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DE KERANGAL Maylis

France

Tangente vers l’est (Gallimard, 2012)

Biographie

Naissance d’un pont, Prix Médicis 2010, propose une visite de chantier hors du commun : en décrivant un vaste réseau qui brasse rêves, lutte de classe et lutte de pouvoir autour de la construction d’un pont, Maylis de Kerangal dessine en réalité l’état du monde. Un roman étonnant à la forte tonalité musicale où les personnages, constatant l’impossibilité de fuir en avant, n’ont plus que le présent comme salut.

Fille et petite-fille de capitaines au long cours, les horizons de Maylis de Kerangal sont ouverts. Il y a d’abord le travail dans l’édition. Après des études d’histoire, de philosophie, et d’ethnologie, elle participe au début des années 90 à une revue maritime avant d’être embauchée par Gallimard. Elle y travaille pour les guides touristiques puis la jeunesse et devient en 2004 éditrice pour les Éditions du Baron Perché.

Elle consacre aussi une partie de son temps à écrire durant ces années et en 2000, elle publie Je marche sous un ciel de traîne, son premier roman. Un jeune homme, dont l’existence tourne à vide, échoue dans un village du sud ouest au passé tourmenté.

Ariane, le personnage de son roman suivant La Vie voyageuse, est aussi enfermée dans la routine de son existence célibataire mais parvient à s’en extraire pour se mettre sur la piste d’une liaison clandestine.
Suivent un recueil, Ni fleurs ni couronnes, en 2006, dont l’une des nouvelles a été adaptée au cinéma (Eaux troubles, court métrage de Charlotte Erlih, Why Not productions, 2008) et un roman, Corniche Kennedy, unanimement salué par la presse et le grand public qui se retrouve dans la sélection de nombreux prix en 2008 (Médicis, Femina, Wepler, France Culture/Télérama, prix Murat). Dans ce roman âpre qui se passe à Marseille, elle traite de l’adolescence et de ces vertiges.

Changement de cap ensuite, direction la Californie, lieu de la Naissance d’un pont qui remporte à l’unanimité et au premier tour le prix Médicis 2010. Toujours très productive, elle livre en 2012 deux œuvres. Pierre Feuille Ciseaux renoue avec des chantiers, ceux des Archives Nationales en Île de France, mais aussi ceux des cités et de mystérieuses friches végétales. Tangente vers l’est, court récit, revient quant à elle sur le voyage marquant de Maylis de Kerangal à bord du Transsibérien, où elle invente l’histoire d’Aliocha et de Hélène, pris tous deux dans une fuite en avant vers l’Est.

En 2014, paraît Réparer les vivants, le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour. Couronné par le Grand prix RTL-Lire et Roman des étudiants France Culture Télérama 2014.


Bibliographie :

Romans, nouvelles

  • Réparer les vivants (Éditions Verticales,‎ 2013)
  • Pierre Feuille Ciseaux (Le Bec en l’Air, 2012)
  • Tangente vers l’est (Gallimard, 2012)
  • Naissance d’un pont (Éditions Verticales, 2010) Prix Médicis 2010
  • Corniche Kennedy (Éditions Verticales, 2008)
  • Dans les rapides (Éditions Naïve, coll. « Naïve sessions », 2007)
  • Ni fleurs ni couronnes (Éditions Verticales, 2006)
  • La rue (Éditions Pierre Terrail, coll. « 2000 ans d’images », 2005)
  • La Vie voyageuse (Éditions Verticales, 2003)
  • Je marche sous un ciel de traîne (Éditions Verticales, 2000)

Divers

  • La Peau d’une fille qui rentre de la plage, Maylis de Kerangal (texte), Robin Goldring (peintures), Galerie Prodromus, Paris, 2006
  • Spécial coupe du monde, collectif, (Inculte, 2006)
  • Binocles Œil de Biche & Verres Fumés, collectif, (Minimum Rock’n’Roll, Éditions Le Castor Astral, 2008)
  • Femmes et sport : regards sur les athlètes, les supportrices, et les autres, Maylis de Kérangal & Joy Sorman (Éditions Helium, 2009)

Présentation de Tangente vers l’est

Tangente vers l’est est une « novella » (ou court roman) où le décor et l’atmosphère du Transsibérien offrent un écrin aux deux héros de Maylis de Kerangal : Aliocha, le conscrit en partance pour sa caserne militaire, tenté par la désertion, et Hélène, l’expatriée française ayant suivi son amant russe à Krasnoïarsk et désormais fuyant son exil sibérien. Pendant quelques jours, au gré d’un roulis engourdissant, ils vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du train. Les voilà condamnés à suivre un chemin parallèle, chacun selon sa logique propre et incommunicable, à fuir vers l’Est et son terminus océanique, Vladivostok. Une histoire fragile et fulgurante dans une langue sensuelle et fougueuse, laissant à nu des êtres pris dans la rhapsodie d’un voyage qui s’invente à contre-courant.

