logo
Le dico des auteurs


DEVI Ananda

Ile Maurice

16 mars 2017.
 

Biographie

 
JPEG - 66.1 ko
© Oumeya el Ouadie

Pour Ananda Devi, écrivaine mauricienne prolifique, l’écriture tend à révéler l’inexprimable, à figurer la violence la plus brûlante, à fouiller les recoins les plus reculés de l’âme humaine pour se faire « la bouche de (…) malheurs qui n’ont point de bouche ». Son dixième roman, Le Sari vert (Gallimard 2009), Prix Louis Guilloux 2010, n’échappe pas à cette exigence : construit sur un huis-clos réunissant la fille et la petite-fille d’un vieux médecin agonisant, il dénonce avec véhémence et âpreté les violences faites aux femmes.

Née à l’île Maurice, riche d’une véritable expérience sensuelle du monde, un peu indienne, un peu africaine, un peu européenne, Ananda Devi fait de son île natale le théâtre de la plupart de ses romans. Interrogeant les identités et les langages qui s’y croisent, recomposant les univers multiples qui s’y côtoient, elle pointe le climat étouffant d’une société cloisonnée, et porte la parole de ceux dont la voix s’est éteinte dans l’exclusion et la brutalité.
Titulaire d’un doctorat d’anthropologie sociale obtenu à Londres, Ananda Devi publie son premier recueil de nouvelles à l’âge de 19 ans. Dès lors, elle écrit une douzaine d’ouvrages, romans, recueils de nouvelles, poésies... Solaire, tragique, poétique, son œuvre met en scène l’autodestruction causée par l’enfermement, s’inspirant autant de l’expérience d’une réalité sociale violente que de celle d’un imaginaire multiple et métissé.
Publié en 2006 et couronné par le prix des Cinq Continents de la francophonie et le prix RFO, Ève de ses décombres (Gallimard), confirme le talent de l’auteur au sein de l’espace littéraire francophone, et la consacre comme une des voix majeures de la littérature mauricienne.

Elle publie en 2011 un récit autobiographique, Les hommes qui me parlent, longue méditation sur l’existence, l’écriture, la solitude. Une écriture forte et violente où, comme souvent dans ses romans, les femmes se libèrent des hommes qui les musèlent en brisant tout autour d’elles. Elle renoue en 2013 avec le genre romanesque dans Les jours vivants. À Portobello Road, la "rue des antiquités" de Londres, vit une vieille dame dont l’âge la rend invisible aux yeux des autres. Elle vit hantée par le souvenir d’un amour de jeunesse. Lorsqu’elle fait la rencontre de Cub, un jeune garçon d’origine jamaïcaine, c’est un tourbillon d’émotions qui refait brutalement surface. Avec force et émotion, Ananda Devi montre comment la société met les individus à l’écart lorsqu’ils passent à un certain âge.

Ananda Devi continue son engagement littéraire dans un recueil de onze nouvelles, L’Ambassadeur triste. Elle reprend ses grandes thématiques telles que la place de la femme dans la société, le regard des occidentaux sur l’Inde ou encore le choc des traditions et de la modernité dans ses nouvelles, chargées d’une ironie troublante et d’une délicatesse saisissante.

En 2017, elle signe un recueil de poèmes intitulé Ceux du large aux Éditions Bruno Doucey. Un recueil sur l’errance qui rend hommage à tous ceux qui ont quitté la terre ferme et se sont lancés au large, pour tenter d’atteindre une autre rive, dans l’espoir d’un meilleur futur. Un texte en trois langues : français, anglais, créole.

Fidèle parmi les fidèles du festival Etonnants Voyageurs, elle est également présidente du jury du prix Littérature-monde depuis sa création.


Bibliographie :

- Ceux du large (Bruno Doucey, 2017)
- L’Ambassadeur triste (Gallimard, 2015)
- Les jours vivants (Gallimard, 2013)
- Les hommes qui me parlent (Gallimard, 2011)
- Quand la nuit consent à me parler (Bruno Doucey, 2011)
- Le sari vert (Gallimard, Paris, 2009)
- Indian Tango (Gallimard, Paris, 2007)
- Eve de ses décombres (Gallimard, Paris, 2006)
- Le Long désir (Gallimard, Paris, 2003)
- La Vie de Joséphin le fou (Gallimard, Paris, 2003)
- Soupir (Gallimard, Paris, 2001)
- Pagli (Gallimard, Paris, 2001)
- Le voile de Draupadi (L’Harmattan, Paris, 2000)
- Moi, l’interdite (Dapper, Paris, 2000)
- L’arbre fouet (L’Harmattan, Paris, 1997)

Actualité

 
Poésie

Ceux du large

Bruno Doucey - 2017

Ceux du large… Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d’être assénée comme une gifle dans le dernier poème : « Ceux que la vie éventre / De son coutelas ». Entre ces deux poèmes, elle suit l’errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d’atteindre une autre rive. Malgré la « terreur de l’eau », malgré la mort en embuscade. Et si l’auteure s’est donnée la peine d’écrire ce texte en trois langues – français, anglais, créole – c’est pour se prouver à elle-même qu’elle n’est pas restée « Tête baissée bras ballants » devant « Le film catastrophe » qui se déroule sous nos yeux.


