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AMMI M. Kebir

France

Un génial imposteur (Mercure de France, 2014)

©C. Hélie Gallimard

Morcelé par plusieurs appartenances culturelles, nationales ou linguistiques, Kebir Ammi se joue des frontières et ne se reconnaît qu’une seule patrie : "celle des mots et de la littérature". Les mots sont pour lui des "alliés" pour dénoncer les injustices nées de l’exclusion, décrire les sensations de l’exil et réfléchir sur les questionnements identitaires. À travers une écriture fluide, paisible et mélodieuse, les livres, romans, essais et pièces de théâtre d’Ammi Kebir donnent à voir le corps du monde dans sa cruauté toute simple….

Fils d’un père algérien immigré et d’une mère marocaine, et rapidement orphelin, Ammi Kebir a grandi au Maroc, entre les menaces d’expulsion et les sommations de devoir choisir, “tu es marocain ou algérien ?”. À dix-huit ans, le bac en poche, il a soif d’ailleurs, file en France, visite l’Angleterre puis séjourne trois ans dans le Colorado. De retour en France, il devient professeur d’anglais et écrit son premier roman, Le Partage du Monde (1999), qui raconte l’histoire d’un enfant candidat à l’émigration. Il enseigne un temps dans un lycée des Hauts-de-Seine et reste très sensible à la problématique de l’intégration des jeunes des cités et de leur difficulté à se constituer une identité syncrétique. Écrivain métis, transfrontière, libéré des chaînes de l’enracinement à une terre ou à une communauté, il avoue craindre la tendance de ces jeunes à dériver vers le particularisme ou le communautarisme, mais son œuvre pointe sévèrement du doigt le regard discriminant et condescendant porté par notre société sur ces Français venus d’ailleurs, mais Français à part entière.

L’œuvre de Kebir Ammi confronte l’Histoire avec les problématiques des sociétés actuelles à travers le portrait de personnages historiques qui furent eux aussi exclus de leur société comme Saint Augustin dans Sur les pas de Saint Augustin, (2001), Hallaj dans Hallaj, (2003), (la religion constituant un axe important de son travail), mais aussi Hania la prostituée de Meknès dans La Fille du vent (2002). Dans Les vertus immorales, (2010), Kebir Ammi retrace les aventures d’un Marocain nourrit des écrits de Marco Polo, qui, au XVIe siècle, part à la découverte du Nouveau Monde rendu accessible par Christophe Colomb, incarnation du triomphe de l’Occident face à la décadence de la civilisation islamique sur ces terres d’Espagne où elle a pourtant prospéré. Occasion d’une méditation sur le monde actuel et sur ses enjeux les plus brûlants. Dans Mardochée, véritable récit d’aventures, il revient au Maroc sur les traces de l’ambigu Charles de Foucauld, déguisé en rabbin juif pour explorer le Maroc de la fin du 19ème siècle, alors interdit aux Chrétiens. Au cœur de cette fresque, le personnage de Mardochée, guide juif, qui, ouvrant les voies secrètes du Sud marocain à son maître, se découvre peu à peu complice de l’entreprise coloniale française.

Dans son dernier roman Un génial imposteur, Kebir M. Ammi nous fait découvrir l’incroyable destin de Shar, antihéros opportuniste et voyageur. Après avoir fui l’Algérie, son pays natal, il parcourt le monde et s’engage comme mercenaire… De retour en Algérie en 1954, il va combattre tantôt aux côtés des Algériens, tantôt des Français, avant de se rallier à sa patrie. Toute sa vie, il ne cesse de retourner sa veste pour se faire une place dans le monde. Fort de son charisme, il obtient d’importantes responsabilités au sein du nouveau gouvernement algérien, mais c’est compter sans l’Histoire qui va finir par le rattraper.


