HADDAD Hubert

France

Casting sauvage (Zulma, 2018)

©Nemo Perier Stefanovitch

Écrivain prolifique et polygraphe, Hubert Haddad s’est donné pour mission de « redonner une place en littérature à l’imaginaire et à ses pouvoirs infinis ». Créateur de la revue Apulée, dont le 3e volume paraît en 2018, aussi bien romancier que poète, dramaturge ou essayiste, il revisite souvent l’actualité dans un style élégant et poétique. En 2018, il signe Casting sauvage, un roman de rencontres, lumineux portrait de Paris après le 13 novembre, dans ses douleurs et sa diversité.

L’univers mouvant d’Hubert Haddad gravite de longue date autour d’une idée fixe : « redonner une place en littérature à l’imaginaire et à ses pouvoirs infinis ». À l’instar de Georges-Olivier Chateaureynaud ou Marc Petit, Hubert Haddad a été identifié dans les années 1990 comme l’un des représentants de la "Nouvelle Fiction française". Pour cet écrivain prolifique, « l’écriture doit être une invention permanente, par déclinaison, mutation, coup de poker. »

À 20 ans, l’homme publie son premier recueil Le Charnier déductif (1967) et lance au même âge une revue, Le Point d’être, aux marges de la mouvance surréaliste. Ce fils d’immigré, né à Tunis en 1947, vient « d’un milieu acculturé, indigent, dans l’exil et l’absence, avec en héritage la tentation du suicide ». Pour lui, « La poésie a vite pris toute la place, violente, exclusive, multiple dans ses investigations tant verbales que plastiques. » Le poète Haddad mue rapidement en polygraphe se frottant à tous les genres (théâtre, essais, romans…) ainsi qu’à la peinture et à l’illustration.

Parmi les nombreux titres de son imposante bibliographie, on peut signaler le roman Palestine (Prix Renaudot Poche 2009) : une fiction poétique ancrée au cœur du conflit israélo-palestinien. L’auteur (lui-même juif arabe) y met en scène un soldat israélien frappé d’amnésie après sa capture par des Palestiniens et interroge la notion d’identité.

Dans la veine de Palestine, Hubert Haddad s’empare à nouveau avec Opium Poppy d’un sujet d’"actualité" : l’histoire d’un enfant afghan, pris dans la tourmente de la guerre puis contraint à l’exil et à la débrouille dans les marges de Paris. Loin du ressassement journalistique, l’écriture élégante et poétique d’Opium Poppy donne au récit de cette errance de Kaboul à Paris une portée universelle.

En 2013, il offre avec Le Peintre d’éventail un livre à part, hymne à la civilisation nippone, baigné de spiritualité, époustouflant de maîtrise et de grâce qui a su séduire les membres du jury du Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2013. Pour prolonger l’expérience, l’auteur publie en parallèle un recueil de poèmes, Les Haïkus du Peintre d’éventail.

Avec Corps désirable (2015), il nous bouleverse et nous emporte. Face aux questions éthiques et existentielles soulevées par une actualité brûlante, entre extravagances de la science et quête d’identité, Hubert Haddad pousse la fiction-vérité dans ses ultimes retranchements. Et c’est sans doute la marque de son œuvre que de recourir aux pouvoirs de l’imaginaire pour saisir sur le vif la complexité et les ambiguïtés d’une époque.

, publié en même temps que Corps désirable, il nous transporte de nouveau sur les sentiers du Bout-du-Monde, au Japon. L’écriture y est comme la palpitation miraculeuse de la vie, au milieu des montagnes et des forêts, comme un chemin à travers le chant des saisons...

En 2016, il est l’initiateur et le chef d’orchestre de la revue annuelle Apulée, véritable recueil de littérature et de réflexion, publié chez Zulma. Une collaboration fructueuse entre de nombreux écrivains et artistes aux horizons divers, avec notamment Jean-Marie Blas de Roblès et Yahia Belaskri. Le troisième numéro de cette revue ayant pour ambition de « parler du monde » est prévu pour le printemps 2018.

Avec Casting sauvage, Hubert Haddad fait arpenter un Paris post-13 novembre 2015 à ses personnages en perdition. Un roman de rencontres, entre Damya, ex-ballerine recrutée pour un casting en vue d’une adaptation de La Douleur de Duras, et les personnes qu’elle aborde au gré des rues. Casting sauvage est aussi un merveilleux portrait de Paris, dans toutes ses facettes, ses drames, ses moments de grâce et sa diversité. Une œuvre intense, lumineuse et grave, qui a été sélectionnée pour le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2018.
À l’occasion de la sortie de Casting sauvage, les éditions Zulma rééditent Le Bleu du temps, roman d’art et d’amour entre un peintre qui ne peint plus que des variations en bleu, et une jeune fille perdue qui veut être son modèle.


En savoir plus :


Bibliographie

Romans :

  • Casting sauvage (Zulma, 2018)
  • Premières neiges sur Pondichéry (Zulma, 2017)
  • Les coïncidences exagérées (Mercure de France, 2016)
  • (Zulma, 2015)
  • Corps désirable (Zulma, 2015)
  • Théorie de la vilaine petite fille (Zulma, 2014)
  • Le Peintre d’éventail (Zulma, 2013)
  • Opium Poppy (Zulma, 2011)
  • Géométrie d’un rêve (Zulma, 2009)
  • Palestine (Zulma, 2007)
  • La Double conversion d’Al-Mostancir (Fayard, 2003)
  • La Culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole (Fayard, 2003)
  • Le Ventriloque amoureux (2002)
  • Le Chevalier Alouette (Fayard, 2001)
  • L’Univers, roman dictionnaire (Zulma, 1999)
  • La Condition magique (Zulma, 1998)
  • Le Bleu du temps (Zulma, 1995 ; réédition en 2018)
  • Armelle ou l’éternel retour (1989, écrit en 1967)
  • Perdus dans un profond sommeil (Albin Michel, 1986)
  • Oholiba des songes (La Table Ronde, 1985 ; réédition en 2006)
  • La Ville sans miroir (Albin Michel, 1984)
  • Les Effrois (Albin Michel, 1983)
  • Les Grands Pays muets (Albin Michel, 1978)
  • Un rêve de glace (Albin Michel, 1974 ; réédition en 2006, Zulma)
  • La Cène (1975 ; réédition en 2005)

Poésie :

  • Les Haïkus du peintre d’éventail (Zulma, 2013)
  • Une rumeur d’immortalité (Dumerchez, 2000)
  • Le Testament de Narcisse (Dumerchez, 1998)
  • Les Larmes d’Héraclite (Encrage, 1996)
  • Crânes et jardins (Dumerchez, 1994)
  • Clair venin du temps (Dumerchez, 1992)
  • Le Charnier déductif (1967)

Récits :

  • Le Camp du bandit mauresque (Fayard, 2006)
  • La Vitesse de la lumière (Fayard, 2001)
  • La Belle Rémoise (Dumerchez, 2001)
  • L’Ami argentin (Dumerchez, 1994)

Nouvelles :

  • Nouvelles du jour et de la nuit : le jour (Zulma, 2011)
  • Nouvelles du jour et de la nuit : la nuit (Zulma, 2011)
  • Vent printanier (Zulma, 2010)
  • Quelque part dans la Voie lactée (Fayard, 2002)
  • Mirabilia (Fayard, 1999)
  • Le Secret de l’immortalité (Critérion, 1991 ; réédition en 2003, Mille et une nuit)

Livre érotique :

  • L’Âme de Buridan (Zulma ; réédition poche Mille et une nuit)

Proses :

  • Petits Sortilèges des amants (Zulma, 2001)
  • Du visage et autres abîmes (Zulma, 1999)

Théâtre :

  • Le Rat et le cygne (Dumerchez, 1995)
  • Tout un printemps rempli de jacynthes (Dumerchez, 1994)
  • Kronos et les marionnettes (Dumerchez, 1992)
  • Oxyde de réduction (Dumerchez, 2008)

Essais :

  • Le Nouveau Nouveau Magasin d’écriture (Zulma, 2007)
  • Le Nouveau Magasin d’écriture (Zulma, 2006)
  • Le Cimetière des poètes (Éditions du Rocher, 2002)
  • Théorie de l’espoir (Dumerchez, 2001)
  • Les Scaphandriers de la rosée (Fayard, 2000)
  • Saintes-Beuveries (José Corti, 1991)
  • Julien Gracq, la Forme d’une vie (Le Castor astral, 1986 ; réédition en 2004, Zulma)
  • Michel Haddad, 1943 / 1979 (Le Point d’Être, 1981)
  • Michel Fardoulis-Lagrange et les évidences occultes (Puyraimond, 1978)
Casting sauvage

Casting sauvage

Zulma Éditions - 2018

Engagée pour recruter une centaine de figurants, Damya arpente les rues de Paris. Maigres, défaits, abîmés, tous ces malmenés de la société incarneront des déportés, débarquant Gare de l’Est en juin 1945. Dans cette quête, Damya cherche aussi à retrouver le garçon qu’elle a aimé le temps d’une nuit, et dont le souvenir la hante. 
Un roman d’une force exceptionnelle dont le Paris d’aujourd’hui est quasiment le personnage principal, une ville habitée par la mémoire de la déportation, des attentats, et les migrants qui peuplent ses rues…

Ce roman est sélectionné pour le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2018.