Ce texte a été conçu dans le cadre du voyage d’écrivains dans le Transsibérien organisé par Cultures France pendant deux semaines en juin 2010, sur la partie orientale du trajet Novossibirsk-Vladivostok. Sa première version, sous forme de fiction radiophonique, a été profondément remaniée.


Présentation de Pierre Feuille Ciseaux

Pierrefitte-sur-Seine, banlieue parisienne. Alors que s’achève la construction du nouveau bâtiment des Archives nationales, des adolescents errent entre le chantier, leur cité, de mystérieuses friches végétales et les zones maraîchères qui les entourent, vestiges agricoles d’un autre temps.
Pierre, feuille, ciseaux mais aussi puits, dynamite, sac, cigarette, papier... De mot en mot, au gré d’analogies, d’embryons de fictions et d’énigmes de la toponymie, apparaît un territoire composite que l’on fouille en archéologue de la mémoire. On y croise des vieilles dames qui veulent apprendre à danser, des enfants qui conservent leurs objets favoris dans des boîtes à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables et des milliers de textos, des bracelets enfouis au fond des commodes, des cahiers de couture et d’amples mouvements pour rejouer son existence aux yeux du monde.
Fidèle à son écriture puissante et aux thèmes qui la mobilisent, Maylis de Kerangal s’appuie sur les photographies de Benoît Grimbert pour construire un récit en forme de jeu de piste.


Présentation de Naissance d’un pont

spip_logo

« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. »

Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, « à l’américaine », qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

Revue de presse :

  • "Maylis de Kerangal s’impose, avec un roman déclamatoire au suspense haletant, qui s’entend avant de se lire, tant la langue y est musicale et tripale. (...) Sensible aux déviances qui se transforment en droiture, aux imperfections touchées par la grâce, à l’anonymat qui révèle les êtres au grand jour, Maylis de Kerangal propose une visite de chantier hors du commun, sans casque ni combinaison de protection. (...) Dans un état d’ivresse désenchantée, au plus près du désir et de la peur, Maylis de Kerangal constate l’insoutenable impossibilité de fuir. Pour elle, un seul salut : savourer le lyrisme consolant du présent, absorber la lumière qui précède la disparition." TELERAMA
  • " Maylis de Kerangal réussit un étonnant roman mosaïque sur l’état du monde. Brillant. (...) A travers les anecdotes de chantier, c’est tout un état du monde qu’elle réussit à saisir. Avec une écriture juste et tendue (qui évite les tics du roman français dit "à l’américaine"), la romancière décrit tout ce qui peut lier ses personnages (les machines, aussi), compagnons de fortune ou d’infortune. Surtout, au-delà du portrait géopolitique et du panorama humain, Kerangal a su se montrer à la hauteur de sa formidable idée "originelle" : la naissance d’un pont comme métaphore de la gestation d’un roman - assurément le meilleur de son auteur. " L’EXPRESS
  • "Maylis de Kerangal accouche ici d’un ouvrage ambitieux au style abouti. L’histoire, écrite à rebours, suit le destin d’hommes et femmes venus du monde entier, pour construire un pont autoroutier dont dépend le sort d’une ville moyenne. Le pont importe peu en réalité, la romancière préférant sonder le tréfonds des âmes de ses personnages. Résultat, la visite du chantier est hors-normes, la déconstruction du pont au fil des pages entraînant celle des héros. Un concentré d’émotions fortes donc, porté par un style lexicalement riche." LE JDD
  • "Naissance d’un pont, de Maylis de Kérangal, est un roman de grand œuvre. Qui pose aussi une question : la relation de la fiction française actuelle avec le roman américain." RUE 89

Réparer les vivants

Editions Verticales - 2014

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. » Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.


