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GARAT Anne-Marie

France

Pense à demain (Acte Sud, 2010)

Photos de famille (Acte-Sud, mai 2011)

Biographie

Anne-Marie Garat revendique la fiction comme représentation vraie mais aussi art de l’inquiétude, propre à la connaissance de soi et du monde. Son style emprunte autant au registre de la poésie que du réalisme et elle aime à emprunter les mots de Conrad dans Lord Jim pour définir son écriture : "de toute évidence ce devait être quelque chose de très simple - la chose la plus simple et la plus impossible du monde ; comme le serait par exemple la description de la forme exacte d’un nuage."

Anne-Marie Garat a longtemps écrit dans sa cuisine, qui constitue à ses yeux un petit laboratoire existentiel. C’est là qu’elle a mijoté les ingrédients d’une œuvre foisonnante de premier plan constituée de romans, de nouvelles, de chroniques, d’essais, d’articles, d’entretiens, de textes pour des livres de photographie et des revues sur le cinéma. La critique a salué à plusieurs reprises ses romans, en lui attribuant notamment le Prix Fémina pour Aden en 1992. Convaincue que l’imaginaire est une richesse sans pareil, et sa transmission une question politique, elle milite aussi en divers lieux pour la lecture des œuvres littéraires.

Née en 1946 à Bordeaux, dans un quartier ouvrier, Anne-Marie Garat est marquée par l’héritage de la mémoire familiale que traversent les deux Guerres mondiales. Dans ses romans pérégrinent les figures de l’absence et du crime et les fantômes du passé. Ainsi, dans L’Insomniaque, le personnage, qui fait l’inventaire de son passé dans une quête sans sommeil, assiste à l’éclatement de son existence. Le personnage éponyme d’Aden, lui, entreprend un difficile voyage en lui-même longtemps différé pour forcer les verrous de sa mémoire. Dans Les Mal famés, deux âmes esseulées se réchauffent l’une l’autre devant l’âtre du souvenir des amours perdues, dans une maison abandonnée dont les murs renvoient l’écho de leur solitude.

En 2006, sort le premier tome d’une trilogie, fresque magistrale qui embrasse tout le XXe siècle : Dans la main du diableraconte l’éclatante réussite d’une famille de biscuitiers à la veille de la Guerre de 1914 ; tandis que le tome 2, L’Enfant des Ténèbres, évoque les années 1930 et la montée des dictatures totalitaires. Enfin, en 2010, le dernier tome Pense à demain débute avec les dessous obscurs des glorieuses années 60 - collabos non poursuivis, guerre d’Algérie mal cicatrisée, et s’achève en 2010, où le destin des personnages dessinent le portrait tragique du siècle.
"Trois tomes qui se tiennent organiquement et dont le dernier est le roman du roman" selon l’auteur. Il y a derrière ce travail au long cours un énorme travail de documentation allié à une richesse de l’intrigue et à l’invention de personnages complexes.
La question du mal traverse toute sa trilogie qu’elle regrette de n’avoir pas dès le départ regroupée sous le titre "Les ogres et les orphelins" dont elle souhaite explorer toutes les ambiguïtés : "Les ogres", rappelle-t-elle, "ont la complexité d’êtres humains et des côtés séduisants. Et les orphelins sont souvent très dangereux : ayant tout perdu, ils n’ont plus rien à perdre".


Bibliographie :

  • Pense à demain (Actes Sud 2010)
  • Hongrie (Actes Sud, 2009)
  • L’enfant des ténèbres (Actes Sud 2008)
  • On ne peut pas continuer comme ça (Atelier In8, 2006)
  • Dans la main du diable (Actes Sud, 2006)
  • Une faim de loup. Lecture du Petit Chaperon rouge (Actes Sud, 2004)
  • Un tout petit coeur (Actes Sud junior, 2004)
  • Nous nous connaissons déjà (Actes Sud, 2003)
  • Les mal famées (Actes Sud, 2000) Prix Marguerite Audoux
  • Itsvan arrive par le train du soir (Seuil, 1999)
  • L’amour de loin (Actes Sud, 1998)
  • Dans la pente du toit (Seuil, 1998)
  • Merle (Seuil, 1996)
  • Photos de familles (Seuil, 1994)
  • Aden (Seuil, 1992), prix Femina
  • Chambre noire (Flammarion, 1990)
  • Le monarque égaré (Flammarion, 1989 ; Seuil, 1996)
  • L’insomniaque (Flammarion, 1987)
  • Voie non classée (Flammarion, 1985)
  • L’homme de Blaye (Flammarion, 1984)

