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DAENINCKX Didier

France

L’École des colonies (Hoebeke, 2015)

© J Sassier / Gallimard

Biographie

Auteur phare de la scène du polar français et de la Série Noire, Didier Daeninckx, après toutes ces années (son premier livre date de 1982) et une bonne centaine de livres à son actif, nourrit un sentiment de révolte intact contre l’injustice politique et sociale, et les méfaits du capitalisme sauvage.

S’il arrête l’école en classe de seconde pour devenir ouvrier imprimeur puis animateur culturel, ce lecteur boulimique depuis l’âge de treize ans, est bien vite rattrapé par son plus profond désir, celui d’écrire. Après quelques piges pour des publications municipales et départementales où il traite surtout de faits divers, sa future matière romanesque, il se lance dans l’écriture d’un roman noir, publié cinq ans plus tard au Masque, Mort au premier tour (1982) et qui passe alors totalement inaperçu. Deux ans plus tard, Meurtres pour mémoire, publié à la Série Noire chez Gallimard (1984) le propulse sur le devant de la scène : il y évoque les événements de la nuit du 17 octobre 1961 et la répression sanglante de la police française d’une manifestation d’Algériens, et ancre ainsi l’intrigue de son nouveau roman noir à la fois dans la réalité sociale et dans l’enquête historique sur des faits douloureux ou des sujets politiques sensibles. Une constante qui traverse toute son œuvre, bientôt très prolifique. Car Didier Daeninckx, qui a grandi dans un milieu modeste et un environnement familial fortement anarchiste et antimilitariste, est un homme d’engagement, ancien communiste proche des milieux d’extrème gauche, il milite auprès des mouvements anarchistes puis antiracistes (Ras l’front) et contre le négationnisme ; un engagement obstiné et parfois acharné qui lui vaut des implications dans plusieurs polémiques.

À ce jour, il a publié une centaine d’ouvrages, romans et romans noirs essentiellement, mais aussi des livres pour la jeunesse, des nouvelles et des scénarii de bandes dessinées, ou pour la radio et la télévision. Fréquemment couronné de prix, c’est en 1994, que la Société des gens de lettres lui a décerné le Prix Paul Féval de littérature populaire pour l’ensemble de son œuvre. Ses romans, essentiellement publiés chez Gallimard en France, ont été traduits en plus de 20 langues.

L’auteur lui-même s’improvise enquêteur dans Le tableau papou de Port-Vila. Cette exercice d’auto-fiction, qui prend pour point de départ l’incendie criminel de sa maison, le mène sur les traces d’un mystérieux peintre allemand, Heinz von Furlau. Dans ce livre, les illustrations du peintre liégois Joe G. Pinelli viennent restituer l’esprit de cet expressionniste dont les œuvres ont disparu.

À noter deux beau livres illustrés parus chez Hoebecke : La pub est déclarée revient sur l’évolution de la publicité durant la Première Guerre mondiale, et l’étonnante manipulation des industriels entre les besoins du Front et de l’arrière, tandis que L’École des colonies s’attaque au mythe des bienfaits de la colonisation en matière scolaire.

Le tome 2 de ses Novellas (Le Cherche Midi) rassemble quant à lui des fictions nourries de toutes les réalités : les pires comme les plus belles, les rêves et les défaites, la colère y côtoie l’utopie, l’individu se frotte au collectif, l’espoir croise le fer avec le désespoir. Humains blessés ou laissés-pour-compte, révoltes tous terrains, événements sortis des oubliettes, souvenirs retrouvés, libertés rétablies : seule l’écriture « au noir » fait jaillir la lumière !