Bibliographie :

Romans

  • Un génial imposteur (Mercure de France, 2014)
  • Mardochée (Gallimard, 2011)
  • Les vertus immorales (Gallimard, 2010)
  • Le ciel sans détours (Gallimard, 2007)
  • Feuille de verre (Gallimard Jeunesse, 2004)
  • La Fille du vent (éditions de l’Aube, 2002)
  • Le Partage du Monde (Gallimard, 1999)
  • Thagaste (éditions de l’Aube, 1999)

Essais

  • Hallaj, (Presses de la Renaissance, 2003)
  • Sur les pas de Saint Augustin, (Presses de la Renaissance, 2001)

Théâtre

  • Alger la blanche et Les Terres contrariées, (Lansman, 2003)
Un génial imposteur

Un génial imposteur

Mercure de France - 2014

J’eus envie de traverser la mer, sur n’importe quel rafiot, pour prendre part au grand chambardement, la guerre que j’appelais de mes voeux depuis toujours, comme bien des fils de cette terre brimée. Tout ce que j’avais vécu, depuis ce lointain jour sur le bateau de Glen, dans la baie d’Alger, m’apparut soudain comme le passage obligé, l’épreuve avant la grande épreuve. J’étais un élu parmi les vivants ! Je ne pouvais pas exiger plus. J’étais prêt à me vêtir de mort, j’ignorais que j’allais enfiler la tunique de l’infamie.

La vie de Shar est un roman. Après avoir fui précipitamment l’Algérie, son pays natal, il a parcouru le monde, de l’Europe à l’Amérique latine, en passant par l’Asie, se mettant au service d’organisations mercenaires et changeant de camp au gré des événements. En 1954, il revient en Algérie : d’abord à la tête d’une troupe de maquisards sanguinaires, il passe ensuite à l’ennemi (côté français), participe un temps à l’OAS, mais retourne une nouvelle fois sa veste, s’engageant pour l’Indépendance de l’Algérie. Au terme d’une ascension aussi fulgurante qu’immorale, il obtiendra des responsabilités au sein du nouveau gouvernement. Mais le vent de l’Histoire peut encore tourner

Comment s’arranger avec l’histoire et se faire passer pour un héros ? Dans ce roman plein de rebondissements, Kebir Ammi décrit ce que l’âme humaine a de moins noble. Ou l’incroyable destin d’un anti-héros flamboyant, cynique, opportuniste et sans scrupule qui prospère sur les trahisons, les intimidations et les crimes.


  • Kebir Ammi à propos d’Un génial imposteur :

Revue de presse :

Le Courrier

Les vertus immorales

Les vertus immorales

Gallimard - 2012

Le roman raconte les aventures d’un Marocain du XVIe siècle, nourri de la lecture des écrits de Marco Polo, qui part à la découverte du Nouveau Monde trente-cinq ans après Christophe Colomb. Ayant parcouru l’Europe dans l’espoir d’embarquer à bord d’un des vaisseaux en partance pour l’Amérique, il finit par prendre la mer et se retrouve sur le Nouveau Continent. Il y sera aux prises aussi bien avec les Espagnols et les Anglais qu’avec les indigènes, et ses alliances se retourneront au gré des circonstances. Contraint de survivre dans des environnements hostiles, il devra parfois se livrer, à son tour, à l’infamie pour triompher de ses ennemis. Quant à la vertu, Moumen découvrira qu’elle n’est pas toujours ce qu’on croit, et que les vertueux ne sont pas forcément ceux auxquels on pense... Kebir M. Ammi nous offre un roman picaresque, plein de rebondissements. Mais il propose aussi une réflexion très actuelle sur la confrontation entre la civilisation musulmane, la civilisation chrétienne et les civilisations primitives, sujet qui trouve des échos évidents dans le monde contemporain.


