinante : un continent entier qui se met en marche, et dans le mouvement, s’invente. Parmi eux, des auteurs aujourd’hui de grand renom mais aussi la nouvelle vague des auteurs africains qui vont être les révélations des années à venir, et imposent des voix nouvelles. Nés après l’indépendance, ils ont grandi dans le cauchemar des génocides, sous le joug des dictatures, contraints souvent à l’exil. Le génocide de 1994 au Rwanda aura été un tournant : la fin de l’innocence, des paradis perdus, des discours seulement victimaires quand l’Afrique découvre sa capacité à s’autodétruire. Le nouvel espace romanesque africain n’est plus, sur place, celui du village, de la répétition du discours anti-colonialiste, du mythe d’une Afrique à retrouver, de la tradition, mais celui tout à la fois de l’exil et celui de la ville, monstrueuse, hybride, tentaculaire, où s’expérimentent également, mais d’une autre manière, métissage et multiculturalisme, se met en place un univers créole. La ville, où s’invente, au-delà du roman, une culture de la rue, slam, hip-hop, rap, par laquelle la jeunesse exprime sa révolte et ses espoirs. Lisez-les : ils vont vous étonner.


Revue de presse


Al Capone le malien

Al Capone le malien

Mercure de France - 2011

Le prince s’est frayé un chemin au milieu des danseuses excitées pour marcher vers Binétou Fall. Il lui mit la main sur l’épaule. Elle eut un sourire crispé. Les femmes poussaient leurs cris. A la surprise générale, son altesse Edmond VII ouvrit d’abord la bouche comme s’il s’apprêtait à avaler l’univers, puis il souffla bruyamment au-dessus de la tête de Binétou Fall. J’étais présent, j’avais vu. Un pigeon blanc est sorti de la bouche de l’homme doré pour se poser sur la coiffe de Binétou Fall. Tous les dignitaires se sont levés, les yeux écarquillés.

Venu à l’origine faire un reportage sur un balafon légendaire conservé précieusement à la frontière entre la Guinée et le Mali, René se retrouve coincé dans un hôtel de luxe de Bamako. Loin de la vision de l’Afrique traditionnelle incarnée par le vieux et intègre Namane Kouyaté, le protecteur du balafon magique, le Français y découvre une tout autre Afrique, celle de la corruption, des affaires de mœurs et des meurtres sanglants… Fasciné toutefois par cet univers du luxe et de la débauche, il plonge corps et âme dans une folle aventure où le sexe, l’argent et les plus grands secrets d’état semblent inextricablement mêlés.
Mais qui sont réellement la Princesse Sidonie, la belle Binétou Fall, ou encore la jeune inconnue de la piscine ? Et surtout qui est Al Capone, alias le Prince Edmond VII, cet homme magnétique autour de qui toutes gravitent ? Qui est donc ce feyman qui fit ses premiers pas sous l’égide du King Donatien Koagne, le roi de l’escroquerie à l’échelle planétaire… Les masques tombent les uns après les autres autour de René, la question est de savoir jusqu’où il sera prêt à aller dans sa quête à la fois de l’amour et de la vérité.
Avec sa voix singulière, Sami Tchak peint une Afrique partagée entre poésie et violence, cruauté et sensualité.


Filles de Mexico

Mercure de France - 2008

« Un jour, alors que nous nous baladions, dans le quartier dit de La Zona Rosa, nous vîmes, sorties d’un cabaret, trois Mexicaines hilares, de la même taille comme issues d’une production en série. Elles avaient des petits hauts qui laissaient à découvert leurs épaules, leur dos et la moitié de leurs seins. Dès qu’elles me virent, moi, elles me déboulèrent dessus, l’une me prenant par la taille, l’autre par le bras alors que la troisième, sans vergogne, vérifiait des deux mains, mes œuvres vives. Ce qui avait excité le trio des courtes trimardeuses, c’était bien évidemment la couleur de ma peau. Elles voulaient juste me voir nu. Je devins un joujou entre leurs mains. » À Mexico, Djibril Nawo, écrivain français d’origine togolaise, intrigue. Il suscite le mépris chez les uns, la fascination et le désir chez les autres. Des bas-fonds aux quartiers huppés, Djibril arpente la ville et croise une multitude de personnages, inquiétants, attachants ou simplement étranges. La rencontre avec Deliz Gamboa sera cruciale : le charme de cette poétesse colombienne n’a rien à voir avec celui des prostituées mexicaines… Du réalisme à la fantasmagorie, du Mexique à la Colombie, Sami Tchak nous entraîne vers des horizons lointains. Sur le ton de la tragi-comédie, Filles de Mexico évoque les questions des inégalités sociales et raciales, de la violence et de la sexualité, indissociablement liées.


