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Le dico des auteurs


ALEXIE Sherman

Etats-Unis

4 février 2008.
 

Biographie

 

Sherman Alexie recevant le National Book Award jeunesse en 20071966. Dans la réserve indienne de Spokane (Washington, USA) où « il n’y a que le silence à écouter » Sherman Alexie voit le jour. Atteint d’hydrocéphalie, il est opéré à l’âge de six mois. Les médecins lui donnent très peu de chances de survivre. Et quand bien même, il gardera des séquelles... à vie.

Pourtant Sherman Alexie s’en tire. Et plus que bien. À l’âge de trois ans, il apprend à lire et à cinq ans, il dévore Les raisins de la colère de John Steinbeck. Encore marqué par l’opération qui a tout de même laissé des traces (il est incontinent et trop de dents lui poussent dans la bouche, problèmes qui disparaîtront à l’adolescence), les enfants de la réserve le prennent en grippe. Les livres, dès lors, deviennent le refuge du jeune Alexie.
Soutenu par ses parents, il s’inscrit au lycée voisin de Reardan High, où il est, dit-il, « le seul indien... si l’on excepte la mascotte de l’école. »
Peu importe. Élève doué, Sherman Alexie s’accroche et deviendra même la vedette de l’équipe de Basket du lycée...

Racontée comme ca, l’enfance de Sherman Alexie a tout du conte de fées tendance Vilain petit canard. Pourtant, cette version ne dit rien de la difficulté à grandir dans une réserve indienne, du chômage, des problèmes d’alcoolisme et peut-être plus encore, à l’origine de tout, de l’isolement et de l’incompréhension du monde extérieur.

En 1985, Sherman Alexie entre à la Gonzaga University de Spokan. Il en part en 1987 pour la Washington State University de Pullman. Il opte d’abord pour des études de médecine - toujours les mêmes schémas de reconnaissance sociale. Mais après s’être évanouit plusieurs fois en cours d’anatomie, il comprend qu’il doit changer de voie.
Alors encouragé par son professeur de littérature, il se lance dans l’écriture et trouve là, non seulement sa voie, mais aussi le moyen de rendre une voix à la Nation indienne qu’il a vue trop souvent confinée au silence. Cette Nation, Sherman Alexie en a une vision bien à lui. Sans complaisance et avec un humour dévastateur, loin des stéréotypes encore vivaces, il veut inscrire son peuple dans son siècle. Sous sa plume, l’Indien n’est posé ni en victime opprimée, ni en héros porteur de valeurs positives, ni plus sage ni moins rusé que l’américain moyen. Mais un peu tout cela à la fois. Chacun de ses personnages contribuant à dessiner les contours d’une communauté polymorphe, vivante et en mouvement. Et à travers la question indienne c’est une part de l’humanité en chacun de nous que Sherman Alexie questionne.

Distingué par la revue Granta en 1996 parmi les vingt meilleurs auteurs américains et par le New York Times comme un des auteurs appelés à compter au XXIe siècle. Sherman Alexie a remporté quatre fois d’affilée (record à battre) le titre de Champion du monde poids lourds de poésie entre 1998 et 2001 ! Organisées entre poètes américains par la World Poetry Bout Association, il s’agit de rencontres en dix rounds, joutes verbales proches du principe du slam ou des clashs hip-hop. Les neuf premiers rounds se font à partir des œuvres existantes des « combattants », le dixième round voit les concurrents tirer un mot au hasard et improviser un poème autour.

Touche à tout, Sherman Alexie a aussi fait du stand up et sorti un album de blues avec le musicien Jim Boyd (Reservation Blues, inspiré du recueil du même nom). Il est enfin l’auteur du film Smoke Signals (Phoenix, Arizona réalisé par Chris Eyre), prix spécial du jury en 1998 au festival de Sundance.
Alexie est aujourd’hui une voix qui compte aux Etats-Unis, pour les indiens aspirant à une modernisation et finalement une normalisation de leurs rapports avec l’Amérique, comme pour le pays dans son ensemble. En attestent les nombreuses vidéos de ses interventions que l’on peut trouver aujourd’hui sur le net, nouveau baromètre de popularité de nos sociétés modernes.
Flight (Albin Michel, avril 2008), son prochain roman à paraître, a été unanimement salué par la critique.
Il vient de recevoir le National Book Award pour son dernier livre, The Absolutly True Diary of a Part-Time Indian, sorti en septembre 2007 aux Etats-Unis (sortie française courant 2008).