Mardochée

Mardochée

Gallimard - 2011

1886. Au soir de sa vie, Mardochée, vieux juif marocain de Mogador, livre sa confession. Né en 1830, il connaît une jeunesse aventureuse, et ses voyages (il a été le premier Marocain à pénétrer à Tombouctou) sont aussi pour lui source de prospérité, car il est un homme d’affaires avisé. Des revers de fortune le ramènent à Mogador ; autrefois admiré et envié, le voilà méprisé, forcé de partir en exil. Il se rend en France, grâce au consul Baumier qui lui trouve une place à la Société de Géographie de Paris. Il y reste quelques années, loin de sa femme Rachel, qu’il compte faire venir auprès de lui. Hélas, en 1871, il est congédié, sans doute parce qu’il est juif, et se retrouve à la rue. Nouveau retour piteux à Mogador, où il décide Rachel à le suivre en Algérie, pays plein de promesses. Cependant, Mardochée est poursuivi par une malchance tenace, aggravée par le fait d’être juif, ce qui n’est pas plus enviable dans l’Algérie de l’époque qu’aujourd’hui. Il va enfin trouver un emploi susceptible de résoudre ses problèmes financiers : un officier français se faisant appeler Aleman (il s’agit en réalité de Charles de Foucauld) cherche un guide pour explorer le Maroc, le « royaume mystérieux » interdit aux chrétiens. Les juifs étant tolérés au Maroc, Aleman accepte de se faire passer pour tel, et les deux hommes vont sillonner le pays pendant un an ; l’expédition vise essentiellement à donner à la France une longueur d’avance dans la conquête de ce territoire convoité par d’autres grandes nations européennes. À son retour à Alger, Mardochée sera considéré comme un héros par les Français, et comme un traître par les Arabes. Mais Charles de Foucauld ne lui exprimera aucune reconnaissance, et fera même de lui un portrait fort peu élogieux… Basé sur des faits réels, le roman est captivant. Le personnage de Charles de Foucauld, qui explore le Maroc dans le but avoué d’offrir ce pays « à Jésus et à la France », est remarquable de courage et d’ambiguïté. Celui de Mardochée, à la fois guide et observateur, complice ambivalent de la colonisation à venir, est tout aussi fascinant.

Quelle place pour la culture au Maroc aujourd’hui ?

Saint-Malo 2014

Avec : Taha Adnan, Kenza Sefrioui, Minna Sif, Kebir M. Ammi, Fouad Laroui
Animé par : Santiago Mendieta


C’est quoi la France ?

Saint-Malo 2011

Au « manifeste pour une littérature-monde en français » appelant à rompre avec la séparation entre la supposée « vraie » littérature française et les littératures dites francophones, pour penser un vaste ensemble des littératures de langue française perçues sur un pied d’égalité, certains ont pu réagir comme s’ils se trouvaient dans une forteresse désormais assiégée — sans voir que cette France « pure » relevait du phantasme, que cet « extérieur » inquiétant, qu’ils tentaient de contenir dans les marges, était depuis longtemps à « l’intérieur », que la France était pluriethnique et multiculturelle. Après Je est un autre publié l’année dernière chez Gallimard, le dernier numéro de la NRF (Un tour de la France) vient utilement nous le montrer, au sommaire duquel nous retrouvons bien des signatures amies. Alors, c’est quoi, la France ?

Avec Jean ROUAUD, M. Kebir AMMI, Maylis DE KERANGAL, Souleymane Bachir DIAGNE , Abdelwahab MEDDEB. Un débat animé par Transfuge.


Pièces d'identités, pour une France plurielle

Pièces d’identités, pour une France plurielle

Saint-Malo 2010

Après la projection du film d’Ariane Ascaride "Ceux qui aiment la France", ce débat a réuni dans le grand auditorium du Palais du Grand Large, Farid Abdelouahab, Kebir M. Ammi et Ariane Ascaride. Ou comment remettre en cause la légitimité de cette "identité nationale" française. Un débat animé par Jean Rouaud.

Pieces d’identité, pour une France plurielle
Avec Ariane Ascaride, Farid Abdelouahab, Kebir M. Ammi. Un débat animé par Jean Rouaud.