Téléchargez la grille horaire 2018
(Fichier PDF - 2.5 Mo)
Téléchargez le catalogue 2018
(Fichier PDF - 6.8 Mo)

Festival international du livre : Des étonnants voyageurs débarquent à Kita

image

"Le Républicain", 26/11/10, par Assane Koné, envoyé spécial.

Pour faire la promotion du livre et de la lecture au Mali, depuis 8 ans, les écrivains malien Moussa Konaté et français Michel Le Bris ne reculent devant aucun sacrifice, pour organiser et réussir le festival international du livre, dénommé « Etonnants voyageurs ». Cette année, la 8ème édition démarrée le 22 novembre prendra fin le 28 novembre. L’ouverture officielle de la manifestation qui a eu lieu ce 25 novembre 2010, au Palais de la culture de Bamako, a été précédée par la phase de la décentralisation qui a conduit des écrivains à sillonner les villes de Kayes, Kita, Mopti, Koulikoro, Ségou et Sikasso.

Dans le cadre de la décentralisation de la 8ème édition du festival international du livre « Etonnants voyageurs », le Professeur Gaoussou Diawara, écrivain et dramaturge malien et Yves Pinguily, écrivain français et Habib Keita alias Stepho de l’association des slameurs du Mali, ont séjourné à Kita, la cité de la parole et du verbe.
Au cours de leur séjour et dans une parfaite collaboration avec Madani Keita, chef du service de la jeunesse, des sports, des arts et de la culture à Kita et de Talan Fofana, bibliothécaire de la capitale de l’arachide, ils ont animé un programme en trois temps forts : un atelier de slame avec des élèves du lycée de Kita, une matinée de conte avec les enfants du village SOS de Kita et une grande conférence débat sur l’importance du livre dans la construction de l’individu.
Arrivée à Kita dans la matinée du 22 novembre 2010, les écrivains de la mission « Etonnants voyageurs » n’ont pas eu de répit. Après les visites de courtoisie aux autorités locales et aux élus, Habib Keita dit Stepho n’a eu que le temps de se mettre quelque chose sous les dents. Il était chargé d’animer un atelier sur le slame avec une vingtaine d’élèves du lycée de Kita.
Dans une démarche très pédagogique, Habib Keita est parvenu à faire des émules à Kita. Et, il n’y a aucun doute, la graine semée va donner des fruits et des jeunes de Kita seront des adeptes du slame présentée comme une poésie urbaine. Le 23 novembre 2010, c’était le tour des tous petits du village SOS de Kita de savourer les contes des écrivains. Pour cette séance de contes, Madani Keita, le chef du service de la jeunesse, des sports, des arts et de la culture à Kita, avait adjoint aux deux écrivains venus de Bamako, le talentueux Mamadou Bouaré, un conteur hors pair.
Un moment de rêve au village SOS de Kita
Les enfants ont passé un bon moment avec ces conteurs pétris de talents qui se sont succédé sous la paillote avec le seul objectif de les faire rêver. Et, c’est avec beaucoup de regret qu’ils ont quitté les tous petits qui vont pendant un bon moment de leur existence vivre avec les images de cette matinée de contes.
Mais, leur regret allait rapidement céder la place à une joie exceptionnelle, lorsqu’ à 15 heures, ils devaient animer une conférence débat dans la salle du carrefour des jeunes de Kita pleine à refuser du monde. Présidée par Bernard Coulibaly, sous-préfet de Kita, cette conférence débat, en plus des lycéens et de leurs professeurs, a enregistré la participation massive des notabilités de la localité.
Après une brève introduction de Madani Keita, l’écrivain français Yves Pinguily, que des notabilités ont bien voulu baptiser « Homme blanc », a rappelé qu’en Bretagne sa région d’origine on l’appelle « Barde » qui n’est rien d’autre que l’équivalent du griot. Il dira que l’écriture est considérablement importante pour les hommes sur la terre où personne n’est éternel.
« Lire, c’est rêver, c’est devenir ami avec les héros du livre et c’est agrandir son esprit critique », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter, en s’adressant aux nombreux lycéens qui ont fait le déplacement, qu’ils ont besoin de lire pour devenir des acteurs majeurs dans leur pays. « Sans contredire la tradition orale, vous devez devenir des hommes et des femmes du livre et des lettres », a-t-il souhaité. Avec plus de 120 livres déjà écrits sous sa plume, dont au moins 70 consacrés à l’Afrique subsaharienne, donc au Mali aussi, Yves Pinguily, dans une éloquence très appréciée, a émerveillé plus d’un.
Et, tout porte à croire que son message n’est pas tombé dans des oreilles de sourds. Pour sa part, le Professeur Gaoussou Diawara, poète, dramaturge et homme de lettres, donc ayant un faible pour la bonne parole, n’est pas passé par quatre chemins pour dire la place que Kita occupe dans la promotion de la tradition orale en Afrique de l’Ouest. Et, pour cela, il a réitéré sa volonté de voir les autorités maliennes prendre en main le dossier de la création d’un institut international de la recherche sur les traditions orales à Kita, pour la simple raison qu’il pense que c’est à Kita qu’on sent l’effluve de l’histoire du Mali.
Cette précision faite, il a levé le voile sur les 25 ans de recherches qui l’ont conduit à écrire son livre sur Mandé Boukari. « Mon livre, je le dédie à la jeunesse. Pour moi, c’est un passage de flambeau que je remets à la jeunesse malienne car je pense que l’œuvre n’est pas terminée et c’est aux jeunes d’achever ce travail formidable », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter que le personnage d’Aboubacari II doit inspirer tous les jeunes maliens pour l’abnégation et un don de soi pour la cause nationale. « Un roi qui abandonne le pouvoir pour faire face à la satisfaction de sa curiosité scientifique est un exemple pour la jeunesse malienne. Elle doit savoir qu’on peut abandonner des privilèges pour se consacrer à l’œuvre nationale », a-t-il indiqué.
Mais, pour cela, il a exhorté les jeunes maliens à rester en classe pour étudier. « Vous devez étudier, étudier encore, étudier contre vents et marées », a-t-il conseillé. La mission de Kita s’est achevée dans la nuit du 23 novembre 2010, par un cocktail dînatoire animé par l’exceptionnel Mamadou Bouaré, artiste multidisciplinaire.

Assane Koné


Les auteurs qui se rendront à Kita du lundi 22 au mercredi 24 sont : Yves Pinguilly, Gaoussou Diawara, un slameur d’Aslama.

AU PROGRAMME :

- Lundi 22 novembre

10h : Accueil des invités
Visites de courtoisie aux autorités locales.
Rencontres avec les lycéens et le corps professionnel du lycée public de Kita.

15h-18h : Atelier de slam

18h-20h : Dîner et repos

- Mardi 23 novembre

09h-11h : Animation de conte au village SOS d’enfants de Kita

11h-13h : Déjeuner et repos

15h-18h : Conférence

20h-22h : Coktail et animations

- Mercredi 24 novembre

9h-11h : Découverte de la ville de Kita

14h : Fin de séjour

Retour des écrivains

Portfolio

Téléchargez la grille horaire 2018
(Fichier PDF - 2.5 Mo)
Téléchargez le catalogue 2018
(Fichier PDF - 6.8 Mo)