Revue de presse

  • "Casting sauvage est un livre hanté, halluciné, où le Paris des bas-fonds est montré comme rarement. Avec toute la poésie et l’empathie humaine dont Hubert Haddad a le secret." (Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo)
Le Bleu du temps

Le Bleu du temps

Zulma Éditions - 19952018

Gabriel Hantrovicz, célèbre à Paris pour sa peinture figurative, a tout quitté pour Londres où il ne peint plus que des variations en bleu. Surgit dans son univers Christel Paal, une jeune Berlinoise, à peine sortie de l’adolescence…
Christel qui change sans cesse d’avis, s’effondre en larmes pour un mot, se révolte pour un autre. Gabriel s’attache à son insu à cette fille perdue dont il ignore à peu près tout. Bientôt le peintre, qui a déjà éprouvé de plein fouet les dangers de la représentation, entrevoit le désir impérieux de la jeune femme meurtrie : devenir son modèle. Qu’il la peigne, qu’il lui rende un corps, une intégrité, et la sauve de son chaos intime.

Cette nouvelle édition du Bleu du temps paraît conjointement avec le tout nouveau roman de Hubert Haddad, Casting sauvage.


Revue de presse

  • "Hubert Haddad excelle à mêler cette quête policière et celle qui hante le peintre, et il réussit à jeter la confusion : où se situe la réalité, où le rêve, la création ?" (Le Matricule des Anges)
  • "Une infinie ferveur qui fait fatalement osciller le lecteur entre l’angoisse et l’émotion totale." (Sud Ouest Dimanche)

Apulée #3 - La guerre, le monde et la paix

Zulma Éditions - 2018

Fidèle à l’appel constant des autres rives et des antipodes, dans l’ardente continuité de ses deux premiers numéros – « Galaxies identitaires » et « De l’imaginaire et des pouvoirs » –, la revue Apulée continue d’investir tous les territoires de la littérature, de la pensée vive, de la poésie et de l’image.
C’est sur le thème de « La guerre, le monde et la paix » que s’articule cette nouvelle livraison.

Dossiers : Albert Camus, Frantz Fanon, Nabile Farès, Madeleine Riffaud, Jean Sénac, le camp de Rivesaltes.

Avec les contributions de : Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Belinda Cannone, René de Ceccatty, Patrick Chamoiseau, Catherine Clément, Emmanuelle Collas, Julien Delmaire, Ananda Devi, Éric Faye, Nâzim Hikmet, Vénus Khoury-Ghata, Michel Le Bris, Yvon Le Men, Jean-Luc Nancy, Bernard Noël, Cécile Oumhani, Serge Pey, Néhémy Pierre-Dahomey, Catherine Pont-Humbert, Jean-Luc Raharimanana, Jean Rouaud, Éric Sarner, Leïla Sebbar, Salah Stétié, Sami Tchak, Ilarie Voronca, Abdourahman A. Waberi, Carole Zalberg…


Revue de presse

  • « Apulée prouve qu’elle est devenue une revue incontournable du paysage de la création contemporaine, ouverte au monde et aux langues, foisonnante, politique, inventive. » (Elara Bertho, Diacritik)

Premières neiges sur Pondichéry

Premières neiges sur Pondichéry

Zulma - 2017

Violoniste virtuose, fervent de musique kleizmer autant que du répertoire classique, Hochéa Meintzel accepte l’invitation d’un festival de musique carnatique à Chennai, en Inde du Sud. Blessé dans sa chair par un attentat, c’est avec l’intention de ne plus revenir qu’il quitte Jérusalem.

Comme aimanté par les circonstances, après une cahotante équipée qui le mène de Pondichéry à la côte de Malabar, en passant par un ranch de montagne aux frontières du Kerala, il trouve refuge à Fort Cochin, un soir de tempête, au sein de l’antique synagogue bleue. Parce que la grande prière exige un minyan, quorum de dix fidèles, ceux qui sont encore là supplient Hochéa d’être des leurs. Avec la promesse de lui raconter l’histoire ancestrale des juifs de Kochi…

Porté par les figures de Samra, sa fille adoptive, et de Mutuswami, la jeune musicienne qui le guide et l’accompagne, Hochéa s’en remet à un enchaînement de hasards, quitte à affronter une part occultée de sa vie – et l’intuition d’un autre monde, d’une autre histoire, d’un autre exil.

En un tour de force romanesque, Premières neiges sur Pondichéry nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exubérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d’un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l’inexorable beauté de tous ses sens.

« La nuit cette fois était entière, emplie d’étoiles dédoublées par des voiles de brume. Et le bouquet final, après les dernières salves, retombait en neige éparse sur la mer. »


Revue de presse :

  • “L’An 2017 commence sur ce chant d’amour et d’espérance. Hubert Haddad en est le chef d’orchestre, rigoureux et superbe.”
     Léon-Marc Levy, La cause littéraire
  • “La réalité peut être décevante, mais Hubert Haddad nous montre que les récits et utopies qui nous unissent ont toujours le pouvoir de briser l’isolement dans lequel les meurtriers veulent nous enfermer, pour nous faire espérer des lendemains meilleurs.”
    Alice Marthy, En attendant Nadeau
  • “Dans son œuvre philosophique, Hubert Haddad nous offre un chant d’amour et d’espérance qui est toujours le bienvenu.”
    Cécile Acolet - Viabooks.fr

Revue Apulée n°1 — Galaxies identitaires

Revue Apulée n°1 — Galaxies identitaires

(Zulma, 2016) - 2016

Cette nouvelle revue annuelle de littérature et de réflexion initiée par Hubert Haddad s’engage à parler du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d’un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d’enjeu l’Afrique et la Méditerranée.
C’est autour du nom prestigieux d’Apulée – auteur berbère d’expression latine qui, avec l’Âne d’or ou les Métamorphoses, ouvrit au IIe siècle une extraordinaire brèche de liberté aux littératures de l’imaginaire – que se retrouvent ici écrivains et artistes venus d’horizons divers. Romanciers, nouvellistes, plasticiens, penseurs et poètes des cinq continents auront la part belle pour dire et illustrer cette idée de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures.

Avec ce numéro inaugural, c’est sur le thème des Galaxies identitaires que la revue Apulée entre en scène pour tenter d’en finir avec les enfermements idéologiques, les replis élitistes et les fanatismes aveugles. Et la création et la réflexion ont beaucoup à dire sur les identités…

Comité de rédaction
Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad,
Abdellatif Laâbi, Catherine Pont-Humbert.


Corps désirable

Corps désirable

Zulma Editions - 2015

C’est un sujet fascinant dont s’empare ici Hubert Haddad. Un célèbre neurochirurgien s’apprêterait à effectuer une greffe inouïe : transplanter la tête d’un homme sur le corps d’un autre…
Journaliste engagé, en lutte ouverte contre les trusts pharmaceutiques et les mafias de la finance, Cédric Allyn-Weberson vit avec Lorna une passion entière, charnelle, amoureuse. Jusqu’au jour où il se trouve confronté à une violence radicale, celle de perdre accidentellement l’usage de son corps. Se met alors en branle une machine infernale.
Roman au suspense continu, Corps désirable captive par la magie d’une écriture lumineuse qui donne à éprouver intimement les sensations les plus subtiles des personnages – questions lancinantes de l’amour, de l’incarnation du désir et des illusions de l’identité.


