L’aventure Étonnants Voyageurs par Maëtte Chantrel

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Retour avec Maëtte Chantrel, cofondatrice d’ « Étonnants Voyageurs », sur l’expansion et l’évolution d’un festival qui, en deux décennies, s’est imposé dans le paysage littéraire français sans rien perdre de son culot ni de sa soif d’aventures.

"Les premières années étaient très axées sur le « travel writing », les écrivains-voyageurs. On a mis en valeur, grâce à Michel, des gens que l’on ne connaissait pas. Même moi, qui à l’époque recevais chaque semaine des écrivains à France 3 Bretagne, je ne les connaissais pas les Nicolas Bouvier et autres… Et d’ailleurs, peut-être trois ans après, dans les Fnac, dans les librairies, il y avait des rayons « Étonnants Voyageurs » qu’on ne voyait pas avant.

Et puis petit à petit se sont ajoutés des thèmes… Le polar, par exemple. En explorant les rapports entre « le monde réel et la fiction », on s’est dit que c’était sans doute le genre qui parlait le mieux du réel. Donc, sont venus se joindre à nous des auteurs de romans policiers. Mais à chaque fois, en rajoutant quelque chose, la difficulté, c’était que tout le monde voulait revenir l’année suivante !"

L’édition 1993 a ainsi donné lieu à une rencontre passionnante entre écrivains voyageurs et auteurs de romans noirs, attachés, chacun à leur manière, à dire le monde d’aujourd’hui. Le festival a accordé par la suite une place croissante aux « marges » : le roman noir, la BD ou encore la Science-Fiction, salués pour leur contribution essentielle au retour en grâce de la fiction.

"On a aussi donné plus d’ampleur au festival du Livre Jeunesse : le concours de nouvelles s’est créé. Le festival Cinéma s’est également énormément développé… On agrégeait de plus en plus de publics. Aujourd’hui, il y en a un peu pour tous les goûts dans le festival. Les essais, c’est encore une nouveauté, on touchait pas trop à ça avant.

Et puis il y a eu les lieux. Au départ, on a commencé avec le Palais des Congrès et un petit chapiteau sur le parking devant le Casino. Puis, on a commencé à faire des rencontres aussi dans des lieux intramuros : il y avait la Halle au blé à l’époque, puis la chapelle Saint-Sauveur… À chaque fois on gagnait du terrain, on s’étalait dans la ville comme une vague...

Donc on a gagné géographiquement de plus en plus de lieux et ça continue. Et on s’est ouvert aussi… La famille s’est agrandie ! "


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  • "10 ans déjà !" : en 2000, 30 textes d’écrivains célébraient une décennie de festival
  • Vingt ans de cafés littéraires : De Nicolas Bouvier (1991) à Dany Laferrière (2008), en passant par Théodore Monod (1999) ou Jean-Marie Le Clézio (2003), retrouvez en vidéo les rencontres qui ont marqué le festival.