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GARCIN Christian

France

Les vies multiples de Jeremiah Reynolds (Stock, 2015) / La Perspective du condor (L’École des Loisirs, 2016)

© Patrick Box

Auteur de carnets de voyage du côté du lac Baïkal ou du désert de Gobi, poète et nouvelliste, grand connaisseur de l’œuvre de Borges, l’écrivain Christian Garcin est un amateur de bourlingue. Pour plus de détails, le mieux est sans doute de se reporter à l’autobiographie passionnante qu’il a publié en 2006, J’ai grandi, dans laquelle il dévide la toile de ses souvenirs…

L’exercice biographique fut l’une des pierres angulaires de son œuvre : dans les années 90, Christian Garcin s’est attaché à rédiger de nombreux portraits, des « vidas » selon la tradition des troubadours… En 1992, il réunit le tout en un ouvrage, Vidas, et l’envoie à Gallimard, qui le publie immédiatement dans la collection de Jean Bertrand Pontalis, L’Un et l’autre. Collaborant à plusieurs revues littéraires prestigieuses, dont Théodore Balmoral et la NRF, Christian Garcin s’est depuis imposé comme un auteur total. Sans limite de genre, il touche aussi bien à la poésie, au récit, aux romans qu’aux essais sur la peinture. Il est d’ailleurs un passionné et grand connaisseur de l’histoire de l’art et de l’œuvre des plus fameux historiens de la discipline (René Huygue, Elie Faure, Llonello Venturi…).

Pratiquant avec délectation l’art du contre-pied littéraire comme avec le surprenant L’Art de la natation sub-aquatique, l’écrivain a surtout développé une impressionnante œuvre romanesque, truffée de clins d’oeils et de correspondances. Ainsi dans La piste mongole (2009), on voit reparaître quelque part en Asie l’ombre d’Eugenio Tramonti, protagoniste de deux romans précédents (Le Vol du pigeon voyageur (2000) et La Jubilation des hasards(2005)).

En 2013, Christian Garcin revisite la Sibérie Orientale et l’Extrême-Orient russe dans une enquête mené par le détective privé Zhu Wenghuan, alias Zuo Luo, alias Zorro, déjà rencontré dans Des femmes disparaissent (Verdier, 2010). Ce dernier, convaincu d’avoir enfin mis la main sur le malfrat qu’il traquait depuis longtemps, nous plonge dans Les nuits de Vladivostock, où les vapeurs de vodka se mêlent au brouillard de la Sibérie. Un polar extrême-oriental vertigineux, à déguster frappé.

Anti-guide touristique, Ienisseï est un véritable carnet de bord sur la Sibérie et la Biélorussie. Dans la première partie qui porte le nom du fleuve russe qu’il remonte, l’auteur revient sur une Sibérie marquée par le grand incendie de 2012, mais aussi par son passé, son histoire, ses camps toujours présents. Au fil de l’eau, il rencontre les populations qui survivent dans ces contrées isolées et dresse le portrait d’une région qui semble contrariée par le pouvoir en place. Même constat pour la Biélorussie, abordée dans une seconde partie, pays méconnu et sous le joug du « grand-frère » russe.

Les vies multiples de Jeremiah Reynolds retrace l’étonnant et fulgurant destin de Jeremiah Reynolds, le premier homme à poser le pied sur le continent antarctique en 1829 et à avoir fait de cette expédition un récit qui influença Edgar Allan Poe pour ses Aventures d’Arthur Gordon Pym, colonel pendant la guerre civile chilienne, avocat à New York…

Avec La perspective du condor, il s’essaye à la littérature jeunesse et nous offre un instant rare entre documentaire riche et poétique sur la beauté de la vie animale et conte philosophique sur notre société et ses actions contre la nature.


Bibliographie :

  • La perspective du condor (L’École des Loisirs, 2016)
  • Les vies multiples de Jeremiah Reynolds (Stock, 2015)
  • Ienisseï (Verdier, 2014)
  • Les nuits de Vladivostock (Stock, 2013)
  • En descendant les fleuves, co-écrit avec Eric Faye, (Stock, 2011)
  • Des femmes disparaissent (Verdier 2010)
  • La piste mongole (Verdier, 2009)
  • Du Baïkal au Gobi (L’Escampette, 2008)
  • L’art de la natation subaquatique (éditions Marguerite Waknine, 2008)
  • À Budapest (Circa 1924, 2007)
  • Le scorpion de Benvenuto (L’Escampette, 2007)
  • Pris aux mots (Lexique 2) (L’Escampette, 2006)
  • J’ai grandi (Gallimard, 2006) Prix Symboles de France
  • La jubilation des hasards (Gallimard, 2005)
  • Deux fragments oubliés (éditions des librairies Initiales, 2005)
  • La neige gelée ne permettait que de tout petits pas (Verdier, 2005)
  • Lexique (L’Escampette, 2004)
  • Pierrier (L’Escampette, 2003)
  • L’embarquement (Gallimard, 2003)
  • Fées, diables et salamandres (Champ Vallon, 2003)
  • Itinéraire chinois (une énigme) (L’Escampette, 2002)
  • Une théorie d’écrivains (éditions Théodore Balmoral, 2001)
  • Du bruit dans les arbres (Gallimard, 2001)
  • Sortilège (éditions Champ Vallon, 2001)
  • Les cigarettes (L’Escampette, 2000)
  • Une odeur de jasmin et de sexe mêlés (éditions Flohic, 2000)
  • Rien (Champ Vallon, 2000)
  • Le vol du pigeon voyageur (Gallimard, 2000) Prix du Rotary International
  • Vies volées (éditions Climats, 1999)
  • L’Encre et la couleur (Gallimard, 1997)
  • Vidas (Gallimard, 1993)
Les vies multiples de Jeremiah Reynolds