Bibliographie

  • Novellas, volume 2 (Le Cherche Midi, 2016)
  • L’École des colonies (Hoebeke, 2015)
  • Novellas, volume 1 (Le Cherche Midi, 2015)
  • Caché dans la maison des fous (Bruno Doucey, 2015)
  • Didier Daeninckx présente 21 récits policiers (Magnard, 2015)
  • L’Esclave du lagon (Larousse, 2014)
  • La Chute d’un ange (Casterman, 2014)
  • 80’ Le grand mix (Hugo-Desinge, 2014)
  • Retour à Béziers (Verdier, 2014)
  • Le tableau papou de Port-Vila (Cherche-midi, 2014)
  • L’esclave du lagon (Larousse, 2014)
  • La pub est déclarée ! (Hoëbeke, 2013)
  • L’Espoir en contre-bande (Cherche-midi, 2012)
  • Camarades de classe (Gallimard, 2008)
  • Les baraques du globe (Terre de Brume, 2008)
  • Levée d’écrou (Imbroglio, 2007)
  • Histoire et faux-semblants (Verdier, 2007)
  • Hors limites (Pocket, 2006)
  • On achève bien les disc-jockeys (Editions La Branche, 2006)
  • Itinéraire d’un salaud ordinaire (Gallimard, 2006)
  • Le retour d’Ataï (suite de Cannibales) (Gallimard, 2006)
  • Le dernier guérillero (Gallimard, 2005)
  • Boucs émissaires (Les 400 coups, 2005)
  • Main courante et autres lieux (Gallimard, 2005)
  • Villes noires : nouvelles (J’ai Lu, 2005)
  • Les sorciers de la Bessède et autres nouvelles noires (J’ai Lu, 2005)
  • La route du Rom : une enquête de Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe (Gallimard, 2005)
  • Nouvelles policières (tome 2) : noire série (Flammarion, 2005)
  • Le poulpe : nazis dans le métro (J’ai Lu, 2005)
  • Cités perdues (Verdier, 2005)
  • Il faut savoir désobéir (Rue du Monde, 2003)
  • 12, rue Meckert (Gallimard, 2002)
  • La mort en dédicace (Verdier, 2001)
  • Cannibales (Gallimard, 1999)
  • Le Papillon de toutes les couleurs (Flammarion, 1998)
  • Zapping (Gallimard, 1992)
  • Le Facteur fatal (Gallimard, 1990)
  • Play-Back (Gallimard, 1986)
  • Le Géant inachevé (Gallimard, 1984)
  • Meurtres pour mémoire (Gallimard, 1984)
L'École des colonies

L’École des colonies

Hoëbeke - 2015

« Nos ancêtres les Gaulois. » C’est ainsi que débutent les cours d’histoire des écoles du Tonkin, du Dahomey ou du Soudan, à l’orée du XXe siècle. Le domaine colonial français - 11 millions de kilomètres carrés, 48 millions d’habitants - occupe alors le deuxième rang mondial.
Les écoliers d’Afrique subsaharienne, d’Asie, d’Océanie, des Antilles ou du Maghreb sont éduqués pour devenir de vrais Français. Chaque matin, les cours commencent après avoir inscrit en français sur un tableau noir « Mes enfants, aimez la France, votre nouvelle patrie ».
L’apprentissage de la langue est l’élément clé de la francisation. Hygiène, discipline et morale, les valeurs civilisatrices, sont inculquées sur un mode paternaliste tricoté de racisme.
Le traitement manichéen réservé à l’expansion coloniale dans les manuels scolaires reflète l’idéologie d’alors : le colonialisme envisagé comme une nécessité politique, économique et humanitaire, une oeuvre républicaine apte à établir ordre et paix. Un enseignement pour modeler aux besoins de la France une future main-d’oeuvre qu’il importe d’assimiler. En écho, les cartes de géographie détaillent les richesses économiques des "possessions" françaises et des affiches scolaires édifiantes sanctifient Savorgnan de Brazza ou Lyautey comme "pacificateurs".

