De l’écrit à l’écran

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Projection de Fatou, l’espoir en avant-première, séminaire “Ecritures
et scénario”, documentaire sur le succès de la collection “Adoras” en Afrique : le festival tend des passerelles entre la littérature et le cinéma.

Le festival Etonnants Voyageurs à Bamako, depuis sa création, s’est attaché à collaborer avec les associations et les institutions dejà présentes sur le terrain pour développer et renforcer la chaîne du livre – de l’écriture à la lecture – en Afrique.
Les deux premières éditions du festival ont été marquées par la vitalité
des échanges entre écrivains africains. Une nouvelle génération d’écrivains pleinement en prise avec la modernité, est en train d’émerger. Meme si les obstacles sont nombreux, à commencer par la faiblesse du marché du livre en Afrique, l’effervescence créatrice est particulièrement vive et il semble de notre mission de tout faire pour la favoriser.
Le cinéma, la télévision pourraient tirer grand profit de cette créativité
renouvelée – et contribuer, ce faisant, à la developper. Or, pour le moment,
il n’en est rien. Et c’est fort dommage. La chose est d’ailleurs troublante,
tant ces jeunes auteurs manifestent des dons de “raconteurs d’histoires” – et d‘autant plus troublante que nombre de ces auteurs écrivent pour le théâtre.
Aujourd’hui, l’adaptation des romans africains pour le cinéma ou la télévision est très faible et la collaboration entre écrivains et réalisateurs pour l’écriture de scénarios quasiment inexistante.
Ces activités se font face sans vraiment chercher à se rencontrer et peu
de passerelles ont été imaginées entre elles.
En inaugurant cette année un séminaire de formation à l’adaptation littéraire pour le cinéma et la télévision, associant des écrivains africains à
des réalisateurs et scénaristes français et africains, nous essayerons de
favoriser le rapprochement entre le monde de l’audiovisuel et celui de l’édition. Cette initiative, lancée avec le concours énergique d’Isabelle
Fauvel
(Initiative Film) et en partenariat avec le Ministère francais des Affaires étrangères est appelée à se développer. Parions qu’un jour à
Bamako la rencontre entre un écrivain africain, un producteur et un réalisateur donnera naissance à un film que nous aurons le plaisir de projeter au festival !
Autre événement de cette 3e édition du festival, la projection en avant première de Fatou, l’espoir. Après l’immense succès de Fatou la malienne, Daniel Vigne retrouve Fatou N’Diaye pour une suite très attendue.

"Fatou, l’espoir", de Daniel Vigne, la suite tant attendue de "Fatou la Malienne"
  • Fatou, l’espoir (Daniel Vigne, 92’, 2003)

Couvert de prix (FIPA d’or, 7 d’or, nomination aux Amy Awards),
Fatou la Malienne, de Daniel Vigne, avait été un des événements de l’année 2001 en matière de fiction télévisuelle. Il sera projeté à Bamako dans le cadre du festival, en présence du réalisateur. Avec en avant-première, avant sa programmation sur France 2, la suite tant attendue : Fatou l’espoir.
Dans ce nouveau film, Fatou revient à Paris trois ans après le premier épisode. Trois ans pendant lesquels, oblitérant le passé, elle s’est entièrement consacrée à sa carrière. Sa réussite est éclatante, puisque
c’est pour coiffer les défilés des couturiers qu’elle vient passer trois jours à Paris. Hélas, dès son arrivée, la jeune fille sûre d’elle est rattrapée par son passé. Et ses blessures jamais soignées, s’ouvrent…
La projection de Fatou l’espoir en avant-première au Centre Culturel
Français de Bamako : un événement ! Qui sera l’objet, soyons-en certains,
de débats passionnés.
Fatou la Malienne (samedi 8) et Fatou, l’espoir (dimanche 9)
à 21.00 au Centre Culturel Français.