Pierre Feuille Ciseaux

Le Bec en l’Air - 2012

Pierrefitte-sur-Seine, banlieue parisienne. Alors que s’achève la construction du nouveau bâtiment des Archives nationales, des adolescents errent entre le chantier, leur cité, de mystérieuses friches végétales et les zones maraîchères qui les entourent, vestiges agricoles d un autre temps. Pierre, feuille, ciseaux mais aussi puits, dynamite, sac, cigarette, papier... De mot en mot, au gré d’analogies, d’embryons de fictions et d’énigmes de la toponymie, apparaît un territoire composite que l’on fouille en archéologue de la mémoire. On y croise des vieilles dames qui veulent apprendre à danser, des enfants qui conservent leurs objets favoris dans des boîtes à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables et des milliers de textos, des bracelets enfouis au fond des commodes, des cahiers de couture et d’amples mouvements pour rejouer son existence aux yeux du monde. Fidèle à son écriture puissante et aux thèmes qui la mobilisent, Maylis de Kerangal s’appuie sur les photographies de Benoît Grimbert pour construire un récit en forme de jeu de piste.


Tangente vers l’est

Editions Verticales - 2012

Tangente vers l’est est une « novella » (ou court roman) où le décor et l’atmosphère du Transsibérien offrent un écrin aux deux héros de Maylis de Kerangal : Aliocha, le conscrit en partance pour sa caserne militaire, tenté par la désertion, et Hélène, l’expatriée française ayant suivi son amant russe à Krasnoïarsk et désormais fuyant son exil sibérien. Pendant quelques jours, au gré d’un roulis engourdissant, ils vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du train. Les voilà condamnés à suivre un chemin parallèle, chacun selon sa logique propre et incommunicable, à fuir vers l’Est et son terminus océanique, Vladivostok. Une histoire fragile et fulgurante dans une langue sensuelle et fougueuse, laissant à nu des êtres pris dans la rhapsodie d’un voyage qui s’invente à contre-courant. Ce texte a été conçu dans le cadre du voyage d’écrivains dans le Transsibérien organisé par Cultures France pendant deux semaines en juin 2010, sur la partie orientale du trajet Novossibirsk-Vladivostok. Sa première version, sous forme de fiction radiophonique, a été profondément remaniée.


Naissance d’un pont

Editions Verticales - 2010

« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. » Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, « à l’américaine », qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court. 


Femmes et sport : regards sur les athlètes

Hélium - 2009

Des catcheuses aux championnes de tennis, de la course en talons aux larmes des plus grandes athlètes, de Suzanne Lenglen à Laure Manaudou, de Nadia Comaneci à Manuela Montebrun, de Samantha Davies à Nelly Viennot... les femmes ont-elles inventé une nouvelle manière de faire et de parler du sport ? Aujourd hui, les femmes se passionnent pour le sport, longtemps seulement l affaire des hommes. Cet ouvrage, rédigé collectivement par de jeunes écrivains contemporains (Aurélie Adler, Gaëlle Bantegnie, François Bégaudeau, Yamina Benahmed Daho, Nathalie Burel, Antoine Derouallière, Hélène Gaudy, Stéphanie Vincent, Joy Sorman et Maylis de Kerangal) propose, en une cinquantaine de courts textes, de faire un tour du côté des sportives et championnes, dans les bassins, les stades, les vestiaires, jusque sur les canapés des soirs de match à la télé. Comment les femmes se sont-elles introduites et imposées sur le terrain, comment leur corps s est-il affiché et transformé, comment cette irruption a-t-elle changé la donne dans les rapports hommes / femmes ? Un sujet qui, au-delà du sport, rejoint toutes les problématiques de la femme dans la société moderne : la compétition et la performance, le corps et la séduction, la maternité et la vie professionnelle, l (in)égalité hommes / femmes. Aux textes littéraires s ajoutent des biographies succinctes, une introduction générale et historique et une chronologie mettant en parallèle le sport et le féminisme. Femmes et sport est illustré d une quarantaine de photographies qui nourrissent la réflexion et mettent en évidence l esthétique du sport, alternant portraits couleurs ou noir et blanc de grandes athlètes, images de championnes en larmes, de vestiaires ou encore de pom-pom girls hilares... Un essai-beau livre d un nouveau genre, accessible et graphique, qui ouvre le domaine adultes d hélium et invite à analyser de façon à la fois sérieuse et intelligible, les grandes images de notre temps.