Les vies multiples de Jeremiah Reynolds

Stock - 2015

Étonnant et fulgurant destin que celui de Jeremiah Reynolds : après avoir probablement été le premier homme àposer le pied sur le continent antarctique en 1829 et avoir fait de cette expédition un récit qui influença Edgar Allan Poe pour ses Aventures d’Arthur Gordon Pym, il devint colonel pendant la guerre civile chilienne, chef militaire des armées mapuches, avocat à New York, effectua un demi-tour du monde, et écrivit un récit de chasse au cachalot blanc qui fut peut-être à la source d’un des romans les plus lus et les plus commentés de la littérature américaine et mondiale.


Revue de presse

  • "Christian Garcin, écrivain des labyrinthes et des failles du temps, vient de lui consacrer un beau roman. Proche, troublant, touchant. A donner définitivement envie de prendre le large." Libération
  • "D’une écriture dépouillée, distanciée, qui sert très justement les hauts faits de son héros solitaire, Christian Garcin poursuit avec lui « les rêves de cachalots blancs et de chasses vaillantes ». Il dresse un éloge doucement désenchanté du courage et de l’humilité de cet homme en perpétuel mouvement, au seuil parfois de l’inconséquence, que les multiples vies conduiront aussi à s’enrôler dans l’armée chilienne, puis à la solde des Indiens mapuches. » La Croix
La perspective du condor

La perspective du condor

L’Ecole des Loisirs - 2016

À la pointe sud de l’Amérique du Sud, la Terre de Feu héberge toutes sortes d’animaux étonnants. Une sterne râleuse, un baleineau mélomane, un huîtrier prétentieux, un manchot pas très courageux, et bien d’autres encore. Ils se croisent, discutent, observent le monde et s’interrogent.Un seul d’entre eux les connaît tous : le condor Juan Pablo Ignacio IV de la Cruz, dit « El Magnífico ». Depuis les hautes altitudes où il évolue, il voit tout, sait tout, mais ne parle à personne. Il se nourrit des morts, de tous les morts sauf un, un fantôme d’humain qui a oublié le passé mais se souvient de l’avenir. Alors, faute de le manger, le condor pourra peut-être lui venir en aide ?


Ienisseï

Verdier - 2014


De Tarkovski aux Pussy Riot en passant par Boulgakov, Vassili Golovanov, ou encore Paul Virilio, ce livre, qui relate une descente du fleuve Ienisseï de Krasnoïarsk à son embouchure dans l’Arctique, dresse un état des lieux alarmant de la réalité sibérienne.
Les gigantesques incendies qui ravagèrent la région en 2012, le souvenir des camps du Goulag, la réalité des centaines de camps de travail qui y subsistent, les villages abandonnés le long du fleuve, les ethnies qui survivent à peine, la démographie du pays tout entier en chute libre, la pollution colossale due aux mines de nickel de la ville-usine de Norilsk, tout cela forme un arrière-plan préoccupant à ce récit qui se veut avant tout une apologie de la lenteur, de l’humain, et de la musique qui apaise les âmes, entre un déchirant chant d’amour dolgane et une berceuse evenk à l’intérieur d’un tipi, un concert champêtre dans la petite ville d’Ienisseïsk, et un autre au milieu du fleuve, destiné aux habitants d’un village qui se pressent en canot à moteur autour du bateau pour l’écouter en famille.
La deuxième partie du livre est une évocation de la Biélorussie d’aujourd’hui, pays méconnu et souvent caricaturé, tiraillé entre la nostalgie d’une identité que l’Histoire a rendue problématique et un désir de modernité contrarié aussi bien par un régime politique autoritaire que par la présence, toujours encombrante, du « grand frère » russe.


Les nuits de Vladivostok

Stock - 2013

Une nuit moite au coeur de Vladivostok la blafarde. Dans un local poisseux où ne parviennent que des lambeaux de conversations et des effluves de diesel et de cigarette, Thomas Rawicz est enchaîné à un radiateur face à un Chinois convaincu d’avoir mis la main sur le coupable qu’il traque depuis plusieurs semaines. Ce coupable, c’est Tomas Krawczyk, un malfrat qui flirte avec les mafias russe et chinoise et se trouve impliqué dans de sordides histoires de prostitution et de trafics d’enfants. Le Chinois, c’est « Zuo Luo », ou « Zorro », un détective privé qui a établi sa réputation sur le sauvetage des femmes maltraitées.