Le paradis des chiots

Mercure de France - 2006

Nous sommes repartis à pied à El Paraiso, notre paradis à nous, pas beau la nuit, mais c’était notre paradis à nous, et alors qu’on tentait de se frayer un passage dans le noir, marchant parfois dans la fange (…), il nous a vus, lui, je veux dire Riki, ma bête noire, et il a dit, Juanito, qu’est-ce que tu fais avec la fifille à Linda, la mauviette, hein ? (…)Vlan, il l’a reçue la gifle de Juanito, vlan, la deuxième, J’aime pas qu’on cause comme ça à mon ami Ernesto, j’aime pas, baisse-toi pour saisir sa jambe gauche et lui demander pardon, vite ou je te tue tout de suite ! Dans un bidonville d’Amérique latine nommé El Paraiso, une bande d’enfants combat avec âpreté pour survivre ; il y a Ernesto qui vit épisodiquement avec sa mère Linda et qui, à 14 ans, se prostitue déjà pour une poignée de dollars ; il y a Laura la maigrichonne qui couche avec lui et avec Riki, son pire ennemi ; et puis il y a Juanito, le caïd de la bande qui les terrorise. Livrés à eux-mêmes, ils vivent comme des chiens, avec la candeur des enfants... Le paradis des chiots peint un monde d’une extrême violence où les rapports de domination et d’humiliation sont omniprésents, ainsi que la sexualité dans toute sa crudité. Avec une grande virtuosité, Sami Tchak a construit un roman polyphonique servi par une langue ample et charnelle.


La fête des masques

Gallimard - 2004

spip_logo C’est Catherine Lara qui rythme les premières pages de ce roman, narquois et doux requiem érotique pour une société défunte. "Babylone, c’est la fête au château.
On va enfin changer de peau
Les masques sont de trop
Ils n’auront pas le dernier mot. "
Le jour où Carla déguise son petit frère Carlos en jeune femme, elle ignore qu’elle le pousse vers la perspective la plus importante de sa vie : "En tout cas, il faut le dire, rien au monde n’avait produit sur et en moi un effet comparable à celui qui résulta de cette vaine attente, l’attente du pays d’Oscar Wilde." Elle ignore aussi qu’il rencontrera Antonio, qui berce sa mère au son de sa voix : "Il se pencha sur elle et, comme d’habitude, c’est lui qui chanta pour l’endormir. Et, comme d’habitude, pénétrée par cette voix devenue sa richesse depuis des années, elle s’endormit. "Elle ignore enfin qu’il va s’enchanter de sa propre mort : "Sa décision de me tuer me réjouit donc, et, si je m’étais tué moi-même, comme je l’aurais frustré, cet enfant !" Un savoureux badinage au cœur du crime.


Hermina

Gallimard - 2003

Hermina, c’est un voyage à travers l’espace (le Mexique, Cuba, Haïti, Paris, Miami...), le temps, les philosophies, la création, la chair qui se fait livres et les livres qui se font chair, les identités perdues et les fantasmes. C’est aussi un regard lucide sur les joies et les tourments de la vie incarnés par des personnages tous plus inquiétants, plus attachants les uns que les autres, Samuel, Irma, Nora, Fritz, Karl, Katarina, Mira, Ingrid, Chingareno, Rachid, Cécilia, Bob, André, outre Hermina, Heberto, Lourdès, Federico, qui entre-tissent leurs destins et nous prennent au piège de la connaissance et du plaisir, des ambitions déçues, forment une mosaïque inoubliable de notre époque, de la mondialisation de l’exil, de l’universel théâtre de l’imposture, changent de masque jusqu’à la perversion, jusqu’aux questions qui laissent sans voix, jusqu’aux indicibles vérités.


Place de fête

Gallimard - 2000

Qui est cet homme qui raconte ? Quel âge a-t-il ? Comment s’appelle-t-il ? Nous savons seulement que son nom pose problème, comme sa peau. Nous savons quand même beaucoup d’autres choses sur lui ! Par exemple que ses parents, Noirs, sont nés là-bas avant d’arriver en France pour brouter comme les gnous. Que lui-même est né en France, comme ses deux petites sœurs actuellement putes en Hollande et comme sa cousine, qui a de gros et beaux seins, qu’il aime malgré l’inceste. Qu’il a aimé la cousine de son ami le Malien, qu’ils ont d’abord violée, cet ami et lui. Qu’il a eu des relations avec l’une de ses petites sœurs, qu’il aurait même voulu en avoir avec sa pute de mère (ce n’est pas clair !). Qu’il adore cette mère et semble détester son putain de papa obsédé par l’idée de retourner mourir dans son pays natal malgré sa nouvelle nationalité tricolore ! Qu’il est devenu le proxénète de sa cousine et de sa nièce... Humour, ironie et cynisme dérangeant sans doute les anti-racistes, les racistes et les victimes (ou prétendues victimes ?) du racisme. Place des Fêtes, y a la joie, toujours y a la joie !...