In English


Liens

- Interview (en anglais) de Sherman Alexie sur son dernier ouvrage The Absolutly True Diary of a part-time Indian (pas encore traduit)

- Sherman Alexie lit un extrait de son dernier roman Flight (Albin Michel, 2008)

- Intervention de Sherman Alexie sur le 11 septembre 2001



Bibliographie

- Flight (Albin Michel, 2008)

- Dix Petits Indiens (Albin Michel, 2004)

- La Vie aux trousses (Albin Michel, 2001)

- Phoenix, Arizona et autres nouvelles (Albin Michel, 1999)

- Indian Killer (Albin Michel, 1998)

- Indian Blues (Albin Michel, 1997)


Argumentaire de Flight

Le narrateur du nouveau roman de Sherman Alexie est un jeune orphelin indien de quinze ans qui vit à Seattle. Il n’a jamais connu son père, a été trimballé de foyer en orphelinat, de famille d’accueil à la rue où il finit par vivre. C’est là qu’il lie son destin avec un adolescent blanc de son âge, qui dit s’appeler Justice… Pleins de colère et de ressentiment à l’égard du monde et de la société, ils décident de braquer une banque du centre ville. Mais les choses vont mal tourner et au moment de perdre la vie, le héros se retrouve projeté dans le temps pour refaire surface dans le corps d’un agent du FBI, dans les années 1970, au moment de l’agitation sur la réserve indienne de Red River…
Ce n’est que le premier arrêt d’un voyage à travers le passé violent de l’Amérique, qui entraînera le lecteur de la bataille de Little Big Horn aux attentats du 11 septembre. Un voyage qui aura aussi donné à ce jeune orphelin l’occasion de se mettre en quête de sa propre identité comme de celle de son père.
Moi et l’Amérique est tout à la fois brillant, violent et drôle. Ce roman dresse un portrait politiquement incorrect de ce pays, des factures du passé comme celles du présent, de ce qui sépare les êtres, les familles, les sexes, les races et génère la haine, le fanatisme et le terrorisme.


Revue de Presse

- “ Un livre qui a la rage tout en ayant du cœur. Son narrateur est tour à tour un héros, un lâche, un tueur, un homme adultère, et toujours un gamin de quinze ans en quête de son père. C’est un livre cru, plein de vie, souvent furieusement drôle et sans un mot de trop. ”
The New York Times

- “ Jusqu’à la dernière phrase, Sherman Alexie fait montre de sa capacité à aller au fond des choses, laissant le lecteur avec des larmes dans les yeux. ”
The International Herald Tribune

- “ Sherman Alexie s’attaque implicitement à la culture de la violence qui règne aux Etats-Unis avec son cortège de maux tels que le racisme, l’ignorance et le sentiment de supériorité. ”
The Los Angeles Times

Œuvre

 

Indian killer

Albin Michel - 2013
A Seattle, un assassin tue des Blancs, les scalpe et dépose deux plumes de hibou sur leur corps : terreur sur la ville, tourmente parmi la communauté indienne que ces crimes (...)
 

Danses de guerre

Albin Michel - 2011
Nos relations avec les autres ne seraient-elles en fin de compte que de petites guerres ? Pour se préserver, pour assumer ses responsabilités ou prendre des initiatives ? Avec (...)
 

Flight

Albin Michel - 2010
Nos relations avec les autres ne seraient-elles en fin de compte que de petites guerres ? Pour se préserver, pour assumer ses responsabilités ou prendre des initiatives ? Avec (...)
 

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