Quel est le point commun entre une prostituée coréenne, deux soldats tués dans la guerre russo-chinoise de 1969, une étrange Sibérienne aux yeux clairs et un Russe qui a traversé son pays à pied ? De Vladivostok à l’île chamanique d’Olkhonsur- Baïkal, en passant par les souterrains de New York, ce qui n’était qu’une chasse à l’homme va susciter l’apparition d’imbrications inattendues. Et entre les conséquences des multiples conflits russo-chinois et le tremblement de terre du Sichuan en 2008, c’est aussi une radiographie de la Chine et de la Russie contemporaines qui se livre à nous.


En descendant les fleuves

Stock - 2011

« Le voyage que nous avons effectué pendant l’été 2010 vers l’Extrême-Orient de la Russie répondait à un vieux désir que nous avions l’un et l’autre. Hormis l’attrait que nous éprouvions depuis longtemps pour cette région du monde, à chacun de nous avaient été vantées la sauvagerie et la beauté des paysages autour de l’immense fleuve Lena, qu’il était possible de descendre depuis la ville de Iakoutsk jusqu’à son embouchure dans l’océan Glacial Arctique, bien au nord du cercle polaire. Ce livre est la relation de ce périple. Il débute par l’arrivée à Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur permafrost, et dont les immeubles reposent sur pilotis. Puis la descente du fleuve Lena, qu’aucun pont ne traverse, et dont le lit s’étend parfois sur des dizaines de kilomètres. Les haltes dans des villages abandonnés du monde. Les lectures sur le pont au soleil de minuit. Le débarquement dans l’incroyable ville de Tiksi, sépulcrale, sinistrée, post-soviétique, sur les bords de l’océan Glacial Arctique – Tiksi, interdite aux étrangers jusqu’à la fin de l’URSS. Nos premiers pas dans la toundra. Le retour sur Iakoutsk dans un coucou bringuebalant. Le départ vers Khabarovsk, bien plus au sud, sur le fleuve Amour, juste en face de la Chine. Une journée à Birobidjan, première république juive créée par Staline en 1929, où le yiddish est une des deux langues officielles. Et enfin Vladivostok, au bord du Pacifique, à deux pas de la Corée du Nord, de la Chine et du Japon, Vladivostok-la-grise, dont le nom fait rêver, mais dont l’urbanisme chaotique et l’omniprésence des véhicules à moteur masque parfois la beauté. Que ce soit par la rudesse de leur approche ou par la réalité brute dont ils témoignaient, ces lieux, tout sauf touristiques, ont été un moteur d’écriture puissant. Très vite il nous est apparu essentiel de ne pas composer un livre à deux voix, mais uniquement à deux mains : les textes ont été composés soit par l’un, soit par l’autre, soit par les deux, avec dans ce cas insertion de passages de l’un au milieu du texte de l’autre. Par ailleurs, la voix narrative est toujours la même : un “je” qui recoupe parfois la réalité d’un de nous, parfois celle des deux – un “je” muni de quatre jambes, quatre yeux et quatre oreilles, une chambre d’écho démultipliée. » 


La piste mongole

Verdier - 2009

Où l’on part à la recherche d’Eugenio Tramonti, le protagoniste du Le Vol du pigeon voyageur et de La Jubilation des hasards, disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s’absente parfois quelques jours pour voyager dans d’autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l’ouest de la Mongolie.

Je vais nulle part

Saint-Malo 2014

Avec : Christian Garcin, Pascal Dibie, Cédric Gras
Animé par : Géraldine Delauney


Marseille noir

Saint-Malo 2014

Avec Cédric Fabre, François Beaune, Emmanuel Loi, Minna Sif et Christian Garcin.


Quand le réel devient fiction

Saint-Malo 2009

Un débat passionnant autour des liens qui unissent le réel et la fiction en compagnie de Christian Garcin, auteur de La piste Mongole qui fait se chevaucher les réalités, Alain Nadaud, auteur du Passage du col où il se perd en ses rêves de vies antérieures, Craig Johnson qui avec Little Bird ravive la flamme du polar en terre indienne et Dai Sijie qui offre avec L’acrobatie aérienne de Confucius un conte rocambolesque dans lequel l’Empereur de Chine perd son identité.

Samedi : 16h30 - Quand le réel devient fiction
Christian Garcin, Craig Johnson, Alain Nadaud, Dai Sijie. Animé par Hubert Artus

Le goût du dehors

Saint-Malo 2009
Dimanche : 17h30 - Le goût du dehors
Sylvain Tesson, Christian Garcin, Blaise Hofmann, Patrice Pluyette. Animé par Martine Laval