Afrique, à l’épreuve du sida

L’Harmattan - 2000

Le sexe, dans sa dimension la plus élémentaire, devient une chose sérieuse, grave surtout en Afrique. Principal vecteur du fléau actuel, le sida, qui touche toutes les couches sociales, il met encore plus en évidence certaines contradictions et faiblesses des systèmes politiques, sociaux, économiques dans le continent. Autour des notions de sexe, risque sexuel et cursus sexuel, Sami Tchak analyse, dans une langue limpide, cette réalité en la mettant en rapport avec la misère, les croyances ancestrales, les guerres.


La prostitution à Cuba : communisme, ruses et débrouille

L’Harmattan - 2000

Après l’implosion de l’empire soviétique, Cuba devient un de ces pays pauvres – à l’égal d’Haïti – une de ces îles où la misère et le désespoir poussent les uns à risquer leur vie sur un radeau, les autres à choisir l’illégalité, le vol ou la prostitution pour survivre. Sami Tchak dresse un tableau terrible des contradictions idéologiques, politiques et économiques dont ont souffert les pays de l’Est hier, et dont souffre Cuba aujourd’hui.


La sexualité féminine en Afrique : Domination masculine et libération féminine

L’Harmattan - 2000

Avec l’universalisation des comportements sexuels, facilitée par la Modernité, la femme africaine, en dépit des contraintes patriarcales, assume son corps et s’assume de plus en plus comme objet-sujet de sa propre sexualité ; elle sort de sa réserve et émerge avec une conscience accrue des possibilités de son corps. Beaucoup de femmes africaines ont leurs propres stratégies de survie à travers lesquelles le corps intervient comme un capital à même de procurer une plus-value symbolique ou matérielle.

Les grands débats en vidéo

Afrique francophone, Afrique anglophone

Saint-Malo 2013

Sami TCHAK, Ryad ASSANI-RAZAKI, Uwem AKPAN, André BRINK.
Animé par Sophie Ekoué.


Littérature-monde en français

Saint-Malo 2012

Avec Carole Martinez, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Wilfried N’Sondé, Sami Tchak.

Les cafés littéraires

Afrique francophone, Afrique anglophone

Saint-Malo 2013

Sami TCHAK, Ryad ASSANI-RAZAKI, Uwem AKPAN, André BRINK.
Animé par Sophie Ekoué.


Littérature-monde en français

Saint-Malo 2012

Avec Carole Martinez, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Wilfried N’Sondé, Sami Tchak.

Afro-Latino

Avec Sami TCHAK, Lyonel TROUILLOT, Jacques SARASIN, Joseph NDWANIYE, Diana EVANS - Saint-Malo 2013

Avec Sami TCHAK, Lyonel TROUILLOT, Jacques SARASIN, Joseph NDWANIYE, Diana EVANS


Dans un monde corrompu

Avec Qiu Xiaolong, In Koli Jean Bofane et Sami Tchak - Saint-Malo 2012

Une rencontre entre Qiu Xiaolong, In Koli Jean Bofane et Sami Tchak, animée par Géraldine Delauney.


Nouveau roman africain : entre exil et mégapoles

Nouveau roman africain : entre exil et mégapoles

Saint-Malo 2011

“Pendant presque 40 ans, la littérature africaine a été assignée à résidence.” Felwine Sarr

Les écrivains Felwine Sarr et Sami Tchak dialoguent avec le politologue Achille Mbembe. La littérature du continent est-elle à la hauteur de l’Afrique qui naît ? . Présenté par Jean-Claude Le Brun. (1h)
 

Programme


Samedi

10h30
Signatures

15h15
Rencontre - lecture “Entre deux mondes”
Maison du Québec

16h50
Signatures
 

Dimanche

12h30
Remise du Prix Ouest France Étonnants Voyageurs
Café Littéraire

14h30
Racines
Café Littéraire

15h35
Signatures
 

Lundi

10h30
Signatures

14h30
Signatures