Revue de presse

« Un écrivain protéiforme dont le talent n’a pas fini de surprendre ses lecteurs fervents. » Livres-Hebdo

« L’écriture est belle, déliée, y compris dans les passages où l’auteur s’interroge sur les enjeux de cette chirurgie thauma­turgique. » Le Monde

Ecoutez l’émission « L’Amuse Bouche » (France Inter), par Clara Dupont Monod avec Manuel Hirbec de la librairie La Buissonnière.


Mã

Zulma Editions - 2015

« La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre , roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement.
Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste. Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et de son maître Saigyō. Marcher, pour cette procession héroïque d’ascètes aventureux, c’est échapper au ressassement, aux amours perdues, c’est vivre pleinement l’instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le cœur. »


Revue de presse

« Voici sans doute la plus raffinée prose poétique de cet automne. » Jean-Claude Lebrun, L’Humanité.

« Tout en lyrisme contenu, semé de haïkus, petits cailloux lumineux sur le chemin du héros, ce récit aux accents mythiques est une ode à la beauté du monde dont le flâneur inspire découvre les jardins inviolés. » L’Obs.


Théorie de la vilaine petite fille

Théorie de la vilaine petite fille

Zulma - 2014

« Mister Splitfoot, si tu y es, frappe deux fois ! » Qui se souvient de l’incroyable destin des sœurs Fox, ces deux fillettes de l’Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ?
Kate, d’abord, sorte d’elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite sœur, et enfin Leah, de vingt ans leur aînée, qui, avec l’aide d’hommes d’affaires de Rochester et de financiers de Wall Street, rêve de fonder un empire à partir de ce nouveau jeu de société un rien macabre…


Avec Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad revisite magistralement, dans un style ample et endiablé, un demi-siècle de la folle Amérique, celle du libéralisme naissant, des sectarismes et de toutes les utopies. Il nous offre un roman facétieux, jubilatoire, émouvant, dont on ressort étourdi et joyeux comme d’une baraque de train-fantôme, avec en tête la ritournelle d’un negro spiritual ou d’un vieux folksong.


Revue de presse

  • Hubert Haddad invité sur France Inter pour "Le livre du jour" :

La Condition magique

La Condition magique

Zulma Editions - 2014

La Condition magique est un roman prodigue, un roman philosophe qui se déploie autour de la figure du grand Descartes, emblème de la raison triomphante ou planche de salut : pour Hiel, en deuil irréparable et halluciné d’un frère étudiant en philosophie, pour Desargues, universitaire désabusé, ou Marghrète, proie facile d’une secte ignominieuse. Et pour le père de celle-ci, richissime industriel suédois collectionneur d’automates, animé par l’unique espoir de redonner vie à une épouse disparue dans les sommets himalayens vingt ans auparavant. Tous se débattent en quête du sens, une quête existentielle qui peut-être se joue – ou se déjoue – sur le toit du monde.

Revue de presse

« La Condition magique », d’Hubert Haddad (Zulma), « Dans quelle étag-ère »


Les Haïkus du peintre d’éventail

Zulma Editions - 2013

« L’histoire vraie de Matabei Reien – celle qui concerne les amateurs de haïkus et de jardins – commence vraiment ce jour d’automne pourpre où Dame Hison l’accueillit dans son gîte. » Dans le Peintre d’éventail, bouleversant roman d’inspiration zen, on découvre le destin, imaginaire ou réel, d’un merveilleux peintre et haïkiste. Au fil du récit et de la lecture, on s’arrête, çà et là, sur quelques-uns de ces haïkus, mais la plupart ne sont qu’évoqués. « Matabei tapotait sa paume du bout d’un éventail reçu en présent. Ouvert, celui-ci déployait en quelques traits simples un coin de paysage d’une sublime harmonie, immédiate équation de l’œil à l’esprit qui ne demandait ni calcul ni réflexion. On pouvait lire, courte averse sur le coin gauche, ces caractères rapides : Chant des mille automnes le monde est une blessure qu’un seul matin soigne « On pourrait faire une théorie de ces éventails. Contentons-nous de battre des cils sur les quelques centaines de clins d’œil qu’ils disséminent, sereins, cocasses ou pathétiques, comme autant de points de vue d’un jardin disparu. » Pour prolonger la lecture du roman et l’immersion totale dans ce fabuleux jardin, reste à découvrir l’ensemble des haïkus du peintre d’éventail, ces Chemins de rosée qui nous ouvrent la voie lumineuse de la mansuétude et du détachement. Les Haïkus du peintre d’éventail, indispensable complément au Peintre d’éventail.


Le peintre d’éventails

Zulma Editions - 2013

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques. Attenant à l’auberge, avec en surplomb la forêt de bambous et le lac Duji, se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail et un subtil haïkiste. Il devient peu à peu le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements... Avec le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce. Sublime Japon ! Auteur d’une œuvre vaste et diverse, portée par une attention de tous les instants aux ressources prodigieuses de l’imaginaire, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel, d’artiste et d’homme libre, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des Cinq continents de la francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d’écriture ou encore Opium Poppy (à paraître chez Folio en janvier 2013).


La Bohémienne endormie

Invenit - 2012

« Nous sommes les deux plus grands peintres de notre temps, toi dans le genre égyptien et moi dans le genre moderne ». Ainsi s’adressait à Picasso celui que l’on qualifia de « primitif moderne », véritable autodidacte dont la peinture, naïve, quasi « brute », rallia les Fauvistes et impressionna les Surréalistes. De La Bohémienne endormie, chef-d’œuvre fascinant du Douanier Rousseau (1897, MoMA, New York), Hubert Haddad tire un récit onirique qui restitue toute la magie d’une peinture à jamais ouverte sur l’infini. Veillée par la pleine lune – dans le faux jour intense d’un crépuscule étoilé –, la bohémienne, sous le masque nocturne de son visage en étrange gémellité avec la gueule du grand lion pacifique, semble rêver de la violence d’aimer… Henri-Julien-Félix Rousseau naît à Laval en 1844, d’un père ferblantier et d’un arrière-grand-père ancien colonel d’Empire et gouverneur militaire de Sélestat. Passionné de musique et de poésie, il monte à Paris en 1869, où il épouse Clémence Boitard, dont il aura 9 enfants. En 1871, il obtient un emploi à l’Octroi de Paris, qui lui vaudra son surnom. Convaincu de sa singularité artistique, il obtient en 1884 sa carte de copiste du Louvre et expose pour la première fois au Salon des Indépendants (il y exposera sans discontinuité de 1886 à 1910), où il sera remarqué par Paul Signac, Paul Gauguin, Odilon Redon, Georges Seurat et Camille Pissarro. Sa femme meurt en 1888 et malgré ses difficultés financières il quitte l’Octroi en 1893 pour se consacrer à la peinture. Il peint en 1897 La Bohémienne endormie, qu’il tente de revendre sans succès à sa ville natale. Il se remarie en 1899 avec Joséphine Noury qui mourra elle aussi quatre années plus tard. L’inspiration exotique de ses tableaux, selon Apollinaire, viendrait d’un voyage de Rousseau au Mexique pendant son service militaire, que rien ne vient pourtant attester. Coloriste original jouant avec la perspective, Rousseau emplit ses tableaux d’un exotisme onirique, une poésie visuelle, « naïve », dans laquelle le rêve tient lieu de réalisme. Il se lia d’amitié avec Alfred Jarry, qu’il hébergea pendant un temps, avec Apollinaire, Blaise Cendrars et André Breton, qui l’encouragèrent peut-être à écrire les quelques pièces de théâtre et poèmes qui ne marquèrent pourtant pas la postérité. Il meurt à l’hôpital Necker en 1910. Sa dépouille fut d’abord jetée dans la fosse commune avant que Armand Queval, Robert Delaunay et Guillaume Apollinaire ne se mobilisent pour lui garantir une sépulture, sur laquelle Apollinaire fit gravir une épitaphe « (…) Laisse passer nos bagages à la porte du ciel / Nous t’apporterons des pinceaux, des couleurs, des toiles / Afin que tes loisirs sacrés dans la lumière réelle / Tu les consacres à peindre comme tu tiras mon portrait / La face des étoiles. »


Opium Poppy

Zulma Editions - 2011

C’est l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium. À travers ses yeux, nous découvrons les choix terribles qui s’imposent à l’enfant soldat. À travers ses aventures d’immigré clandestin, nous sont dévoilés dans toute leur absurde crudité les chemins de la drogue, du producteur de pavot à l’héroïnomane parisien. Hubert Haddad nous offre un livre coup de poing. En poète, en homme libre, il sait que la littérature seule peut approcher la tragédie. Dernier fleuron d’une œuvre encensée par le public et la critique, Opium Poppy résonne d’un lyrisme haletant, celui de l’urgence de l’engagement.