Didier Daeninckx : L'état des lieux

Didier Daeninckx : L’état des lieux

(Pierre André Sauvageot, Perifilms, 1999, 48’ ) -

Presque 20 ans après sa parution, Didier Daeninckx récrit Mort au premier tour, la première enquête de l’inspecteur Cadin écrite en 1977. Un texte, de son point de vue, non abouti et mal documenté.
Portrait de l’écrivain au travail, entre le port de Strasbourg et les mines de potasse d’Alsace, décors de ce nouveau roman. Précisément là où l’empreinte des hommes et du passé recoupe sa propre histoire et nourrit son imaginaire d’écrivain. Didier Daeninckx, auteur de roman noir, regarde l’Alsace d’hier et d’aujourd’hui "à sa manière".
En présence du réalisateur et de Didier Daeninckx.

La vengeance de Reama

La vengeance de Reama

Larousse - 2016

1917, Nouvelle-Calédonie. Première Guerre mondiale. L’armée française inspecte les villages de l’île avec, pour mission, d’enrôler les kanak (les hommes et jeunes hommes valides) afin de les envoyer faire la guerre dans les tranchées en métropole. Cela ne va pas sans révolte : au cours de l’une d’elles, le jeune Reama voit sa mère tuée par un officier français. Reama, dans un premier temps et pour échapper à ceux qu’il considère comme des agresseurs, fuit se cacher dans les montagnes. Avant de se rendre finalement aux autorités, avec l’idée qu’en faisant la guerre il apprendra à se battre, à manier une arme, et qu’il pourra ainsi venger la mort de sa mère en retrouvant l’officier qui l’a assassinée… Reama prend le bateau pour l’Europe et se bat sur le front, où il découvre l’horreur des tranchées et rumine sa vengeance à venir...


Novellas

Novellas

Cherche Midi - 2016

Comme toujours chez Didier Daeninckx, ses fictions sont nourries de toutes les réalités : les pires comme les plus belles. Chaque histoire est gonflée de rêves et de défaites. La colère côtoie l’utopie, l’individu se frotte au collectif, l’espoir croise le fer avec le désespoir. Humains blessés ou laissés-pour-compte, révoltes tous terrains, événements sortis des oubliettes, souvenirs retrouvés, libertés rétablies : seule l’écriture « au noir » fait jaillir la lumière !
On peut le dire autrement : dans chaque nouvelle de Daeninckx, ça fictionne, ça frictionne, ça fonctionne, ça frissonne. C’est « la vie qui va », ballottée par l’Histoire (avec un grand « H »). Et, quoi qu’il arrive, c’est l’humanité qui finit par l’emporter sur la barbarie.


Corvée de bois

Corvée de bois

Gallimard Folio - 2015

Pour échapper à la prison après une blague de potaches qui a mal tourné, un étudiant rejoint les rangs de l’armée en Algérie. D’un concert de Monsieur 100 000 volts jusqu’aux décharges de la gégène, le jeune homme avide d’action se vide de son humanité dans les Aurès. Didier Daeninckx et Tignous fouillent les poubelles de L’Histoire pour en remonter une âme souillée par la sale guerre et la torture. Un texte subtil, utile et d’actualité.


Le tableau papou de Port-Vila

Le tableau papou de Port-Vila

Cherche-midi - 2014

Dans ce roman, c’est l’auteur en personne qui mène l’enquête… Lors de travaux consécutifs à l’incendie criminel de sa maison, Didier Daeninckx retrouve une encre de Chine acquise à Port-Vila (Vanuatu) et signée du peintre expressionniste allemand Heinz von Furlau, dont le nom n’est pas passé à la postérité. Aidé dans ses recherches par son correspondant berlinois Dietrich Krüger de la Freie Universität, Daeninckx entreprend alors une enquête biographique sur von Furlau, depuis son voyage de 1912 dans les possessions allemandes de Papouasie Nouvelle Guinée et son engagement dans l’artillerie – notamment au Chemin des Dames, lors du conflit européen de 1914-1918 – jusqu’à sa présence à Munich aux côtés de Rainer Maria-Rilke pendant l’épisode sanglant de la République des Conseils.
L’essentiel de l’œuvre de Heinz von Furlau ayant été dispersée, le peintre liégeois Joe G. Pinelli, véritablement hanté par cette période historique, en donne une interprétation saisissante.


