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Expositions


Circuss, Sarah Moon

28 avril 2017.

GRAND LARGE, SALLE CHARCOT

SARAH MOON, née en 1941 en France occupée, grandit en Angleterre. De 1960 à 1966 elle est mannequin avant de se lancer dans la photographie en 1970. Ses premiers clichés, dans l’univers de la mode, reçoivent très rapidement un accueil positif. Elle navigue ainsi de marques prestigieuses (Dior, Cacharel, …) en magazines de renommée internationale (Vogue, Elle, Harpers Bazaar…) avant de se lancer dans un projet plus intime, plus personnel. L’importance de la mise en scène, de la fiction, mais aussi les procédés techniques utilisés, — Sarah Moon utilise le film Polaroid et la chambre photographique, les tirages sont confiés à un tireur, d’un commun accord, l’image peut être enrichie en grattages, détériorations, salissures, afin que l’objet apparaisse appartenir plus encore à la mémoire — ancrent son œuvre dans une dimension artistique qui évoque la solitude, l’enfance, la féminité, l’imaginaire, la mélancolie.

Elle expose ses clichés à Paris (Jeu de Paume, Maison Européenne de la Photographie, Muséum national d’Histoire natu- relle...), aux Rencontres de la Photographie à Arles, mais également à travers le monde à San Francisco, Tokyo, Londres, Moscou..., publie plusieurs monographies et reçoit de nombreuses distinctions : le DADA d’or et d’argent (New York, 1972), le Lion d’or, Films publicitaires (Cannes, 1986 - 1987), le Grand Prix national de la Photographie (Paris, 1995), le Lucy Award (New York, 2006)…

Elle, qui dit : « Je détemporalise pour mieux déréaliser... », s’empare avec talent de contes de Perrault ou d’Andersen et les réécrit avec son style incomparable. Son interprétation du Petit Chaperon rouge (Collection Monsieur Chat, Gras- set 1984), a fait date dans l’édition jeunesse. Noyée dans les ombres et les architectures incertaines d’un milieu urbain indéfini, poursuivie par une automobile mystérieuse, la petite fille exhale la fragilité et l’innocence jusqu’au dénouement fatal résumé au désordre d’un lit… Allusif, inquiétant, le conte résonne d’une grande force émotionnelle.
« Ce que j’aime dans les contes n’a rien à voir avec l’époque où ils se situent. Je crois au contraire que c’est leur symbolique intemporelle qui m’intéresse » dit - elle encore.


En 2003, Sarah Moon réalise le film Circuss, adaptation de La petite fille aux allumettes d’Hans Christian Andersen d’une mélancolie et d’une beauté poignante. Situé dans un cirque sur le déclin, rythmé par la voix off de Sarah Moon, le récit met en scène, avec une poésie rare,la solitude, la faim, le sentiment d’abandon vécus par la petite fille et leur donne une portée universelle, hors du temps, hors des modes. Quant au cirque, C’est le monde même qu’il représente, entre saltimbanques et troubadours, dans une errance continue sous le même chapiteau, avec une constance absolue dans le travail, tout ça pour une soirée d’éblouissement. Un spectacle peut-être joyeux mais profondément nostalgique.

Circuss, exposition de photographies, est aussi un film, présenté dans l’exposition. Sarah Moon présentera lors du festival son film Robert Delpire, montreur d’images, son long métrage Mississipi One, et une autre adaptation de conte.

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