”Coeurs brisés en Afrique“, un documentaire signé Dominique Torrès
  • Coeurs brisés en Afrique (Dominique Torrès, France 2, 2002)

Le pari de l’amour, Destination tendresse,
Cache-cache d’amour… Autant de titres à l’eau de rose et autant
de livres à succès ! La collection “Adoras” – du verbe adorer – fait un
malheur dans toute l’Afrique de l’Ouest : plus de 10 000 exemplaires
vendus de chacun de ces vingt-neuf petits bonbons littéraires, qui mettent
en scène des histoires édifiantes, entre de belles jeunes filles souvent
pauvres et des hommes riches, mais séduits par les vraies valeurs. Succès
énorme aussi sur les écrans puisque Cache-cache d’amour a été adapté
pour la télévision (et projeté sur les écrans deux fois la même semaine !)
tandis qu’un deuxième livre va suivre le même chemin.
En consacrant un film documentaire à ce véritable phénomène social, la
réalisatrice Dominique Torrès a résolument tourné le dos aux clichés ethnologiques et misérabilistes sur l’Afrique et a choisi de “raconter une autre Afrique : une Afrique jeune, citadine, férue d’Internet et qui navigue
joyeusement entre traditions africaines et clichés occidentaux”.
Car si cette collection “Adoras”, sorte de “Harlequin africain” peut prêter
à sourire, elle est surtout incroyablement révélatrice des réelles préoccupations de la jeunesse africaine.
Derrière les coups de foudre, les regards langoureux et les happy end
obligatoires, on aborde ici des problèmes de société comme l’excision,
la polygamie, le travail des femmes et les mariages arrangés.
Projection au Palais de la Culture, vendredi 7 février à 15.00.

Notre Librairie Cinémas d’Afrique

Le partenariat qui s’est instauré entre l’Association pour la Diffusion de la Pensée Française (APDF) et le festival en février 2002 a abouti à des actions dont l’utilité a été unanimement reconnue.
Cette année, la Revue des Littératures du Sud “Notre Librairie” lance son tout dernier numéro, “Cinémas d’Afrique”, à l’occasion du festival. Celui-ci sera présenté dans le cadre des rencontres autour de la littérature et du cinéma en Afrique.
De même, deux titres de guides (“Guide du libraire” et “Guide pratique du bibliothécaire”) sont présentés lors des actions décentralisées à Moti.
Sur Internet : www.adpf.asso.fr.

Séminaire "Ecritures et Scénario"

Le séminaire “Ecritures et scénario”, ce sont deux jours de rencontres entre écrivains (Kangni Alem, Ken Bugul, Eugène Ebodé, Kossi Efoui, Fatou Keita, Alain Mabanckou et Aminata Sow Fall), scénaristes, réalisateurs et producteurs, français ou africains (présentation ci-dessous), autour de la formation à l’adaptation littéraire pour le cinéma et la télévision.

PROGRAMME

  • 8 février / 10.00–13.00
    Etat des lieux des relations entre le cinéma et la littérature en Afrique et bilan des adaptations réalisées à ce jour.
    Animé par Olivier Barlet, rédacteur en chef d’Africultures.
    En présence des cinéastes français et africains.
  • 8 février / 15.00–18.00
    Présentation des enjeux et des problèmes (artistiques, juridiques, financiers) liés à l’adaptation par les professionnels français.
    Animé par Isabelle Fauvel, Initiative Film.
    En présence des écrivains et cinéastes africains.
  • 9 février / 10.00-13.00
    Rencontres entre écrivains, scénaristes, réalisateurs et producteurs.
    Animé par Isabelle Fauvel.
  • 9 février / 16.00-18.00
    Rencontre publique sur le thème “Cinéma et littérature africaine“ avec le lancement du numéro de la revue Notre Librairie sur les “Cinémas d’Afrique”.
    Animé par Isabelle Fauvel.

LES INVITÉS DU SÉMINAIRE