Retour à Béziers

Retour à Béziers

Verdier - 2014

Contrainte de quitter Paris parce que sa retraite est trop faible, Houria décide de revenir vivre à Béziers, la ville de son enfance. Elle trouve facilement à se loger dans un immeuble haussmannien du centre-ville avec vue sur les Champs-Élysées biterrois, les allées Paul-Riquet qu’arpentent les candidats aux élections municipales. Plus grand-chose ne subsiste de la ville florissante de son souvenir. L’ancienne capitale du Midi viticole est aujourd’hui rongée par la pauvreté, frappée de déshérence, victime de l’incurie. On y perd même au rugby…
Au printemps 2014, alors que les thématiques du Front national y trouvaient un écho amplifié, Didier Daeninckx a suivi Houria le long des façades délabrées, des vitrines murées, des ruelles à l’abandon, dans la cité de la Devèze où se sont succédé rapatriés et immigrés. Un décor sur lequel ses personnages ne projettent plus que leurs ombres désabusées.


La pub est déclarée ! (1914-1918)

La pub est déclarée ! (1914-1918)

Hoëbeke - 2013

Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. L’Illustration, célèbre magazine de l’époque ne sera pas insensible à cet événement. Les publicités et autres réclames qui émaillent le journal vont, en effet, progressivement incorporer le conflit mondial dans toute sa diversité.
Le front, l’arrière, l’ennemi ou l’allié vont, en effet, se matérialiser de façon spectaculaire entre les pages de l’hebdomadaire. De nouveaux produits de consommation vont apparaître, les mérites de telle ou telle crème côtoieront un encart pour une jambe de bois articulée, et il ne sera bientôt plus surprenant de faire cohabiter un masque à gaz anti-asphyxiant avec de la poudre de cacao. Les termes du conflit vont se cristalliser dans l’Illustration.
Les publicitaires rivaliseront d’ingéniosité pour trouver les slogans qui sauront attendrir l’arrière, galvaniser la fibre patriotique, ou encore fustiger l’ennemi. Ils créeront surtout de nouveaux besoins, tantôt nécessaires dans un contexte de guerre, tantôt purement artificiels. Très vite, la guerre deviendra un formidable prétexte pour vendre tout et n’importe quoi. Elle fera entrer la publicité dans l’ère de la modernité. La pub est déclarée esquisse cette évolution fracassante d’une publicité instrumentaliste, opportuniste.

L’ouvrage nous plonge aussi au plus près de la vie quotidienne de millions de Français durant la Grande Guerre. Il revisite à travers la publicité les traits d’une époque clé dans l histoire du XXe siècle.


Galadio

Gallimard - 2010

Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. À un détail près : sa peau est noire... Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d’occupation chargées de veiller à l’application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d’un bref amour avec une jeune Allemande. Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu’Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer, dans l’entre-deux-guerres, comme la « honte noire », symbole de l’avilissement délibéré du sang aryen par les occupants. Leur sort ne sera en général guère plus enviable que celui des Juifs. Ulrich, pour sa part, va connaître un destin inattendu et mouvementé, et découvrir une autre facette de son identité : Galadio. Comme toujours, Didier Daeninckx s’appuie sur une documentation très fouillée pour éclairer un aspect méconnu de l’histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible des Allemands métis dans un pays emporté par le délire nazi. De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu’aux rivages du Sénégal où se déroulent les premiers combats entre pétainistes et gaullistes, Ulrich apprend à connaître les hommes.


A nous la vie

Hoëbeke - 1996

Nazis dans le métro

La Baleine - 1996

Histoires de guerres

Saint-Malo 2014

Avec PEF et Didier Daeninckx.


Oser penser une France multiculturelle

Saint-Malo 2014

Avec Jean-Marie Gustave Le Clézio, Pascal Blanchard, Didier Daeninckx, Michel Le Bris, Elisabeth Leuvrey, Michel Agier.