Présentation de Pense à demain

spip_logo Dernier volume d’un grand roman séculaire qui débute en 1913 avec Dans la main du diable, et se poursuit dans les années 1930 avec L’Enfant des ténèbres, Pense à demain couvre une période qui s’étend des années 1960 à septembre 2010. On y retrouve, trente ans plus tard, les personnages dont les destins dessinent le portrait tragique du siècle. Mais qui « tourne la manivelle » de l’Histoire ? De quel sordide passé aux crapuleuses ramifications mêlant politique et affairisme, les uns et les autres sont-ils comptables ? De quels terribles marécages — et parfois quels charniers — s’élèvent les existences ? Qui a pouvoir de désigner le visage du crime, d’absoudre sa face et d’abolir son image ? Comment naissent les histoires ? Sinon par leur fin, souvent. Ainsi le présent est-il prescrit par hier, et demain, illisible, chiffré au passé, souvent très antérieur.

Revue de presse :

  • "Renouant avec le roman populaire, elle revendique le droit de la fiction à interroger l’Histoire." LE MAGAZINE LITTERAIRE
  • "Pense à demain s’autorise une écriture ample, poétique où alternent descriptions et accélérations, un peu comme si Zola avait croisé Auguste Renoir, Conrad et Giono à la table de Fellini." LIRE
  • "Faisant fi du mépris qui entoure trop souvent les romans populaires, Anne-Marie Garat s’est donc lancée avec bonheur dans cet espace en usant de tous les genres (policier, historique, sentimental...) et de toutes les conventions romanesques. LE MONDE
  • "Faire du roman-feuilleton un observatoire privilégié de l’histoire, c’est l’ambition d’Anne-Marie Garat. (...) Avec sa trilogie, elle libère le feuilleton d’un quelconque mépris intellectuel, l’actualise tout en jonglant avec ses artifices et cite ses auteurs de référence : Eugène Sue, Jacques Tardi ou Roger Martin du Gard, sans jamais les pasticher, ni les parodier." TELERAMA

Présentation de Photos de familles

Tout un chacun a au moins une fois feuilleté ce livre, consulté ses pages familières : l’album de famille. Vieilles photos, classées et légendées, ou jetées en vrac dans les tiroirs, les boîtes en carton, images de rien vouées à la conservation dévote, ou à l’abandon, l’oubli…Si la pratique sociale de la photo d’anonymes a longtemps été ignorée, voire méprisée, et sa production dévaluée comme genre populaire sans qualité, c’est que ce livre d’images anodines, souvent indigentes, relate l’ordinaire de la vie, chronique sa répétitive banalité. Or, sous son dehors normé et ses rituels, l’album cèle un récit violent d’amour et de mort : le roman familial s’écrit en chambre noire. Car la photo de famille obéit à la mémoire de soi et des siens, interroge l’autobiographie. Elle convoque l’origine, la filiation, l’appartenance et l’identité. Hantée par le secret, l’absence et la présence, leur puissance imaginaire, elle établit un des liens les plus intenses à l’histoire privée et à l’histoire collective, dont le souvenir mué en fiction se construit à travers ces images, investies du pouvoir d’invoquer les fantômes. De cet essai, publié en 1994 dans la collection “Fiction & Cie” de Denis Roche, Actes-Sud propose la réédition actualisée : entre-temps, l’appareil et l’image numériques ont bouleversé la nature de la photo et de l’album de famille, dont l’histoire continue de s’écrire…

Programme sensible

Actes Sud - 2013

Programme sensible Dans un deux-pièces de la banlieue parisienne ignoré des GPS et de Google Earth, un homme qui a déjà vécu plusieurs vies entretient un dialogue obsédant avec son ordinateur dont l’écran liquide semble receler de vivantes images de son passé refoulé dans une forêt nordique d’Estonie, vingt ans avant la chute du mur de Berlin. Et affronte un passé qui revêt, sur/sous écran, les couleurs d’un conte ori- ginel, dont les ogres désormais numérisés, percutant inlassablement son incons- cient et sa mémoire archaïque, l’obligent à se réinventer dans la vraie vie.