Revue de presse :

"Une fois encore, son livre emporte l’adhésion par sa façon de se tenir sur la crête, entre 
le reportage et la grande prose dramatique. (...) 
Le roman d’Hubert Haddad se place d’entrée de jeu sous le signe de l’incompréhension et de l’ambiguïté. Il ne sortira pas un instant de cette ligne. Alors que le récit s’installe dans un va-et-vient entre différentes séquences parisiennes de la vie d’Alam et des épisodes antérieurs, dans son pays puis sur la route de l’exil, on peut à chaque instant mesurer combien ce parcours résulte d’une succession de chocs 
et d’ébranlements auxquels le garçon doit faire face." Jean-Claude Lebrun, L’Humanité

« Hubert Haddad prend à bras-le-corps le réel de son temps dans ce qu’il a de pire, de plus barbare, et en tire un grand livre. De ceux qui font réfléchir et, peut-être, rendent meilleurs leurs lecteurs. Il est évident que l’on n’oubliera jamais le héros d’Opium Poppy. » Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo


Nouvelles du jour et de la nuit

Zulma Editions - 2011

Les nouvelles d’Hubert Haddad constituent un univers en soi, un continent insubmersible entre songe et réalité. Les personnages en quête d’absolu, les monstres secrets, les phénomènes de cirque, les femmes fatales et les acteurs fous, investissent des cités authentiques ou inventées, des îles fantastiques ou des no man’s land très mystérieux. L’effroi et la merveille sont ici partout au rendez-vous. Chacune de ces histoires nous propulse dans la brûlante actualité des mythes et des légendes, aujourd’hui même le plus souvent. Tous ces drames et ces paysages insolites ou trop réels, nous nous empressons d’y croire avec délice afin de perpétuer la magie de la lecture.

Hubert Haddad nous parle de notre être intime, de nos cauchemars comme de nos aspirations à un autre monde, avec un bonheur d’invention, une fantaisie alerte qui font de cette somme en deux coffrets de cinq recueils chacun – l’un dédié au soleil et l’autre à la lune – un monument de mots voué au très folâtre culte de la fiction et à l’imaginaire.

Nouvelles du jour et de la nuit : la nuit est une magnifique boîte de format 13,5 x 20 x 7 cm qui contient 5 volumes de 128 pages chacun :
L’Inconnu du terminal Beaufor
Juliette avant la nuit
Le Robot mélancolique
Le Prince d’automne
Le Langage des fleurs

Nouvelles du jour et de la nuit : le jour, dans lequel on retrouvera :
Le Cabaret de la mère folle
Le Souffle de l’Agone
Le Soleil des scorpions
Un été vaudou
Le Jardinier et le faux nègre


Vent printanier

Zulma Editions - 2010

Un jour de printemps, Michaï, vieux musicien ambulant rescapé des camps, se retrouve devant la gare de Bobigny. Un campement de Tziganes vient d’en être expulsé pour les commémorations de la déportation. Le vieil homme y rencontre un petit garçon en quête des siens, Nicolaï… C’est du point de vue de l’enfance que les nouvelles de Vent printanier (nom de code de la rafle du Vel’ d’hiv’) évoquent l’épouvantable connivence de Vichy avec la « solution finale ». De retour sur les lieux de l’impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d’imaginaire, vraies des milliers de fois hier à Drancy ou ailleurs, et aujourd’hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d’humanité.


Géométrie d’un rêve

Zulma Editions - 2009

Pour tenter d’oublier Fedora qu’il a aimé à en mourir, un romancier s’exile sur les côtes du Finistère, dans un vieux manoir dominant l’Océan. Emporté par l’esprit des lieux, il commence un journal intime où peu à peu se mêlent personnages réels et fictifs. De Fedora, soprano lyrique qui se donne le jour mais se refuse la nuit, à l’étudiante japonaise persécutée par son frère yakusa, les héros de ses romans, ses maîtresses disparues, ou encore Emilie Dickinson, prennent un même caractère de réalité. Mille et une Nuits d’un insomniaque qui se raconte des histoires, Géométrie d’un rêve, traversé par les figures de Faust ou d’Othello, est le roman de la jalousie inexpiable et de l’amour fou.


Oxyde de réduction

Dumerchez - 2008

Les textes les plus récents d’H. Haddad, où le lyrisme et le chant sont poussés à leur plus extrême concision, et d’autres plus anciens : Bab’îlu, long poème narratif qui déploie le mythe de Babel dans son historicité et sa symbolique, ainsi qu’un conte de vers et de proses alternés, Dernier combat de l’homme en sang, interprétation onirique de la quête du Graal.


Palestine

Zulma Editions - 2007

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute… Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade. C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée... Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastìn — moderne Antigone — toute l’horreur du conflit en une tragédie emblématique d’une grande beauté. Palestine a été traduit et publié en Italie (Il Maestrale), en Allemagne (Nautilus), au Portugal, (Quetzal), en Espagne et en Turquie.


Le Nouveau Nouveau Magasin d’écriture

Zulma Editions - 2007

On ouvre ce Nouveau Nouveau Magasin d’écriture comme une boîte à secrets : pour rêver, inventer, écrire et… lire ! Comme une machinerie fabuleuse à produire de la fiction et à investir les territoires de l’imaginaire. Gravures, dessins, tableaux aux forces évocatrices, caricatures ou curiosités d’almanach, c’est tout un monde de textes et d’images qui s’offre à nous. Hubert Haddad a puisé avant tout chez ces peintres passionnément inspirés par la littérature - Goya, Doré, Klinger, Bresdin, Kubin, Rops, Redon… Au plaisir des yeux répond celui de la rêverie. On emprunte les sentiers du merveilleux labyrinthe de la fiction universelle aux côtés de Kafka, Valéry, Ovide ou Hugo, mais aussi de nombreux botanistes, inventeurs, grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, on y découvre un univers de fantaisie et d’inquiétante étrangeté. À travers le mystère de gravures et dessins, à travers de nombreux jeux inédits et propositions d’écriture, ce cabinet des curiosités ou dispositif à capter les songes, a pour ambition d’explorer d’autres domaines de l’art d’écrire – et donne au fil des pages à rêver dans un esprit capricant et vagabond.


Le Camp du bandit mauresque

Fayard - 2006

C’est un môme, il n’a pas cinq ans, mais déjà il fuit la mésentente de ses parents. Son refuge est dehors. Au-delà de la porte cochère, sur les trottoirs de Belleville et de Ménilmontant, dans la rue. Figure festive et contrastée, tragique à l’occasion, le Paris des années cinquante et ses « fortifs », entre reconstruction et guerre d’Algérie, avec ses petits métiers, rémouleurs et forains, chiffonniers et camelots, ses clochards et ses gitans amoureux, abrite le jeune garçon, qui se cherche une place avec plus ou moins de succès. Dans cet univers bigarré, il fait rapidement l’apprentissage de la seule différence qui ne pardonne pas : être né ailleurs. Le petit Juif de Tunis n’en souffrirait sans doute qu’à peine si ses lointaines origines, qu’il a lui-même oubliées, ne s’interposaient entre son cœur et la blondeur d’une fillette. Souvenirs, rêves et anecdotes composent dans ce récit d’enfance la mosaïque des premiers abandons et des premières douleurs, celles que la camaraderie enfantine ne guérit pas toujours et que l’école inhumaine accuserait plutôt, celles de la déréliction, peut-être plus lourde à porter que l’exil.


Le Nouveau Magasin d’écriture

Zulma Editions - 2006

De l’art de la nouvelle et du conte à celui du roman, du sonnet baroque à la poésie contemporaine, du haïku au genre épistolaire, sillonnant entre Rimbaud, Proust, Emily Brontë, Kafka, Borges, Daumal, Hardellet, Kraus et cent autres, cet objet littéraire non identifié débride joyeusement l’imaginaire autant qu’il explore les arcanes de la création littéraire - ou comment trouver un sujet, investir de façon ludique la poésie, le théâtre ou le mot d’esprit, s’adonner aux délices de l’analogie et de la métaphore… Foisonnant, passionné, érudit et simple, terriblement excitant, le Nouveau Magasin d’écriture est tout à la fois une encyclopédie subjective, un dictionnaire portatif, un bréviaire de style et un réservoir magique d’inspiration - en somme : un véritable manuel d’écriture et de littérature en action, pour tous les fous de littérature. Avec une richesse d’invention propice au rêve et à l’aventure, il offre une somme de dispositifs et de multiples rapprochements inédits, pour associer écriture et lecture dans une même perspective d’invention et d’émancipation.


