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Jean-Claude Fignolé, maire de la commune des Abricots, non touchée par le séisme, à 100 kilomètres de Port-au-Prince, avait prévu d’accueillir 8.000 réfugiés. Plus de 80.000 sont déjà arrivés. Un article publié dans Le Point.
"C’est un appel de détresse que je lance. Ma commune s’impose d’accueillir près de 8.000 rescapés du séisme, dont certains ne sont pas originaires de la région. Vendredi, pour l’ensemble du département, les services de la protection civile en avaient déjà enregistré 80.750. Plusieurs orphelins, égarés, hébétés, venus d’un ailleurs dont ils ne se rappellent pas le nom hantent les campagnes. Il a fallu les prendre en charge, sans assistance sinon grâce à la générosité de quelques amis haïtiens, antillais, français, belges et la générosité de quelques familles paysannes auxquelles la mairie a donné par enfant une ration d’un demi-kilo de riz et une boîte de lait. Geste dérisoire qui ne suffit pas à pallier un certain inconfort moral ni à me donner bonne conscience comme représentant d’une autorité pratiquement faillie. J’ai découvert dans les yeux hagards de ces enfants affamés, qui avaient attendu sur les quais de Port-au-Prince plus de huit jours avant d’être évacués vers leur lieu présumé d’origine, ce que peut être l’indignité d’un pouvoir central qui de plus en plus s’absente de ses territoires de responsabilité.
Je m’attendais à des difficultés d’approvisionnement à court terme. Force est de constater que la précarité s’installe en termes d’immédiateté. Au marché du lundi, les produits vivriers ont disparu des étals aux premières heures. Un effet de rareté ? Face à l’abondance des récoltes, la mairie avait envisagé l’épuisement des réserves à la fin du mois de février. Une erreur d’appréciation du volume des arrivants. À voir le flux, une espèce de conglomérat humain, on ne peut plus parler de nombre, mais de volume. Et de la pression, de la menace que cela représente. Les produits de première nécessité manquent déjà. Notamment le sucre. Hier soir, une âme généreuse m’a offert une tasse de thé "braque" avec du jus de canne à sucre. On se console du goût âcre en prétextant que le jus de canne est un... fortifiant.
À la précarité s’ajoute l’angoisse. Le pouvoir central est désespérément indifférent à la misère physique et morale de cette population qui, revenue en ses lieux d’ancrage, s’en trouve pourtant déracinée. La terre continue de trembler sous ses pieds et plus que jamais lui donne le sentiment de sa vulnérabilité. De sa fragilité. Perdue, seule, abandonnée. Elle n’a plus de repère sinon les édiles à qui elle demande de faire un miracle : la prendre en charge. Avec quoi ? Le gouvernement n’assiste pas. L’aide internationale, on en parle, mais personne ici ne sait ce que c’est. Une seule question sur toutes les lèvres. Survivra-t-on ?"
AUGUSTE Bonel
Poèmes (Nouvelle Revue française 576, janvier 2006) |
CASTERA Georges
Le coeur sur la main, ill. Mance Lanctôt (Mémoire d’encrier, 2009) |
DALEMBERT Louis-Philippe
Transhumance (Riveneuve, 2010) ; Haïti, une traversée littéraire (Philippe Rey, 2010) |
FRANKETIENNE
Les affres d’un défi (Vents d’ailleurs, La Roque d’Anthéron, France , 2010) ; Melovivi ou Le piège suivi de Brèche ardente (Riveneuve éditions, 2010) |
LAFERRIERE Dany
Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier, 2010) |
LAHENS Yanick
La couleur de l’aube (Éditions Sabine Wespieser, 2008) Prix Millepages 2008 |
MARS Kettly
Saisons sauvages (Mercure de France, 2010) |
MILCÉ Jean-Euphèle
Pase m yon kou foli (Editions des Presses Nationales d’Haïti, 2008) |
NOEL James
Le Sang visible du vitrier (Vents d’Ailleurs, 2009), La fleur de Guernica (Vents d’Ailleurs, 2010) |
PEAN Stanley
Jazzman (Montréal : Mémoire d’encrier, 2006) |
PIERRE Claude C.
Le dit du lierre (Editions Zémès, 2006) |
PROPHÈTE Emmelie
Le Testament des solitudes (Mémoire d’Encrier, 2007) |
SAINT-ELOI Rodney
J’ai un arbre dans ma pirogue (Mémoire d’encrier, 2004) |
TROUILLOT Evelyne
La mémoire aux abois (2010) |
TROUILLOT Lyonel
Yanvalou pour Charlie (Actes Sud, 2009) ; Éloge de la contemplation (Riveneuve, 2009) |
VICTOR Gary
Saison de porcs ( Mémoire d’Encrier, 2009 ) ; Banal oubli (Vents d’ailleurs, 2008) |