Corniche Kennedy

Editions Verticales - 2008

« Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c’est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. » Le temps d’un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance zéro et goût de l’interdit, les choses vont s’envenimer... Âpre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu’à un fil, le fil d’une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges


Binocles Œil de Biche & Verres Fumés

Le Castor Astral - 2008

Changement d’optique pour cette cinquième plongée dans les abysses de la culture rock. Cette fois, on jette un oeil à travers les hublots : comprendre ici les fabuleux carreaux derrière lesquels nos héros dissimulent leur timidité, leurs larmes ou leurs pupilles dilatées. Lunettes fumées, teintées, rafistolées à l’adhésif. Lorgnons, oeil de verre ou de biche... Lucien Suel et Cyrille Martinez décortiquent le mythe des lunettes noires, "reflet d’une manière étrange de traverser le monde". Catherine Mazodier puise dans le tiroir à souvenirs ses verres roses, bleus ou gris fumés. Le verre est trouble chez Pascal Bouaziz (Mendelson), tout nu sans ses binocles, perdu dans les vagues mais pas essoufflé. Charlene et les filles s’écroulent sur la plage, en fausses Ray-Ban. Momus ôte un bandeau sur son oeil mort, quand le Velvet refuse d’ôter ses verres de mouche – à cause des stroboscopes d’Andy Warhol, selon les recherches du Dr. Richie Unterberger. Un bel échantillon de binoclards se retrouve sous le crayon d’Hervé Bourhis et de David Scrima. Ou devant l’objectif de Renaud Monfourny, qui saisit Manoeuvre, Suicide, Sébastien Tellier, Zombie Zombie... Polnareff aussi est au rendez-vous, comme Buddy Holly, version crash. Ressuscité en opticien par Philippe Dumez, victime du Malin chez Isabelle Chelley, Buddy H. est peut-être la référence qui saute ici le plus aux yeux. Avec Lennon, en son hommage, Maylis de Kerangal célèbre le pouvoir séducteur des garçons à montures d’acier. Serge Clerc ressort autoportraits vintage aux lunettes noires et dessins à l’emblème de Debbie Harry. Et Marie-Laure Dagoit explique doctement le lien entre la conjonctivite et certaines pratiques sexuelles bien connues des groupies d’Axl Rose… A l’heure du bling bling, les lunettes peuvent-elles encore symboliser une certaine élégance rock ? Oui, assure la police du goût, la Peltag. Mais tout dépend de celle ou celui qui les porte. Mike Bloomfield, par exemple – coup de flash sur la légende (Pascal Regis). Ou Iggy Pop, qui singe à la télé les lunettes d’Yves Mourousi (Prosperi Buri). Ou Richard Hell, interviewé par Elodie Tacnet. A contrario, Serge Coosemans s’interroge sur son compatriote Marc Aryan, le tombeur belge aux culs-de-bouteille. Rock, ou pas rock ? Ça dépend, on vous dit. Même Om Kalsoum, Berberian n’est pas loin de voir en elle une rock-star. Mais enfin tout n’est pas rose, au pays des bigleux, car "qu’avons-nous fait au ciel pour que nous soit infligé Christophe Willem ?" (Luc Lemaire).


Dans les rapides

Naïve Livres - 2007

Le Havre, 1978. Elles sont trois amies : Lise, Nina et Marie, la narratrice. Lycée, garçons, aviron, la vie quotidienne. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et... Le Havre, 1978. Elles sont trois amies : Lise, Nina et Marie, la narratrice. Lycée, garçons, aviron, la vie quotidienne. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 surgit la voix de Debbie Harry, chanteuse de Blondie. Debbie, blonde, joueuse, sexy, Debbie qui s’impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle. Jusqu’au jour où Nina découvre l’amour et la voix cristalline de Kate Bush qui, d’un coup de pied romantique et pop, vient fissurer le trio jusqu’ici soudé comme un roc.