La Double conversion d’Al-Mostancir

Fayard - 2003

Une singulière légende a cours sur les rives de la Méditerranée : saint Louis ne serait pas mort de la peste dans la plaine de Carthage à l’issue de la VIIIe croisade... Venu convertir l’émir de Tunis Al-Mostancir, avant de reprendre la route de Jérusalem, Louis le neuvième se serait éclipsé. Guéri du pouvoir comme de la dysenterie, il se serait installé sur la colline enchanteresse qui surplombe Carthage et qu’on appelle désormais Sidi Bou Saïd. D’autres versions de la légende prétendent que saint Louis, initié au Coran et à la philosophie des maîtres du soufisme, converti par une belle musulmane et devenu lui-même un grand mystique soufi, ne serait autre que Sidi Abou Saïd. La Double conversion d’Al-Mostancir nous plonge dans la conscience même du roi saint à l’agonie. Avec ce conte lourd de sens, Hubert Haddad réinvente ici le roman de l’Ifriqiya.


La Culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole

Fayard - 2003

Lorsqu’on a passé ses plus belles années au fond d’une prison sri lankaise à cause d’un doigt de cannabis et d’un engrenage de malentendus, il y a de quoi devenir fou. Trente ans plus tard, libéré mais oublié de tous, le héros de cette histoire retourne en France où l’attend un héritage inhabituel. Un vieil oncle défunt appelé Martin Harrar savant homme et aventurier richissime lui a légué un étonnant domaine au milieu de forêts. Il s’agit en réalité d’une clinique psychiatrique pour grands dépressifs et les clauses du testament astreignent le bénéficiaire à en maintenir scrupuleusement les activités. Incidents bizarres, comportements suspects et phénomènes irrationnels poussent le narrateur à mener une enquête sur la personnalité et les activités secrètes de son oncle disparu. Il va également découvrir qu’hériter d’un tel établissement n’est pas la meilleure façon de garder sa raison. Riche en énigmes et en chausse-trapes, le roman de Hubert Haddad nous entraîne dans un univers inquiétant, régi par les lois de l’humour et de l’étrange.


Le Cimetière des poètes

Le Rocher - 2002

Dans Le Cimetière des poètes, Hubert Haddad accomplit une traversée critique de la poésie française à travers son histoire éruptive, toujours à reconsidérer depuis Rutebeuf et Villon, et sur la brèche de l’avenir. Il s’agit pour lui de rendre sa plénitude énigmatique au mot poésie, de remettre sans relâche en question les consensus frileux qui priment et de rappeler chacun au devoir de révolte : tout est à réinventer dans la réalité. À une époque de massification par la technique, ce livre laisse espérer qu’il y aura toujours des aventuriers inutiles, sinon pour changer le monde, du moins pour donner un air de jeunesse aux grands cimetières de l’esprit.


Quelque part dans la Voie lactée

Fayard - 2002

Peuplées de visions et de chimères, fantastiques, érotiques ou légendaires, les nouvelles d’Hubert Haddad sont des rituels d’initiation dramatisés jusqu’à la folie. La puissance du désir qui conduit une sainte aveugle à l’accomplissement d’un miracle, la passion d’un cinéaste pour une comédienne disparue, le mythe de Faust relancé par la magie du théâtre, l’errance d’une adolescente hantée par l’image d’un cheval, les fantasmes d’un artiste peintre pour une inconnue, la découverte de son corps par une jeune femme devenue invisible : tous ne perçoivent le principe et le sens de leur vie que dans le subtil instant du rêve, de l’absence ou de la disparition. Après Le Secret de l’immortalité (prix Maupassant) et Mirabilia (prix Renaissance de la nouvelle), quelque part dans la Voie lactée nous emporte dans les contrées fabuleuses ou réelles de la solitude amoureuse.


Le Ventriloque amoureux

Zulma Editions - 2002

Quand un jeune original, héritier d’une fortune immense, se met en tête d’acquérir le génie, on peut s’attendre à tout. À ce qu’il devienne ventriloque, se retrouve interné chez le bon docteur Merz avant d’être exilé au bout du monde, et d’échouer avec d’autres fous sur une île déserte… bientôt peuplée de fous. Au fil d’un récit drolatique, Hubert Haddad nous offre quelques réflexions insolites sur la folie, agrémentées de nombreux dessins. Un univers poétique et loufoque.


La Belle Rémoise

Dumerchez - 2001

« Je la suivis sans hésiter, la nuque moite, une main sur le cœur, avec à l’esprit la sempiternelle question adressée au tout-venant des minotaures par des poètes inconséquents : Pouvez-vous dire quelle a été la rencontre capitale de votre vie ? »


Théorie de l’espoir

Dumerchez - 2001

L’auteur est un des pionniers de l’atelier d’écriture. Depuis 1980, il intervient dans le cadre scolaire, les structures d’accueil pour jeunes ou adultes en difficulté, les hôpitaux, les prisons etc...Ce livre retrace son expérience et propose une réflexion sur les enjeux d’une telle pratique du point de vue singulier de l’écrivain...


Le Chevalier Alouette

Fayard - 2001

"Nous sommes une espèce éphémère oubliée après l’amour. " C’est un enfant qui parle. Né sous Louis XVI, témoin de la Révolution, les exactions des hommes contre les hommes l’effarent, qu’elles s’autorisent du roi, de Dieu ou de la liberté. Mais elles ne l’étonnent guère. Les adultes ne sont-ils pas tout d’abord des ogres ayant chacun commencé par dévorer l’enfant qu’il fut ? Dans ces temps d’insurrection, il prend le parti du peuple le plus opprimé, le sien, celui des enfants. Le peu d’égards des hommes et des femmes envers les enfants le scandalise. Ils se montrent insensibles à leur mort ou les exploitent sans vergogne. Aussi fonde-t-il la confrérie des Quart-Jambes, opposant à la barbarie des adultes la malice et la fantaisie de l’enfance. Quant à lui, sorti du bagne de l’orphelinat pour devenir tour à tour valet au service des derniers serfs, compagnon de bohémiens, espion d’une bande de brigands, garçon de courses d’un majordome, l’amour le conduit à la plus folle des extravagances : se faire anoblir en pleine Révolution ! Ellouet le Bien-Aimé devient le chevalier Alouette. Mais pourquoi disparaît-il le jour de ses quinze ans ? Les romans et nouvelles d’Hubert Haddad nous étreignent toujours par le surgissement de quelque vérité scandaleuse. Il n’en est pas autrement dans son autobiographie fictive, même si notre initiation s’y fait " à chat perché et dans le ciel des marelles ". Poète, dramaturge, essayiste, critique d’art, nouvelliste, Hubert Haddad a également écrit plus d’une quinzaine de romans. En même temps que Le chevalier Alouette, il publie chez Fayard La Vitesse de la lumière. A ceux qui s’étonneraient d’une telle profusion d’oeuvres dans des genres aussi différents, on pourrait répondre en citant Jérôme Garcin : " Hubert Haddad sait différencier les genres littéraires et ne trompe pas son monde. C’est cela, d’abord, le talent : utiliser plusieurs encres, plusieurs plumes au service des mêmes idées. "


La Vitesse de la lumière

Fayard - 2001

"Je me souviens de cette immense grotte dans les falaises de la côte algérienne. Je m’y étais introduit lors d’une halte en voiture sur la route d’Oran. Sur une paroi, à lintérieur, mon propre nom était peint en grandes lettres blanches. Voletant, prisonnière, une hirondelle de mer se cognait aux murailles, à moitié assommée. je l’ai prise sans mal dans mes mains. Dehors, j’ai ouvert les paumes sur l’oiseau tout à l’heure pantelant. Comme il a jailli pour rejoindre le ciel lointain du large ! J’emploie le temps des rêves pour raconter cette histoire. Elle ne m’avait pas troublé outre mesure alors. Trente ans plus tard, l’épisode me semble riche de significations sur mon propre destin. La vie est une route d’oublis qui laisse toute la mémoire. " Poignant, ce texte autobiographique dépourvu de fard exprime comment les mots de l’amour et l’amour des mots peuvent aider à combattre la mort et les plus sombres épreuves de la vie. Poète, dramaturge, critique d’art, nouvelliste, Hubert Haddad a également écrit plus d’une quinzaine de romans. En même temps que La vitesse de la lumière, est réédité chez Fayard Le Chevalier Alouette.


