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Hors série Ouest-France : Gens d’Ouest, explorateurs d’Asie

8 mai 2007.
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Couverture du supplément Ouest France
Gens d’Ouest, explorateurs d’Asie

" A l’occasion du festival Etonnants Voyageurs, un magnifique supplément de 50 pages de Ouest-France : " Gens d’Ouest, explorateurs d’Asie " piloté par Jean-François Ercksen : vingt-trois destins qui mériteraient chacun bien des romans, de gens d’Ouest partis un jour à la découverte de l’Asie. Fascinant ! " 

www.ouest-france.fr/dossiers/ev2005.asp
 


Les perdants magnifiques

Ces gens d’Ouest qui partirent un jour à la découverte de l’Asie ont un charme, un parfum, un destin uniques.

Boucher, Cheveau, Incarville, Froc, Fontaney, Charbonnaux, Chapdelaine, étaient bien partis, comme d’autres jadis en terre sainte ou vers le nouveau monde, à la conquête d’esprits. Mais ils étaient mathématicien, botaniste, chasseur de cyclone, voire précurseurs d’Indiana Jones, savants avant tout. Et si certains devinrent premier évêque du Japon, champion du Pape, ou bâtisseur de cathédrale, jamais ils ne bénirent les armes, contrairement à leurs prédecesseurs des croisades, jamais ils ne soutinrent un massacre, et jamais ils ne réussirent à convertir un pays.

Les autres ? Harmand avait une âme de fondateur d’empire ; Chauveau fut un grand seigneur de champs de bataille ; Cécile et Maisonneuve furent des commandants de navires vainqueurs ; Giquel devint un grand général. Mais ils durent tous rendre les armes, faire taire leurs ambitions, rentrer au pas.

Il y eut encore Chaigneau, qui devint mandarin ; Gironière, qui devint un personnage d’Alexander Dumas ; Pavie, qui sauva un roi ; ou Fontaney, qui sauva un empereur. Ils furent célèbres et honorés, mais durent tous retourner en France. Sont-ils uniques parcequ’ils furent des perdants magnifiques ? Il y a de ça. Ce qu’il y a d’unique chez ces gens d’Ouest découvreurs d’Asie, c’est le mélange de stupeur, de nostalgie, d’impuissance, de sagesse, d’émerveillement, qui compose leur invitation au voyage. Contrairement aux conquérants des Amériques, qui ne firent que détruire un monde ancien pour bâtir une extension de l’Europe, les découvreurs de l’Asie ont buté sur cette chose extraordinaire : l’étranger, le vrai, résistant, imprenable, qui vous tient à distance et force le respect, tellement différent, fascinant, éblouissant. Cet étranger dont Toussaint a ramené un livre pour la vie ; Anceau un coffre d’images ; Mathurin Méheut une lumière qui soutint son oeuvre de peinture jusque dans les tranchées de 14-18, et dont Ségalen a gardé la mémoire d’un " voyage au pays du réel ", d’une " excursion miraculeuse de splendeur ".
Embarquez !

Jean-François ERCKSEN