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Presse
 

Fin d’une édition placée sous le signe du cinquantenaire

publié le 17 décembre 2010.
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8e Etonnants voyageurs au Mali : Fin d’une édition placée sous le signe du cinquantenaire
Par Hawa SEMEGA - 29/11/2010
Durant une semaine, Bamako était la capitale de l’art et de la culture littéraire. Echanges, ateliers d’écritures ont ponctués une édition riche en partage.
Qu’est-ce que "Etonnants voyageurs" ?
Etonnants voyageurs a été créé en 1991 par l’écrivain et éditeur français Michel le Bris à Saint-Malo. Soucieux de défendre la littérature dans tous ses états, Michel le Bris initie cette fabuleuse aventure. Ainsi pendant plus dizaine d’années, le festival initialement dénommé ‘voyageurs étonnés’, pendra finalement le nom d’ « étonnants voyageurs » et se délocalisera pour la première fois à Bamako (Mali) au début des années 2000. Cette venue au Mali a été possible grâce à l’écrivain malien Moussa Konaté, codirecteur du festival. Ainsi tous les deux ans, le pays reçoit des milliers d’écrivains venant des quatre coins du globe. Lors de ses éditions, il n’est pas question que de littérature cependant. Place est donnée au théâtre, à la danse, à la musique, au slam qui est une autre manière d’expression littéraire. Etonnants voyageurs ne concerne pas que Bamako il faut le dire. Les auteurs vont dans pratiquement toutes les régions du pays afin de donner la chance aux élèves de l’intérieur du pays, de voir, rencontrer et discuter avec les écrivains qu’ils n’ont pas souvent la chance d’approcher. Que du bonheur donc pour ces jeunes là. Cette année, le festival s’est délocalisé à Kayes, Koulikoro, Ségou, Kita, Mopti et Sikasso.

© étonnantsvoyageurs
Le public a pu échanger avec les auteurs
Sous le signe du cinquantenaire
Le codirecteur du festival, Moussa Konaté explique que cette 8e édition a été placée sous le signe du cinquantenaire des indépendances africaines. Il explique que dès le début des indépendances, la littérature avait pour but, de transformer l’esprit des peuples. En ce qui concerne la réussite de cette volonté littéraire, sa réponse reste assez mitigé. Il estime que « c’est vrai qu’on peut dire qu’il n’y pas plusieurs africains qui sont allés à l’école mais, je ne pense pas qu’il y ait eut un changement fondamental. Parce ce que le livre ne s’est pas encore bien implanté dans les cultures africaines » Cela dit, l’ouvrage qui reste le plus célèbre au lendemain des indépendances, c’est bien « le soleil des indépendances » de l’ivoirien Amadou Kourouma. Concernant le pessimiste exprimé dans cet ouvrage par rapport aux indépendances, Moussa Konaté affirme ne pas être aussi pessimiste sur la question. « On ne peut pas dire qu’il n’y a rien non. Il y eut quand même la venue de l’école ce qui n’est pas rien. Même si celle-ci est entrain de se dégrader, elle a quand même eut son utilité parce qu’ayant formé des gens qui pensent et réfléchissent aux problèmes de nos pays. En plus l’Afrique d’aujourd’hui, ce n’est pas l’Afrique d’il y a 50 ans parce que les choses ont changées. Je pense que nous aurions pu faire beaucoup plus et beaucoup mieux que ce que nous sommes entrain de faire. » Le romancier déplore le fait qu’après 50 ans, les mentalités n’ont pas encore changé. Il faut à son avis, du temps et s’y employer fortement pour que les choses évoluent. « Notre tord, c’est de toujours imiter, de ne jamais créer, de ne jamais inventer. Si nous continuons à prendre ce qui est à l’extérieur pour le plaquer sur nos réalités, nous ne nous en sortirons jamais. »

L’Afrique n’a pas de projet de société
Moussa Konaté explique que l’Afrique a besoin de penser pour réaliser parce que « nous n’avons pas de projets de société. Il est temps que nous pensions à ce que nous voulons faire à partir de nos valeurs et essayer de construire notre société que d’autres pourraient nous envier d’ailleurs. » Il estime que le problème se pose au niveau des intellectuels africains parce que ce sont eux qui devraient donner le signal et après, cela se concrétisera dans les faits. « Le développement c’est bien, mais si nous n’arrivons pas construire l’homme africain nouveau, nous ne verrons jamais le bout du tonnelle. Cet homme là serait respectueux des valeurs qui régissent nos sociétés, solidaire et savoir prendre ce qu’il y a ailleurs qui puisse nous aider à avancer. En gros, un monde où l’argent ne sera pas roi. » La nouvelle indépendance selon lui, serait une Afrique qui se construira sur ses valeurs mais restera ouverte sur le monde. Et les écrivains ont contribués et continuent de contribuer à l’éveil des consciences.
Rendez vous dans deux ans pour la prochaine édition du festival étonnants voyageurs au Mali.

 
 
 
 
 
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