Petits Sortilèges des amants

Zulma Editions - 2001

Les amants rêvent souvent d’avoir à leur disposition sortilèges, philtres ou recettes. Magie blanche, magie noire, l’amour est toujours magique, surtout quand s’en mêle le diable, qui comme chacun sait n’est que l’autre nom du désir. On peut considérer Petits Sortilèges des amants comme une mise en forme poétique d’une culture ancestrale fondée sur des recettes de textes cabalistiques, traités de magie ou vieux almanachs. Un plaisir renouvelé des mots qui participe du merveilleux, cher aux plus anciens modes d’expression populaires comme à tous les amoureux.


Une rumeur d’immortalité

Dumerchez - 2000

Ce nouveau recueil d’Hubert Haddad témoigne de la chute des corps et de la disparition. La réflexion partout en jeu dans ces poèmes est travaillée par l’indicible, ce silence en retrait du langage que certaines expériences imposent comme un décollement du signifié.


Les Scaphandriers de la rosée

Fayard - 2000

Pour Hubert Haddad, la littérature est une passion à la fois secrète et partagée qui a la langue pour enjeu, à savoir l’avenir de l’homme. Dans cet essai ordonné entre les deux pôles de l’universalité (« L’alphabet incontrôlable ») et de la subjectivité (« Journal d’un animal arbitraire »), Haddad explore la posture de l’écrivain, non pas seulement face à son oeuvre, mais dans les processus mêmes de la création. Les proximités biographiques et imaginaires que l’auteur éclaire, excèdent les classifications habituelles, pour donner sa vraie dimension, métaphysique et abyssale, à l’aventure des mots. L’originalité de ce livre réside dans la recherche concertée de ce lieu de surgissement où s’élaborent des oeuvres apparemment si diverses. « Défiance et illumination » dans une langue. Qu’est-ce que cette chose qui porte à écrire, à transgresser le réel par le style a Pourquoi des auteurs aussi différents que Daumal, Poe, Hölderlin, Maupassant, Jünger, Garcia Marquez (auquel est consacrée la première étude conséquente en France), le trop méconnu Fardoulis-Lagrange, ou encore Pieyre de Mandiargues, Dominique de Roux, Luc Dietrich, Paul Gadenne et Claude Louis-Combet, butent-ils avec tant de force sur la question fondamentale de l’origine scripturale, liée au désir et à la mort ? Ces études variées sur la position de l’écrivain à travers les oeuvres et le monde qui les porte se nourrissent de réflexions sur la légitimité des genres littéraires à travers les espaces mythiques et les catégories flottantes du réalisme et de l’imaginaire. L’auteur, lui-même poète, romancier et dramaturge, s’efforce d’approcher au plus près, sur ces bases, le mystère des passions esthétiques qu’une même hantise, de l’ordre d’une élucidation absolue, ne cesse d’inspirer. Sans le moindre esprit de système, après Saintes-Beuveries (José Corti), Hubert Haddad développe une philosophie critique de la littérature fondée sur l’épreuve de la vérité et l’expérience fondamentale.


Mirabilia

Fayard - 1999

Outre leur étrangeté et singularité, un des points communs à ces dix nouvelles, "merveilleuses" au sens classique du mot, résulte de la fascination des villes grandes ou petites : ici Naples, Rome, Londres, Le Havre, Laon, Genève, mais aussi telle bourgade moins connue d’Autriche ou d’Auvergne. D’où ce titre : Mirabilia. Un autre est d’actualiser les grands mythes - Orphée, Janus, l’Apocalypse et l’éternel retour - dans la plus présente des réalités. Et des figures universelles de la littérature d’imagination, tels le fou en liberté, Robinson, le revenant, le grand personnage déchu en amuseur de troisième zone, le peintre qui vit en trompe-l’oeil. Passionné du monde du cirque, du théâtre, de l’illusion, Hubert Haddad pourrait faire sienne la formule d’un célèbre biologiste : "La vérité est dans les monstres." Des héros en quête d’une figure du destin bouleversante se perdent dans un monde de signes, des constellations de signes. Quelque chose d’une initiation périlleuse ouvre alors au mystère de temps. Dans l’envers anachronique des choses, parmi les marginaux et les illusionnistes, l’univers fantastique d’Hubert Haddad propose une nouvelle fiction faite d’une accélération des hantises les plus aiguës et redoutées de notre temps, quand la réalité entrouvre ses oubliettes et ses double-fonds.


Du visage et autres abîmes

Zulma Editions - 1999

Le visage humain est assurément la surface la plus passionnante de l’univers. Sur cette "peau d’âme" s’inscrivent les fugacités de la prétendue "nature humaine". Hubert Haddad en explore ici tous les aspects, toutes les mimiques et expressions. Le visage est l’envers trahi du décor, l’image inverse du monde, son reflet souvent si mystérieux. À vrai dire, il est pur effet de culture. Hubert Haddad évoque tour à tour les multiples états du visage, de sa formation utérine à ses divers rôles sociaux et physiologiques, comme la gemmelité, la vieillesse ou la monstruosité. Une suite d’illustrations commentées vient étayer cette réflexion : visages de la sorcière, de l’homme public, de l’hystérique ou du phénomène de foire...


L’Univers

Zulma Editions - 1999

Quelque part dans le Pacifique, un homme est rejeté par la mer. Victime d’une forme particulière d’amnésie, il tente de recomposer les événements de son passé. Il élabore ainsi le dictionnaire d’une vie tumultueuse que mille avatars jalonnent et dont le protagoniste n’a plus la clé. Un vieux dictionnaire culinaire lui permet de retrouver par bribes sa mémoire. Son fil d’Ariane sera la succession alphabétique : il retrouve des événement minuscules de son enfance quelque part en Europe de l’Est, la pension Kuntz, une famille en partie décimée dans les camps de la mort, des périples sur un cargo, ou les amours tumultueuses avec une acrobate de cirque. Toute son existence peu à peu se redessine, avec ses passions erratiques, son expérience d’astrophysicien perché dans un phare.


Le Testament de Narcisse

Dumerchez - 1998

La Condition magique

Zulma Editions - 1998

Dans la mouvance d’une génération d’étudiants désemparés, Hiel Akangelos et Marghrète, jeunes Suédoises, suivent ensemble les cours de Roland Desargues sur Descartes, dans une université de la banlieue nord. Hiel, parce que son frère disparu en montagne a été son disciple, Marghrète parce que son père, richissime industriel, possède des documents inédits du philosophe. Après une phase d’errance et de solitude, Hiel parvient à sortir Marghrète de l’influence d’une secte. Quant à Desargues, il ne résiste pas longtemps à partir sur les traces de Descartes, à ses risques et périls, dans l’archipel de Stockholm. Entraînés par la folie d’un homme - le père de Maghrète -, tous trois prendront part à une expédition scientifique dans l’Himalaya... Dans ce roman d’une maîtrise exceptionnelle, Hubert Haddad relate une quête d’absolu en une fin de millénaire tentée par toutes les formes de l’irrationnel. Le retour inquiet à la philosophie, l’attente du sacré à travers les mystiques orientales, l’attirance des sectes et des visions New Age, symptômes d’une civilisation en état de manque, sont ici confrontés à la passion de la vérité.


L’Ame de Buridan

Zulma Editions - 1998

En terre albigeoise, une vallée encaissée entre deux flancs de colline surmontés à l’ouest d’un château, à l’est d’une abbaye ; Buridan, garçon « d’une candeur remarquable », n’appartient à aucun des deux mondes qui dominent la vallée : follement amoureux de Violentilla, vierge arrogante qui semble se refuser à lui, i1 essaiera de fuir l’amour impossible en renonçant au monde chez les frères de l’abbaye puis en se réfugiant dans l’univers mondain du château. Mais comment oublier le désir qui le pousse irrésistiblement vers elle ? Dans ce conte érotique et initiatique fabuleux, Hubert Haddad, auteur de nombreux essais, romans et nouvelles, nous régale de sa superbe écriture.