Ni fleurs ni couronnes

Editions Verticales - 2006

Printemps 1915, un naufrage au sud de l’Irlande, un jeune homme et une inconnue partent en mer repêcher les noyés. Été 2003, une expédition nocturne sur les pentes du Stromboli, deux voyageurs et une jeune femme aux prises avec leurs vertiges volcaniques. Deux récits en miroir pour faire entendre le souffle des corps qui se libèrent, dire la matérialité physique et poétique du monde qui les contient et concilie leurs gestes, la tension entre l’animé et l’inerte, entre le mort et le vivant. "Ni fleurs, ni couronnes" a été adapté au cinéma, dans un court métrage de Charlotte Erlih, Eaux troubles (Why Not productions, 2008, 20 min). 


La Peau d’une fille qui rentre de la plage

Galerie Prodromus - 2006

Texte de Maylis de Kerangal, peintures de Robin Goldring


Inculte - Spécial coupe du monde

Inculte éditions - 2006

La Coupe du monde a bien eu lieu. Une équipe de spécialistes analyse les résultats, revient sur les faits marquants de la compétition, et vous fait revivre ses meilleurs moments, ses surprises, ses joies et ses déceptions. Textes François Bégaudeau, Patrick Berger, Arno Bertina, Estelle Denis, Lisa Friedlander, Hélène Gaudy, Nicolas Hourcade, Maylis de Kerangal, Mathieu Larnaudie, Pierre Menès, Alain Millet, Aurélien Montryan, Federico Nicolao, Xavier de la Porte, Nicolas Richard, Jeanne Rivoire, Édouard Ropars, Oliver Rohe, Omar Saghi, Joy Sorman, Francesco Venturelli.


La rue

Editions Pierre Terrail - 2005

Maylis de Kerangal fit à la fin du siècle dernier un vol plané sur le parking d’un supermarché au volant d’une Ford Mustang verte mythique. Elle écrivait son premier roman. Depuis, elle a écrit d’autres livres et s’en tient à la marche à pied. Par ailleurs, elle a un bon sens de l’orientation. Du moins, c’est ce qu’elle croit.


La Vie voyageuse

Editions Verticales - 2003

Voyageur, le chemin C’est les traces de tes pas C’est tout ; voyageur, il n’y a pas de chemin, Le chemin se fait en marchant Antonio Machado (mort en 1939 à Collioure sur le chemin de l’exil)  Le roman s’ouvre sur une fête de famille des Malauzier, avec ses rites grand-bourgeois, ses bonnes manières et ses traditions obsolètes qui pèsent sur les épaules de la dernière génération, incarnée par la trentenaire Ariane. Prisonnière de cet imaginaire dynastique, l’héroïne travaille justement pour une revue mensuelle, L’Archiviste, spécialisée dans les recherches généalogiques. Elle y enquête sur le puzzle des origines d’autrui, en compagnie d’Emmanuel, un gratte-papier asexué. Le cul-de-sac d’une vie bien réglée, en apparence. Mais il suffira d’une incroyable tempête, à l’approche du troisième millénaire, pour déraciner tous les faux-semblants de cette arborescence familiale. Jeanne Malauzier, vénérable dame à chapeau et tailleur Chanel, contacte sa nièce Ariane et lui propose de la payer pour retrouver la trace d’Ignacio Torres, exilé espagnol qui fut, il y a un demi-siècle, l’éphémère et secret amant de sa jeunesse guindée. Cédant à la curiosité, Ariane va bientôt abandonner la routine de son existence célibataire pour se mettre sur la piste de cette liaison clandestine. Et selon les principes des vases communicants, cette enquête par procuration va faire remonter à la surface un autre mirage sentimental, cet homme insaisissable qui hante Ariane depuis des années, Marc qu’elle avait tant idéalisé au sortir de l’adolescence, adoré presque malgré lui. Destins dédoublés, à une génération près, aux reflets miroitants et trompeurs. En traquant le fantomatique amour de sa tante, Ariane va se perdre dans le Barrio Gottic de Barcelone, soutirer à l’anarchiste Juan Torres de précieuses informations sur son « traître » de frère, puis interroger l’épouse délaissée d’Ignacio, devenu pianiste de Casino à Enghien-les-Bains en 1975, avant de retrouver sa trace sur les Docks du Havre… À mesure que la filature d’Ariane progresse, la silhouette de Marc se fait plus présente. Les contours de son souvenir obsédant se précisent. Les pièces du puzzle se rassemblent. Jusqu’au terme du roman où, les quêtes parallèles d’Ariane et de sa tante vont finir par se croiser, se superposer... et enfin reprendre leur liberté. Avec La Vie voyageuse, son deuxième roman, Maylis de Kerangal a écrit un livre d’aventures de l’intime. Elle nous fait partager une errance identitaire mélancolique et sensuelle qui rappelle la géographie sentimentale de certains films d’Antonioni. Dans ce retour sur soi de la mémoire amoureuse, rien n’est linéaire, tout n’est que détour et éternel retour, flash-backs prémonitoires et incertitudes rétrospectives. Et l’auteur, en plongeant le lecteur dans cet entre-deux indécidable du passé et du présent, a su brouiller les pistes pour mieux nous imprégner du désordre intérieur de son héroïne. 