Revue de presse

- "En écrivant à la première personne du singulier, l’auteure prend en charge la parole des Occidentaux enfermés dans leur “bulle de peur”, leur mauvaise conscience et leur immobilisme coupable. Ananda Devi ne dénonce pas, elle questionne et nous oblige, en quelques pages puissantes, à ouvrir grand les yeux. " (L’Humanité)

Œuvre

 
Poésie

Ceux du large

Bruno Doucey - 2017
Ceux du large… Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à (...)
 

Nouvelles

L’ambassadeur triste

Gallimard - 2015
Le portrait mélancolique et ironique d’un ambassadeur d’un pays nordique à New Delhi, désœuvré et seul ; une romancière occidentale s’attache à un petit mendiant indien sale et (...)
 

Romans

Les jours vivants

Gallimard - 2013
Mary Grimes a passé son enfance dans un bourg de la campagne anglaise. Elle y a connu à quinze ans son premier amour avec un soldat de passage, Howard, au début de la Deuxième (...)
 

Récit

Les hommes qui me parlent

Gallimard - 2011
Après avoir publié plusieurs romans et des recueils de poésie, Ananda Devi s’essaie, magistralement, au récit autobiographique dans un livre sensuel, au plus près d’elle-même, la (...)
 

Avec les poèmes et les proses qui composent ce livre, Ananda Devi nous confie son second recueil de poèmes, retrouvant ce lyrisme de la « chair nue » que donnait à lire Le long (...)
 

Romans

Le sari vert

Gallimard - 2009
Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à l’agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tissent un dialogue d’une violence (...)
 

Indian Tango

Gallimard - 2007
« Elle s’est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l’échancrure de (...)
 

Eve de ses décombres

Gallimard - 2006
« Je suis Sadiq. Tout le monde m’appelle Sad. Entre tristesse et cruauté, la ligne est mince. Ève est ma raison, mais elle prétend ne pas le savoir. Quand elle me croise, son (...)
 

Le Long désir

Gallimard - 2003
« N’oubliez pas mon île. Fétu de canne au duvet rose, vêtue de sucre et de jasmin, n’oubliez pas son visage d’enfant puni derrière les esprits clos, ses mains meurtries au bris du (...)
 

La Vie de Joséphin le fou

Gallimard - 2003
On le dit monstre, on le dit mythe. On le dit légende sortie des sources volcaniques de l’île, esprit mauvais hantant les cavernes de roche. On l’appelle le pêcheur nu, l’homme (...)
 

Soupir

Gallimard - 2002
Au lieu-dit Soupir, dans Rodrigues, dernière île habitée à l’est de l’Afrique, les quatre points cardinaux sont soleil, sécheresse, mer et cyclone. Une poignée de gens, piégés entre (...)
 

Pagli

Gallimard - 2001
Terre Rouge, un village au nord-ouest de l’île Maurice. Une femme y arrive le jour de la Cérémonie, aux côtés de l’homme qu’elle a accepté d’épouser par vengeance. Il pleut. Son sari (...)
 

Le voile de Draupadi

L’Harmattan - 2000
« Ai-je porté en moi l’enfant et sa mort ? Lui ai-je moi-même donné, après sa lente gestation, ce jumeau intolérable, cette ombre définitive attachée à ses pas ? Peu importe les dieux (...)
 

Moi, l’interdite

Dapper Editions - 2000
Murée dans la solitude et le silence pour devenir invisible puisqu’indésirable, une femme est face à elle-même. Les seuls témoins de son existence sont des colonies d’insectes, le (...)
 

L’arbre fouet

L’Harmattan - 1997
"Mon nom est la Gungi, la lunaire ou Aeena, qu’importe. Je serai tour à tour muette ou miroir, selon le temps qui se décompose et se recompose autour de moi, selon les êtres qui (...)
 

Vidéos

 

 

Les cafés littéraires

Saint-Malo 2015

Regards croisés

 
Saint-Malo 2007

Quel futur ?

Avec Fatou KEITA, Ananda DEVI, Wilfried N’SONDE, Faïza GUENE

 
Saint-Malo 2012

En nom propre

Ananda Devi, Chahdortt Djavann et Patrick Declerck

 

Les débats audios

 
Saint-Malo 2015

Rencontre avec les lauréats du Prix des Cinq Continents de la Francophonie

Avec Kamel Daoud, Hubert Haddad, Ananda Devi et Wilfried N’Sondé. Rencontre animée par Sophie Ekoué

 
Saint-Malo 2015

Pourquoi j’écris ?


Avec Ananda Devi et David James Poissant

 
Saint-Malo 2012

Reflets dans l’oeil d’un homme

Avec Nancy Huston et Ananda Devi

 
Saint-Malo 2012

La force de la fragilité

Avec Samar Yazbek, Maram Al-Masri, Ananda Devi et Carmen Yanez