Photos de familles

Actes Sud - 2011

Pense à demain En ce 15 août 1963, jour férié, Paris désert, Christine Lewenthal traîne au jardin du Luxembourg ; Antoine, un jeune projectionniste de ciné-club de banlieue, fonce en 2 CV sur les routes d’Ile-de-France vers la ferme de ses parents, au-dessus de laquelle se dresse la demeure ancestrale du Mesnil, une ruine perdue dans les ronces que visite à l’instant Alex, jeune historien affligé de strabisme et spécialiste des ostraca, qui a sauvé des flammes un document bouleversant. Au même moment, une étudiante allemande débarque à Paris, une autre jeune fille prépare son mariage et un pianiste de Kinvara, petit port d’Irlande, donne un concert à Prague... Ces jeunes gens, qui s’ignorent encore les uns les autres, sont de leur temps : une fois tournée la page des années noires, on construit des barres d’immeubles aux périphéries, on ouvre des supermarchés, et les paysans prennent le nom d’agriculteurs. Un mur divise l’Europe de l’Est et de l’Ouest, mais Martin Luther King marche en Alabama, Johnny Hallyday électrise ses fans place de la Nation. L’époque n’est pas romanesque, pas héroïque : elle est pragmatique, tout occupée à son présent euphorique, sa prospérité économique. Et le bidonville de Nanterre fait le plein. Dans les décombres incendiés d’un domaine, dans les ruines d’une guinguette perdue au fond d’un quartier populaire, sur les hauteurs de Zurich, dans les caves où croupissent les archives de l’infamie, apparaissent les fantômes hideux d’un passé qui ne passe pas... Mais qui "tourne la manivelle" de l’Histoire ? De quel sordide passé aux crapuleuses ramifications mêlant politique et affairisme les uns et les autres sont-ils comptables ? De quels terribles marécages - et parfois quels charniers - s’élèvent les existences ? Qui a pouvoir de désigner le visage du crime, d’absoudre sa face et d’abolir son image ? Comment naissent les histoires, sinon par leur fin, souvent ? Ainsi le présent est-il prescrit par hier, et demain, illisible, chiffré au passé, souvent très antérieur. Dernier volume d’un grand roman séculaire qui débute en 1913 avec Dans la main du diable, et se poursuit dans les années 1930 avec L’Enfant des ténèbres, Pense à demain couvre une période qui s’étend des années 1960 à septembre 2010 et clôt une trilogie romanesque d’une ampleur et d’une ambition rares dans le paysage littéraire français contemporain. Photos de familles, Actes Sud mai 2011 Tout un chacun a au moins une fois feuilleté ce livre, consulté ses pages familières : l’album de famille. Vieilles photos, classées et légendées, ou jetées en vrac dans les tiroirs, les boîtes en carton, images de rien vouées à la conservation dévote, ou à l’abandon, l’oubli…Si la pratique sociale de la photo d’anonymes a longtemps été ignorée, voire méprisée, et sa production dévaluée comme genre populaire sans qualité, c’est que ce livre d’images anodines, souvent indigentes, relate l’ordinaire de la vie, chronique sa répétitive banalité. Or, sous son dehors normé et ses rituels, l’album cèle un récit violent d’amour et de mort : le roman familial s’écrit en chambre noire. Car la photo de famille obéit à la mémoire de soi et des siens, interroge l’autobiographie. Elle convoque l’origine, la filiation, l’appartenance et l’identité. Hantée par le secret, l’absence et la présence, leur puissance imaginaire, elle établit un des liens les plus intenses à l’histoire privée et à l’histoire collective, dont le souvenir mué en fiction se construit à travers ces images, investies du pouvoir d’invoquer les fantômes. De cet essai, publié en 1994 dans la collection “Fiction & Cie” de Denis Roche, Actes-Sud propose la réédition actualisée : entre-temps, l’appareil et l’image numériques ont bouleversé la nature de la photo et de l’album de famille, dont l’histoire continue de s’écrire…


Pense à demain

Actes Sud - 2010

Du roman feuileton à la série TV

Saint-Malo 2011

Avec Michel LE BRIS, Anne-Marie GARAT, Vincent COLONNA, Sylvie LAURENT, animé par Jean-Claude Lebrun.