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CHIKWAVA Brian

Zimbabwe

Harare Nord (Zoé Editions, 2011)

Biographie

Dans la toponymie de la diaspora zimbabwéenne, « Harare Nord  » n’est pas un quartier de la capitale du Zimbabwe : « Harare Nord », c’est Londres. Le secteur de Brixton plus précisément, quartier de la communauté afro-caribéenne, dont les Clash dénonçaient en 1979 la réalité brutale dans le vibrant Guns of Brixton. Riche d’une longue histoire d’immigration, Brixton constitue aujourd’hui la destination privilégiée des migrants qui quittent le Zimbabwe du despote octogénaire Robert Mugabe. Brian Chikwava, installé en Grande-Bretagne depuis 2002, en a fait son lieu de résidence et la toile de fond de son premier roman, publié outre-manche en 2009.

Né en 1972 à Victoria Falls, l’écrivain a d’abord suivi sans passion une formation de métreur-vérificateur à l’Université d’Harare avant de devenir un habitué du Book Café, lieu de réunion du milieu artistique de la capitale zimbabwéenne, où il fait ses premières expérimentations littéraires et musicales. Sa nouvelle Seventh Street Alchemy, publiée dans le recueil Writing Still, réunissant 23 jeunes auteurs zimbabwéens, lui vaut en 2004 le « Caine Prize », distinction la plus prestigieuse de la littérature africaine anglophone.

Il se lance alors dans l’écriture d’Harare Nord, rédigé dans un idiome bâtard, alliage de l’anglais standard et du « broken english » des migrants, mâtiné d’argot zimbabwéen et de parler caribéen. Dans ce texte politiquement incorrect Brian Chikwava ne bouleverse pas que la langue : il chahute aussi le stéréotype du migrant-victime, objet facile de pitié.
Car le narrateur du roman est tout sauf sympathique : ancien des « green bombers », les sinistres milices de jeunes pro-Mugabe, il est venu à Londres dans le but d’amasser une somme suffisante pour se blanchir aux yeux de la justice corrompue de son pays.

Cette chronique acide dresse une typologie cocasse des migrants africains, du rural le plus paumé au « Chirac », en voie d’intégration… Une peinture scrupuleuse de la débrouille dans le labyrinthe de Brixton où, le fantasme évanoui, l’Europe se révèle pour beaucoup une arnaque, et, pour certains, un purgatoire.


Bibliographie :

  • Harare Nord (Zoé Editions, 2011)

En anglais :

  • Seventh Street Alchemy, nouvelle publiée dans le recueil Writing Still (Weaver Press, 2003)

Présentation de Harare Nord

spip_logo Il est effronté, arrogant, manipulateur, incorrect, menaçant, tordu. Il est aussi caustique, brillant, un peu sexy et drôle. Il est perdu. Il peut devenir fou. Il, c’est le héros de ce roman, fraîchement arrivé du Zimbabwe à Londres, qu’il surnomme Harare Nord, du nom de la capitale de son pays bien aimé. Après quelques semaines chez un cousin peu accueillant, il s’installe dans un squat habité par quatre compatriotes, tous en quête d’une vie à peu près décente. La plus jeune des quatre loue par exemple son bébé aux femmes qui cherchent un appartement auprès des services sociaux.
Brian Chikwava a inventé pour son personnage une voix hautement singulière et poétique, dérangeante, féroce et caustique. Le lecteur le suit et s’il sourit la première fois qu’il lit « Je suis un homme de principe moi », il finit par le penser lorsque ce refrain revient pour la dernière fois à la fin du livre.

TRADUIT DE L’ANGLAIS PAR PEDRO JIMENEZ MORRAS

Revue de presse :

  • “Chikwava a créé un protagoniste fascinant, qui, dans un anglais retourné mêlé d’argot piquant, balance observations sournoises et remarques caustiques.” The Sunday Times
  • “De la première à la dernière page, le récit vernaculaire d’Harare Nord est saisissant, lancinant, excitant, drôle.” The Independent

Harare nord

Zoé éditions - 2011

Harare nord Il est effronté, arrogant, manipulateur, incorrect, menaçant, tordu. Il est aussi caustique, brillant, un peu sexy et drôle. Il est perdu. Il peut devenir fou. Il, c’est le héros de ce roman, fraîchement arrivé du Zimbabwe à Londres, qu’il surnomme Harare Nord, du nom de la capitale de son pays bien aimé. Après quelques semaines chez un cousin peu accueillant, il s’installe dans un squat habité par quatre compatriotes, tous en quête d’une vie à peu près décente. La plus jeune des quatre loue par exemple son bébé aux femmes qui cherchent un appartement auprès des services sociaux. Brian Chikwava a inventé pour son personnage une voix hautement singulière et poétique, dérangeante, féroce et caustique. Le lecteur le suit et s’il sourit la première fois qu’il lit « Je suis un homme de principe moi », il finit par le penser lorsque ce refrain revient pour la dernière fois à la fin du livre.

Ecritures migrantes, pensée en mouvement

Saint-Malo 2011

Ils disent le douloureux télescopage des cultures, le fait d’avoir à vivre en soi ces multiples appartenances et ces déracinements — en un temps de basculement, qui semble exiger non plus comme jadis une pensée du stable, mais du mouvant, où tout ce qui était perçu jusque-là comme barrage, outil de régulation (état, frontière, identité, famille, etc) paraît sans plus d’efficacité devant la puissance des flux d’images, d’argent, d’information, de personnes. Car n’est-ce pas le pouvoir de la littérature, que de « mettre en musique » à travers des fictions ces voix multiples autour de soi, en soi — n’est-ce pas la définition même du roman ? Le promesse, dès lors, d’un « âge d’or » du roman pour le XXIe siècle naissant ?

Avec : Dany LAFERRIERE, Marie-Célie AGNANT, CHIKWAVA Brian, TEARNE Roma,
animé par Hubert Artus


L’envers du décor

Saint-Malo 2011

avec : FIÈRE Stéphane, GRAS Cédric, CHIKWAVA Brian
animé par : Hubert Artus, Catherine Pont-Humbert