Je marche sous un ciel de traîne

Editions Verticales - 2000

 Antoine Dezergues, le narrateur, est un jeune homme essoufflé qui erre le cœur vide dans une totale absence de projet comme de désir. Une panne de voiture le fait échouer à Ribérac, une petite bourgade du Sud-Ouest, peuplée d’âmes solitaires. Là, il s’enlise peu à peu dans une déambulation infinie qui n’a d’autre objet, entre parties de pêche et longueurs en piscine, que de se livrer – sans aucune complaisance – à l’examen de son existence dissoute. Deux personnages surgissent à égales distances de lui : Armand Tabasque, libraire en faillite et manipulateur subtil et Claire, sa nièce, venue se réfugier chez lui. Le corps en fuite de Claire vient raviver celui d’Antoine. Triangulation du désir, opacité du passé, mensonges et porosités de la mémoire s’entrechoquent sur fond de campagne automnale. Un lourd secret lié à la seconde guerre mondiale hante les consciences coupables de ce village endormi. Les manipulations de Tabasque, l’innocence naïve d’Antoine vont alors permettrent aux intrigues de se dévoiler alors comme des trompe-l’œil. Je marche sous un ciel de traîne est le roman de ce passage vers la vérité, celle que le village cachait et celle qu’Antoine va découvrir à son propre sujet.

Les grands débats en vidéo

Littérature-monde en français

Saint-Malo 2012

Avec Carole Martinez, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Wilfried N’Sondé, Sami Tchak.

Les cafés littéraires

Littérature-monde en français

Saint-Malo 2012

Avec Carole Martinez, Alexis Jenni, Maylis de Kerangal, Wilfried N’Sondé, Sami Tchak.

Sport et littérature : des histoires d’amours

Avec Benoît HEIMERMANN, Bernard CHAMBAZ, Frédéric ROUX, Vassilis ALEXAKIS, Maylis DE KERANGAL, Adrien BOSC - Saint-Malo 2013

Avec Benoît HEIMERMANN, Bernard CHAMBAZ, Frédéric ROUX, Vassilis ALEXAKIS, Maylis DE KERANGAL, Adrien BOSC. Animé par Hubert ARTUS


C’est quoi la France ?

Saint-Malo 2011

Au « manifeste pour une littérature-monde en français » appelant à rompre avec la séparation entre la supposée « vraie » littérature française et les littératures dites francophones, pour penser un vaste ensemble des littératures de langue française perçues sur un pied d’égalité, certains ont pu réagir comme s’ils se trouvaient dans une forteresse désormais assiégée — sans voir que cette France « pure » relevait du phantasme, que cet « extérieur » inquiétant, qu’ils tentaient de contenir dans les marges, était depuis longtemps à « l’intérieur », que la France était pluriethnique et multiculturelle. Après Je est un autre publié l’année dernière chez Gallimard, le dernier numéro de la NRF (Un tour de la France) vient utilement nous le montrer, au sommaire duquel nous retrouvons bien des signatures amies. Alors, c’est quoi, la France ?

Avec Jean ROUAUD, M. Kebir AMMI, Maylis DE KERANGAL, Souleymane Bachir DIAGNE , Abdelwahab MEDDEB. Un débat animé par Transfuge.


Le souci des gens

Saint-Malo 2011

Avec Lieve JORIS, Maylis DE KERANGAL, Kamel DAOUD, Khaled AL KHAMISSI,
animé par Baptiste Liger


Rêve américain

Saint-Malo 2011

Avec Marco MANCASSOLA, Maylis DE KERANGAL, animé par : Karine PAPILLAUD