Les Larmes d’Héraclite

Encrage - 1996

« La sentinelle est morte frappée par l’évidence/Et le barbare a fait de son corps foudroyé/L’antique Vérité debout sur sa romance. » Poète, Hubert Haddad fait rouler les mots comme d’enivrants tonneaux sur la pente douce de l’Eternité. Ses proses sont altières, nettes, limpides et détachées ; ses images fulgurantes, rapides, surprenantes. Jamais gratuites car leurs musiques magiques ne cessent de regarder le Sens au fond des yeux… Ces textes pleins de sonorités — l’encre de l’esprit qui coule dans le déclic de l’écriture —, mériteraient d’être lus à haute voix. Il ne faut pas s’en priver ; ces larmes-là sont du Haddad du meilleur cru. Romancier, nouvelliste, poète, auteur dramatique et essayiste, Hubert Haddad est l’auteur d’une quinzaine de romans et de recueils de nouvelles. Il a également publié des essais sur Julien Gracq et Gabriel Garcia Marquez. Il vit actuellement dans le Calvados.


Le Rat et le cygne

Dumerchez - 1995

L’Ami argentin

Dumerchez - 1994

Crânes et jardins

Dumerchez - 1994

Tout un printemps rempli de jacynthes

Dumerchez - 1994

Meurtre sur l’île des marins fidèles

Zulma Editions - 1994

Une auberge sujette à d’étranges activités sur la baie de Black Hill : tout débute comme dans le roman de R. L. Stevenson. Hubert Haddad, dont on connaît les pouvoirs d’évocation, relance de façon inédite l’aventure de L’Île au trésor. Après avoir fait connaissance avec la mer et quelques bois d’épave, on découvre William Bostry, cinéaste de renom, qui tourne une adaptation du célèbre roman avec la réplique exacte du trois-mâts l’Hispaniola, quelques comédiens de Londres et tout un équipage de figurants embauché parmi les marins de radoub des cabarets de Bristol. Hubert Haddad s’empare ainsi d’une émotion d’adolescentt pour créer à son tour la plus palpitante des fictions. Et l’aventure commence, l’effroi et le prodige, avec le jeune Rhys Landor, le Contre-amiral de la Pêche-aux clous, Poing-clos, le professeur Pingleman, ou le lieutenant Memory... Un des secrets de cette hallucinante aventure marine, qu’on lit d’une seule haleine, est de nous réserver de remarquables incursions du côté de la fable et du mythe.


Clair venin du temps

Dumerchez - 1992

Kronos et les marionnettes

Dumerchez - 1992

Le Secret de l’immortalité

Critérion - 1991

" Le sentiment d’étrangeté se dédouanait du réel le plus insolite. Mais je n’avais pas d’inquiétude ; j’avais fait mon deuil de tout ce qui crée l’illusion au monde : cette buée de relations, d’habitudes, d’opinions, de fausses évidences. Nous sommes seuls et nus. " Chacune des huit nouvelles qui composent le recueil nous précipite dans un monde de signes qui est finalement le nôtre et nous fait reconnaître " la charge de fantaisie qui fausse incidemment la réalité ". Un homme dont la vie déraille se met à arpenter les gares ; à peine débarqué dans les îles, un professeur réalise que l’exotisme est trompeur ; un écrivain devient la victime de son propre livre ; une jeune fille joue son avenir comme on tire les cartes... Quel que soit leur destin, les personnages se retrouvent tous un jour devant " l’issue ou l’entrée du labyrinthe ". Évidence foudroyante de l’éternel retour, du secret de l’immortalité. Au-delà du parcours initiatique, Hubert Haddad nous propose de pratiquer " l’autopsie du mystère ".


Saintes-Beuveries

José Corti - 1991

Armelle ou l’éternel retour

Le Castor Astral - 1989

Un homme erre de par le monde en compagnie de sa maîtresse Armelle, de sa sœur Catherine à laquelle le lie un amour incestueux, d’un jeune prostitué et d’un trafiquant de drogue. Ce livre genèse permet de comprendre une œuvre tout entière tournée vers le mystère de l’être.


Perdus dans un profond sommeil

Albin Michel - 1986

Julien Gracq, la Forme d’une vie

Le Castor Astral - 1986

Hubert Haddad parcourt les labyrinthes de l’œuvre exigeante de Julien Gracq. Les soubassements biographiques et les grandes rencontres littéraires étayent ce dialogue entre écrivains. Gracq romancier – ce « rêveur définitif » –, mais aussi critique et polémiste, nous est présenté dans tout l’éclat de son mystère.


Oholiba des songes

La Table Ronde - 1985

Au Liban, en Afghanistan, en Irak, partout où il y a des enfants soldats et des villes en feu, Samuel Faun, photographe de guerre établi à New York, retrouve sans fin le drame vécu du génocide, en Europe centrale, où toute sa famille fut anéantie. Entre deux reportages, il erre dans le quartier juif de Manhattan, et pénètre par hasard dans un théâtre yiddish. On y joue une pièce étrange : Oholiba des songes. Bouleversé par une actrice " au regard de revenante ", Mélanie Roseïn, Samuel Faun est bientôt happé dans la folle dramaturgie de la passion amoureuse et du rêve, tournée vers Oholiba, autre nom de Jérusalem. Un roman d’une somptueuse beauté et d’une maîtrise à couper le souffle.


La Ville sans miroir

Albin Michel - 1984

Les Effrois

Albin Michel - 1983

Mystère et superstition sont les ingrédients essentiels de ce roman. La nature trouve également ici une place importante avec les forêts vosgiennes où se déroule l’enfance singulière de Gilles Varémont. Les dix premières années de ce garçon étrange et sauvage sont jalonnées d’une série de morts dramatiques : d’abord celle de sa mère, Louise, en le mettant au monde, décès provoquant la folie du père bûcheron, puis celles, coup sur coup, de ses grands-parents qui l’avaient recueilli, et enfin celle de son père auprès duquel il était revenu vivre, au cœur de la forêt de Thiriville que les villageois croient hantée par le spectre de Louise, en quête d’une sépulture. Poursuivi par la haine des adultes et des enfants parce qu’il est né « les pieds devant », Gilles se réfugie dans un univers qui lui est doux et familier : la nature, la forêt. Ce « jeune animal égaré toujours aux aguets » a très tôt senti en lui « une sorte d’appel sensuel et douloureux dans la complicité muette des montagnes ». Même s’il est situé dans l’entre-deux-guerres, ce roman est de nature intemporelle. Ce parcours d’initiation – d’un enfant attachant par son refus inné de la civilisation – fait de ce texte – à la charnière du réel et de l’imaginaire – un plaidoyer pour la différence aux couleurs du paganisme.


Michel Haddad, 1943 / 1979

Le Point d’Etre - 1981

Les Grands Pays muets

Albin Michel - 1978

Michel Fardoulis-Lagrange et les évidences occultes

Puyraimond - 1978

La Cène

Albin Michel - 1975

À l’origine, une immense tragédie survenue dans la Cordillère des Andes : un avion s’écrase à 4 000 mètres d’altitude. Pour survivre, les rescapés en viennent à manger la chair des morts. À la version officielle du drame, justifiant une interprétation à la fois héroïque et sacrée de leur anthropophagie, Hubert Haddad en oppose une autre. Sans modifier la moindre des circonstances relatées, il introduit, à travers quelques figures fictives, le personnage de Marquez, journaliste faisant partie du voyage qui, lui, refuse de manger les cadavres. Dans un décor de neige, de froid et de silence, la Cène est ainsi un immense tableau de paysages vertigineux où sont transmises, comme par électrochocs, la fébrilité des miraculés, l’angoisse, la faim et la folie. Une superbe et souvent insoutenable parabole sur les valeurs de l’homme occidental. Cette tragédie, survenue dans les Andes en 1972, a bouleversé le monde entier. Elle a été relatée, dans une version officielle, dans le livre Les Survivants de Piers Paul Read, un best-seller international qui a donné lieu par la suite à un film à grand spectacle. Revisitée par Hubert Haddad sous une forme romanesque, dans l’instant même du drame, elle est ici prétexte à une réflexion personnelle sur le sens philosophique de l’événement et sa récupération par les médias, le gouvernement et l’Église.


Un rêve de glace

Albin Michel - 1974

Un rêve de glace est une magnifique, éphémère et macabre histoire d’amour. Celle d’un gardien de morgue, héroïnomane et nécrophile, sensible et passionné, qui tombe amoureux de la dépouille d’Eva, épouse suicidée du Dr. Possémé. Mais comment préserver à tout jamais sa belle endormie ? Peu à peu, les souvenirs qui le hantent lèvent le voile sur un passé douloureux, celui de sa mère, Elénore, et de la grande maison en bord de mer de son enfance. Fabuleux portrait d’un héros atypique (dont les passions perverses, étrangement, semblent aller de soi), ce “rêve de glace” instaure une ambiance inquiétante et mystique, dans des décors fantasmagoriques d’un palais baroque, entre réalité et hallucination. Ce premier roman d’une richesse littéraire et d’une profondeur psychologique rares a été publié en 1974. Zulma réédite ce texte clé qui mit en lumière l’un des plus talentueux écrivains des trente dernières années autant qu’il préfigura, par le souffle poétique qui le porte, l’œuvre magistrale à venir.


Le Charnier déductif

Debresse - 1969

Les grands débats en vidéo

Le pouvoir magique des mots : pour saluer Gabriel Garcia Marquez

Saint-Malo 2014

Avec Hubert Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud, Claude Durand, Julien Delmaire
Animé par Yahia Belaskri

On dit d’un écrivain qui impose sa singularité qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain de voix » à nul autre pareil – et si la littérature était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de nous quitter, était de ces écrivains rares dont on peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la fois intensément ancré dans l’Amérique latine et véritablement universel, qui plus que tout autre peut-être aura incarné le courant du « réalisme magique ». Claude Durand, un des très grands éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976.


Les enjeux de la fiction

Saint-Malo 2012

Interventions de Michel Le Bris, Patrick Chamoiseau, Nancy Huston et Hubert Haddad


Haïti du monde entier

Saint-Malo 2012

Avec James Noël, Julien Delmaire, Yahia Belaskri, Hubert Haddad et Makenzy Orcel.

Les cafés littéraires

Le pouvoir magique des mots : pour saluer Gabriel Garcia Marquez

Saint-Malo 2014

Avec Hubert Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud, Claude Durand, Julien Delmaire
Animé par Yahia Belaskri

On dit d’un écrivain qui impose sa singularité qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain de voix » à nul autre pareil – et si la littérature était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de nous quitter, était de ces écrivains rares dont on peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la fois intensément ancré dans l’Amérique latine et véritablement universel, qui plus que tout autre peut-être aura incarné le courant du « réalisme magique ». Claude Durand, un des très grands éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976.


Les enjeux de la fiction

Saint-Malo 2012

Interventions de Michel Le Bris, Patrick Chamoiseau, Nancy Huston et Hubert Haddad


Haïti du monde entier

Saint-Malo 2012

Avec James Noël, Julien Delmaire, Yahia Belaskri, Hubert Haddad et Makenzy Orcel.

Hier et aujourd’hui : résolument gothique

Avec Hubert Haddad, Pierre Cassou-Nogues, Saul Black et Alain Morvan. Rencontre animée par Hubert Artus - Saint-Malo 2015

Avec Hubert Haddad, Pierre Cassou-Nogues, Saul Black et Alain Morvan. Rencontre animée par Hubert Artus

Le siècle des Lumières nous promettait une marche cadencée vers le Progrès et la Liberté sous les lumières de la Raison – voilà qu’il se creuse en souterrains, se dresse en châteaux maléfiques, se renverse en nuit noire. Gothique sera l’espace de cette déflagration, où semblent s’annoncer les tumultes du temps, depuis le Vatheck de Beckford et le Moine de Lewis jusqu’au Frankenstein de Mary Shelley. Gothique, il revient à chaque période de rupture : romantisme noir, fantastique fin de siècle, et aujourd’hui encore, dès le milieu des années 70, quand s’effondrent les idéologies. Avec Alain Morvan, Saul Black (alias Glen Duncan), Hubert Haddad et Pierre Cassou Noguès.


La poésie, tout un roman ?

Avec Abdourahman Waberi, Jean-Marie Blas de Roblès et Hubert Haddad - Saint-Malo 2015


Avec Abdourahman Waberi, Jean-Marie Blas de Roblès et Hubert Haddad


Rencontre avec les lauréats du Prix des Cinq Continents de la Francophonie

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué - Saint-Malo 2015

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué


Peindre, écrire : L’imagination créatrice

Avec Frankétienne, Muriel Barbery, Breyten Breytenbach, Hubert Haddad. Débat animé par Marie-Madeleine Rigopoulos. - Saint-Malo 2015

Avec Frankétienne, Muriel Barbery, Breyten Breytenbach, Hubert Haddad. Débat animé par Marie-Madeleine Rigopoulos.


Théorie de la vilaine petite fille - Hubert Haddad

Saint-Malo 2014

Avec : Hubert Haddad
Animé par : Marie-Madeleine Rigopoulos


L’art au coeur du roman

Avec Diana EVANS, Michelle TOURNEUR, Hubert HADDAD, Jim FERGUS - Saint-Malo 2013

Avec Diana EVANS, Michelle TOURNEUR, Hubert HADDAD, Jim FERGUS


Intranqu’illes

Avec James Noël, Dany Laferrière, Hubert Haddad, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Robles, Rodney Saint-Eloi - Saint-Malo 2013

Avec James Noël, Dany Laferrière, Hubert Haddad, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Robles, Rodney Saint-Eloi


Gardiens du silence

Avec Hubert Haddad, Jean-Marie Blas de Roblès et Yvon Le Men - Saint-Malo 2013

Avec Hubert Haddad, Jean-Marie Blas de Roblès et Yvon Le Men


La poésie des romanciers

Avec Lyonel Trouillot, Léonora Miano, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad - Saint-Malo 2012

La poésie des romanciers, une rencontre avec Lyonel Trouillot, Léonora Miano, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad, animée par Yvon le Men.


Palestine : regards croisés

Avec Elias Sanbar, Hubert Haddad et Raja Shehadeh, rencontre animée par Yann Nicol - Saint-Malo 2012

L’urgence de l’imaginaire

Avec Leïla Kilani, la réalisatrice de "Sur la planche", Alaa El Aswany, Raja Shehadeh, Paolo Rumiz et Hubert Haddad - Saint-Malo 2012

Avec Leïla Kilani, la réalisatrice de "Sur la planche", Alaa El Aswany, Raja Shehadeh, Paolo Rumiz et Hubert Haddad


Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? De la nécessité de fictionner le monde

Saint-Malo 2011

Il y a de l’indicible. C’est même pour cela qu’il y a littérature. Si tout était dicible, tout serait dit depuis longtemps, et nous n’en ferions pas tant d’histoires ! Mais des histoires, justement, nous en racontons depuis l’aube des temps... « Ce simple mystère : raconter des histoires » disait Henry James. Pourquoi, ce « besoin de fictions » ? « Indicible »... C’est peut-être vite dit. Si le « fictif » n’est pas le vrai, il n’est pas non plus le faux : peut-être faudrait-il enfin admettre qu’il dit quelque chose qui ne peut pas être dit autrement. Et en tirer toutes les conséquences : qu’il y a un autre ordre de connaissance que celle rationnelle, discursive — une connaissance relevant de l’imaginaire. Par laquelle nous pouvons lier connaissance avec l’autre. Et habiter le monde...

Avec Jean ROUAUD, Michel LE BRIS, Kossi EFOUI , Hubert HADDAD, Sylvie LAURENT, animé par Hubert Artus.


Puissances du mythe

Saint-Malo 2011

Dans les années d’arrogance des avant-gardes, quand celles-ci rêvaient à une littérature qui n’aurait plus d’autre objet qu’elle-même, et que la « production textuelle » prétendait remplacer le récit, bref, quand la fiction et donc l’imaginaire se trouvaient frappés d’interdit, le moins que l’on puisse dire est que le mythe n’avait pas bonne presse. Mais comment dire, sans y retourner, l’inconnu du monde qui vient, dans le déploiement de ses puissances ?

Avec Patrick CHAMOISEAU, Hubert HADDAD, Robin HOBB et Ian MC DONALD.
Un débat animé par Willy Persello.


Edouard Glissant, poésie et politique

Saint-Malo 2011

Avec Jean ROUAUD, Michel LE BRIS, Patrick CHAMOISEAU, HADDAD Hubert


Aux frontières du réel

Saint-Malo 2011

Avec Hubert HADDAD, et SJON